• Suzy Cohen & Denys-Louis Colaux - Pas de danse

    Peinture  : Suzy Cohen - Poème : Denys-Louis Colaux

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    Potence du chevalet

    Les étoiles seront éteintes

    Le crépuscule aura

    Des sabots de boue noire

    Les palimpsestes seront blancs

    Un lent reste de vent

    soufflera la cendre des livres

    La neige n’ira plus

    border le plexus roux des arbres

    Des grappes d’oiseaux morts

    sécheront au fil du silence

    Les villes seront prises

    sous la conque de leur couvercle

    Les forêts auront bu

    la dernière aumône de sève

    L’océan lavera au sel

    à la brosse à l’écume

    de lourdes épaves blanchies

    Les chevreuils et les loups

    reposeront morts et ensemble

    sur des lits fanés de fougères

    Je ne voudrai

    désormais plus de rien

    quand des barreaux

    devant l’icône de tes yeux

    auront scellé la fin du monde

    D’ici là tout est bienvenu

    l’âme du feu

    le génie de la neige

    le rouge et le feuillettement

    le grand rivet d’or du soleil

    le lutrin à deux mains

    la rotation du lit et la valse de l’île

    autour de la chandelle

    le banquet et la danse

    l’odeur chaude des aliments

    et des vers nourriciers

    dégustés à la même table

    la même langue

  • Suzy Cohen mise en scène par Claire Cambie

    S U Z Y   C O H E N

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    Un recueil d’œuvres de Suzy Cohen merveilleusement orchestré par Claire Cambie

    Il y a des aubaines dans la vie d'un artiste. Ici, l'artiste peintre Suzy Cohen a trouvé en Claire Cambie, une amatrice d'art et une esthète, un être capable de sentir l'oeuvre, d'en éprouver le fil, le flux créateur, et capable encore de la recueillir et de la mettre en scène. Ces compositions élégantes et raffinées célèbrent l'oeuvre, soulignent sa fécondité, sa cohérence et son exaltante vitalité.  A partir de ces merveilleux points de vue, de ces panoramas picturaux subtils et captivants, de ces mosaïques savantes et inspirées, on perçoit mieux que jamais la liberté délicieuse, la grâce singulière et poignante, la poésie délicate du travail de Suzy Cohen. 

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  • Suzy Cohen (peintures) / Denys-Louis Colaux (poèmes) - Pas de danse

    Pas de danse

    Plumes et pinceaux croisés

    Suzy Cohen (artiste peintre) & Denys-Louis Colaux (auteur)

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    LE MUSCLE DU DEPIT
     
                                   Avec Suzy Cohen
     

    Le muscle du dépit

    Change en volaille mes colombes

    Il broute mes rosiers

    Il réduit l’art à l’état de purée

    Il charbonne mes livres

    Il scalpe mes Indiens

    Il embroche mes anges

    Il emplume mes diables

    Il pisse dans mon violon

    Il profane mon âme

    Il éborgne mon espérance

    Il donne du goût à mon thé

    Il nettoie tout à la ponceuse

    Il tend des barbelés devant mon horizon

    Il dresse mon majeur comme un paratonnerre

    À la barbe de tout

    Et grâce à lui devant mon seuil

    Le mot chien mord au mot mollet

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    Vertèbres & vertige

     

    Je désespère

    je me déleste chaque jour

    du fardeau de l’espoir

    je jette les clous inutiles

     

    Je saigne et je crisse

    je hurle de toute ma porcelaine

    j’amarre mon vertige

    au souvenir de mon bateau

     

    Je lance

    à feu à fracture et à sang

    de grands barouds de vie

    sur le damier serré

    de mon destin

     

    J’aime de tous mes os

    et mon désir gravit la pente

     

    Il me faut chaque jour

    après la cognée et la scie

    réinventer

    l’arbre debout

     

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    Presque présence d’un être

     

    Promenant un son de grelot

    l’être était là

    pareil à un épouvantail

    une tache un corbeau

    un os noirci au feu

     

    J’ai su qu’il s’agissait

    sans doute

    d’un être

    car il me ressemblait

     

    Lorsque je ne suis pas

    un hévéa au vent

    une épluchure du destin

    un gibet sous le ciel

    il arrive que moi aussi

    en vérité je sois

    pareil à un leurre à la lune

    une souillure un charognard

    un résidu de crémation

    tout comme un être

    un fakir assoupi

    dans le moelleux des clous

     

    Et ce son de grelot

    c’était je crois

    son âme qui tintait

    ou  bien un osselet

    qui cliquetait

    au fond de mon oreille