Ca Mille

  • Camille la Bulle - Trésors découverts (22)

    CA MILLE (LA BULLE)

    Les beaux oxygènes de la Bulle

    http://camilleart.e-monsite.com/

    https://www.facebook.com/camille.labulle

    a ca a.jpgQui est cette fille, cette artiste, s’irise-t-elle à la lumière, qui l’a soufflée, d’où vient-elle, que fait-elle, dans quelle bande dessinée paraît-elle, dans quelle flûte siffle-t-elle, comment est-elle devenue ce qu’elle est aujourd’hui ? Soumise au feu ardent (et pacifique) de nos questions, elle consent à s’expliquer.

    « Née à Evreux en 1983. Je suis élevée par ma maman dans un quartier hlm. Aussi loin que je m'en souvienne, dès ma plus tendre enfance, je n'ai jamais arrêté de dessiner et de créer. Un de mes objets favoris... un vieux tournevis avec un joli manche en bois…j'aimais monter, démonter, rafistoler... Enfant timide, introvertie, hypersensible et rêveuse... A l'adolescence (très très chaotique), je planque ma timidité et sors de mes gongs!!!!  Je deviens grande gueule, à hurler après toutes les injustices!!! Je cherche mes limites......et... je perds un ami......depuis la mort est quelque chose qui me poursuit....me fascine, mais m'angoisse. Ce fut une période très très chaotique dans ma petite vie, car je prends conscience que nous ne sommes évidemment pas grand chose.... Je commence à gouter à quelques excès de la vie, je me cherche..... Puis je me forme aux métiers de la Céramique, avec des céramistes de Haute-Normandie, à partir de 2003. Ce fut une révélation.....apprivoiser l'argile.....apprendre la patience.. En 2006, je m'installe en Auvergne, où j'y découvre une argile locale, l'argile de Grizols. L'envie de sculpter et de reproduire tout ce qui me passionne se fait de plus en plus imposante. Je vais également m'essayer à la peinture, mélangeant les médiums entre eux. Je réalise des travaux sur papier, sur toile, sur bois, sur tout ce que je récupère (déchets publicitaires). Je travaille en « techniques mixtes », collages, peinture, dessin, ....où des éléments humains de publicité, que je sculpte, mêle entre eux, pour créer les personnages de mon imaginaire, se retrouvent en collages, rehaussés à la peinture. »

    a ca 1.jpgOui, de suite, cette aérienne et rare demoiselle la Bulle (qui a étudié à l’école buissonnière de la vie), par la manière dont elle se décline, nous est sympathique et nous touche. Deux ou trois choses, davantage, nous ont immédiatement, à la consultation des éléments de sa production, sauté aux yeux et aux méninges : la citoyenne la Bulle, si elle est fragile, n’est pas creuse du tout, elle a la coloquinte fourrée d’idées, de rêves, de nuages et d’images, Camille la Bulle est gonflée, elle pétille, c’est un soda bienfaisant, une blanquette exquise, elle est légère et ascensionnelle comme un aérostat, une abeille, un papillon, elle est lourde comme la peine et le chagrin réunis, elle vit en bohème dans le jardin fleuri de son esprit, elle a découvert sa vocation alors qu’elle zigzaguait un peu désespérément dans la vie, elle a du talent, un talent singulier et atypique, un talent qui a une plume remarquable au chapeau, un talent de squaw en quelque sorte, elle a quelque chose d’une squaw, elle fait des doigts d’honneur, elle a de beaux yeux d’un bleu qu’on voit à certains ciels, à certains dauphins, à certaines baies, elle est tragicomique, elle a un vrai sens de la création et de la récréation, elle sculpte et modèle de petites statuettes précieuses, de petits totems chargés d’âme, de poésie et de grâce, c’est une sorcière, une sourcière, une chamanesse, elle sait nager ou du moins elle flotte mais c’est peut-être, à sa manière, une nymphe des eaux, un hippocampe, une sirène auvergnate, dès qu’elle cesse de loucher ou de grimacer, elle est jolie, il y a de drôles de poissons dans ce bocal agité qui lui sert lieu de cafetière, elle a un poupon qu’elle chérit et qui est beau comme un cœur de pinson, elle porte parfois des lunettes solaires qui lui font une horrible tête de mouche carnivore, elle s’est installée en Auvergne mais n’a fait commerce ni du charbon ni du vin ni ne s’est laissé pousser la moustache, elle a un masque qui lui permet de tenir tête aux gaz lacrymogènes, elle est douée pour la tendresse et l’effronterie, elle est plus tendre qu’effrontée sans doute, elle est effrontée quand même, elle est humble et inventive, elle a le sens de l’image, de la composition, derrière la simagrée et le pied de nez, elle a une ligne esthétique, un vrai savoir-faire, une élégance, elle est humble et bienveillante, elle est assise sur la charge explosive de sa sensibilité. Ce peintre avec colle et ciseaux est à l’aube d’une carrière, je crois.

    a ca 2.jpg

    a ca 3.jpg

    a ca 4.jpg

    a ca 5.jpg

    a ca 6.jpg

    a ca 7.jpg

    a ca 8.jpg

    a ca 9.jpg

    a ca 10.jpg

    a ca 11.jpg

    a ca 12.jpg

    a ca 13.jpg

    a ca 14.jpg

    a ca 15.jpg

    a ca 16.jpg