Mélanie de Biasio

  • Mélanie De Biasio

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    a 91.pngMELANIE DE BIASIO

    https://www.youtube.com/watch?v=cBNFEqeWaQs

    https://www.youtube.com/watch?v=scrOGy5Xtpw

    https://www.youtube.com/watch?v=yzcLlQ2BDyM

    https://www.youtube.com/watch?v=FSr2Ai1vcvI

    Qu'est-ce que c'est, ce souffle hallucinant ? Ce mélange sonore, cette rumeur des cieux et des gouffres ? Quoi, ce delta intérieur nu et projeté et demeuré secret ? Sensualité de son voile. Ce chant est une toile d'araignée suave, un piège gracieux, un hamac de satin sous les étoiles. C'est qui cette divinité humaine, charnelle qui brasse dans la même coupe acoustique le fantôme, le phantasme, la voix de la sirène, le murmure de son âme ? C'est quoi, cette lenteur délicieuse ? Cette musique qui tinte à peine, se déroule comme un passage de licorne dans une orée de brume, un passage d'okapi à l'amble dans l'aube ? Ici, plus c'est lent, plus c'est ample, large, souterrain, élevé. Oh, les berceuses qui tiennent éveillé, qui tiennent halluciné. Sans doute que la chanteuse et musicienne a formé sa voix au feutre aviaire de sa flûte traversière. Papier de soie de la voix, huile de voix, linge de voix, cire et miel de voix. Cette lenteur délectable, ça, c'est une trouvaille, ce saupoudrage vocal, mystique et suave. Forme nouvelle de la suavité, de la voilure vocale. C'est une envoûteuse. C'est quoi, ce délicat, ce cristal liquide, ce miel de cristal ? C'est une nappe de grâce sur l'accumulation de nos bruits malades, industriels, c'est le dépaysement à quelques décibels de chez nous. Du jazz enroulé dans des cérémonies blues, du vaudoux, avec x, sans intention de nuire, avec de désir de s'accorder, de tinter, chanter d'une voix essentielle, comme on le dit d'une huile. C'est le retroussement d'un exploit, au final, un exploit exquis. Ceci chuchote jusqu'au ciel. Ici, quelque chose entre les reins et l'esprit fait lien, avec des effluves profanes, des émanations sacrées. Le rythme retrouve une majesté. Dans cette retenue qui brûle, la chanteuse et musicienne, - assisté par ses sorciers, ses sourciers -, est en majesté, en gloire, irrésistible. Envoûtée, elle passe première dans l'art de l'envoûtement. Evénement. Ne commettez jamais l'hérésie d'aller imposer un f à ce nénuphar sonore inouï. Racine carrée d'un élan gospel aussi, belle, solennelle comme un seul jonc devant une compagnie de chênes. Il y a une fièvre mais comme battue, montée en neige. Cet art est serti au centre d'une formidable perle, d'un troublant joyau de singularité, les éclats, les carats partent de là, s'envolent, s'associent aux ondes. Une aune de nuit d'août fait robe à cette voix. Un peu de feu vit dans le vent de cette voix. Et la limpidité complexe, savante, impressionniste de cette musique achève l'oeuvre de l'enlèvement de l'auditeur. La belle Mélanie chante cependant que la nacre se forme dans la conque de sa gorge et, plutôt que de se figer, ruisselle vers nous en liqueur de nuit.

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