Denys-Louis Colaux - Page 5

  • Stellogramme (pour Hélène)

    S T E L L O G R A M M E

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    pour Hélène

    En raison d'une vie

    peu à peu suspendue

    et lentement ténue

    soudain pour nous le chemin parcouru

    et repliés dans sa valise

    le sage l'appris et le très longtemps rêvé

    ne savent plus ce qui est eau

    n'ont plus idée

    de ce qui appartient au ciel

    et

    déposent un instant

    plumes palmes et bras

    pendant qu'à nos paupières

    malgré le poids

    la soif

    le triste

    l'écoulé hors de nous

     parce que passe un souffle d'âme

    volette un doux poudrin d'étoiles

  • Hélène Bénardeau

    H é l è n e    B é n a r d e a u 

    Aujourd'hui, Hélène est là

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    Si tu es redevable d'un frisson, d'un remuement, d'un pétale de tendresse, d'une brassée de lumière, d'un éclat de rire, d'une émotion puissante et merveilleuse à quelqu'un qu'un danger imminent menace, ne te pose pas mille questions, chante, prie, rends justice, célèbre, remercie. Offre des mots de gratitude. Lance des fleurs. C'est important. Reconnais celle qui passe, adresse-lui un signe, à elle, à tous ceux qui l'apprécient, qui l'aiment. A ta minuscule échelle, célèbre, chante, salue, porte témoignage. Promène toi dans les allées qu'elle a ouvertes et plantées. Rends grâce. Respire, déguste. Savoure.

    Née le 12 mars 1970, française, enseignante, Hélène Bénardeau a transmué la terrible épreuve de son cancer en un site magnifique. Cette alchimie superbe est le fruit d'une belle âme, d'un être qui dépasse l'épreuve de son destin pour demeurer en relation avec le monde et pour lui offrir une aide, de la complicité, de la compassion, des coups de pied au cul, de la clarté, du tonus. Utile, irrésistiblement drôle, offensif, fraternel, sororal, généreux, savant et délibérément amateur, instructif, littéraire, ce blog (http://lacrabahuteuse.fr/) est devenu un livre indispensable. 

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    Comme nous avons un éditeur en commun, j'ai pris contact avec elle. Nous n'avons guère eu le temps d'échanger, Hélène était épuisée. Mais un lien s'est créé. Hélène est une sorte de miracle féminin. Belle (sa beauté ne s'est jamais rendue), intelligente, forte, terriblement attachante, volontiers taquine, elle ne se départ jamais d'un humour faramineux et conquérant. La rencontre est furtive mais c'est celle d'une passante considérable. Tellement que je me sens du nombre de ceux qui tremblent aujourd'hui. Elle n'aime pas le pathos, elle n'aime pas qu'on verse des larmes, elle n'a pas l'usage des apitoiements. Très bien. Je salue aujourd'hui, maintenant, un talent étonnant, une force inflexible, une maternité pleine de fierté, un caractère, une tournure d'esprit et une impressionnante beauté. Et, partageant un grand nombre de ses goûts, j'écoute un peu de musique avec elle :

    https://www.youtube.com/watch?v=4hTpR-TYTZ0

    https://www.youtube.com/watch?v=H6mfWun73vI

    https://www.youtube.com/watch?v=uGbSYohHcio

    https://www.youtube.com/watch?v=irzbYAW1ICQ

    https://www.youtube.com/watch?v=CSRQBB7FPzk

    https://www.youtube.com/watch?v=SKr57h39LOs

    https://www.youtube.com/watch?v=dtLHiou7anE

    Ce 01/02/2017

    https://www.youtube.com/watch?v=0kYc55bXJFI

    https://www.youtube.com/watch?v=HxVDHk-qJtg

    J'ai tout écouté. Je vais aller marcher, à présent. Merci personnel pour la force et la grâce, ensemble. C'est prodigieux, Hélène. Et tellement précieux. 

    Et à présent, à partir de ce 5 février 2017, hélas, il va falloir, à force de volonté, de désir, par les seuls pouvoirs du coeur et de la fidélité, maintenir Hélène parmi nous.

    http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2017/02/06/les-chroniques-du-poisson-pilote-n-31-8697823.html

  • John Hurt

    Mort de John Hurt

    Un immense acteur vient de disparaître. John Hurt est né en Angleterre en 1940 et mort ce 27 janvier 2017. Selon moi, il se hisse au rang des acteurs magistraux avec ses prestations dans 1984, Elephant Man ou Midnight Express. Inconditionnel de George Orwell, j'avais été sidéré par l'excellent film de Radford, 1984, et par la formidable interprétation de John Hurt  et par celle, fascinante de Richard Burton. Depuis ce film, je n'ai jamais oublié le visage de l'actrice Suzanna Hamilton qui incarnait Julia. Trois prestations hors mesures.   

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  • Peregrina - Le premier album 5 titres + 1 de Rita Damasio

    R I T A   D A M A S I O

    Peregrina, son album 5 titres + 1 est là et c'est une merveille

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    Rita Damasio par Andreas Vanpoucke, peintre et graveur belge

    Avec l'équipe de Lhasa de Sela

    A & a & a Lhasa.jpgPour réaliser son magnifique album, Rita Damasio a bénéficié de deux collaborations magistrales, deux complices de notre très regrettée Lhasa de Sela. Lhasa, c'est la bien-aimée de Rita. Nous nous sommes connus, Rita et moi, dans la détresse du décès de Lhasa (ce qui arrive dans le sillage de Lhasa est pur bienfait). Aujourd'hui, Rita est à l'oeuvre avec les magiciens de notre elfe. Il y a une sororité secrète, merveilleuse. Les deux complices de Lhasa sont musiciens, ils apportent la qualité d'un son, l'originalité d'un pouls, une atmosphère, une vibration et ils sont aussi réalisateurs et producteurs : Jean Massicotte (guitare acoustique, basse, guitare électrique et clarinette) et François Lalonde (batterie, percussions, xylophone, guitare électrique, percussions sur eau). Le line-up complet de l'album est lisible ci-dessus. Pour l'essentiel, Rita Damasio est au gouvernail de ce Peregrina somptueux dont elle signe les textes et les musiques. Rita libère les oiseaux qu'elle a longtemps couvés, l'essor est superbe. 

    https://www.youtube.com/watch?v=0jEPKK_2OIo

    https://www.youtube.com/watch?v=ng-o4gQQFAE

    U n   a l b u m   m a g n i f i q u e

    Avec un premier titre, Rita Damasio nous avait enchantés. Mais le pari est désormais tenu, six titres sont là et ils forment une suite musicale d'une qualité exceptionnelle. C'est l'album du début d'année, le petit chef-d'oeuvre espéré. Je renoue là avec une émotion que je n'avais pas connue depuis longtemps. C'est Rita la tragédienne, Rita la liqueur de chant, Rita du fado, Rita la douce, Rita la soie, Rita la braise de rose, Rita le velours du Portugal, c'est Rita la beauté, Rita la douleur, Rita la mère, Rita la navigatrice, Rita la voix, Rita la foi, c'est Rita la citoyenne du monde qui entre en scène. Et qui culmine. Cette Rita démultipliée accomplit des merveilles. Elle a trouvé son chemin, il est doré de lumière, approfondi d'ombres, il est ouvert en majesté. Il n'y aura pas, en 2017, je vous l'annonce, dix albums de cette classe. Vous avez rendez-vous avec le souffle, avec le voyage, avec le feu et les lueurs d'humanité. Si vous les manquez, vous serez responsables. Impardonnables. Je ne plaisante pas. Nous sommes quotidiennement, d'heure en heure, assaillis de crottes sonores, de déjections acoustiques, nous souffrons passivement cette dictature du médiocre. La seule rébellion possible, c'est d'entendre et d'accueillir le talent quand il se manifeste, quand il passe.  Cet album de Rita est un passage du talent, happez-le, faites-le vôtre. Enfin, il y a un adjuvant personnel. J'en parle avec joie, comme on parle de la chance, comme on évoque le passage enchanteur d'une comète ou d'une fée. Une bénédiction. La diva me fait l'honneur de mettre un de mes poèmes en musique. Oh, je l'aimais depuis longtemps, depuis la première fois que je l'ai entendue chanter au sein de Madredeus e a banda cosmica. Coup de foudre sonore, immédiat, plein. Nous échangions des courriers depuis un certain temps. Je lui écrivis : "Un doute m'assaille, êtes-vous la chanteuse portugaise ?". C'était elle. Quelle aubaine ! Je connaissais déjà quelques-unes des chansons qu'elle interprétait. J'adorais Estrada da Montanha ou Eclipse

    https://www.youtube.com/watch?v=8YwyfCcSSvc

    https://www.youtube.com/watch?v=mELKc0EYyQU

    Et là, d'un coup, à travers une affection commune pour La Llorona, nous faisions connaissance. Petits miracles dans le sillage de Lhasa. Aujourd'hui, Rita a mis un de mes poèmes à son répertoire. Elle le chante en français. Jadis, Rita a vécu en France. De ma vie, jamais un de mes poèmes n'a été honoré ainsi. Jamais un de mes poèmes ne s'est aussi bien porté. Elle lui a appris à voler, à respirer, à traverser la nuit. Je suis empli d'affection et de reconnaissance. Enchanté, ensorcelé par le chant. Ravi que cette merveilleuse hôtesse ait recueilli un de mes poèmes entre ses bras et l'ait ainsi chéri. Pour moi, le beau visage de Rita est donc aussi celui de la chance, celui d'un exaucement secret : être un jour chanté par une diva que j'admire. Le poème m'a offert cela. Cette diva, ce n'est pas n'importe qui, c'est Rita Damasio. C'est une colline dans la vie d'un poète. Un instant de fierté dépourvu d'orgueil. Quelque chose de pur et de très intense. Une fleur sur mon vieux cœur. Merci, ma petite sœur de Lisbonne. 

    Ecouter l'album ou l'acheter

    Pour écouter l'album en streaming : 

    https://play.spotify.com/artist/2UkfgddYT7EakzuIzEWFTj

    pour acheter le disque il y a la platforme cd baby: 
     

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  • Candy Ming

    C A N D Y    M I N G

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    Photographie de Miss Candy dans le film Henri de Yolande Moreau

    Au sommet de la dynastie des Ming, Miss Candy

    http://www.missming.net/

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100010791451306

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    Candy Ming avec Yolande Moreau

    J'ai découvert hier, en regardant Henri, le très beau film de Yolande Moreau (actrice et cinéaste supérieurement douée), un oiseau féminin tout à fait inédit, un oiseau marcheur, lumineux, charmant, habité, pesant, léger, une bille irrésistible, une voix, une allure, une présence hypnotique, un être formidablement attendrissant. Je n'aime pas paraître béatement sentimental, sombrer dans la sensiblerie mais, bon, Candy Ming, c'est la nouvelle forme, la forme totalement inédite de la femme fatale. On ne peut la voir sans l'aimer, sans espérer que la vie sera toujours noble et digne avec elle (sans déconner donc, puisque la vie est un véhicule aveugle et insensible), sans rêver que mille nouvelles occasions nous seront offertes de contempler son talent inédit et charmant. 

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    Candy Ming avec Gérard Depardieu dans Mammuth

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    Avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu

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    Henri

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    Henri

    Actrice, Candy Ming jouait déjà, avec Depardieu, Poelvoorde, Yolande Moreau ou Isabelle Adjani, dans l'excellent Mammuth de Kervern et Delépine en 2010. Avec la même équipe, aux côtés de Dupontel, Moreau, Poelvoorde et Lanners, elle joue en 2012 dans Le Grand Soir, prix spécial du jury à Cannes, la même année. On la voit aussi dans le film L'Hermine de Christian Vincent en 2015 avec Fabrice Lucchini et Sidse Babet Knudsen. Sa première apparition au cinéma date de 2008, elle tient un petit rôle dans Louise Michel de Kervern et Delépine, avec Moreau, Lanners, Kassovitz. Dans le désordre, Candy Ming est aussi peintre et dessinatrice, poétesse, lectrice, chanteuse. Elle est fait partie du monde délirant, féroce et indispensable de Groland conçu par l'équipe de Jules-Edouard Moustic au temps de la splendeur de Canal +. Sur le site de Miss Ming, vous trouverez des poèmes, des happenings, des bandes annonces. Vous trouverez une suite de peintures, de dessins et de collages de l'artiste. Vous trouverez également tous les courts métrages dans lesquels Miss Candy sévit :

    http://www.missming.net/courts.html 

    https://vimeo.com/candyming

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    Candy Ming à la une de L'Impératif

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    Ici, on entend les chansons de Miss Candy (écrites et interprétées par elle et livrées sur un mode pop minimaliste singulier et craquant). C'est une sorte de punk hilarant, lunaire, semi-destroy et semi-d'étoile. Des souris chantent, des chiens aboient, des vers coquets dansent avec des robes de comptines, des pierrots et des moineaux passent, des trucs tintinnabulent, des sons électriques valsent, on chante dans des entonnoirs, c'est maboule, grisant, c'est tex avery sous acide, disons sous cannabis, oui, sous un bon cannabis ou sous bulles de savon, c'est joli, touchant, écrit. La Chandelle magique est allumée par les deux bouts.  

    http://mecapop.bandcamp.com/album/credo-quia-absurdum

    Ensuite de Candy Rainbow (Miss Ming déborde de blazes allumés), il y a Sucre d'orge. Musique plus élaborée, plus radiophonique, plus grand public. J'ai écouté quelques extraits. De la pop acidulée, charmante, délicieuse, provocante. La voix de la jolie Miss est très plaisante, pétillante, malicieuse, polissonne, libertine. Ludique !

    https://rdcstudios.wordpress.com/2013/09/09/candy-rainbow-sucre-dorge/

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    Voici le lien pour les recueils poétiques de Miss Candy. J'ai pu lire quelques extraits qui m'ont charmé.

    http://www.hypallage.fr/ming_hypallage.html

    Enfin, La Désencyclopédie du Groland :

    https://www.bod.fr/livre/candy-ming/la-desencyclopedie-du-groland/9782322076604.html

    Enfin, Miss Candy poursuit des études en langues modernes, arts plastiques, sociologie et art du spectacle. 

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    Candy Ming et le génial De Kervern

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    Quelques œuvres de Candy Ming

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