Hélène Bénardeau

  • Hélène Bénardeau - suite

    H é l è n e   B é n a r d e a u

    P r é s e n t a t i o n

    En partage avec mon amie Christiane Mégel

    http://lacrabahuteuse.fr/

    https://www.facebook.com/helene.lacrabahuteuse

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157674562648936/

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    a hélène d.jpgD'abord, j'invite instamment le visiteur du blog à consulter les références à l'oeuvre photographique d'Hélène Bénardeau. Il en comprendra la qualité, l'originalité et l'âme.

    Née en 1970, Hélène Bénardeau, mère de Tom et Matisse, enseignait l’espagnol et habitait à Ingrandes, dans le Pays de la Loire. Lors de son troisième épisode cancéreux, Hélène décide de passer à l’abordage et conçoit l’idée de son blog La Crabahuteuse (http://lacrabahuteuse.fr/). Ce même blog deviendra en 2011 un ouvrage chez Jacques Flament, dans la collection L’air du temps,  Il est moins tard que tu ne crois, Carnet de bord d’une crabahuteuse. Ce livre formidable a été extrêmement profitable à toute une tribu de sœurs de déveine.

    Hélène est un être pas ordinaire du tout. Elle est douée d’un tempérament fort, d’une ligne d’esprit agréable à l’œil et musclée, tenace. Elle sait tenir tête à l’adversité. Elle a eu besoin de puiser dans ses réserves, la maladie l’a longtemps tourmentée. Elle aime depuis toujours les livres et petit à petit, dans un réjouissant éclectisme, le jazz, la chanson française, le rock, le reggae, etc. Elle s’impose à vous par une nature volontaire, robuste et élégante. C’est une très belle femme, ses yeux, malgré une évidente force de malice, émettent de la musique et portent à rêver  Ses talents de photographe prouvent qu’elle en avait le meilleur usage. Son visage lumineux et séduisant exprime une féminité épanouie, la présence d’un goût pour la poésie, une grâce exhaussée de quelques indices de cynisme. Débarrassée de ses beaux cheveux par les traitements agressifs, elle demeurait supérieurement belle.

    La distinguent encore un puissant instinct maternel et, révélé par son blog et son livre, un réel ressort littéraire, la pratique d’un humour alerte et inspiré, une aptitude à la colère et au cabrement. Et merveille des merveilles, que les vacheries du destin font apparaître, Hélène est douée d’un sentiment élevé de la solidarité. Elle fonde une tribu. Toujours d’une humilité tranquille, elle plaide, elle aide, elle explique, elle assiste, elle désigne, elle salue, elle proteste, la main avec laquelle elle écrit devient littéralement une main secourable. Autour de son îlot virtuel, de grands golfes de sentiments circulent, les gens la hèlent, l’appellent, elle est accueillante, sororale. Elle s’invente une autre vraie famille, une cohorte de femmes blessées, reconnaissantes,  rallient son panache couleur Loire. Elle réussit quelque chose de somptueux, de chaleureux, de chevaleresque. Toujours à sa façon, dans sa geste singulière, sans faire fi de ses humeurs, de ses tournures d’esprit, de son goût pour le style et les formulations soufrées. Son outil est affûté, paré pour les grands défis littéraires. Il y a en elle, avec ce que cela comporte de grâce, de poésie et de dignité, de la Doña Quichotte.

    a hél a.jpgHélène aime et pratique les chevaux, elle chérit les chats, son cœur palpite au passage des félins de poche, elle aime les chiens aussi, elle crée avec les fleurs de délicieux rapports d’affection et de complicité. Elle a le sens inné de la composition florale. Elle assiste, patiente et séduite, au mûrissement superbe de ses roses. Elle aime la Loire, l’âme lente et liquide de la Loire, ses faunes et ses flores, ses longs draps spéculaires, ses incendies, ses vapeurs d’aube, ses cieux et leurs nuanciers subtils. C’est beau, c’est touchant comme elle la regarde, sa Loire, durant de longs et amoureux affûts, en collectionneuse de tableaux, en orpailleuse d’or immatériel. Et ému, je songe que si le Rhin a sa nixe, Lorelei, la Loire a sa nymphe, Hélène..Hélène, sirène de la Loire. Elle cueille ce sublime qui est à sa portée, à deux pas d’elle, à deux coups d’ailes, elle le reconnaît, elle le célèbre. Enchantée, elle enchante à son tour. Elle comprend le rythme de ces eaux et de ces lieux, leurs variations visuelles et sonores, leurs coulées paisibles, leurs mouvements de conquête et de crue, elle les fait siens, un mimétisme opère entre Loire et Hélène.

    Hélène (et je me ressouviens du recueil de René-Guy Cadou, Hélène ou le règne végétal) est sensible et réceptive à toute forme de vie : un arbre, un brin d'herbe, un épi, une libellule, un fil de lumière, une perle d'insolite, un oiseau, tout en haut le bulbe de la lune. Elle y recueille de la grâce, de la danse, de l'oeuvre, une raison d'être, une participation intime et charmante au manège du monde. Aussi, elle a un sens extrêmement développé, affûté et esthétique du signe, de la silhouette, du hiéroglyphe, du langage aléatoire et poétique des formes.  

    Et, bien que, hélas, mille fois hélas, la belle Hélène ait pris son envol vers ailleurs ce 5 février 2017, il nous est donné de participer aux magies de son regard et de son cœur, il nous est donné encore de feuilleter ou de parcourir (puisque, désespérément, le livre tarde) le respectueux recueil de quelques-unes de ses somptueuses captures. Le livre tarde, ai-je écrit. Il tarde à mes yeux et à mon âme parce qu’il est pour moi l’outil supérieur de la célébration, de la reconnaissance et du respect. Qu’on sache pourtant que pendant que j’écris ces lignes, je me sens douloureusement sensible au chagrin des proches, à la douleur lancinante et terrible de ceux et celles qui se trouvent dépossédés d’un être indispensable et chéri. Devant ce désastre terrible, mon rêve de livre, qui persiste et se cherche des issues, se sait aussi mineur qu’inflexible. 

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    Un poème d'Hélène

    L e   s a b l i e r

    (2011)

    Les heures et les secondes

    Qui filent et se fourvoient

    Les creuses, les vagabondes

    Celles que préfère mon chat,

    Tournicotant, tranquilles

    Me glissant dans les doigts

    Comme le sable, agiles

    Traquant les falbalas

    Poussières des temps fragiles

    Innocentes, intrépides,

    Flèches légères, futiles

    que l’enfance dilapide

    Grains solidaires, infimes

    Que le grave éternise

    Que le doute, les énigmes

    Tamisent à leur guise

    Trame de perles faucheuses

    Qui sur nos peaux sillonnent,

    Creusant les ruelles sinueuses

    Qu’empruntent tous les hommes

    D’éclats de rire limpides

    En sanglots pathétiques

    De surprises candides

    En colères volcaniques

    Petites gouttes hémophiles

    Qui passent en vous priant

    De rendre indélébiles

    Leurs trépas incessants

    De croire que leur décompte

    Qui vous sera fatal

    Est comme du temps la fonte

    Comme du présent le râle

    Billes de sel cloîtrées

    Dans leur écrin de verre

    Que l’on croit amadouées

    Parce que faites prisonnières

    Qui coulent, même immobiles

    Sur l’endroit comme l’envers

    Qui tirent sur le fil

    Qui tricote votre hier

    Rendez les donc précieuses

    Uniques et singulières

    Ces heures impétueuses

    Qui deviendront Naguère,

    Antan et Autrefois,

    Bagatelles et chimères,

    Comme vous comme moi. 

    Hélène Bénardeau

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    Q u e s t i o n n a i r e

    Pour le site de notre éditeur commun, Jacques Flament, Hélène avait préféré répondre au questionnaire plutôt que de rédiger un autoportrait. Son art de la réponse constitue un merveilleux autoportrait.

    Quel est votre trait de caractère majeur ?
    Sévèrement atteinte d’Électronite libre.
    Quelles sont vos qualités préférées chez un homme ?
    La bienveillance. L’autodérision. L’intégrité.
    Quelles sont vos qualités préférées chez une femme ?
    La bienveillance. L’autodérision. L’intégrité.
    Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?
    Leur présence.
    Quels sont vos principaux défauts ?
    Trop péremptoire en phase passionnelle. J’espère que ce n’est pas incurable et que les coups pris sur la tête ou que les années qui passent me donneront l’antidote. Trop Saint-Bernard. Mais je me soigne. Je fume. Fumais. Refume.
    Quelle est votre occupation préférée ?
    Ramasser des bois flottés sur les plages et leur boutiquer une seconde existence avec les moyens du bord.
    Quelle est votre idée du bonheur ?
    Buller délestée de toute nostalgie, bien campée dans le présent, avec un amoureux qui râle en fond sonore après sa mayo qui ne prend pas, un chat sur le ventre qui roumione de bonheur sur mon transat en terrasse, un grillon qui se demande si il pointe à 19 ou 20h, des roses en pagaille sur la claie en osier, une carte postale de mes loulous qui barbottent en bord de mer posée sur le guéridon et Chet Baker qui funnyvalentine loin de sa fenêtre de malheur.
    Quelle est votre idée de la misère, du malheur ?
    Perdre un enfant. (au propre comme au figuré). Perdre son autonomie. S’oublier par amour. Se mélanger les pinceaux dans la hiérarchie des auxiliaires être et avoir.
    Si vous n’étiez pas vous-même, qui aimeriez-vous être ?
    Mon chat.
    Où aimeriez-vous vivre ?
    Je suis merveilleusement bien là où je vis. Mais je pourrais vivre dans bien des endroits, du moment qu’il y ait de l’eau à proximité.
    Quelle est votre couleur favorite ?
    Celle de la Loire.
    Quelle est votre fleur favorite ?
    La rose, mais la gogane, l’agapanthe, le lilas, le tiaré, les fleurs des champs la talonnent de bien près sur le podium.
    Quel est votre animal préféré ?
    Le chat, incontestablement.
    Quels sont vos auteur(e)s préféré(e)s ?
    Stefan Zweig, Gabriel Garcia Marquez, Vargas LLosa, Milena Agus, Luis Sepulveda, Alessandro Barrico, Herman Hesse, Saint Ex… Il y en a trop. Depuis gosse, je suis aussi hypnotisée par les livres qui tournent autour de la Shoah.
    Quels sont vos héros de fiction préférés ?
    Le petit Prince.
    Quelles sont vos héroïnes de fiction préférées ?
    Mafalda.
    Quels sont les derniers livres que vous ayez lus ?
    La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre
    Ainsi mentent les hommes, de Kressman Taylor.
    Les théorèmes du Port de la lune, de Bernard Manteau.
    Personne, de Gwenaëlle Aubry.
    Quels sont vos acteurs préférés ?
    Philippe Noiret, Claude Rich, Albert Dupontel, Jacques Gamblin, Jacques Spiesser, Mickael Lonsdale, Massimo Troisi, Jeremy Irons…
    Quelles sont vos actrices préférées ?
    Romy Schneider, Annie Girardot, Jean Seberg, Ludmila Mickaël, Mélanie Laurent, Anne Consigny, Catherine Frot, Sandrine Kiberlain…
    Quel(le)s sont vos metteurs en scène préféré(e)s ?
    Agnès Jaoui , Zabou Breitman, Tim Burton, Clint Eastwood (même si le gars commence à me fatiguer), Albert Dupontel, Almodovar, Hitchcock,…
    Quels sont vos films préférés ?
    Le facteur, de Michael Radford.
    La vie des autres, de Florian Henckel Von Donnersmarck.
    Les vestiges du jour, de James Ivory.
    Et au milieu coule une rivière, de Robert Redford.
    Dans ses yeux, de José Luis Campanella… trop long.
    Quels sont vos chanteurs préférés ?
    Euh non. Là, je n’y arrive pas. Mes goûts sont beaucoup trop éclectiques pour que j’en nomme en oubliant les autres (chanson française, classique et moderne, pop rock, latino, un peu de classique mais pas beaucoup, reggae, vieux coucous espagnols, jazz, jazz manouche, etc. Même en ne citant que les grands courants, je n’arriverais pas à mettre de hiérarchie !)
    Quelles sont vos chanteuses préférées ?
    Idem.
    Quel(le)s sont vos musicien(ne)s préféré(e)s ?
    Alberto Iglesias. Django Rheinart. Goran Bregovic, Erik Satie, etc.
    Quels sont vos héros dans la vie réelle actuelle ?
    Ceux qui ont encore l’insolence de rêver. Ceux qui osent être insolents tout court.
    Quelles sont vos héroïnes dans la vie réelle actuelle ?
    Idem.
    Quels personnages de l’histoire aimez-vous le moins ?
    Ceux qui ont tout fait dans le seul but d’y rester graver.
    Quels sont vos héros dans l’histoire du monde ?
    Robert Badinter, Nelson Mandela, les Justes… trop long.
    Quelles sont vos héroïnes dans l’histoire du monde ?
    Virginia Hall, Nelly Bly, Fridha Khalo, Helen Keller… trop long.
    Quelles sont vos boissons et nourritures favorites ?
    Le Madiran, le Tariquet premières grives, un p’tit Sauvignon avec une douzaine d’huîtres, les fruits de mer en général, le Coca-Cola (mais le vrai) l’eau qui pique, le chocolat, les fraises Tagada, les nounours guimauve, les pistaches, les tartines de pain frais beurrrrrrrrrées, les gambas, le foie gras, l’oeuf à la coque…
    Que détestez-vous le plus ?
    L’hypocrisie. La méchanceté. La bêtise
    Quels sont les personnages historiques que vous détestez le plus ?
    Les bourreaux. Les résistants de dernière minute qui sentent qu’ils vont être en retard pour la photo.
    Quel est le fait d’actualité qui vous a le plus marqué ?
    Les résultats du premier tour des présidentielles en 2002. La bête immonde me fait peur. Elle rampe toujours.
    Quel est le don naturel dont vous voudriez être doté(e) ?
    Avoir l’oreille absolue pour pouvoir jouer d’un instrument sans passer par la case solfège !
    Comment aimeriez-vous mourir ?
    Sans regrets.
    Quel est votre état d’esprit présent ?
    Je suis comme un suricate converti au boudhisme. Je m’inquiète tranquillement.
    Pour quelles fautes avez-vous le plus de tolérance ?
    Pour celles dont je connais les racines.
    Quelle est votre citation favorite ?
    Une parmi d’autres : « Vous pouvez vous désoler que les roses aient des épines, mais vous pouvez aussi vous réjouir que les épines aient des roses. » (Tom Wilsom) Mais j’avoue que le : « Il y a des métastases qui se perdent » desprogien m’échappe assez souvent.
    Quels sont vos pays préférés ?
    Aucun. J’adore le mien, mais j’ai trouvé du charme à tous ceux que j’ai pu visiter.
    Où écrivez-vous ?
    Dans mon lit ou près du feu ou dans mon jardin.
    Quand écrivez-vous ?
    N’importe quand.
    Avez-vous des manies quand vous écrivez ?
    Non. À part celle d’oublier  régulièrement de boire mon café tant qu’il est chaud et celle de fumer beaucoup trop.
    Que représente pour vous l’écriture ?
    La Mary Poppins la plus efficace du monde pour faire le ménage.
    La façon la plus spontanée pour moi de communiquer.
    Un bouclier contre les tsunamis émotifs.
    Un stratagème pour obliger ma cervelle à tourner moins vite.
    Une cordée qui permet aux autres d’escalader ma face nord sans être trop chagrins.

    Hélène Bénardeau

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  • Hélène, l'imagier, encore.

    Etincelles et écumes du sillage

    En complicité avec Christiane

    Je continue à attiser la braise d'étoile. Je continue à recueillir. A retenir. Les étincelles et les écumes de neige et de pollen du sillage d'Hélène. Les fleurs de son courage, de son humilité magnifique, de son tempérament, de son humour, de son tournoi singulier, de sa vaillance,de son âme sensible au beau. Je place cela dans mon univers, dans mes lieux, au cœur des lieues que je cours. 

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  • Les imagiers d'Hélène Bénardeau

    Poèmes visuels, faune, flore, , fleuve. Bords de Loire. Je recueille ici, parmi les prédilections musicales de l'écrivaine, quelques-unes de ses photographies. Lumières, plumes, ombres. J'ai ainsi l'impression de perpétuer quelques éléments de son précieux regard. J'ai l'impression de recueillir des pépites volatiles.

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    La belle Hélène dans la splendeur de son printemps

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    Georges Moustaki - Le Métèque

    https://www.youtube.com/watch?v=MV8fGf-N06A

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    Georges Brassens - Quatre-vingt-quinze pour cent

    https://www.youtube.com/watch?v=61klageOn-4

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    Erik Satie - Choix de pièces

    https://www.youtube.com/watch?v=dtLHiou7anE

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    Jean-Louis Murat - Ange déchu

    https://www.youtube.com/watch?v=fT99OiZTo7M

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    Django Reinhardt - Tears

    https://www.youtube.com/watch?v=j40NamRqNRA

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    The Doors - Riders on the storm

    https://www.youtube.com/watch?v=lS-af9Q-zvQ&list=PLe52M8z8EbA9hv-sYL8dcJmng_HBvtDvq

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    Sting - Russians

    https://www.youtube.com/watch?v=wHylQRVN2Qs&list=PLs_foHKW3RNkpFQlH1I8a62DFrtWn4mv4

  • Pour l'envol migratoire de Pernelle

    Pour l'envol migratoire de Pernelle

    Hélène, toute la matinée durant, je navigue parmi vos prédilections musicales, je pose mon esprit parmi vos lieux. et vos imagiers. Je transcris à votre intention quelques poèmes. Je reproduis quelques œuvres qui, selon moi, entrent en correspondance avec vous. Je conçois le temps d'un recueillement.

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    Photographie Hélène Bénardeau

    Annie

    Sur la côte du Texas
    Entre Mobile et Galveston il y a
    Un grand jardin tout plein de roses
    Il contient aussi une villa
    Qui est une grande rose
     
    Une femme se promène souvent
    Dans le jardin toute seule
    Et quand je passe sur la route bordée de tilleuls
    Nous nous regardons
     
    Comme cette femme est mennonite
    Ses rosiers et ses vêtements n'ont pas de boutons
    Il en manque deux à mon veston
    La dame et moi suivons presque le même rite

    (Guillaume Apollinaire)

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    Frida Kahlo

    Neil Young - Harvest - https://www.youtube.com/watch?v=nXStKdubasA

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    Diana Krall - Cry me a river - https://www.youtube.com/watch?v=rm4E6lzsTfo

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    Photographie Hélène Bénardeau

    Je chante ce soir non ce que nous devons combattre

    Mais ce que nous devons défendre.

    Les plaisirs de la vie.

    Le vin qu'on boit avec les camarades.

    L'amour.

    Le feu en hiver

    La rivière fraîche en été.

    La viande et le pain de chaque repas.

    Le refrain que l'on chante en marchant sur la route.

    Le lit où l'on dort.

    Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.

    Le loisir

    La liberté de changer de ciel.

    Le sentiment de la dignité et beaucoup d'autres choses

    Dont on refuse la possession aux hommes.

    (Robert Desnos)

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    Odilon Redon

    Certaines tombes ne jaunissent pas
    Certaines fins multiplient le vertige
    Certains départs s'adossent à la fraîche souffrance
    Certains corps brûlent à tous les âges du nôtre

    Certaines paroles bouleversent
    Tout le silence à vivre.

    (Andrée Chedid)

    Paul Simon - René and Georgette Magritte with their dog after the war - https://www.youtube.com/watch?v=BfBDDbE7lcQ

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    Sade - By your side - https://www.youtube.com/watch?v=C8QJmI_V3j4

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    Hélène Grimaud - Sonate au clair de lune - Beethoven - https://www.youtube.com/watch?v=buVzKH7T5CU

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    Moise Kisling

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    William Turner

    Stan Getz - Autumn leaves - https://www.youtube.com/watch?v=pnxeKl-Kbqw

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    Chet Baker - Charlie Haden - Silence - https://www.youtube.com/watch?v=ewvoGAWch_g

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    Si l'air

    ne

    devenait papillon

    comment

    le papillon

    pourrait-il

    voler

    dans

    l'air

    (Malcolm de Chazal)

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    Photographie Hélène Bénardeau

    Jean Ferrat - J'arrive où je suis étranger - https://www.youtube.com/watch?v=bVPWI4hme_Y

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    Photographie Hélène Bénardeau

    Imany - Slow Down - https://www.youtube.com/watch?v=ahHGBa-lJp0

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    Anna Boch

    Barbara - Pierre - https://www.youtube.com/watch?v=0mE3Khf18W8

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    Photographie Hélène Bénardeau

  • Stellogramme (pour Hélène)

    S T E L L O G R A M M E

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    pour Hélène

    En raison d'une vie

    peu à peu suspendue

    et lentement ténue

    soudain pour nous le chemin parcouru

    et repliés dans sa valise

    le sage l'appris et le très longtemps rêvé

    ne savent plus ce qui est eau

    n'ont plus idée

    de ce qui appartient au ciel

    et

    déposent un instant

    plumes palmes et bras

    pendant qu'à nos paupières

    malgré le poids

    la soif

    le triste

    l'écoulé hors de nous

     parce que passe un souffle d'âme

    volette un doux poudrin d'étoiles