Marie Palazzo

  • Marie PALAZZO - présentation (1)

    Marie Palazzo

    Sculptrice, dessinatrice et peintre
    La puissante hantise d’une œuvre hantée

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    Marie  Palazzo, peut-on lire en incipit de l’espace de l’artiste, est née en 1967 à Verdun. (Elle est Sicilienne et née à Verdun de parents immigrés). Le corps humain et surtout les visages sont ses principales sources d’inspiration. L’expression de ses portraits évoque un archaïsme impressionnant qu’on peut interpréter à la fois comme une naissance aveugle et une déchéance qui se donne à voir : notre condition humaine ?

    Voilà les quelques mots qui annoncent l’œuvre. De quel « archaïsme impressionnant » nous parle-t-on ? Imitation des anciens ? Référence à une époque antérieure ? A une nuit des temps ? 

    L’œuvre de Marie Palazzo, - que l’on évoque ses sculptures (bronze ou béton), ses peintures, ses dessins – présente d’immédiats échos avec le fantastique littéraire, avec le gothique, avec l’univers délétère des fantômes, des morts-vivants, des golems et des spectres. C’est un monde hanté, faisandé, tavelé par la hantise, un monde décomposé et dont la formidable et impressionnante faune est en décomposition. Cette faune a l’air d’avoir inhalé les vapeurs, les fumerolles de l’apocalypse. C’est peut-être aussi un monde marqué, entaché par la faute d’être ou par l’accumulation de ses fautes.

    Palazzo est native de Verdun. Là, la bête de l’apocalypse, la grande charogne a laissé la trace de ses sabots, le lieu, à l’aube du vingtième siècle, a bu par millions de litres le sang de l’énorme boucherie. Sont-ce aussi ces morts-là, parents réels des horribles spectres que Gance fait défiler dans son « J’accuse », qui peuplent et obsèdent l’imaginaire de Palazzo ? Ce carnage énorme et affolant a-t-il sa part dans l’œuvre tragique de l’artiste ? C’est probable.

    Ces taches indélébiles, ces désespérantes souillures (et bien d’autres, hélas) flétrissent toute tentative de  représentation de notre condition. On n’en peut faire l’économie. L’être humain est aussi et à la fois cette bête vorace de sang et cette bête détruite, cette bête meurtrière et cette bête mutilée. Dans les bronzes de Palazzo, des corps sans yeux, aux cavités impressionnantes, aux membres affreusement décomposés semblent encore se lever des tranchées.

    Et d’une manière plus vaste encore, c’est l’homme qui est ainsi désigné : fantôme, chair avariée et amputée de ses yeux, être incomplet et incapable, incertain brouillard d’humanité. Les œuvres de Palazzo gravite inlassablement autour de la monstrueuse incomplétude de l’homme, cet être réellement troué, réellement lacunaire, inachevé, incapable de se délivrer de sa cécité. Pièce après pièce, l’œuvre, avec une vigueur entêtée et impitoyable, dit la cour des miracles qu’est l’humanité, la matière altérée qu’est l’humanité. La ruine qu’est la créature humaine. L’œuvre ressasse, en des déploiements toujours nouveaux et implacables, la morbidité de notre condition. Ici, - et l’on doit le craindre, le côté qu’a choisi Palazzo est celui de la lucidité -, il n’y a pas de gloire, pas de grandeur, ici, il y a des vestiges, des débris, des déchets. 

    Si bien que dans ce défilé de dépouilles, d’êtres et de rêves avortés, ce ne sont pas seulement les poilus sacrifiés que l’on voit, c’est l’homme tel qu’en lui-même, dans sa misère, dans sa perpétuelle et infatigable déchéance, dans la boue d’une condition dont il ne se dépêtre jamais. Eux, c’est clairement nous. C’est douloureusement nous. C’est nous, ces créatures crépusculaires, ces rebuts lunaires, c’est nous, ce choix de hanter faute de n’avoir jamais pu habiter. Ce miroir terrible, c’est bien la vocation d’un grand artiste de nous le tendre.

    Une puissance formidable, un savoir-faire pictural et sculptural impressionnant achèvent de conférer à l’œuvre une assise magistrale. 

    Récemment, j’ai entrevu quelques dessins et peintures de Palazzo représentant des nus. Bien sûr, ils s’inscrivent dans la geste de l’artiste, ils se lèvent dans le gris, des traits noirs en accentuent l’apparente dureté, ils paraissent massifs, lourds de l’argile dont ils semblent issus mais ils rayonnent d’une incontestable et inédite beauté, ils portent avec une étrange élégance une féminité ample et dense, conquérante. Quelque chose de neuf se lève-t-il à l’horizon de cette considérable artiste ?

    DL Colaux - Anthée, 10/10/2012

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  • Marie Palazzo (suite)

    MARIE PALAZZO

    NOUVEAUX BOURGEONS D'UN GRAND TALENT

    Je viens de découvrir chez la sculptrice, dessinatrice et peintre française Marie Palazzo, une d'entre mes favorites, une toute récente suite d'une trentaine de petits formats (dessins) d'une remarquable puissance évocatoire et expressive. Cette suite est merveilleusement griffée. Très réjouissante découverte. Adresse, sûreté, subtilité et efficacité du trait, très habile adjonction de la couleur, signature esthétique, univers fantastique. Je mène fréquemment dans ce monde hanté, intensément habité des incursions toujours exaltantes. J'ai déjà consacré un article à Palazzo et je suis attentivement cette artiste douée. Je suis ravi, transporté par ses nouvelles pièces. Chez elle, une belle oeuvre cohérente est en train de se bâtir patiemment. Je recommande très vivement au visiteur de se rendre dans les espaces de l'artiste dont je rappelle ici les liens :

    http://www.mariepalazzo.fr/

    http://www.facebook.com/marie.palazzo.5