William Wray

  • William Wray

    WILLIAM WRAY

    un défi pictural et humain

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    Portrait de William Wray par Andreas Vanpoucke (1)

    Pour approfondir votre connaissance de l'oeuvre du peintre américain Willima Wray, je vous recommande la visite des sites suivants :

    http://williamwray.com/

    http://williamwray.blogspot.be/

    https://www.facebook.com/william.wray3/

    A1 WW.jpgLa bio du site de l'artiste nous apprend deux ou trois choses. William Wray a vécu en Californie la plus grande partie de sa vie et a étudié la peinture à la Art Students League de New York. Il a d'abord gagné sa vie en tant que cartooniste spécialisé dans les sujets peints, il a passé un grand nombre d'années à tenter d'unifier un déploiement de styles artistiques, trouvant enfin sa voie dans une reconsidération contemporaine de l'art traditionnel régional californien centré sur des sujets humbles à quoi l'art noble ne s'intéresse généralement pas. Wray mélange les données traditionnelles du réalisme pictural avec l'énergie pure de l'expresssionnisme abstrait dans une évolution ininterrompue visant à trouver un équilibre entre ces deux styles apparemment sans rapport. Wray s'est mis au défi de créer une nouvelle marque de l'expressionnisme réaliste qu'il espère utiliser comme un pont dans l'univers généralement circonspect de l'art contemporain. (Traduction par nos soins de la notice biographique de l'espace de l'artiste). 

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    Oui, et ce qui, sans doute, nous exalte dans ce défi, c'est tout ce qui s'insinue dans la veine paysagiste par les brêches qui résultent du choc entre le réalisme et l'expressionnisme. Des brêches, - non point comme des blessures, des fêlures  ou des traces d' impact -, mais comme des ouvertures vers la lumière, vers l'opacité aussi d'ailleurs, vers une densité nouvelle, une perception intensifiée, vers une certaine et fascinante poésie visuelle, vers un autre regard sur le monde. Oui, cette combinaison artistique provoque un nouvel état, une nouvelle épaisseur du lieu et de l'atmosphère, une âme investit les lieux et palpite, y place un pouls étrange,  la musique d'un silence différent, des éléments poétiques, parfois presque surréalistes. Les paysages exacerbés deviennent éloquents, les objets, les bâtiments acquièrent la dimension de vestiges ou de ruines hantées. On assiste à une sorte de dramatisation de l'espace. Une nouvelle dimension s'affirme entre l'échec et la gloire, l'épave et la grandeur. Est-ce là un constat sur notre devenir ? C'est en tous les cas, dans cette veine paysagiste, la prodigieuse édification d'un univers pictural impressionnant et sensible, chargé d'émotions, attisé par elles, un univers qui rend loquace et captivant, hallucinant parfois, des lieux souvent déshérités, désaffectés ou sans réel intérêt esthétique avant le passage du peintre. Il y aurait bien, d'une certaine façon, quelque chose de pratiquement fellinien ici, des indices architecturaux d'une sorte de réalisme magique. Oui, quelque chose de magique vient, par l'entremise de l'artiste, se greffer à ces décors las et usés. Un réenchantement du désastre ? Je ne crois pas qu'il s'agisse de réenchanter les choses sinistrées. Il s'agit plutôt d'y injecter une dimension, une dignité, une aura, ai-je presque envie d'écrire. De rechercher le feu étrange, singulier de l'humanité dans un monde duquel il se retire, au sein duquel il faiblit et s'éteint. Wray en quête de la lueur d'humanité ? Sa quête, quoi qu'il en soit, est superbe, elle a la dimension d'une aventure. Sans doute s'agit-il aussi d'affronter, avec de nouveaux arguments, la question du beau. A la question : "Qu'est-ce donc qui vaut la peine d'être peint, montré, vu ?", Wray apporte de nouveaux éléments. Et il en rappelle d'anciens. C'est aussi, surtout la présence du peintre dans le tableau qui vaut d'être vue. La façon dont il forme, déforme, aménage, éclaire, obscurcit. Ce qu'il instille.

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    Dans sa veine portraitiste, j'ai lu qu'on compare Wray à une artiste comme la photographe Diane Arbus. Je comprends cela en ce sens que Wray prend pour modèle des précaires, des marginaux, des paumés, des un peu déglingués. Ici aussi, l'artiste greffe son cachet, il distingue l'individu, il recueille et fixe sa singularité, la particularité de son humanité, il le ravit à l'anonymat pour l'insérer dans son univers, son panthéon personnel à l'intersection de la poésie, du réalisme et de l'expressionnisme. Il emprunte l'être à sa solitude et le fixe sur la toile. Là aussi, comme dans la veine paysagiste, ces humains souvent solitaires, posés dans un univers parfois hostile ou inhospitalier, Wray les passe au crible de sa lumière et de sa magie picturale. Il s'attarde sur eux comme sur de précieux et étranges vestiges d'humanité. Oui, il y a, au-delà de l'heureux ou brutal effet choc parfois de l'oeuvre, les signes poignants d'une humanité sensible et délicate, la volonté de toucher à l'âme humaine, de la recueillir dans les situations où généralement on la perçoit le moins, là où peut-être elle est occultée par le vieux péril du commerce, de la prostitution ou de l'écart avec la loi. Au bordel, dans la boîte de strip-tease, dans un vague chambre d'hôtel, sur  la rue. Il y a une sorte de compassion pour ces êtres en dérive. Un regard réaliste et bienveillant sur eux et la volonté de les faire entrer dans le refuge de sa galerie.

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    Mais William Wray est avant tout un peintre, avec le temps, - je parle ici de ces dernières oeuvres en date -, il s'est aussi immergé dans l'aventure de la couleur, de la forme, de la composition et des correspondances. Il s'est approché plus finement encore, dans une intensification de son expérience picturale, d'une équidistance entre réalisme et expressionnisme. Le résultat de cette avancée est saisissant : on se sent à l'orée d'un nouvel univers. On verra, dans l' avant-dernière série que je propose, une magnifique toile constituée de barques sur l'eau et qui constitue à mes yeux un authentique chef-d'oeuvre. 

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    Et ce chef-d'oeuvre que j'évoquais plus haut, cette pure merveille avec ces bleus profonds, et comme deux nénuphars de Monet, ces barques claires sur l'eau. Une merveille.

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    Enfin, Wray, durant un échange écrit, me suggère d'insérer deux tableaux qui fondent sa nouvelle aventure picturale. "I'm dep in the superheroes now, the hole focus of the next year, show and book". Et voilà cette veine du superhéros en faction dans la rue, singulière, elle aussi, entre réalisme et cynisme, entre célébration et dérision, entre mythe et réalité, entre enfance et vérité. Là aussi, ce sont deux dimensions qui se rencontrent. Wray est issu du cartoon et il fait entrer les personnages dans le monde de la peinture.

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    (1) Pour Andreas Vanpoucke (première illustration de l'article, portrait de William Wray), voir ces espaces :

    https://www.facebook.com/andreas.vanpoucke 

    http://www.andreasvanpoucke.be/andreasvanpoucke-fr.html

    http://www.andreasvanpoucke.com/

    http://andreasvanpoucke-mosaiques.com/