Jean-Michel Uyttersprot

  • Jean-Michel Uyttersprot

    Jean Michel Uyttersprot

    Jean-Mic one.jpgJean Michel Uyttersprot est un artiste talentueux, graveur et photographe belge, né en 1962. Ah, les belles aquatintes, les formidables photographies, le passionnant univers de mon ami Jean-Michel Uyttersprot ! L'aquatinte est un procédé d'eau-forte (procédé de gravure en creux ou taille-douce sur une place métallique à l'aide d'un acide) par lequel on obtient différentes tonalités grâce à la morsure, plus ou moins prolongée, dans un bain d'acide, d'une plaque d'une plaque de métal recouverte d'une couche de résine ou de bitume en poudre (source : wikipédia). Oui, je me suis tellement plu dans cet endroit raffiné que j'ai décidé d'emmener toute une série de travaux dans mon espace. Leur compagnie me fera le plus grand bien. J'aime ici, chez Jean-Michel, le grain subtil, l'art de mesurer et de sentir les choses, j'aime l'alchimie de l'aquafortiste, j'aime l'intensité, le relief du noir & blanc sans cesse rehaussé de nuances délicates, j'aime ce sens belge et noble du paysage, je partage avec lui l'amour de l'arbre, et ce qu'il rend superbement, cette calligraphie chorégraphique de l'élan des branches. L'arbre comme un signe éperdu que la planète nous adresse. Le grand végétal qui hèle. L’élan végétal. Point de jonction entre le ventre fertile de la terre et le lieu métaphysique du ciel. J'aime aussi dans l'œuvre de Jean-Michel, avec une évidente présence de la poésie, un sens du mystère, du fantastique, un culte de l'étrange. Je devine là un univers à l'affût de l'insolite et de l'étrange. Un univers habité jusqu’à la hantise. Parfois, sa création flirte avec l'abstraction. Ce large spectre de création témoigne d’une infatigable quête et d’une liberté que le désir de la représentation n’oblitère pas. Il y a chez lui une vraie fidélité à l'art de la gravure et une aptitude à en faire un art tout fait contemporain, présent, dynamique ancré dans l’histoire, chargé de mémoire et d’avenir. Ses photos, par la façon dont il les traite, ont à voir avec la gravure. Elles sont chargées d'âme, de quelque chose d'à la fois menacé de dissipation et d'intensité. Car oui, rien n'est étourdissant chez lui comme l'art permanent, à partir du noir & blanc, d'inventer et de réinventer les trésors de la lumière. Ces photos portent la marque d'une ligne esthétique exigeante et raffinée. Sa photo d'une fillette blonde sur un juchoir au cœur de la forêt est une merveille. Ses sous-bois, ses chemins de forêt, ses lacs gelés, toutes ces créations me parlent intimement tant par ce qu'elles évoquent que par la manière dont elles sont précieusement pensées et conçues. Mais il est vain de nommer, vain de distinguer quelques œuvres car cet univers là ne me déçoit jamais. Il ne cesse de m'aimanter et de me plaire. Il ne dit, ne révèle, ne montre que des choses qui me concernent intimement. Car si j’y trouve la forêt, l’arbre qui la cache et la désigne, une célébration ardente de l’une et de l’autre, j’y trouve aussi une dimension pratiquement littéraire et poétique : la translation visuelle et sensible d’un poème, d’un conte, d’une nouvelle étrange et la captation esthétique, raffinée de ce qui noue nature et mystère, beauté et secret, instant et cycle, mot et livre. J’y décèle encore la persistance en nous d’une enfance inquiète et amoureuse des choses et la toute récente ancienneté de l’humanité se cachant et se cherchant dans la forêt. Ce poème de Desnos, curieusement parent de la gravure,  pendant que j’admirais le travail de Jean-Michel m’était revenu à l’esprit.

        IL ÉTAIT UNE FEUILLE
                           
                               Il était une feuille avec ses lignes
                               Ligne de vie
                               Ligne de chance
                               Ligne de coeur
                               Il était une branche au bout de la feuille
                               Ligne fourchue signe de vie
                               Signe de chance
                               Signe de coeur
                               Il était un arbre au bout de la branche
                               Un arbre digne de vie
                               Digne de chance
                               Digne de coeur
                               Coeur gravé, percé, transpercé,
                               Un arbre que nul jamais ne vit.
                               Il était des racines au bout de l'arbre
                               Racines vignes de vie.
                               Vignes de chance
                               Vignes de coeur
                               Au bout des racines il était la terre
                               La terre tout court
                               La terre toute ronde
                               La terre toute seule au travers du ciel
                               La terre.

    Il y a encore ce côté déclenchant de l’œuvre, je veux dire que c’est une œuvre, - en raison des atmosphères, des sentiments qu’elle porte et qu’elle attise -,  qui engendre, qui crée, chez celui qui  la regarde des dispositions à la parole, à la création, à l’épaisseur du silence habité.

    NB Le portrait de l'artiste qui inaugure l'iconographie est une encre en taille-douce réalisée d'après un portrait photographique de l'artiste par Fabienne Petitjean. 

    AQUATINTES

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    MANIÈRE NOIRE (premier état)

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    PHOTOGRAPHIES

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