• Jacqueline Fischer - première approche

    Au pays des merveilles de Jacqueline

    http://textpatch.e-monsite.com/

    Née en 1950, Jacqueline Fischer est une remarquable et très originale artiste française. Poétesse et créatrice de tissus merveilleux, elle est parvenue à conjoindre ses deux passions dans la réalisation de recueils poétiques en tissu d'une beauté confondante. Dans un grand et harmonieux mélange de talent, d'ingéniosité, d'imagination, d'habileté et de sensibilité, Jacqueline Fischer crée de superbes objets d'art, des poèmes précieux et soyeux. Je souhaite aujourd'hui vous inviter à franchir le seuil de cet univers merveilleux de textes et de tissus, de poèmes tissés et de compositions à l'aiguille. Jacqueline sème et herborise dans le tissu, dans les jambages, elle dessine dans les mailles, elle écrit dans la soie. Elle crée aussi des images numériques somptueuses.

    ŒUVRES

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    Livres-poèmes

    Le chant des couleurs

    Blanc

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    Je voudrais dire le blanc / innocence perverse / je voudrais dire le blanc pétale de mariée / je voudrais que le blanc se dise, s'éploie, s'écoule / linceul de déchirure / absolu qui rayonne / sur les rebonds du temps

    Noir

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    L'absolu nuancé / des voluptés obscènes

    Fuchsia

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    Le désir incarné / qui abolit le fruit

    Rouge

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    L'irruption du vivant / qui bouscule l'espace

    Violet

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    Repli de soi sur soi / En spirales enroulé

    Beige

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    L'or du pauvre / Il fait tapisserie / au dancing du pauvre

    Gris

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    Qui parle de la pluie / Au fond de l'ajouré ?

    Marron

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    Costume d'épousé / Taillé pour la corvée

    Jaune

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    Candeur captieuse / Du cercle fatal et fondateur

    Bleu clair

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    Impassible ey perfide / Mensonge du céleste et douleur acceptée

    Vert

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    Simple puissance intime / Sournoise jalousie qui aspire au zénith

    Bleu marine

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    Où la vague intraitable / défie l'austérité

    Art Textile - revue de détails

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  • Valérie Kim Ngam Luong

    Valérie Kim Ngam Luong

    https://www.facebook.com/valerie.luong.58?fref=ts

    http://dangui.wix.com/val2015

    Comment l’artiste se présente :

    a luong a.jpgMa démarche artistique sur le corps et la représentation figurative exprimées à travers mes travaux plastiques racontent l'intime .

    En croquant " les deux captifs ou les esclaves" de Michel-Ange au Louvre j'ai décelé l'âme humaine " La femme accroupie" m' a livré sa féminité au musée Rodin ... ces sculptures m'ont révélé le corps, un corps changeant représentant de notre mémoire c'est-à-dire de nous- mêmes, un corps pouvant être attirant ou sublime mais aussi imparfait, porteur d'une nouvelle intimité, d'une nouvelle réalité révélatrice de troubles .

    A travers une participation à " Dessins au chevet" au sein du service de neurologie à l'hôpital Chenevier de Créteil en 2013 et lors d'un problème de santé, j'ai pris conscience du corps malmené, blessé, fragile et vulnérable, j'ai compris le corps souffrant .

    Je devais préserver mon être, en prendre soin, lui susurrer des paroles qui rassurent qui réconfortent et qui apaisent.

    J'entamais alors une conversation intime entre moi et mon propre corps comme une confidence, il y avait quelque chose d'exceptionnel dans la relation que j'allais débuter avec l'anatomie, l'organe, moi qui m'étais très peu souciée de ma chair.

    Cette entreprise d'aborder le corps comme une confession ou une introspection profonde de ma personne m'amenait à évoquer sous une forme plastique la souffrance.

    Je mettais en lumière la maladie, au travers de ces morceaux de membres comme pour en conjurer la maladie.

    Je travaille à l'acrylique, sur de la toile de Lin des corps à carnation plutôt blanche pour évoquer la fragilité et la douceur mais aussi des dessins à la craie noire, ma démarche artistique se poursuit aujourd'hui par une série d'ex-voto peint sur de la tôle émaillée en référence aux plaques que l'on dépose dans les églises  V.S.L.M : Votum Solvit Libens Merito ( il s'est acquitté  de son vœu comme il se doit ) et par une série de petites peintures encadrées.

    Ces ex-voto représentent des cadeaux pour rendre grâce, à la guérison, morceaux de jambes, de bras, de pieds, de mains comme un aveu poétique pour incarner la transformation, une ode à la vie, au sacré.

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    Ce que cette artiste nous inspire :

    a luong c.jpgVéronique Kim Ngam est une artiste peintre née en juillet 1961. Son œuvre étrange produit sur moi un puissant effet.  D’abord, un réel effet de surprise, un étonnement.  On se sent retenu par la signature de l’œuvre, son esprit. Par l’abord et la manière. L’œuvre avance en retenue. Il n’est pas ici question de faire un éloge esthète du corps, pas question de le célébrer dans les splendeurs sensuelles de sa forme. Ce n’est pas un désir de séduction qui opère.  Ni de rejet, de dépréciation, ni de négation. Dans l’univers de Luong, il y a une rencontre rassérénante et assez inédite entre une quête mystique et une perception anatomique de l’être. Il y a une approche sensible du corps, avec ses blessures, orné, paré de ses blessures pourrait-on dire, une considération du corps en tant que substance et du corps au-delà de l’objet, du corps comme essence, comme lieu poétique. Luong peint le corps de neige, de lait, de chaux, le corps de fragile opale, le corps au sang répandu, le corps empourpré, le corps qui cherche une conscience de soi, une appréhension de son intériorité. Luong oscille habilement entre calcaire et diaphanéité de l’être. Blancheur et coulées pourpres. Luong révèle le corps aussi comme vivifié par une sorte de stigmate, de signe d’une vie en action, le corps comme volcan actif. L’œuvre vit le corps comme fragilité à protéger, comme œuvre d’art en péril, œuvre menacée. Corps de neige, de verre opaque, corps de sang. Le corps eucharistique, sous les deux espèces.

    La fragmentation du corps en petits ex-votos (bras, épaule, coude, bouche, jambe, torse) n’est pas une dissémination, c’est au contraire, dirait-on, une valorisation de chacune des parties du tout, une sorte de blason mystique doublé d’une prospection anatomique. L’être se souvient de soi, membre par membre, os par os, physiquement, il prend possession de soi par le détail, il se tâte, il se redécouvre, se recompose, se reconstitue.  Il revient à ses fondamentaux. Le corps procède à un état de ses lieux. Il scrute son objet avant d’être davantage qu’un objet. Il se perçoit dans sa pesanteur avant d’entrer en apesanteur. Il scrute son insoutenable légèreté. Et ces membres, ces objets anatomiques prient, remercient, célèbrent la vie, ces tissus et ces organes accèdent à la dimension de sacré. L’art de Luong est subtil et patient, intègre, complexe. Son lieu, centré souvent sur le détail, est pourtant le refus de l’étroit, son lieu est le large spectre. Son lieu est terrestre et aérien. Cet art de la loupe voit l’immense. Il me semble aussi que Luong dit avec ce que nous avons perdu de vue (nos organes, nos tissus, nos membres, nos plaies) l’invisible de l’être, le désir de sublimation de l’être.  

    Ce mouvement double de réintégration du corps et d’élévation est captivant. C’est un mouvement lent aussi, prudent, douloureux, fragile qui donne à la dimension mystique à laquelle il aspire une sorte d’aura humaine. La chair prie sans se renier en tant que chair, sans oublier sa matérialité. Il y a là une voie spirituelle singulière qui me touche, une quête sensible et poétique qui me plaît. Il y a une réflexion sur l’existence, thème qui me passionne pour l’instant. A la fois être, être là et sortir de, s’extraire, se manifester. Luong sonde, me semble-t-il, cette coexistence fascinante et assumée entre l’enveloppe et la volatilité. La peinture de Luong dit une sorte d’assomption, d’accord de l’être avec ses différentes dimensions.

    Dans ce temps de vide spirituel, de béance spirituelle, ce temps de destruction et de néant déflagrant, j’aime cet art qui réapprovisionne le corps en sacré. Je le regarde comme précieux.

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    Panneaux émaillés

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  • Nadia Wicker (2)

    NADIA WICKER

    J’ai déjà, il y a plus d'une année je crois, consacré un papier à cette artiste dont l’ascension et l’accomplissement sont impressionnants. Pour vous en convaincre, je vous conseille le remarquable site (magnifique espace stylistique, lieu inventif et superbe) qu’elle a mis au point.

    http://www.nadiawicker.com/

    Voici comment elle se présente :

    Nadia Wicker est une artiste polyvalente qui au fil des années s’est épanouie dans la pratique de l’autoportrait.

    Maquilleuse et photographe, elle cultive son art en mêlant des médiums différents mais complémentaires, car de son parcours plastique, elle en a gardé le goût des matières et de la diversité.

    Passionnée et douée d’une inépuisable imagination, elle réinvente sans cesse sa tête et son corps et se met en abyme au travers de créations éminemment originales, sur un sujet qui semblait pourtant limité.

    Depuis peu elle présente également des compositions mettant en scène d’autres modèles qu’elle même, ouvrant ainsi un nouveau et vaste champ d’expérimentation dans son travail de recherche sur le corps, la matière et l’identité.

    Ce que nous souhaitons écrire à son propos :

    Conceptrice, photographe, pareuse, maquilleuse, metteuse en scène, bodypainter, peintre, modèle tout à fait modèle, Nadia Wicker est un être à part, une inlassable et prolifique autoportraitiste, une beauté protéiforme, une styliste haut de gamme, une imagicienne, une Pop artiste illuminée, une vandale, une iconoclaste, un dandy, une créatrice en perpétuelle éruption, une muscadine, une déesse de l’Olympe, une fée, une poétesse visuelle,  un imaginaire fécond, une fresque vivante, une esthète raffinée, une grande baroque, une iconographe, une Pompadour psychédélique, une séraphine, un feu d’artifice féminin, une sorcière bien aimable, une déesse aux trente-six bras, aux trente-six chandelles chatoyantes, une femme fatale, une squaw de Lascaux, une Éthiopienne blanche de la Vallée de l’Omo. Ceci, pour vous permettre de vous faire une idée générale de la créature.

    Pygmalion et Galatée tout à la fois, elle invente la geste exorbitante, raffinée, mirobolante, poétique, suave d’une Pigmalionne inédite. La Pigmalionne, c’est quoi ? C’est un mot-valise néologique qui désigne la reine du pigment, la fauvesse des couleurs, l’artificière en force ! Le territoire de Nadia Wicker va du raffinement classique à l’exubérance classieuse.

    Dans cet art de la maîtrise et de la précision, quelque chose de buissonnier, d’inventif et de libre descend comme la flamme de l’esprit.  L’univers de Wicker est porté, traversé par un souffle, un tonus, une énergie que démultiplie le bonheur de créer et de composer.

    Traversée des miroirs, des objectifs, des dimensions, l’univers de l’artiste compose une conte énorme, un poème fantastique, un hallucinant palais des glaces, une immersion originale et parodique dans le strass du showbiz, une quête de la grâce, un langage de la couleur flamboyante, une invention de nouveaux états de la beauté, une trace singulière et inspirée dans l’art photographique.

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  • Gilles Molinier

    Gilles Molinier

    Héritier du pictorialisme

    http://www.gillesmolinier.com/fr/accueil.html

    https://www.facebook.com/gilles.molinier

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    Technique de travail

    a gl f.jpgMa technique reste très « artisanale » dans le sens où je tiens à marquer mon intervention et mon empreinte dans le plus d'étapes possibles me permettant d'aboutir au tirage final que je conçois tout autant comme un objet que comme une image photographique. Les papiers supports font également partie de mes recherches et je détourne volontiers différents supports que j'adapte alors, comme par exemple des papiers faits main que j'affectionne particulièrement.

    Mon travail n'est pas lié à l'utilisation d'un matériel ou d'une technique photographique spécifique dans le sens où j'utilise en prise de vue, à la fois un capteur numérique ou argentique. En numérique j'utilise surtout du matériel de marque Nikon possédant des capteurs de 12, 24 ou 36 millions de pixels, et cela alternativement avec l'utilisation de focales fixes ou variables, En argentique, je vais privilégier du matériel grand format, soit une chambre panoramique 6x17 à objectifs interchangeables, soit d'une chambre monorail Sinar, habituellement faite pour le studio mais je j'utilise volontiers en extérieur, et cela sous différentes tailles de plan film 8x10, 5x7, 4x5 ou 6x17cm.

    Il s'agit là, pour moi de la capture de la matière première photographique, L'image est ensuite développée suivant la technologie adaptée, dans le cas de films argentiques, l'image est ensuite systématiquement scannée par moi-même.

    Vient ensuite la phase de travail de l'image, que je réalise donc uniquement sous ordinateur mais sans aucune intervention de soustraction, d'addition ou d'assemblage photographique.

    Mes images ne sont pas manipulées ou les limites qui correspondent au travail dans une chambre noire traditionnelle.

    Une fois l'image réalisée, j'imprime moi-même via différentes techniques d'impressions jet d'encre N&B, pigmentaire ou au charbon. J'utilise et détourne aussi différentes sortes de supports papiers pour mes impressions. J'expérimente beaucoup de choses nouvelles tout en cherchant à obtenir des résultats allant dans le sens de mes images mais aussi possédant une empreinte spécifique.

    Je conçois le tirage papier et sa mise en valeur, à la fois comme une photographie mais aussi comme un objet capable de transmettre un rendu qui contribue au sens de l'image.

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    Bio & Parcours

    a molinier.jpgGilles Molinier est né en 1965 à Paris. Photographe autodidacte. Étudiant en étude et histoire de l'art. C’est dans l’atelier de ses grands-parents paternels, tous les deux coloristes, qu’il s’éveille à l’art. Il découvre la photographie très jeune, acquiert son premier Nikon puis réalise ses premières illustrations et travaux photographiques. Il comprend alors que la photographie est un véritable langage, son mode d’expression. A 24 ans, Gilles crée une entreprise d’ingénierie qui l’amène souvent à réaliser des images et à les intégrer dans des projets de communication. En 2009, il décide de prendre une nouvelle orientation professionnelle pour exercer pleinement son métier d’auteur photographe. C’est naturellement que ses choix photographiques se portent entre autres vers la nature, milieu dans lequel il évolue depuis toujours. Gilles nous incite aujourd’hui à porter un regard différent sur ce qui nous entoure. Son éclectisme souligne sa curiosité, son ouverture sur le monde et son regard à angles multiples qui mettent en exergue les connexions entre ses réalisations. Son travail nous confirme sa détermination à capturer la quintessence des images et à en restituer les émotions.

    Événements et Expositions réalisées récemment

    Saint Germain en Laye – L'Atelier – Exposition N&B - sept 2013 / juil 2014 Besançon – Place des Arts – Exposition N&B - Mai 2014 Corée - Séoul - Assemblée Nationale – Exposition mixte N&B - Juin 2014 Paris – Galerie Univer / Collette Colla – Exposition N&B sur le thème de l'arbre – Artiste résident - depuis juin 2014 – en cours Paris - FotoFever Art Fair – Exposition N&B avec la galerie HEGOA Novembre 2014 Cherbourg – « Le Garage - Richard Menant » - Exposition N&B mixte 17 décembre 2014 – 7 janvier 2015 Paris – Galerie HEGOA – Exposition nominative N&B sur le thème de l'Arbre – 8 janv 2015 / 21 fev 2015 Cherbourg – « Le Garage - Richard Menant » - Exposition N&B en duo avec la plasticienne Sandrine Blaisot – L'arbre / l'humain - Mai – juin 2015

    Publications majeures Livres

    Courir, un autre regard – juin 2014 – Édition Avant Propos ( Auteur A. Bustin ) Arbres – Poésies en noir et blanc – juin 2014 Presse : Magasine Réponses Photo – juin 2014 – Portfolio 10 pages

    Ce que nous inspire l’artiste

    a mol 2.jpgMolinier, capteur et compositeur d’images, sorcier et sourcier spécialisé dans les lumières, les hiéroglyphes végétaux, la grâce sauvage, homme et esthète de la nature, ami des arbres, des monts et des vaux, des cerfs et des oiseaux, guetteur pacifique et artiste, interprète du détail et du panorama, poète forestier, alchimiste et facteur de ses propres supports d’impression, artisan et aventurier de ses papiers, héritier inventif du mouvement pictorialiste.

    Il entre en forêt , s’avance devant les lacs ou les collines, chargé de ses énormes appareils à pieds complexes, de ses extensibles mécaniques à soufflets, somptueuses machines à dompter la lumière et l’image. Mais il est à l’aise en dehors de la forêt et peut, par exemple, détecter et inventer en un quartier, en un coin de rue, en ces lieux qui semblent anodins et ordinaires, un instant de grâce saisissante, un assemblage formel captivant ou révéler la fascination cachée d’une architecture ingrate. Oui, il y a du détecteur en lui, du détecteur de beau et un inventeur de trésors très enfouis, de trésors mimétiques invisibles aux passants incurieux ou blasés, aux terribles passants sans inspiration. Molinier est un inspiré. On sent les ressources en patience, en efforts physiques, en calculs savants, en émerveillements successifs, mais aussi en espaces intérieurs disponibles. Le type dispose, en guise de jardins secrets, d’immenses salles intimes où il réfléchit, pose, mesure, écoute palpiter les panoramas, les lointains immenses, les boulevards forestiers, les montagnes ourlées de lueurs, le cœur intérieur et humide des forêts. Molinier est un vendangeur de la couleur, il la ramasse, la presse, la fait saigner et vivre à son meilleur, à son plus beau, son plus intense : ses pulpes vertes et nuancées de la forêt intérieure, ses houles formidablement pigmentées de mousses charnues et luxuriantes, ses somptueuses flexions de pins émeraude, tout cela sent l’hymne sauvage et la célébration comme je les aime, comme elles me remuent puissamment et en profondeur. Ne voyez pas dans l’homme, malgré la barbe, un bûcheron bourru ou un rustique homme des bois, c’est un dandy, ce Molinier, qui rend le vrai par le sublime secours de l’art, qui donne à l’artificiel des lettres de noblesse et de pertinence, c’est un chercheur d’art. Et un gars saturé d’exigences. Il a le goût de l’excellence. C’est un orfèvre dans la ramure, un artiste dans les fougères, un pictorialiste dans la pente sévère. C’est un merveilleux émerveillé, un homme qui place tout son savoir, toutes ses machineries, toute sa fertile imagination au service de son regard et, dans la foulée, du nôtre. C’est autre chose, plus, beaucoup plus qu’un témoin. Le témoin restitue fidèlement. Molinier invente ce qu’il voit, Molinier traduit dans une quête de perfection sans satiété le frisson que lui inspirent les choses, il lui confère un retentissement perceptible, sensible, il l’orchestre. Ce photographe a quelque chose, oui, d’un chef d’orchestre qui ferait chanter, frémir, resplendir chacun des éléments qu’il saisit dans son objectif. L’image de Molinier a les vertus, la densité, la complexité, l’exigence, la mesure et la liberté d’un poème. Et devant sa photographie, vous n’avez jamais l’impression de contempler un exploit technique, vous vous sentez pleinement en face d’une œuvre, d’un instant béni, d’une seconde définitivement ravie au galop aveugle du temps. Oui, une seconde ravie. Toutes les acceptions servent cette idée.

    Molinier a des noirs longs en œil, des obscurités somptueuses que des clartés viennent ourler, et, dans le sombre, il a des rhéostats raffinés et subtils et tout l’espace de sa photographie est formidablement soigné.

    Je reviens à cette idée que, sans doute, pour faire œuvre dans le paysage (fût-il urbain),pour s’élever à la condition d’artiste photographe, il faut du souffle et de l’imagination, il faut une vision. Il faut sans doute comprendre que chacun des points devant lequel on place son appareil est un des centres possibles et momentanés du monde. Se dire aussi que tout artiste qui apporte sa singularité réinvente son art. Se dire qu’une photo, c’est aussi le couronnement d’un long effort, d’une démarche, d’une obsession, d’une passion. Le travail de Molinier habite et éclaire toutes ces réflexions.

    Enfin, dans la calligraphie photographique de Molinier, il y a invariablement une once de transcendance, quelque chose de pratiquement oxymorique qui confère à la chose fixée un destin d’aérostat en ascension. Il y a quelque chose qui s’élève, quelque chose qui nous élève au-dessus de nous. Il y a, bien que l’imagier soit souvent terrestre et ancré, un grain d’apesanteur. La photographique de Molinier n’appartient pas à ce qui est mais à ce qui existe, de ex(s)istere, « sortir de, se manifester, se montrer ». Dans sa photographie, il y a épiphanie, il y a la manifestation d’autre chose que l’évidence.

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  • Adlane Samet : peintre et graveur algérien

    A D L A N E    S A M E T

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    http://www.adlanesamet.daportfolio.com/
    http://nortyparis.com/artistes/adlane-samet
    http://adlanesamet.com/

    Ce qui fascine dans l'art de cet artiste algérien, c'est un mélange dynamique, convaincant d'impulsion et de maîtrise, d'art brut et de sens de la composition. Fruit hybride et captivant entre Cobra et James Ensor, Samet impose une patte et pratiquement un art de conter par le trait des histoires d'effroi et de fantastique, de se délivrer d'un imagier sauvage et psychanalytique, de négocier dans l'image avec l’instinct, les pulsions, les magmas du monde intérieur. Tout l'intérêt de la chose, c'est que cette attrapade avec soi-même s'ouvre à l'universel et exprime des choses que chacun d'entre nous peut recevoir. L'oeuvre, - qui retient dans ses couleurs et ses traits de vivants pans d'enfance -, touche, séduit par l'univers de monstres touchants et éloquents qu'elle met ou jette en scène, par la vitalité exceptionnelle des couleurs, par la vigueur du trait, par un trait qui paraît savant et qui s'est fixé le défi de renouer avec la spontanéité ou de se débarrasser des encombrements du savoir-faire pour revenir à l'émotion brute, libre, sauvage. Samet crée, en dehors ou à l'écart peut-être d'un projet de démiurge, un monde relu, humanisé de la hantise, des fleuves de l'enfer, des monstres perdus et errants, de la culture primitive, des vieux rituels, des peurs ancestrales. Ce qu'il donne à voir appartient sans doute à ces fresques secrètes et privées griffées dans les parois de tout être, gravées dans le temps où ces parois étaient tendres et réceptives, le temps fondateur et irréversible de l'enfance. J'ai quelquefois pensé, en déambulant dans l'oeuvre, à un monde des enfers désorienté, en écho d'un monde des vivants en débâcle. Les fantômes, les monstres, les épouvantes, tout erre avec nous, pauvres désancrés de nous. 

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