Elisabeth Gore - Page 2

  • Elisabeth Gore

    E L I S A B E T H    G O R E

    Les dévoilements secrets

    a gore a.jpgJe reviens à l'univers pictural abstrait d'Elisabeth Gore, univers étrange, unique dans lequel j'aime m'immerger, m'absenter au monde pour entrer dans la vibration presque immobile mais puissamment sensible qu'il porte. J'aime entrer dans ce monde de la nuance, des tons chauds, du dépaysement accueillant. Ce monde d'une quête qui me hèle. Ce monde de signes antédiluviens et récents, lointains et frais, issus de la mémoire et de l'invention, de la création et du hasard, de la fouille archéologique et du geste contemporain. Pourtant, j'ai l'impression qu'un lent sablier orchestre la gestuelle de la peintre, qu'un rythme lent mène son bras. J'ai l'impression de deviner son souffle dans les signes qu'elle pose. Dans les indices de sa quête. Dans le monde et en elle-même. Dans le désert et dans l'oasis. En dehors de l'abondance, à l'écart des pullulements, dans le précieux recueillement des traces infimes, des griffures, des caresses. Petites houles, flux, reflux, dépôts, alluvions poétiques. J'entre en étrangeté, mais une étrangeté hospitalière. Je cherche à mettre des mots sur ce que je découvre sur ses surfaces de tons chauds : une entomologie picturale, la traduction du souffle en hiéroglyphes, l'essentiel établi dans l'infime,  l'unité troublée, émue par un dépôt. Ici, le geste méticuleux et l'aléatoire ont rendez-vous. Il y a peut-être une magie, il y a une prise de risque, un abandon de la boussole. Je crois trouver dans les mots une porte non pas d'entrée car je suis déjà à l'intérieur mais la porte d'une chambre d'écho où peut-être la peinture et moi pouvons tinter, résonner ensemble : ici, on assiste à des dévoilements secrets. On lève le voile sur un voile conducteur. Les traces vivantes semblent alterner avec les fossiles, un petit essaim de globules de vie erre dans le désert du monde, le sable et la sève s'entendent, coexistent. Signer, dirait-on, c'est être dans l'oeuvre, c'est y établir sa discrète mais radicale présence, c'est se confondre à elle dans un sertissage intime. L'oeuvre est une intimité qui respire à l'air libre. Ici, l'aventure picturale est enclose dans les haies de l'intime et touche au terme d'une ascension à la sensibilité universelle. Il y a un tour du monde, un tour du temps au sein de l'être. L'infime et l'immense font poème commun.

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  • Elisabeth GORE - Trésors découverts (7)

    E l i s a b e t h    G o r e

    « Nourrie de mon passé, affirme Elisabeth Gore sur le blog de Rur’Art (association d’artistes de l’Oise qui œuvre à la reconnaissance de l’art rural), je travaille dans la matière, sur mes émotions présentes. Je m’interroge, je cherche. C’est dans les séries que se construit mon travail, dans la répétition jusqu’à l’épuisement d’un thème, jusqu’à l’apaisement aussi ».

    Originaire de Dunkerque, Elisabeth Gore vit aujourd’hui à Beauvais.

    Oui, ce travail en série, patient, méticuleux, toujours dans une gamme de couleurs naturelles (comme à l’écart des effets tapageurs) a retenu mon attention et j’y sentais une analogie possible avec le poème travaillé en strophes. J’y sentais la poursuite obstinée et fructueuse de quelque chose parce que chacune des séries me semble, - non pas une énigme résolue, une plaie cicatrisée -, mais un chemin accompli. La quête crée la suite des tableaux, elle s’érige, après une patiente approche, en œuvre. Il y a une sorte de percolation, de lente matérialisation de l’émotion originelle pour aboutir à une série. Il me semble donc que la recherche, l’hésitation, l’impasse, la relance, l’avancée sont dans l’œuvre conçue en série, elles en sont la matière. Il y aurait là un poème visuel qui donne à voir, - comme des gestes et des traits nécessaires, indispensables -, ses biffures, ses corrections, ses accidents, ses progrès et sa coulée. Cette idée, - si elle n’est pas un égarement de ma part -, me passionne.

    Cette façon de procéder, en épuisant un thème, me plaît parce que c’est précisément dans ce travail d’épuisement que l’œuvre prend vie.

    Il me semble avoir compris que l’évolution picturale d’Elisabeth Gore l’a menée du figuratif à l’abstrait. Dans les derniers éléments de sa peinture encore figurative, il y a cette suite de six visages qui a d’abord capté mon attention. L’abstraction, doucement, entre dans le tableau et ce visage, comme menacé de disparition (comme ces fresques qui s’effacent soudain sous l’effet de l’air dans Fellini Roma) en devient plus touchant encore. Nous comprenons pourtant, en suivant l’œuvre, qu’il ne s’agit pas d’une disparition mais d’une mutation. L'oeuvre se choisit un ailleurs, un nouveau territoire. Il y a une sorte de joie inquiète à marcher dans le sillage de cette œuvre qui avance. Précieux don que nous fait l’artiste.

    https://www.facebook.com/elisabeth.gore/photos_albums

    Consultez aussi, pour avancer dans la découverte de l'oeuvre :

    http://www.elisabeth-gore.com/

    http://www.youtube.com/watch?v=Ezn6E6nZRN8

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