28.01.2012

Marie-Claude Baillif

marie-claude.jpgJ'ai découvert, lors d'une pérégrination internautique, le site de Marie-Claude Baillif. En réalité, je l'ai redécouvert. Je l'avais visité déjà il y a deux ou trois ans. Le coup de foudre s'est répété. Cet endroit me plaît et cette femme dispense une qualité de lumière, de bienveillance, de sensibilité, de perforante simplicité et une aménité qui me charment. Je vous recommande vivement de lui rendre visite. Un petit rendez-vous avec la grâce. Un des plus jolis, un des plus poignants sommets de la Suisse. En voici l'adresse : http://www.myopathe.ch/portail/

26.12.2010

Albertine SARRAZIN - une comète fulgurante

sarrazin 1.jpg   sarrazin 2.jpg

  sarrazin 4.jpg   sarrazin 3.jpg

ALBERTINE SARRAZIN, UNE COMETE FULGURANTE

Albertine, c'est un lointain coup de foudre sur lequel je ne suis jamais revenu. J'ai lu à peu près tout ce qu'elle a écrit (elle n'a hélas pas disposé de beaucoup de temps) et elle est devenue, en raison de son talent littéraire inédit et fervent, ma petite hors-la-loi préférée (elle était minuscule mais parfaitement, adorablement visible à l'oeil nu). Je ne veux pas pitoyablement poser à l'honnête homme (en connaissez-vous ? Je veux des noms !) qui se commet ni frileusement rallier la troupe des effarouchés qui trouvent à la truande des qualités de plume. J'estime qu'il se produit avec elle un authentique événement littéraire : une femme (une rebelle, une voyou, une fille de moeurs douteuses, une fleur du néant) fait irruption dans la littérature.

Une fleur du néant ! Lors du décès d'Albertine, (elle succombe à l'ablation d'un rein à la suite de terribles négligences : une anesthésie honteusement bâclée), son époux, Julien Sarrazin entreprend une action judiciaire contre l'équipe médicale. Durant le procès, Josane Duranteau, biographe d'Albertine, nous apprend qu' un défenseur de cette équipe médicale croit pouvoir jeter le plus violent discrédit sur la partie civile : "De la partie civile, je ne dirai rien, on ne peut rien dire du néant". Voilà un barde de l'honorabilité qui destitue sa caste, qui se dissout en bouillasse en une formule. Voilà celle qui m'émeut !

Albertine (Anne-Marie, Mademoiselle R., Anick, etc.) est née à Alger le 17 septembre 1937. Ni père, ni mère. D'eux, elle ne saura jamais rien si ce n'est que peut-être sa mère est d'origine espagnole. Elle est confiée à l'Assistance publique. Le débarquement de la jolie nymphe de poche ressemble à une de ces chansons réalistes dont Fréhel, Damia, Berthe Sylva ou Piaf firent les belles années. Pourquoi en rester là ? A l'âge de vingt mois, Albertine est adoptée par un couple de vieux, un médecin-colonel rimailleur et sarcastique et une femme soumise, méprisée et larmoyante. Lors de la détention d'Albertine, le militaire persifleur adressera à son enfant adoptive des vers effarants, vides d'affection, drôlatiques, méprisants, écoeurants. Pendant qu'il recopie, pour les confier à la postérité (qui s'en torche le fondement), ses exploits de plumitif, il travaille, sans en avertir Albertine, à la révocation de l'adoption. 

Albertine est une enfant intelligente (très intelligente), vive, ravissante. Ce mouroir d'accueil ne lui convient pas. La déflagration de l'adolescence va causer son expulsion du mausolée. Elle est placée dans une maison d'éducation surveillée dont elle s'enfuit durant les épreuves du baccalauréat. Elle ne s'abandonne pas, loin s'en faut, à la repentance. Elle gifle, elle insulte, elle est insupportable. Elle a seize ans. Elle prend la direction de Paris, s'y prostitue pour survivre. Assistée de son amie Emilienne, avec l'arme volée à son père, elle tente un braquage dans un magasin de fringues. Un coup de feu, la vendeuse est blessée à l'épaule. Arrêtée, Albertine se montre arrogante, ne manifeste aucun remords. Un orgueil ! En 55, après la préventive, elle est condamnée à sept ans de réclusion. Elle étudie, obtient des diplômes. Ele dispose d'une alliée, Madame Bourgeois, connaissance de ses parents, qui la soutient, lui écrit, la visite, croit en elle. D'une autre encore, la doctoresse Gogois-Myquel, médecin-psychiatre, qui détecte chez Albertine une réelle intelligence. "Je ne peux, écrit-elle à Albertine, supporter qu'une valeur intellectuelle se gâche".  

En 57, elle s'évade. Durant l'évasion, en franchissant un rempart, elle chute et se blesse au pied (L'Astragale). Au pied de ce rempart finalement providentiel passe Julien Sarrazin, l'amour de sa vie, son soleil. C'est aussi un habitué de la détention. Il est né le 10 octobre 24. On ne peut ni voir son visage ni le lire sans éprouver pour lui une violente et immédiate sympathie, sans se réjouir pour lui de l'oisillon blessé que le destin lui adresse.

Les épisodes d'incarcération vont se succéder. Albertine et Julien se marient alors qu'ils sont tous deux incarcérés. Mais la carrière littéraire d'Albertine s'annonce, une vie neuve s'inaugure avec sa première parution en 1964 : L'Astragale. Suivent, dès 65, La Cavale et La Traversière en 66.

1967. Albertine a trente ans. Elle est à l'aube d'une grande carrière. Elle meurt sur une table d'opération à Montpellier. A vomir de dépit et de rage. Tout finit par des chansons réalistes.

Derrière tout cela, le tragique de ce destin, il y a un talent formidable, une lectrice invétérée, une intelligence, une conscience en bouleversement, un tempérement, une volonté, un caractère, un irrépressible désir d'écrire et d'aimer, de chanter. Il y a quelqu'un qui se trouve, se forge, éclôt dans la littérature et la poésie. On assiste, épaté, à cette naissance d'une voix. On admire cette confiance totale, exubérante en l'écriture. Lisez Albertine Sarrazin.

L'OEUVRE

L'ASTRAGALE (roman), Ed. J.J. Pauvert et Livre de Poche  - LA CAVALE (roman) (id.) - La TRAVERSIERE (roman) (id.) - POEMES (id.) - BITONS DE PRISON (id.) - LETTRES ET POEMES (id.) - LIBERTE, Le Passe-Peine (Julliard) - et les biographies de Josane Duranteau : ALBERTINE SARRAZIN (Ed. Sarrazin et Livre de Poche) et  de Jacques Layani : ALBERTINE SARRAZIN, UNE VIE (Ed. Ecriture)

Consultez aussi :

http://www.albertine-julien.fr/ 

http://astragaleetcavale.free.fr/biographie.htm   

17.11.2007

YASMIN LEVY

 

UN PUR JOYAU - UN OISEAU DE PARADIS

Un dialogue entre les cultures par la vertu du chant 

Yasmin-Levy

YASMIN LEVY

De la gravité, de la ferveur, de la grâce, de la passion, de l'allégresse, une mémoire, une conscience, un pari de réconciliation par la musique et le chant, un frisson inédit. Yasmin Levy est bouleversante. Et splendide.    

yasmin1

Yasmin Levy - Mano Suave

Entendu quelque chose de sublime sur Vrije Geluiden /Holland EEN TV ce samedi matin vers 10.00.

Une chanteuse israélienne, elle s'appelle Yasmine Lévy, elle possède une voix étonnante, expressive, magique, profonde, une voix sur la portée de laquelle semble se produire la rencontre entre la nuit des temps et la lumière. Elle est sublime. Elle est entourée de musiciens extraordinaires et venus d'un peu partout pour semer dans l'athanor du groupe leurs épices et leurs secrets respectifs. Yasmin Levy chantait des extraits de son dernier album intitulé Mano Suave (CD World Village / Harmonia mundi). Un éblouissement.

Le groupe : Yasmin Levy (chant et âme) - Ishay Amin (derbouka) - Yechiel Hassan (guitare) - Vardan Hovanissian (doudouk) - Miles Danso (contrebasse) - Oli Savill (percussion)

Discographie :

yasmin2

Yasmin4

yasmin5

Le Chant selon Yasmin Levy. La Alegria : voilà ce que je donne pour une leçon de chant. C'est cela, le chant, chanter, c'est ça, se transporter plus haut, se consumer un instant, brûler, buisson ardent. Habiter sa voix de tout son être, tout injecter dans le chant, les essences, les substances jusqu'à ce retentissement sublime. Yasmin Levy. Una Noches Mas : Quelque chose du monde entier traîne en vous sans que peut-être vous le sachiez et soudain, vous en êtes le coffre de résonance, cela palpite en vous. Par les vertus d'une voix sublime, cela éclôt en vous et vous fait participer au monde et vous rend unique. Yasmin Levy. Irme Kero : Vous êtes un être incomplet mais un instant, la voix, comme mille affluents inespérés, inattendus, vient porter dans votre cours d'eau, l'espace liquide du monde. Yasmin Levy. 

Disons le tout net : on est heureux de savoir qu'une telle créature existe. Il faut aller à la rencontre de cette superbe étoile. Je vous engage à visiter son site :

http://www.yasminlevy.net

ou

http://sitemusiquealhambra.free.fr/Yasmin%20Levy.htm 
 

Je vous recommande aussi, pour vous aider à acquérir les albums de la belle fée, d'aller l'entendre et la voir sur :

http://www.myspace.com/yasminlevy

yasmin 6

Yasmin Levy en concert

La chanteuse nous explique ici, extrait prélevé dans son site, ce qu'est la Juderia.

La Juderia
 
Les Juifs arrivèrent en Espagne en l’an 711, la même année l’Espagne fut conquise par les Musulmans.
Cette démarche correspond à un retour de 1300 ans auparavant, au temps où les Juifs arrivèrent en Espagne suivis par la conquête des Musulmans. Pendant près de 800 ans, Juifs et Musulmans vécurent en harmonie jusqu’à la conquête chrétienne en 1492, lorsque Isabelle la Catholique et le roi Ferdinand chassèrent les Juifs, qui laissèrent derrière eux l’influence d’une riche culture liturgique, la voix du Cantor, le Chazan.
Les Musulmans qui furent également chassés, laissèrent le chant magnifique de la prière du Muezzin depuis les mosquées.
Puis les Tsiganes arrivèrent, amenant avec eux un nouveau rythme à 12 temps. Ajouté aux influences vocales du Chazan et du Muezzin, ce mélange donna naissance à un style musical unique qui se développa en Andalousie pendant plus de 300 ans, connu sous le nom de Flamenco.
En même temps, la musique et la culture Ladino (Judéo-espagnol) furent développées dans différents pays au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans les Balkans par les Juifs chassés d’Espagne.
Avec cet album, je suis fière de combiner les deux cultures Ladino et Flamenco, tout en les mêlant à des influences moyennes-orientales.
J’embarque pour un voyage musical vieux de 500 ans, ramenant le Ladino en Andalousie et le mêlant au flamenco, ce style qui porte en lui le souvenir musical du vieux monde Maure et Judéo-espagnol, avec les sonorités du monde arabe. C’est d’une certaine façon une « réconcilation musicale » de l’histoire.
La musique est tellement plus forte que la politique.

Yasmin Levy, Jerusalem, 2005


Remedios Silva Pisa 

Cette évocation du flamenco me remet en mémoire la voix de Remedios Silva Pisa qui chantait Naci en Alamo dans la bande originale du film de Tony Gatlif, Vengo. Interprétation pleine, déchirante, chant époustouflant de l'oiseau de passage, Il s'agit, au demeurant, d'un titre que Yasmin Levy a mis à son répertoire.


Paroles de Tony Gatlif - Remedios Silva Pisa - Naci En Alamo :

no tengo lugar
y no tengo paisaje
y menos tengo patria
con mis dedos hago el fuego y con mi corazon te canto lloran
las cordas de mi corazon lloran
naci en alamo
naci en alamo
no tengo lugar
y no tengo paisaje
y aun menos tengo patria
naci en alamo
naci en alamo
ay cuando canta(s)
y con tus dolores
ay, ay

naci en alamo
naci en alamo
no tengo lugar
y no tengo paisaje
y menos tengo patria

Ces paroles sont sur http://www.greatsong.net/PAROLES-TONY-GATLIF,REMEDIOS-SIL...

(Traduction : Je n'ai pas d'endroit où aller / je ne possède aucun paysage / et moins encore de patrie / Avec mes doigts j'allume le feu / Et avec mon coeur, je chante pour toi / Les cordes de mon coeur pleurent / Je suis née à Alamo ...)

Je n'ai hélas, malgré une recherche assez acharnée, pas trouvé d'informations sur Remedios Silva Pisa. J'en recevrai avec gratitude.

Remedios

Remedios Silva Pisa

Vous pouvez voir le clip de Remedios Silva Pisa chantant Naci en alamo en tapant l'adresse suivante :

http://www.dailymotion.com/video/x36ahe_vengo-naci-en-ala... 

 

vengo


Langston HUGHES

Dans la passion que m'inspire le blues, il y a sans doute aussi cette espèce de poignante nudité du verbe, cette espèce de flèche nue du verbe qui cherche, sans ambage, sans fioriture, la cible de l'essentiel. Il y a ce sentiment livré dans sa palpitation nue, livré dans une mouture qui serait simplement ordinaire si d'un seul coup, en raison de la justesse même du ton et de la simplicité lumineuse de la formulation, elle ne faisait tout simplement retentir toute la caisse de résonance de l'âme. Il y a ce génie, somme toute, d'un sentiment qui arrive d'un pas désinvolte, presque nonchalant et prend, d'un seul coup, transporté par un vers, une dimension universelle. C'est cet effet prodigieux qu'ont produit sur moi cet extrait d'un poème de Langston HUGHES. 

J'vais marcher vers le cimetière,

Derrière mon amie, Miss Cora Lee,

Vais marcher vers le cimetière,

Derrière ma chère amie, Cora Lee,

Pas'que quand j'serai mort, j'veux

Avoir quelqu'un qui marche derrière moi.

LangstonHughes

Langston Hughes

Pour en savoir plus sur ce poète et romancier américain :

http://culture.revolution.free.fr/poesie/Langston_Hughes-...


NINA SIMONE

nina_simone

Parmi les interprètes qui m'ont toujours bouleversé, qui m'ont mis en danger de liquéfaction, il y a cette merveille atypique, cette femme belle avec singularité, l'étonnante Nina Simone. Immédiatement, à la première écoute, j'ai éprouvé de la reconnaissance et une singulière sorte d'amour à la fois charnel et fraternel pour cette chanteuse. J'aimais immodérément qu'un être humain puisse produire ce son, ce chant inouï, qu'il puisse, en même temps, descendre aussi profondément dans ses cavernes intimes et m'atteindre, me porter à bout de bras, me tordre et me ramener presque brutalement à mon humanité. Il y a chez Nina Simone une telle acuité de la sensibilité, une telle force expressive qu'elle en est parfois effrayante. Je parle de l'effroi qu'on peut éprouver devant la puissance fascinante d'un séisme. Oui, cette voix déboulonne, lacère les masques, va chercher l'autre jusque dans ses retranchements. C'est une voix pénétrante, un assaut, ça submerge et c'est une délivrance, un oxygène violent.

J'adore Billie Holiday. Mais le jour où j'ai entendu Nina Simone chanter " Strange Fruit" (ce monument d'Abel Meeropol), j'ai éprouvé ce qu'était une sueur froide, un moment d'hypnose. J'ai vu le corps du Noir se balancer devant mes yeux. J'ai senti, non pas intellectuellement, mais physiquement, je crois, ce que représente le spectacle d'un homme lynché. J'ai senti que la compassion est un sentiment confortable et qu'il y a, plus loin, plus profondément, un véritable saignement à l'effroyable spectacle de l'injustice et de la barbarie. J'ai éprouvé le mot "insupportable". J'ai senti qu'un être qui se respecte doit désormais se mettre au travers des chemins qui conduisent à ça. J'ai senti aussi que cette voix ne me détruisait pas, qu'elle m'invitait au courage.

Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Pastoral scene of the gallow south
The bulging eyes and the twisted mouth
The scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh
Here is a fruit for the crows to pluck
For the rain to gather
For the wind to suck
For the sun to rot
For the tree to drop
Here is a strange and bitter crop

(Traduction : Les arbres du Sud portent un fruit étrange / Du sang sur leurs feuilles / Du sang à leurs racines, / des corps noirs se balançant dans la brise du sud / Un fruit étrange suspendu aux peupliers / Un scène pastorale du (gallow ? Je ne connais pas ce mot ni n'en trouve de traduction, certaines traductions de la chanson traduisent ce mot par "vaillant" - De mon côté, je note un vraisemblable jeu de mots avec "gallows", gibet, potence) sud / Les yeux protubérants et la bouche tordue / La senteur douce et printanière des magnolias / Puis l'odeur soudaine de la chaîr qui brûle / Voici un fruit que les corbeaux vont pouvoir arracher / Que la pluie va cueillir / Que le vent va absorber / Que le soleil va pourrir / Que l'arbre laissera tomber (ce mot, drop, désigne aussi la trappe du gibet) / Voici une étrange et amère récolte.)

Quand Nina Simone interpréte "Ne me quitte pas" de Brel, je renonce, contre mon gré, à mon sang-froid.  La fièvre me gagne. Je suis débordé de toutes parts. Ebloui, lessivé, déraciné, perdu. 

ninasimone

Nina Simone
 

Pour découvrir Nina Simone :

http://ninasimone.com   

abel meeropol

Abel Meeropol, auteur de "Strange Fruit"

Je recommande évidemment la découverte de la version originale de Billie HOLIDAY. Et, plus simplement, toute l'oeuvre de Lady Day.

billie holiday


ANIS

un excellent titre : Cergy 

anis

J'arrive sans nul doute un peu tard en proposant Anis dont je viens de découvrir, en me promenant sur la FM, un titre paru en 2006. N'empêche, ce morceau, (une journée d'été à) CERGY m'enchante. C'est joliment troussé, écrit avec habileté, avec verve, avec humour, avec un mélange d'intelligence et de désinvolture. Oui, il y a un texte, un vrai, une facture, une signature. La pièce est enlevée sur un air New Orleans bien balancé. Une voix originale, agréable, pimentée d'une étonnante pointe d'accent achève de particulariser et d'embellir cette chanson qui fait une belle comète dans le ciel de la chanson française. Un beau blues de banlieue qui sent bon la culture, le goût du mot, un amour immodéré et contagieux de la musique. Je prends. 

D'origines marocaine et russe, Anis est un chanteur dont les influences sont diverses : Tom Waits, Jacques Brel, ou bien encore Franck Black. A l'adolescence, il monte K2R Riddim, un groupe de ska, avec des copains de Cergy. Le chanteur quitte la formation avant la sortie du premier album pour se lancer en solo. Il enchaîne alors les petits boulots. En 2003, il s'entoure ensuite de musiciens et sort son premier album 7 titres, Gadjo décalé. Deux ans plus tard, il livre l’opus La Chance...

 


LOLLO  MEIER

au paradis des cordes

Lollo Meier

un guitariste manouche natif de Hollande

Un scintillement sonore - un remarquable guitariste, un descendant de la noble branche de Reinhardt - du feu, du soleil, de la fête, de la fièvre dans les mains.

lollo_meier_quartet1

Lollo Meier Quartet

Le Lollo Meier Quartet sera en concert au Banana Peel de Ruiselde ce lundi 21 janvier. Line-up : Lollo Meier (guitare), Andy Aitchison (violon, mandoline), Dave Kelbie (guitare), Andy Crowdy (contrebasse).

Lollo_Meier-Hondarribia

Partez à la découverte de Lollo Meier en visitant le site suivant :

http://www.lollomeier.nl/start.html

meier_szigano-a65d1

Allez vous faire une idée par vous-même :

www.myspace.com/lollomeier

 


EMILY LOIZEAU

Quelque chose advient

Je viens de découvrir, à travers une très convaincante et très originale reprise de La Complainte des filles de joie de Georges Brassens, une de ces personnalités rares et précieuses capables de régénérer un peu la très exsangue chanson française, elle s'appelle Emily Loizeau, elle a de l'allure, de l'envergure, un style muscial, une écriture convaincante,  un genre de singulière et enthousiasmante beauté un peu rosbif et elle semble à l'aube d'une grande carrière à l'écart des scies machinales du top ten.

emily_loizeau_3
   

Mademoiselle Emily Loizeau
 

Intrigué et mis en alerte par sa belle et puissante version de La Complainte des filles de joie, je suis parti à la découverte de l'oeuvre de cette chanteuse. Je n'ai pas fait un voyage inutile. Les titres que j'ai découverts (L'Autre bout du monde, La Complainte, Je ne sais pas choisir, Je suis jalouse, ...) ont récompensé ma curiosité. Messieurs-dames, quelque chose advient. Il y a une atmosphère inédite, un climat touchant, un intéressant univers musical organisé autour du piano de l'artiste, des orchestrations soignées et harmonieuses, une écriture qui décline de façon cynique, drôle, tragique, cocasse, agaçante, poignante (Dieu merci, elle ne sait vraiment pas choisir et ce serait au demeurant une bêtise de priver cette inspiration de la moindre de ses couleurs) des instants et des situations de la vie et de la pensée d'une femme. L'artiste a éclos dans un beau jardin et donne, parmi ses parfums préférés Brassens, Dylan, Randy Newman, la très-aimée Nina Simone, Antony and the Johnsons... Signe d'une véritable nature, Loizeau n'est pas seulement le produit de ses fascinations premières, elle a une signature propre, une griffe, une inspiration et un genre très personnels : cela se donne dans le regard étrange et pertinent qu'elle pose sur les choses, sur le soin qu'elle apporte à les dire, par petites touches, par traits d'esprit, dans une langue souvent claire et efficace, cela se donne dans la voix à la fois un peu instrumentale comme chez certains interprètes anglo-saxons, mais une voix exempte de coquetterie et touchante, proche. Il y a dans cette nouvelle venue une lointaine descendante de Louise Labé, quelque chose d'une fleur sans doute un peu vénéneuse, le gémissement envoûtant d'un ange indécis, la vitalité d'un vin doré et frais, une intermittente pointe de raucité qui annonce une rupture accomplie avec l'ingénuité.

Allez découvrir son site : http://www.emilyloizeau.net 

Vous pouvez entendre La Complainte, Jasseron ou Voilà pourquoi sur MySpace à l'adresse suivante : http://www.myspace.com/emilyloizeaumusicfrance