31.07.2007
Recommandations impérieuses : YVON VANDYCKE, EMMA B., MARC TRIVIER, ...
Découvrez quelques artistes
Le présent espace a pour objet de susciter la curiosité du visiteur pour quelques-unes des figures artistiques (célèbres ou non) qui exaltent, hantent, attistent mon amour de la peinture. Il compose à mes yeux une sorte de galerie idéale et propose au visiteur des moyens d'accès à des univers, des gestes, des aventures picturales qui me bouleversent.
YVON VANDYCKE
Il n'est évidemment pas requis de présenter ce monstre pictural qu'est Yvon Vandycke (1942-2000). Je n'ai, hélas, jamais eu l'occasion de le rencontrer. Je l'ai découvert lorsqu'il publiait, il y a de nombreuses années, quelques peintures dans le 25 Mensuel. Avec Laurence Burvenich, qui fut son élève, j'avais eu l'occasion de voir à Mons une exposition qui lui était consacrée, un peu après son décès. Foudroiement. Vandycke, c'est d'abord une puissance évocatoire exceptionnelle. Il est du côté de la foudre et du sang. C'est un ogre, une voracité charnelle, un appétit sans repos. Jamais avant lui, me semble-t-il, l'intelligence, la virulente intelligence de l'art, et l'instinct, l'insatiable instinct, n'auront aussi bien dansé et copulé ensemble. Vandycke grimpe, chevauche, monte, cravache Pégase à cru. Que dire ? Il est de la trempe de Félicien Rops, d' Egon Schiele, de Lucian Freud. C'est un type considérable, une santé, un cyclone. (C'est aussi une plume. Il faut lire Anamnèse !, nouvelle lecture et réédition, La Valise est dans l'atelier, 2000). Il y a du centaure dans cette brute raffinée, un centaure à corps de buffle, il y a un impénitent, il y a du virtuose, un virtuose de la carnation, du trait, de la solidité. Son trait est massif et frémissant, il jubile, il hurle, il triomphe, il délivre. Vandycke est sûrement entré en peinture par des chemins de furieuse sauvagerie. Instruit et libre, prodige ! Rien n'a domestiqué cette furie. Rien ne semble avoir usé ce séisme humain. Vandycke, monumental Vandycke ! C'est un équarriseur d'âmes, un iconoclatse sacré, un taureau ailé d'Assyrie. Un génie jailli de l'huile. Au fond de lui s'agitent un impénitent jouisseur flamand, un carnivore, un esthète-cannibale, un étalon libre, des diables et des faunes, un professeur d'art et de maïeutique, un amoureux du corps féminin, un vulcain en nage, une âme hantée et noire, un humaniste viril et sensible. Toute l'oeuvre s'affronte aux entraves, c'est une fête libre, une bouleversante et titanesque empoignade sans répit. Heureux sans doute d'en découdre, il livre combat pour nous. Voilà un homme qui correspond à l'idée que je me fais du héros. On ne peut se faire, en Belgique, une idée sur notre siècle pictural sans tenir compte de ce prodigieux géant, de cette étourdissante force de la nature et de la culture. Un phare.
C'est pour moi un honneur et une joie d'accueillir, dans un certain anachronisme, quelques-unes des oeuvres de Vandycke. (Visitez également dans ce site l'espace autonome consacré à Yvon Vandycke dans la catégorie "Yvon Vandycke").

Vandycke au travail avec un modèle

Quelques prodigieux nus du maître



La Caille

Pour découvrir l'artiste, visitez les sites qui lui sont consacrés, découvrez l'ASBL "Atelier V, Les Amis d'Yvon Vandycke", 8, rue de la Filature, 7034, Mons-Saint-Denis ou prenez contact avec son ami Philippe Mathy : philippe.mathy@belgacom.net Les illustrations de cet espace sont tirées du site mentionné ci-dessous.
visitez sans retard le remarquable site que Philippe Mathy a mis au point :
http://users.belgacom.net/gc053794/page2.html
EMMA B.
Emma B. est l'auteur de la belle couverture du roman que j'ai co-signé avec Otto Ganz chez Maelström : "L'Arbre d'Apollon". Là aussi, un charme immédiat a agi. Emma, pour ce que je connais de son oeuvre, propose un univers mystérieux, subtil, habité par les magies du tarot. Mais la connaissance des arcanes ne me paraît pas requise pour subir l'envoûtement de ces compositions qui semblent se donner comme des pensées, des rêveries infusées, des formes comme redéfinies après une longue percolation. Les images d'Emma ont ce caractère d'étrangeté des visions oniriques en même temps que l'allure surprenante de fantômes ou de hantises patiemment ramenés à la réalité. Ce qui semble donné à voir ressemble dès lors au travail de nuance, d'apprivoisement, de filtrage et de mise en forme des visions intimes. On a l'impression que l'artiste, pour composer un tableau, jardine, herborise, greffe, implante dans la serre secrète où éclosent les fleurs étranges de son univers intérieur. Les oeuvres qui en résultent ont un étonnant pouvoir hypnotique.

Autoportrait

Courez plus vite que vous ne le pouvez

Portrait d'un homme, le mien
Pour en savoir plus sur Emma B., je vous engage vivement à découvrir son blog. http://emmab.skynetblogs.be

Emma B.
MARC TRIVIER
Voilà, selon moi, un artiste (belge) majeur, un photographe réellement exceptionnel. J'ai eu, par l'intermédiaire d'un ami que nous avons en commun, l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises. Je ne suis pas sûr, au demeurant, de lui avoir laissé un souvenir impérissable. Qu'à cela ne tienne. Peu importe. Etc. Trivier est l'auteur de portraits tout à fait sidérants, de photographies d'animaux à l'abattoir et de payasages qui ont fait de lui un artiste d'envergure internationale. Je possède un exemplaire de son ouvrage "Le Paradis perdu / Paradise Lost" que je n'échangerais pour rien au monde. J'y reviens inlassablement. Quelque chose de vital est établi dans chacune des photographies de Trivier, quelque chose qui étreint, qui capture, qui ramène au prodige insondé de la lumière. Une épiphanie, à chaque fois. La découverte de cet ouvrage a bouleversé ma perception de la photographie.

Yves Gevaert éditeur, Bruxelles, 2001
Avec Trivier, la photographie établit une relation avec la poésie (il est aussi poète et auteur), avec la nécessité de la lecture et de la patience, avec l'inépuisement et l'obligation du retour. Quelque chose de précieux, d'incomparable est prélevé et révélé, quelque chose qui, saisi par lui, acquiert la force, l'intensité, le pouvoir de fascination et la forme irréprochable d'un poème.

Beckett, copyright Marc Trivier.
Le document repris ci-dessus est extrait du site, que je vous invite à consulter, du Centre Atlantique de la Photographie (Brest, France)
www.centre-atlantique-photographie.asso.fr/archives/trivi...

Cioran, 1983, copyright Marc Trivier
"Il n'a jamais été question pour moi de représenter le monde, mais bien d'écrire un poème avec de la lumière." (Marc Trivier)

Francis Bacon, Londres, 1981, Copyright Marc Trivier

Copyright Marc Trivier
"Né en 1960, Marc Trivier est apparu sur la scène photographique au début des années 1980 avec une impressionnante série de portraits d'artistes et d'écrivains qu'il faisait généralement poser chez eux, assis face à l'objectif. Des images d'équilibre précaire, entre la présence et l'absence, des sommes d'interrogations, des vies d'hommes racontées par des regards, dans la rigueur des carrés éblouissants et cernés de noir. Sont ensuite venus d'autres portraits, d'autres expériences, des arbres solitaires, des animaux promis à l'abattoir, des scènes d'équarrissage. Cet ensemble fort et cohérent, inédit, a valu à Trivier une reconnaissance internationale presque immédiate, avec des expositions (au CNP à Paris, au CRP Nord-Pas-de-Calais, au musée de l'Elysée à Lausanne), une première monographie et le prestigieux ICP Award décerné à New-York." (Extrait du texte de présentation du site du Centre Atlantique de la Photographie, Brest, France).
Parmi les artistes que Trivier a photographiés, on trouve encore Michel Leiris, Iris Murdoch, Andy Warhol, Michel Foucault, Bram Van Velde, William S. Burroughs, Jean Dubuffet, Graham Greene, Philippe Soupault, Nathalie Sarraute, Willem de Kooning, Hans Hartung, Jean Genet, ...
12:23
Écrit par dlc
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