Betina La Plante

  • Betina La Plante

     B E T I N A    L A    P L A N T E

    Nouvelle visite dans les espaces de la déesse américaine (en qui fusionnent la beauté et le talent), visite dont il est impossible de rentrer bredouille. Autoportraits, portraits, tout est signé, griffé. Il y a une classe La Plante. Tout est altier, singulier, tout, par elle, gagne en grâce, en élégance, en sensualité, en suavité, en métaphysique. Il y a chez cette somptueuse photographe une grande culture artistique, un sens étourdissant de la ligne. Beauté protéiforme, ange, sirène, araignée, glaise, femme fatale, girafe aérienne, La belle Betina, étoile de féminité, est à la fois une star de la photographie et un mannequin divin, une présence magnétique, un ensorcellement.     

    a b 1.jpg

    a b 2.jpg

    a b 3.jpg

    a b 4.jpg

    a b 5.jpg

    a b 6.jpg

    a b 7.jpg

    a b 8.jpg

    a b 9.jpg

    a b 10.jpg

    a b 11.jpg

    a b 12.jpg

    a betina a.jpg

  • Betina La Plante encore et toujours

    Un poème sur une photographie de Betina La Plante

    a betina la plante abc.jpg

    C a r e s s e r    u n    v i o l o n c e l l e

    O précieux et doux démon du ciel doué d'une avantageuse absence d'ailes, dauphin clair dans sa mue d'ombres, diamant noir sur le lait plissé du drap, sur la jonque en allée du lit, je me détourne du chemin des étoiles pour apercevoir, par la fenêtre, entre les rideaux ouverts, sur la scène de la chambre, le lumineux chemin de tes lignes tendues. Voilà, bel ange obscur et terrestre, ce qui vaut un détour, l'effort d'un détour, voilà ce qui console des laideurs du monde et de son goût pour la soue. Au bout du jour, je pourrai dire, alors que chacun entendra mon âme exaltée ourler mes mots d'un frisson : "J'ai lu trois poèmes de Baudelaire, j'ai marché à la lisière de la forêt d'où un chevreuil a jailli et j'ai vu, par un hublot sur l'infini des êtres vivants, un instant de féminité faire pâlir le crépuscule". Cette nuit, je songerai à un violoncelle aimé de l'étreinte d'un orchestre. 

  • Betina La Plante

    Poèmes inspirés par la recontre avec des photographies de Betina La Plante

    Photographies : Betina La Plante - Poèmes : Denys-Lois Colaux

    a betina bouche.jpg

    S E C O N D E S   D ' É M E R A U D E
     
    En haut du vase de son cou
    parmi les vapeurs de tissu
    d'une trame de soie
    lentes ses lèvres entrouvertes
    parlent la langue intime de la nuit
     
    De longs oiseaux écartés volent
    dans le feutre moelleux des mots
    et son haleine isole
    dans cet encrier d'ailes
    le cygne noir d'un poème échappé
    des ouvrages de la nécessité
     
    Comme la plume sur la page
    le tulle de son chuchotis
    glisse doucement passe 
    et s'amuït
    dans le silence ému

    a bebetina.jpg

    D E S   E S P O I R S

    Le temps avance
    sur les eaux mouvementées d'un miroir
    où résiste au naufrage
    le boat people
    saturé de toutes nos solitudes 
  • Betina La Plante

    B e t i n a    L a    P l a n t e

    Sur trois photographies de Betina La Plante
    deux poèmes de Denys-Louis Colaux

    a betina a.jpg

    V O L U P T A S

    Her delights are dolphin-like

    Ainsi
    dérivant dans le crépuscule
    il m'était donné quelquefois
    d'entrevoir sur un dais de nuit
    vitrail de nacre
    dans un mur de velours
    cette sirène en majesté
    Son geste avec les fleurs
    penchait de volupté
    de lentes vapeurs d'ambre
    hantaient ses longs cheveux
    de palissandre
    et le spectacle
    de ses yeux clos
    semblait porter
    le grand tableau bleuté
    d'une chapelle de corail
    hâlée au ciel par un essaim
    de grands albatros tièdes
     

    a betlap 1.jpg     a betlap 2.jpg

    C H A N S O N
     
    Elle passe parmi
    les lampes de nuit noire
    lent roseau de jazz tiède
    féminité mouillée
    d'un lait de lune
    et de la sueur de son âme
     
    Et tandis qu'elle passe
    sauvage lente et élastique
    je songe
    assis à ma lucarne
    à des rubis liquides
    des sirops de saphirs
    à la luisance dans l'ombre
    du calice d'un calla noir 
  • Betina La Plante est une artiste majeure

     B E T I N A    L A    P L A N T E

    J'avais prévenu, je l'annonçais solennellement depuis un certain temps déjà : Betina La Plante est une grande artiste. Elle protestait courtoisement : vraiment, je ne sais si je mérite ces éloges... Tout est grand chez Betina, même l'humilité. Le nouveau nu qu'elle soumet à notre attention, oeuvre d'une nouvelle altitude encore, est une merveille singulière, confondante, supérieure, elle est aérienne et charnelle, christique et sensuelle, féminine et divine. L'oeuvre est troublante comme il convient. Elle porte un frisson inédit, un choc électrique, un poème baudelairien. C'est le rôle des grandes œuvres de troubler. Celle-ci est construite comme un socle qui fuit vers les astres, vers la nuit. C'est un élan étrange, subjuguant. Elle conjugue, à la manière des baroques hallucinés par la fièvre, une dimension sacrée et une profondeur érotique, mais aussi une dualité intime, surprenante, déflagrante entre la mort et l'amour. Ce poème visuel doit être isolé, célébré comme une apothéose, c'est un rayon noir et lunaire, c'est l'oeuvre d'un maître. Betina La Plante est un nouveau maître. Ce maître est ici encore, je crois son modèle. Double merveille. 

    a betina.jpg