Valérie Kim Ngam Luong

  • Valérie Kim Ngam Luong

    Valérie Kim Ngam Luong

    https://www.facebook.com/valerie.luong.58?fref=ts

    http://dangui.wix.com/val2015

    Comment l’artiste se présente :

    a luong a.jpgMa démarche artistique sur le corps et la représentation figurative exprimées à travers mes travaux plastiques racontent l'intime .

    En croquant " les deux captifs ou les esclaves" de Michel-Ange au Louvre j'ai décelé l'âme humaine " La femme accroupie" m' a livré sa féminité au musée Rodin ... ces sculptures m'ont révélé le corps, un corps changeant représentant de notre mémoire c'est-à-dire de nous- mêmes, un corps pouvant être attirant ou sublime mais aussi imparfait, porteur d'une nouvelle intimité, d'une nouvelle réalité révélatrice de troubles .

    A travers une participation à " Dessins au chevet" au sein du service de neurologie à l'hôpital Chenevier de Créteil en 2013 et lors d'un problème de santé, j'ai pris conscience du corps malmené, blessé, fragile et vulnérable, j'ai compris le corps souffrant .

    Je devais préserver mon être, en prendre soin, lui susurrer des paroles qui rassurent qui réconfortent et qui apaisent.

    J'entamais alors une conversation intime entre moi et mon propre corps comme une confidence, il y avait quelque chose d'exceptionnel dans la relation que j'allais débuter avec l'anatomie, l'organe, moi qui m'étais très peu souciée de ma chair.

    Cette entreprise d'aborder le corps comme une confession ou une introspection profonde de ma personne m'amenait à évoquer sous une forme plastique la souffrance.

    Je mettais en lumière la maladie, au travers de ces morceaux de membres comme pour en conjurer la maladie.

    Je travaille à l'acrylique, sur de la toile de Lin des corps à carnation plutôt blanche pour évoquer la fragilité et la douceur mais aussi des dessins à la craie noire, ma démarche artistique se poursuit aujourd'hui par une série d'ex-voto peint sur de la tôle émaillée en référence aux plaques que l'on dépose dans les églises  V.S.L.M : Votum Solvit Libens Merito ( il s'est acquitté  de son vœu comme il se doit ) et par une série de petites peintures encadrées.

    Ces ex-voto représentent des cadeaux pour rendre grâce, à la guérison, morceaux de jambes, de bras, de pieds, de mains comme un aveu poétique pour incarner la transformation, une ode à la vie, au sacré.

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    Ce que cette artiste nous inspire :

    a luong c.jpgVéronique Kim Ngam est une artiste peintre née en juillet 1961. Son œuvre étrange produit sur moi un puissant effet.  D’abord, un réel effet de surprise, un étonnement.  On se sent retenu par la signature de l’œuvre, son esprit. Par l’abord et la manière. L’œuvre avance en retenue. Il n’est pas ici question de faire un éloge esthète du corps, pas question de le célébrer dans les splendeurs sensuelles de sa forme. Ce n’est pas un désir de séduction qui opère.  Ni de rejet, de dépréciation, ni de négation. Dans l’univers de Luong, il y a une rencontre rassérénante et assez inédite entre une quête mystique et une perception anatomique de l’être. Il y a une approche sensible du corps, avec ses blessures, orné, paré de ses blessures pourrait-on dire, une considération du corps en tant que substance et du corps au-delà de l’objet, du corps comme essence, comme lieu poétique. Luong peint le corps de neige, de lait, de chaux, le corps de fragile opale, le corps au sang répandu, le corps empourpré, le corps qui cherche une conscience de soi, une appréhension de son intériorité. Luong oscille habilement entre calcaire et diaphanéité de l’être. Blancheur et coulées pourpres. Luong révèle le corps aussi comme vivifié par une sorte de stigmate, de signe d’une vie en action, le corps comme volcan actif. L’œuvre vit le corps comme fragilité à protéger, comme œuvre d’art en péril, œuvre menacée. Corps de neige, de verre opaque, corps de sang. Le corps eucharistique, sous les deux espèces.

    La fragmentation du corps en petits ex-votos (bras, épaule, coude, bouche, jambe, torse) n’est pas une dissémination, c’est au contraire, dirait-on, une valorisation de chacune des parties du tout, une sorte de blason mystique doublé d’une prospection anatomique. L’être se souvient de soi, membre par membre, os par os, physiquement, il prend possession de soi par le détail, il se tâte, il se redécouvre, se recompose, se reconstitue.  Il revient à ses fondamentaux. Le corps procède à un état de ses lieux. Il scrute son objet avant d’être davantage qu’un objet. Il se perçoit dans sa pesanteur avant d’entrer en apesanteur. Il scrute son insoutenable légèreté. Et ces membres, ces objets anatomiques prient, remercient, célèbrent la vie, ces tissus et ces organes accèdent à la dimension de sacré. L’art de Luong est subtil et patient, intègre, complexe. Son lieu, centré souvent sur le détail, est pourtant le refus de l’étroit, son lieu est le large spectre. Son lieu est terrestre et aérien. Cet art de la loupe voit l’immense. Il me semble aussi que Luong dit avec ce que nous avons perdu de vue (nos organes, nos tissus, nos membres, nos plaies) l’invisible de l’être, le désir de sublimation de l’être.  

    Ce mouvement double de réintégration du corps et d’élévation est captivant. C’est un mouvement lent aussi, prudent, douloureux, fragile qui donne à la dimension mystique à laquelle il aspire une sorte d’aura humaine. La chair prie sans se renier en tant que chair, sans oublier sa matérialité. Il y a là une voie spirituelle singulière qui me touche, une quête sensible et poétique qui me plaît. Il y a une réflexion sur l’existence, thème qui me passionne pour l’instant. A la fois être, être là et sortir de, s’extraire, se manifester. Luong sonde, me semble-t-il, cette coexistence fascinante et assumée entre l’enveloppe et la volatilité. La peinture de Luong dit une sorte d’assomption, d’accord de l’être avec ses différentes dimensions.

    Dans ce temps de vide spirituel, de béance spirituelle, ce temps de destruction et de néant déflagrant, j’aime cet art qui réapprovisionne le corps en sacré. Je le regarde comme précieux.

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    Panneaux émaillés

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