Sylvie Lobato

  • Sylvie Lobato : nouvelles recherches graphiques

    Les recherches graphiques de Sylvie Lobato (suite)

    On sait en quelle estime je tiens l'artiste Sylvie Lobato. Je viens de découvrir quelques nouvelles œuvres très récentes, des encres avec d'heureuses adjonctions de matière (pièce de tissu qui s'inscrit dans le graphisme, danse avec lui, le voile, l'enserre, le prolonge). La fascinante puissance expressive, l'intensité, la chorégraphie, la poésie persistent dans les nouvelles recherches de l'artiste. Mais la nouveauté de ce corps étranger mis en scène dans le graphisme est captivante. Ce corps étranger qui devient partie intégrante de l'oeuvre, entre pleinement dans sa composition, y tient un rôle. La finesse, le doigté, le fragile, le ténu, chez l'artiste, peuvent servir un propos fort, une image vigoureuse, pénétrante, obsédante. Il y a du ballet tragique dans ces recherches, un carnaval délicat, un instant d'escrime (une passe d'arme), une vision existentielle, un moment de deuil, de mort, de grâce, une habileté poétique, une profondeur étrange. Plus que jamais, dans une création vertigineuse, l'orage est singulièrement proche du serein, le ciel du gouffre, la paix de l'orage, la blessure de la beauté, la vie de la mort. Tout, - dans ces recherches exaltantes, hallucinantes -, me confirme dans ma passion pour une oeuvre pleine de vitalité et de hautes promesses.

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  • Exposition de Sylvie Lobato

    Sylvie Lobato expose à Saint-Etienne

    Le Réalgar, 23 rue Blanqui, 42000 Saint-Etienne France 

    Peintures et dessins de Sylvie Lobato - du 2 avril au 13 mai 2016 - vernissage le 2 avril à 18h00

    http://lerealgar.com/

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  • Sylvie Lobato

    Sylvie Lobato (2)

    a lob a sylvie.jpgJe reste fasciné devant ces beautés sauvages, libres, carnassières, voluptueuses, devant ce monde étrange et hallucinant dans lequel, comme des instruments au sein d’une formation, du tendre, du cruel, du fantastique, de l'estompé et du brutal concertent.  Je demeure en arrêt, interdit, conquis, devant cette captivante singularité artistique où nous apparaissent dans un nouement complexe pulsions, instincts, appétits, forces opaques et lueurs, âmes. Sylvie Lobato, réellement, ne ressemble à rien ni à personne et ll'oeuvre époustouflante qu’elle édifie est rouge, noire, chaude, ténébreuse, poétique, féroce, ouverte à l'inextricable ambiguïté de l'être. C'est une expédition artistique héroïque, libératoire, une aventure totale dans l'être, soi et les autres. Je songe souvent que Sylvie Lobato invente l'éblouissement noir, que son oeuvre est l’occasion d’un dévoilement perturbant et bienfaisant.

    Il y a la beauté du monstre chez ces minotaures puissants, massifs, dans cette sûreté musculaire, chez ces avides oiseaux charognards, il y a ces orages pulsionnels et une sorte de quiétude effarante, et au-delà, la cohabitation réinventée de l’homme et de la bête, leur imbrication, leur coexistence. Dans cette réinvention saisissante, de l’homme infuse dans la bête, quelque chose de la bête habite l’homme. Il y a la beauté cauchemardesque des atmosphères, des sombres, des contrastes savamment assortis, feutrés, il y a la force des regards. Il y a sans doute, troublante, la fonction spéculaire de l’œuvre qui montre à l’homme son irrésolution, son partage, ses fêlures,  ses contradictions, ses sources et ses errements.

    Sylvie Lobato semble mener une œuvre prodigieuse, à la fois spéléologique et picturale, dans ses ténèbres, dans ses lieux obscurs, mais, plus encore, dans les coulisses de tout être, son sous-sol, ses silences, ses catacombes, ses étables, ses alcôves, ses terriers. Cette quête exaltée est, il me semble, le fruit d’une âme audacieuse, éprise de liberté, résolue à ferrailler avec ses propres mystères. On dirait que Sylvie Lobato, dans l’obscurité, - avec même une certaine allégresse, un bonheur de l'entreprise - arrache aux parois du mystère d’exister, à coups de burin  à la fois aveugles et experts, les minerais rares, étourdissants que sont ses édifiants tableaux. Une œuvre passionnante qui tâtonne, empoigne et creuse l'être au cœur même de son ambiguïté. J'ai le goût de cette oeuvre, un goût immodéré, et je suis infiniment curieux de ses nouveaux développements. Je vous invite, dans une avant-première qui me réjouit profondément, à admirer les œuvres les plus récentes de l'artiste.

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    Dévoration

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    Caresse du Minotaure 1

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    Dévoration

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    Le Repas

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    La chair du Minotaure

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    L'extase du Minotaure

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    Repas 1

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    Soupçon de chair

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    La caresse en noir

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    La caresse du Minotaure

  • Sylvie Lobato

    Sylvie   L o b a t o

    a lob a.jpgSon espace : http://www.sylvie-lobato.com/fr/

    Sa notice biographique :

    Sylvie Lobato, née à Paris en 1970.
    Française d'origine espagnole, vit et travaille à Paris.
    Diplomée de l'EMSAT (Ecole Municipale Supérieure des Arts et Techniques de la Ville de Paris). Section Arts Graphiques.
    Calligraphie avec Laurent Pfuglaupt
    Gravure à l'Ecole Duperré
    Sculpture aux Arts Décoratifs de Paris.

    Ce que l’œuvre nous inspire :

    D’abord, c’est un grand saisissement. Ces travaux picturaux vous empoignent, vous secouent, vous malmènent. Ils sont à la fois macabres et luxuriants, morbides et foudroyés par la vie, grouillants de vie, terribles et foisonnants.  Ils évoquent le déchirement, la rupture, l’éclaboussement  et quelque chose les recentre, assure leur unité et leur maintien.  Ils sont d’une masse ardente, magmatique, saignante et pourtant, il y a de la danse en eux. Ce sont des cris de souffrance et des protestations de vie. Et ce sont de lourds silences rouges, dégoulinants.

    Le feu de la vitalité et la présence de la mort s’affrontent dans les œuvres. Crucifixions et cabrements, ruades, enlisements, voilà l’être dans tous ses états, dans ses apories et ses élans, dans ses résignations et dans ses révoltes, voilà l’âtre de l’être. Les couleurs saignent, brûlent, bouillonnent, débordent, des surlignements blancs viennent semer des contrepoints, une sorte de virtuosité sauvage de la couleur en éruption intensifie la composition et la décomposition. Il y a de la flamme et du flamenco dans la morgue tendue des attitudes et des passes. Il y a un esprit de lutte, de résistance, une furieuse empoignade avec le destin. C’est une impressionnante homomachie que Lobato met en scène sur la toile.

    Ses très exceptionnels minotaures, - créations fondées dans des couleurs en force, des orages de violentes couleurs -, trouvent un lieu inédit entre humanité et animalité, surpuissance et compassion, bestialité et sensibilité.

    Dans les couleurs, il y a de la masse, des bouillons, du poids et de la rotation. C’est dynamique et chaotique, métaphorique du désastre et du désir de vivre, les yeux sont terribles, troués parfois. Corbeaulx nous ont les yeulx cavez, écrit Villon dans La Ballade des pendus.  Et je trouve Villon, Shakespeare chez Lobato. Je trouve l’homme de Vitruve traversé, enflé, déchiré, ployé par les tourments, je trouve des larrons en croix, des relents de Testaments, de Moyen Âge et de mythologie, des allures d’enfers, des impressions de soubresaut et de damnation, d’échafaud et de supplice, d’insurrection tragique.

    Œuvre violente, funèbre, morbide et traversée par la vie et le sang, la peinture de Lobato  se lève comme un hurlement terrible et fascinant, un cri monté du fond des âges et dont l’intensité ne décroît pas. Un cri que le présent reprend et perpétue comme un héritage indestructible.

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