Suzy Cohen (suite, 2)

S U Z Y   C O H E N

L a   q u ê t e

En approfondissant mon enthousiaste approche de l'oeuvre, je m'aperçois de l'ingéniosité et de l'infatigable diversité des moyens d'expression auxquels l'artiste recourt. (Il faudra,plus tard, consacrer un espace à ses Chants du monde, à ses fascinantes porcelaines). Entre la maîtrise, l'impétuosité, la brutalité, l'élégance, le rapide, l'abrupt, l’aléatoire, le dense, l'électrique, le nerveux, Suzy Cohen cherche à dire une conception de l'art en étroit rapport avec une capture du réel et de la matière de l'existence. Elle cherche à mettre au point, - dans un spectre large où elle ne cesse d'inventer une création qui dit l'être dans ses grâces, ses fêlures, sa force, son resplendissement et ses misères, dans sa rencontre avec les événements de sa vie - un retentissement artistique de la vie. Non pas sous la forme d'un embellissement, moins encore d'une édulcoration, mais dans une fulgurance lucide, une empreinte sauvage, dans un geste habité. 

Chaque oeuvre dit un instant, une convulsion, un bien-être, un séisme, un sentiment. Chaque oeuvre cherche une liberté où se dire entre esthétisme et vérité brute, spontanéité, poésie, technique et savoir.

L'art, selon Suzy Cohen, consiste à chercher, à saisir et à fixer, à retenir comme unique, comme empreinte sur le chemin de vie, ce qui fuse, ce qui jaillit, ce qui blesse, ce qui charme, ce qui brûle. Chercher, chercher inlassablement, expérimenter, admettre pour sien, comme un signe de soi, le léger, l'aride, le classique, le beau, le sensuel, le torturé, le rapide et l'intense. L'art poétique de Suzy Cohen n'admet aucune mutilation, aucun rejet, il réfute tout angélisme et toute censure et n'est alors perceptible que dans un long et patient voyage dans l'oeuvre. 

Sa vision se traduit dans la complexité multiforme, variable, instable, tellurique. Chaque oeuvre est une lettre de l'alphabet existentiel selon Suzy Cohen, artiste passionnée par les signes et les graphies du monde et de son monde. Nomade, citoyenne du monde, elle porte en elle, comme une rampe à son monde intérieur, un long périple dans le monde et une ardente panoplie de souvenirs vivants.

Ce monde est un vertige qui danse et tombe et vacille et danse et conquiert. Ce monde est tout ouvert à une quête de l'âme panoramique, celle qui permet d'embrasser le paysage secoué de tous nos sentiments. Cette âme même qui se livre, à l'instigation de sa détentrice, à une identification de l'incomplétude douloureuse, heureuse, résignée, rebelle et terrible de l'être. Cette âme qui n'occulte ni ses ombres ni ses flamboiements, ni ses lueurs, ni la couleur de ses cris et de ses chants. 

Voici, me semble-t-il, ce que, pour composer son anthologie, Suzy Cohen recueille au bout de ses doigts : fleurs, profils délicats, empreintes, gestes gracieux, - ecchymoses, plaies, brûlures, cicatrices, systoles d'art, appels, signes, éclaboussures. Tout cela forme le visage d'une vérité contrastée, vraisemblable, sensible, éclatée, libérée du navrement, de la consternation et de la misère intellectuelle qu'engendrent les enfilades de truismes et de certitudes géométriques.

Il y a ici, invariablement, obstinément, une recherche de la liberté jusqu'en ses âpretés, ses inconforts, ses folies. Ici, chez Suzy Cohen, la liberté paraît aussi en majesté. En suavité. En soie vivante. Avec des couleurs qui réenchantent.

 

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