06.03.2011
Notre projet coups d'aile à Lhasa de Sela
Projet Coups d'aile à Lhasa de Sela
Les hommages, les marques d'affection, les témoignages commencent à nous parvenir. Dernières réceptions, la chanteuse portugaise Rita Damazio (chanteuse au sein de la formation Madredeus), le photographe belge Jacky Lepage. Consultez ce lieu, prenez-y place. Consultez nos articles consacrés à la chanteuse :
http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/de-sela-lhasa/
Consultez notre projet Coups d'aile à Lhasa de Sela :
http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

Rita Damazio : "Je l´admire au point de n´avoir jamais osé me prononcer sur elle ou de n’y faire aucune référence depuis 2002, époque où j´ai connu sa musique, parce que je ne trouvais jamais des mots à la hauteur de ce que j´éprouvais à chaque fois que j´écoutais n´importe quelle chanson." (Extrait de son émouvant témoignage).
Jacky Lepage nous adresse, sous la forme d'une magnifique photographie métaphorique, une "Eclipse" en forme d'hommage. (Les droits de la photographie appartiennent à l'auteur).

14:30
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04.02.2011
LHASA DE SELA - repères biographiques



Si vous aimez la chanteuse Lhasa de Sela, consultez notre projet "Coups d'aile" et adressez-nous un témoignage personnel, un commentaire, un message pour insertion dans l'espace.
Rendez-vous sur http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/archive/2011/01/30/... pour connaître la procédure.
LHASA DE SELA - quelques repères biographiques
-Naissance à Big Indian, Etats-Unis, le 27 septembre 1972. Père mexicain, Alejandro Sela : écrivain, professeur d'espagnol et de littérature. Mère, Alexandra Karam, d'origine à la fois russo-polonaise et judéo-iranienne: photographe. Ce couple atypique et migrateur promène, dans un vieux bus scolaire aménagé, une importante couvée (neuf enfants) entre le Mexique et les Etats-unis. Pas d'école, les parents forment et instruisent eux-mêmes leurs poussins. Pour Lhasa, pas d'école avant l'âge de 13 ans.
-Naissance d'une vocation. A l'âge de 13 ans Lhasa monte sur scène, une scène modeste, elle chante en public dans un café grec de San Francisco. A 18 ans, elle étudie au St-John College de Santa Fe. Elle ne persistera pas. A 19 ans, elle vient à Montréal pour rencontrer ses soeurs qui étudient à l'Ecole Nationale du Cirque. Elle y restera et chantera, cinq années durant, dans des petits lieux publics et des bars. Elle reprend des titres de Billie Holiday et Chavela Vargas.

Billie Holiday Chavela Vargas
- C'est vers cette époque que Lhasa fait la connaissance d'Yves Desrosiers. Desrosiers est un musicien (il pratique un nombre invrasiemblable d'instruments), chanteur, compositeur, producteur et arrangeur montréalais. Il s'investit en tant que musicien et réalisateur dans l'enregistrement de l'album La LLorona en 1997. Denis Wolf (Audiogram), séduit par le talent de Lhasa, produit l'album. L'album fera un succès mondial.

A gauche, Yves Derosiers et Bia, chanteuse et amie de Lhasa
Entre 1998 et 1999, tournées. En 2000, Lhasa rejoint le Cirque Pocheros où travaillent trois de ses soeurs. En cliquant sur le lien qui vient, vous découvre la belle Lhasa qui chante durant une représentation du Cirque en 1999 : http://www.youtube.com/watch?v=AuB2gxZjJhU . Sur la photo qui suit, on la voit en compagnie de ses trois soeurs artistes de cirque.

http://www.youtube.com/watch?v=vmDf-c5kQQk
http://www.youtube.com/watch?v=AuB2gxZjJhU
http://www.youtube.com/watch?v=LVxulwlZcIk
Entre 2000 et 2002, elle s'installe à Marseille (France) où elle se remet activement à l'écriture et à la composition. Elle rentre à Montréal en 2002. Elle prépare son nouvel album (on voit qu'elle prend son temps, qu'elle ne s'astreint jamais aux rythmes affolés ni par ailleurs aux exigences de rentabilité du showbiz) avec François Lalonde et Jean Massicotte.

Le groupe Rendez-Vous avec François Lalonde (à la batterie), Aurelia O'Leary (chant), Mario Légaré (contrebasse) et Martin Lizotte (piano)
Jean Massicotte et Arthur H
http://www.youtube.com/watch?v=dffUcogZ23A
2003 Sortie de "The Living Road" (la pochette est de Lhasa en personne). Lhasa collabore avec les Tindersticks, Patrick Watson, Jérôme Minière et Arthur H. En cliquant sur le lien qui vient, on découvre Lhasa et Patrick Watson chantant ensemble Between the bars :
http://www.youtube.com/watch?v=mbekTYSisco&feature=pl...
Entre 2004 et 2005, tournées, plus de 180 représentations en Europe, aux USA, Canada, Mexique.
2009 : sortie de l'album Lhasa avec Sarah Pagé (harpe), Miles Perkin (contrebasse), Joe Grass (guitares), Andrew Barr (drums), Freddy Koella (guitares). Patrick Watson participe à la composition de quelques titres. Concerts à Montréal, Paris (Théâtre des Bouffes du Nord), Islande. Suspension des concerts en raison de l'état de santé de Lhasa. Décès à Montréal le 1er janvier 2010.

Sarah Pagé Miles Perkins Joe Grass

Andrew Barr Freddy Koella
19:09
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29.01.2011
LHASA DE SELA (fin sans doute provisoire) Un genre d'ange est passé.

Cette très belle photographie est issue de La Blogothèque (http://www.blogotheque.net/Lhasa-un-au-revoir ) et du petit concert donné par Lhassa et Watson à Montréal en 2009.
Des jolies filles, ma foi, il en est plein les rues. De toutes les tailles, de toutes les couleurs, dans toutes les variétés possibles et imaginables. Et c'est tant mieux, ça divertit l'effort de la marche. Mais enfin, la beauté de Lhasa, c'est autre chose. Quand je l'ai entendue pour la première fois (La LLorona), j'ignorais totalement à quoi elle ressemblait. J'ai succombé à la voix, totalement, en aveugle. Je dois vous dire que lorsque j'ai découvert la frimousse de la chanteuse, je l'ai immédiatement, dans une sorte de réflexe esthétique, associée à quelques vers de Brassens. "Si les fleurs, le long des routes/ S'mettaient à marcher / C'est à la Margot, sans doute/ Qu'elles feraient songer". Juste pour ce passage. Elle devenait dans l'instant, dans mon petit panthéon sentimental, - et pour rester avec Brassens -, l'Une d'entre les Passantes. Mais surtout, cette magnifique petite personne était mesurée au génie de ses cordes vocables, comme si l'on avait attendu de l'entendre chanter avant de la façonner. Ce n'est rien d'être belle, un accident souvent. Mais être belle ainsi, en incarnant en parfait sosie les émotions que l'on porte et que l'on verse !
Il y a le grand malheur, le profond désastre de la perte. Inutile de chercher à s'en consoler. Il faut hâler sa misère, moudre et moudre encore sa colère. L'absurde du monde est une vacherie qui nous meugle aux oreilles les pires insanités. Mais c'est de cet absurde aussi qu'est née cette fleur inouïe et inédite. Il y a que cette vie déchirante, monstrueuse nous fait parfois une fleur. Et les gens de mon espèce pensent que ce chant, une fois qu'on l'a entendu, une fois qu'on en a éprouvé les merveilleux effets, il faut tout faire pour le perpétuer.
Je n'ai pas envie de clôturer (sans doute très provisoirement) mon petit bouquet pour Lhasa sans donner au visiteur les moyens de s'avancer vers l'oeuvre.

La LLorona 1997 The Living Road 2003

Lhasa 2009
Quittons-nous, visiteur, sur deux instants de beauté, quelques minutes précieuses. Oui, n'est-ce pas, "le chant est la justice des coeurs". Oui, la légèreté du chant, seule capable encore, de s'élever, de nous rappeler à notre vocaction, non pas du vol, mais de la transcendance. Elever quelque chose vers le ciel.
http://www.youtube.com/watch?v=VSfG75iWECo
http://www.youtube.com/watch?v=V-_xzh2f5UM
Voir aussi, sur mon second blog, le projet "Coup d'aile à Lhasa" :
http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/archive/2011/01/30/...
12:22
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Lhasa de Sela - Un genre d'ange est passé (suite)
Encore quelques mots sur Lhasa de Sela

Il faut se garder, - les arbitres de l'équilibre et de la bonne mesure s'empresseront de me le rappeler -, d'idéaliser, de lever des statues à tous les coins de rue, de semer des halos sur les jolies têtes qui s'en vont, etc. Je ne tiens aucun compte de la mise en garde. Et d'ailleurs, idéalise-t-on quand on avoue une prédilection ?
Il me semble que ce que j'aime avant tout dans cette artiste singulière, c'est cette façon unique, pleine et poignante qu'elle a de faire retentir en moi (et en un grand nombre de ses auditeurs, je l'espère) quelque chose que je ne possède résolument pas, quelque chose à quoi je n'ai pas accès. Je parle d'une manière pudique, confiante, sensible et envoûtante d'éclore devant l'autre et de lui offrir sa quintessence (une quintessence que je lie à sa progressive acquisition d'un chant nu, fluide, pur comme le souffle). Bien sûr, cette grâce a quelque chose à voir avec la féminité, mais elle ressemble aussi à une confiance en soi et en l'autre, à une aptitude, chez la chanteuse, à se condenser tout entière dans l'instant du chant. Son âme se délaie en lui. En recevant ce chant (qui va percoler et ouvrir les rubans de ses volutes en nous), on sait immédiatement, à la première écoute que quelque chose de précieux nous est offert ou proposé, quelque chose qui tient, et que la voix elle-même exprime, à un regard sur le monde, à une élégance du sentiment, à un refus catégorique de la conquête à quoi supplée un désir d'apprivoiser et de frôler. Il y a chez Lhasa, dans son chant éthéré, un art du frôlement. La sensualité, - dans ce chant qui entretient bien des rapports d'intimité avec le lait et le baume, avec la douce tièdeur du sang -, est, à l'inverse d'un dévoilement cru, un flottement, une ondulation du voile, une promenade du frisson. Mais dans ce frisson, dans ce ballet du frisson, la jolie libellule se trouve tout entière.
J'aimerais dire un mot encore sur la rondeur de bulle du rire de Lhasa (que j'entendais tinter dans les très belles séquences filmées à Montréal par Vincent Moon). Il me semble que quand la vie (ce n'est pas si souvent) veut nous faire une fleur, elle sème vers nous une pincée de sons de cette nature.
01:44
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24.01.2011
LHASA DE SELA - Un genre d'ange est passé
LHASA DE SELA, belle comme sa voix

Photo : Le Devoir - Jacques Grenier
Elle était née en septembre 1972 aux Etats-Unis (Big Indian) et elle est morte le 1er janvier 2010 à Montréal. Mon fils m'a fait connaître cette délicate et poignante artiste qui chante en anglais, en espagnol, en français. Je la connais surtout au travers de deux albums récents : Lhasa et Rising. Comment dire ? Je la regarde, je l'écoute comme un petit miracle. Sa voix désarmante (un satin vocal) est un foehn, profond, léger, mouillé et tiède, ensoleillé, un oxygène essentiel, un bain de délicatesse, un pur lait d'ânesse sonore, une caresse sonore mêlée de velours sombres et de pétales noirs. C'est un bouleversement par la douceur. Cette voix ne m'a pas quittée depuis que je l'ai découverte. Je me désaltère au merveilleux friselis de ses eaux. Lhasa, c'est aussi un rendez-vous avec l'intensité, la braise ardente. Oui, je me repose tout entier, le soir, une heure, à l'âtre de sa voix. Il n'y a guère d'autre issue que de se dire qu'on aime une telle femme, qu'on lui sait profondément gré de ce qu'elle sème et fait éclore en nous, qu'on est ravi qu'elle ait fait un passage parmi nous. Que son départ nous déchire.
Allez découvrir cette étourdissante sirène, empressez-vous, il y a là un rendez-vous décisif avec la grâce. Son site est superbe et permet de la découvrir à l'oeuvre, sur scène. Descendez dans la jonque et voyagez à ses côtés, recueillez les somptueux nénuphars qu'elle a posés à la surface des eaux. La recommandation est impérieuse.
http://lhasadesela.com/lhasa_de_sela/menu.php?lang=fr
http://lhasadesela.com/lhasa_de_sela/videos.php?dif=you&a...
Une amie du Québec nous recommande également cet excellent site :
http://www.blogotheque.net/Lhasa-un-au-revoir
Dans ce site, j'ai vu et revu, j'y retournerai souvent, les superbes et poignantes séquences par Vincent MOON à Montréal. Dans la nuit, ému, j'ai conçu sous la forme d'un poème, mon tribut à Lhasa.
LHASA
celui qui est pris au lasso de ta voix
Lhasa tu portes Lhasa
Ton petit panier de grâces
Tes sonnailles d’agnelle
Le pépin ivre de ton coeur
Les feutrines la soie le lait de lune de ton coeur
Lhasa tu portes Lhasa
Tout le long de la nuit
Le quinquet rouge et bleu
De ton âme dilatée
Tu portes devant toi
Comme un fagot de souffles
L'amble de tes transhumances
Et ce violoncelle féminin
Qui fait ployer les arbres
Et naître les luthiers
Tu portes jusqu’au ciel
Par-dessus à travers
La colline et le ruisseau
L'orage et l'embellie
Et la terrible haltère
D’une épine en ton sein
D’un cygneau en ta gorge
Tu portes l’apesanteur
Comme un bouquet de roses
Lhasa tu portes Lhasa
Sous ta longue chemise
Des cabris et des chats
Des grelots de muguet
Dans la timbale de ta voix
Lhasa tu portes Lhasa
Le secret rêvé des puits
Lhasa tu portes Lhasa
Une étoile en ton ventre
- un astre d'après le désastre -
Un bel œuf de lumière
Qui bat son lent pouls de lueurs
Un convoi de tuyaux d'orgues
Veille à ses étincelles
Tu portes dans ta voix
Le rouge de tes lèvres
Comme une cerise croquée
Dans l’instant de sa liqueur
Lhasa ta voix - qu’elle entre
Oh ! qu’elle entre
Elle est ici chez elle
Elle est la bienvenue
Cerise sur l'écho sur le coquelicot
de nos tympans éclos
Elle est l'hôtesse attendue
Tu portes sœurette
Ta voix comme un drap du monde
Mouillé sur le fil tendu
D’un jardin de partout
Tu portes ta voix
Comme l’eau d’ancolie
Le duvet de l’oiseau
Une aile de grand oiseau
Aspiré par le ciel
Tu portes ta voix
La pulpe de ta voix
Ses flocons et ses braises
Dans la même coupelle
Lhasa tu portes ta voix Lhasa
Comme un sachet de vie
Un sucre de sang clair
qui infusent ensemble
dans les vagues du vent
19:50
Écrit par dlc
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