RAXOLA - album punk-rock - Guts Out

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R  A  X  O  L  A

(revolution axis opens lights ahead)

GUTS OUT

sur le versant des incorruptibles 

http://raxola.net

https://www.facebook.com/yves.kengen

Yke Raxola (Yves Kengen), Phil Bertran, Mario Zola, et Fab Giacinto

Le punk-rock de Raxola, vif, d'un son impeccable, costaud, madré mais aussi formidablement varié, me restitue mes premiers élans & émois musicaux, quand la scène de la fin des années soixante-dix exhibait des crêtes sauvages, des idées anarcho-iconoclates, une sévère discourtoisie sociale, des riffs élémentaires et offensifs, des épingles à nourrice, de gluants glaviots belliqueux et des tessons de cannettes. L'affaire ne tient pourtant pas dans un effet de la nostalgie. Car si le punk-rock de Raxola me remet en mémoire la geste punk, son aigreur et sa violence assénée, il me donne aussi un son très abouti, une compétence, une aventure régénérée, diversifiée qui a gardé le souffle, la gerbe, le prurit et a considérablement peaufiné l'outil. C'est du vrai, du bien grandi, du solide, du poignant, du maturé, parvenu à l'âge bien adulte sans l'ombre d'un reniement ni d'une défaillance. 

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Aujourd'hui, Raxola, qui affiche quarante balais à son compteur, qui a été une des têtes de proue de la scène punk belge avec les Kids et Hubble Bubble, sort Guts Out, son nouvel album. Raxola revient donc, recomposé, reconstruit comme le phénix mais dans un édifiant état de santé. Pour connaître l'histoire du band, sa discographie, ses avatars, ses rebonds, je recommande la lecture de l'article ci-joint

https://fr.wikipedia.org/wiki/Raxola

Le phénix est là, donc, de retour, lui, le bouffeur de boyaux paraît tripes à l'air. Dépoitraillé. Mais, selon ses magies, en pleine forme, avide, vilain et serres acérés. Résistant, arrogant, et toujours pas domestiqué. 

Guts Out

Émotions et sensations en vrac. A l'écoute. J'ai le tympan qui frémit. Oui, ça cogne alerte, musclé, ça rue, le r sexpistolisé, à la Rotten Johnny, Son of a bitch pour ouvrir les hostilités. Des petits solos fumants, pointus. J'aime la forme déstructurée, distroyed de façon sophistiquée, de Paranoized, une rythmique insidieuse, variable, avec une batterie cinglante, lourde et chaude. Carton. Avec Waiting for WW3, on est dans la conviction au marteau de forge, avec des breaks bien foutus, très subtils. La voix d'Yke Raxola (Yves Kengen) suture tout ça avec les dents. Ah, Come Back Shoes, oui, ça me va tout droit au plexus, ça pue le pogo à plein nez, mais un pogo de race,avec un son guitare bien foutu et exalté, section rythmique saignante. A écouter pleins décibels, l'esgourde ventousée à l'ampli. Rolling Son nous embarque sur une houle vertigineuse, décalée, flottante, un tantinet psychédélique mais avec l'influx punk, une sonorité étrange et conquérante. Les types de Raxola tiennent une forme infernale, dans la compo et dans l'interprétation. Ici, le rappeur Mingus (Afrique du sud) apporte une contribution très aboutie. C'est superbement bien assorti. Une vraie coopération. Le son guitare entre en fureur, le morceau prend feu. Sacrément bien foutu. I Wanna Be An Angel, c'est, dirait-on, le tube de l'album. Il a la facture du morceau qui cartonne. Une once d'ironie, de l'insoumission, une séduisante façon de bondir. On voit des moignons d'ailes apparaître aux omoplates d'Yke Raxola. Tout à fait crédible. The Idiot, oui, c'est ma came, sec, torché mais avec des lancinances, cette voix excédée, un zeste démoniaque de l'ange, repenti on le présume. Yke tient une pêche de géhenne.  Sur Back On Wild, la rythmique opère superbement, des petits solos futés et efficaces en diable, encore un morceau qui pourrait faire office de tube, retour du rappeur Mingus, oui, c'est un plus pour l'album, c'est une trouvaille. Oui, le morceau possède un tonus formidable, il m'emporte, j'exulte, c'est sévère en classe. L'ironique Stakanovist Punk (rock around the cock, bon dieu, c'est cohénien !) me renvoie, intact, aux secousses de mon adolescence, c'est fourré à la nitroglycérine, à l'électricité sauvage.  Between The Wars, c'est une pièce à l'écart, une sorte de ballade superbe, lente, déchirante, belle comme tout. Instant de poésie nue.  Je me passe un kleenex sous les yeux. Les salauds, ils m'ont pris au dépourvu. J'aime. La voix de Kengen chiale et se redresse d'orgueil, c'est poignant. On ne peut pas mieux finir. Un esprit clairvoyant aura senti que j'aime cet album et qu'il m'a retourné les viscères et l'âme. Reconnaissance. Ite missa est.

https://www.youtube.com/watch?v=vKXSLdSMddM

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