Corinne Héraud

  • Corinne Héraud chez JFE - Arte Prima

    Corinne Héraud chez JFE

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    http://www.jacquesflamenteditions.com/ap-007-heraud/

    https://www.facebook.com/corinne.heraud

    Ce livre est ce que l’on appelle communément un « beau livre ». Chaque ouvrage possède une reliure cartonnée, matelassée et pelliculée mat anti-rayures. L’ouvrage est imprimé sur du papier Condat 170 gr. couché mat.

    Les ouvrages sont constitués de 128 pages grand format (24×31) avec un texte d’introduction sur le travail de l’artiste de Denys-Louis Colaux et une soixantaine de reproductions en couleur des œuvres de l’artiste.

    Les ouvrages seront envoyés en colis suivis dans des étuis cartonnés avec renfort mousse pour éviter les risques de détérioration dus au transport.

    QUATRIÈME DE COUVERTURE

    (…) Les thématiques de prédilection déclarées de Corinne Héraud sont la nature et les sujets existentiels comme l’identité, l’image, la solitude. J’y vois aussi un profond et sensible attrait pour le mystère et la hantise. Sa geste est indéniablement pictorialiste. Héraud est une lointaine descen- dante de ce mouvement qui apparaît à la lisière du vingtième siècle et qui veut faire admettre la photographie au sein des Beaux-Arts. L’intention des pictorialistes est de s’écarter de l’imitation mécanique pour – à l’aide de procédés, de recettes, de retouches, de cadrages, de gommages, d’effets de lumière, d’inventions : toute une alchimie technique –, donner à la photographie la forme d’un art à part entière, distinct et original. À l’heure du numérique, de la vulgarisation et du galvaudage de la photographie, cette quête d’une forme d’art photographique connaît une sorte de renaissance, un sursaut de dignité. C’est dans cette quête artistique, dans ce mouvement de l’invention, que je situe l’œuvre puissante et singulière de Corinne Héraud. (DENYS-LOUIS COLAUX)

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  • Corinne Héraud

    C O R I N N E    H É R A U D

    l' a r t    d e    l a    p o l y s é m i e
     
    http://www.corinneheraud.com/
    https://www.facebook.com/corinne.heraud
     

    NOTICE DE PRÉSENTATION :

    Héraud est une photographe française né en 1971. Elle est autodidacte. Ses thématiques de prédilection déclarées sont la nature et les sujets existentiels comme l'identité, l'image, la solitude. J'y vois aussi un profond et sensible attrait pour le mystère et la hantise. Sa geste est indéniablement pictorialiste. Elle cherche, par une intervention appliquée sur son matériau photographique, à créer une image douée d'un "caractère unique". "Je me tourne, écrit-elle, vers des techniques qui nécessitent une intervention manuelle pendant laquelle l'image s'incarne en une matière que la main façonne. Le caractère aléatoire des manipulations rend chaque photographie unique". C'est un des grands principes du pictorialisme : s'écarter de la reproduction mécanique ou technique du sujet, l'inventer en y mettant sa griffe en effets, en atmosphère et en retouches. On va voir comment l'artiste tient parole.

    L'OEUVRE 

    D'abord, j'ai envie de dire qu'il y a en Héraud un être qui compose une très étrange et passionnante iconostase, qui l'invente, qui la constitue à partir de fragments où l'on trouve du sacré, de l'hérétique, de l'étrange, du mythe, du profane, de l'image pieuse, de la culture, de la magie, de l'icône, du fantastique, de l'érotique, du morbide. Elle crée un ensemble de veines qui donnent vie à une oeuvre inspirée, insolite, troublante, ambiguë. Ses âmes silencieuses, ses traces font songer à des suaires et à des fantômes en même temps qu'elles ont un caractère de fascination et d'attraction qui remet en mémoire l'étymologie commune au fantôme et au fantasme. Le jeu des possibles de l'oeuvre noue ensemble l'illusion, l'hallucination, la construction imaginaire. La hantise du fantasme et du fantôme. Ces suaires sont aussi les grandes voiles qui équipent ces vaisseaux fantômes qui naviguent dans nos mers intérieurs. Sont-ce les manifestations de mortes amoureuses, comme celle de Gauthier ? Les brumes constitutives de goules et de striges ? Sont-elles des muses porteuses d'inspiration, des mortes porteuses d'expiration ? Ces âmes silencieuses ont rapport avec les saintes, mais aussi avec "cette sainte de l'abîme", "plus sainte" encore, aux yeux du poète Nerval. Mais ces femmes ont aussi rapport aux fées, à quelque magie que d'étranges clartés et de curieuses auras dorées semblent attester. Un pollen d'aile de papillon saupoudre certaines de ces créations. Oui, il y a une dimension surnaturelle dans l'oeuvre de Corinne Héraud. Quelque chose relie ces femmes, - leur immatérialité, leur évanescence, leur fluorescence, leur diaphanéité -, au monde des messagères, des anges, des lucioles, des esprits et des séraphines. Ces visages blancs et presque aveugles évoquent aussi les masques funéraires. Ces âmes visibles ont, par leur facture même, un aspect d'antiquité, la patine de gravures ou de daguerréotypes ennoblis par le temps, elles semblent en relation avec le mystère du temps, du passé. Elles ont un cachet nostalgique. Elles sont à cheval sur la frontière qui sépare la présence et l'absence. Dans le même temps, malgré ou grâce à leur étrangeté, ces figures féminines sont jeunes et belles. Elles ont quoi qu'il en soit, ces âmes silencieuses, pouvoir sur le rêve et sur le frisson et l'ambiguïté attise leur magnétisme. Nous sont-elles favorables ou nuisibles ? Et si cela était indécidable ? Il se pourrait qu'encore, que très loin à l'écart de nous et indifférentes à nos délires interprétatifs, elles fussent des êtres entrés dans l'estompement de la solitude. Ceci n'atténue pas le pouvoir de captation qu'elles exercent sur nous. Elles vivent là ou survivent, sur des supports que le temps (un temps factice mais n'est pas ainsi que l'on joue avec le temps) a craquelés, griffés, gondolés, gommés, elles subsistent comme privées d'yeux, définitivement plus obsédantes que les images lisses et intactes. Elles vivent ou survivent dans la gloire inquiétante de leurs stigmates et de leurs blessures. 

    a corinne profil.jpgLes Paysages et les Errances de Corinne Héraud me ramènent à une dimension fantastique, (un fantastique subtil et intellectuel, littéraire) tout en ouvrant une fenêtre sur l'inquiétude existentielle. Qui est cet inconnu ? Qui est cette présence dans le paysage ? Que serait le paysage privé de cet élément insolite ? Quelle est cette idée incrustée au fond de moi ? D'une certaine façon, d'une façon presque anecdotique, ils me donnent à penser au spiritisme, aux présences appelées, captées mais plus encore à des paysages intérieurs, des compositions qui rendraient des tumultes privés, des angoisses intimes. Ces images seraient les fruits résultant d'aventures spéléologiques, paléontologiques menées par un être dans les secrets et les strates de son âme et de son histoire, les fleurs singulières issues d'une cueillette dans ces vergers où le conscient et l'inconscient se jouxtent, les indices d'une descente en rappel dans les gouffres sinueux de la mémoire. Ces images ont peut-être à voir avec l'enfoui qui resurgit, le refoulé qui fait retour. Estompement, presque transparence, gommage, sépia, chiffonnement, le travail manuel intensifie l'efficace du document, en augmente l'attrait singulier, lui crée une histoire, un parcours, ce travail invente une sorte de rouille impalpable, une poussière artificielle. L'art est venu au secours du vieillissement. Merveilleux contre-courant quand tout le monde, aujourd'hui, se cramponne à une idée (chirurgicale, physiologique, organique) de la jeunesse. (Ici, à gauche, une oeuvre de la série intitulée Icônes Cathodiques).

    J'aime enfin la série des Éternelles où l'artiste révèle quelques-uns des possibles de la femme : source de toute génération, puissante guerrière, exécutrice ou amoureuse dérivant sur le fleuve de la mort. J'ai plaisir, dans des relectures tout à fait nouvelles, proches ici de l'heroic fantasy, à renouer avec des figures mythiques de la littérature ou de la dramaturgie. La Walkyrie nordique, divinité et guerrière vierge (ici, doublée d'une meneuse de loup et d'une sorte de Diane), Eve, la première femme selon la mythologie biblique, berceau de l'humanité, Judith, la Juive sublime qui décapitera Holopherne et rapportera sa tête à Béthulie ou l'Ophélie issue de l'Hamlet de Shakespeare. L'artiste se fait un chemin dans les mythes et, écartant l'image de la docilité et de la fragilité féminine, restitue à la femme la multiplicité de ses facettes. Les trouvailles abondent dans ce muséum de la féminité revue et corrigée : Eve vit harmonieusement, entre paix et extase, la présence du serpent, la tête de Judith n'apparaît pas de manière à mettre en fulgurant exergue la caboche du général vaincu par la beauté, l'audace et l'intelligence, Ophélie morte a plus que jamais l'aspect d'une nymphe d'aujourd'hui... Ce grand jeu avec le temps persiste, de déclinaisons originales en déclinaisons originales. Il offre une nouvelle variation et une nouvelle forme de résistance à l'image d'Epinal. Tout contribue à danser dans cette formidable et enivrante ronde des fantômes, des fantasmes, des représentations, des mythes et des désirs, des angoisses, des sortilèges, des rêves. Pour entrer dans le monde d'Héraud, il faut franchir une porte. Au-delà de cette porte, le trouble scintille dans toutes ses acceptions. 

    L'oeuvre de Corinne Héraud se fonde, séquences après séquences, sur ce que je regarde comme un hommage à l'intelligence et à la création : une aventure passionnante, esthétique, troublante dans la polysémie. 

    LES ÉTERNELLES 

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    Eve - Judtih - La Walkyrie

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    Ophélie

    LES ÂMES SILENCIEUSES 

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    LES TRACES 

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    LES ERRANCES

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