• Lhasa (annexe 2)

    LHASA : Portrait de chevalet

    Nous recommandons ici à votre attention les photographies de Lhasa de Sela réalisées par Richard Tessier  - Montréal, Québec - e-mail : richard9@contact.net -

    Elles sont visibles ici, sur ce site :

    http://www.pbase.com/rtessier  Galerie : http://www.pbase.com/rtessier/lancement_du_cd_lhasa .

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    Il faut toujours bénir celui, celle qui est la cause en nous d'un assaut d'enthousiasme, d'un élan fraternel, d'un changement. A ce cadeau de la vie, il faut répondre par un mouvement de reconnaissance. Moi, cette cause m'est venue de très loin, des montagnes de Catskill, dans l'état de New York, aux États-Unis. Elle m'est venue de très loin, très lentement, avec d'incessants détours par le Mexique, sous la forme d'une charmante petite bonne femme qui répond au prénom d'origine tibétaine de Lhasa. C'est une globe-trotteuse, en somme, une Bohémienne, une Gitane, un merveilleux courant d'air féminin qui a fini par s'asseoir dans Le Mile End, le quartier bohème de Montréal, au Canada. Cette étonnante voyageuse a conçu, peut-être en raison de sa mobilité permanente, de son itinérance familiale, un monde intérieur formidablement riche, profond et chaud comme un refuge. Tout l'art de Lhasa s'ancre là, dans l'intime, dans le monde du rêve, dans le battement ardent du coeur. Son coeur, c'est son encrier. Quand elle chante, avec une pudeur superbe, avec un formidable désir de donner, - outre les délicats, les fièvreux et poignants sons qu'elle émet -, elle renverse un peu de sa lumière intérieure. C'est pour cela qu'avec la soie, l'encens, le miel, le sang, la braise, il y a de la lumière dans sa voix.
    Lhasa, c'est le merveilleux fruit d'un arbre généalogique qui a une racine fourrée sous chacun des points cardinaux du monde. Elle est la fleur sauvage aux quatre carrefours. Elle a un séduisant et indéfinissable visage qui tient de l'Esquimaude, de la Scandinave, de la soeur de Peter Pan (ou de la fille que Peter Pan aurait eue avec Clochette), de la souris lunaire, de l'ange, de la pasionaria, elle a un je ne sais quoi, un indice, un lointain soupçon de parenté avec la silhouette de cette Helga qui inspirait Andrew Wyeth, elle a surtout un physique, une présence, une magie qui paraissent inédits et délicieux.
          
    Fille d'un père philosophe qui l'initie au vertige de la pensée, d'une mère esthète et contemplative (musicienne et photographe), Lhasa a aussi pour soeurs, parmi une fratrie de huit enfants, trois artistes de cirque : Sky la trapéziste devenue clown et actrice (et qui, paraît-il, est peintre), Miriam, puissante et alerte acrobate, Ayin, magnifique équilibriste capable d'épatantes prouesses d'élégance. Ajoutons, dans les limites de nos connaissances, une soeur auteure, compositrice, interprète qui répond au céleste prénom d'Eden.
    Quand Lhasa chante, immédiatement, la barrière de mon cynisme s'effondre, je perds dans l'instant la béquille de mon ironie et une violente flèche d'émotion me frappe en plein coeur. Béat, bientôt porté à la béatitude, éperdu de reconnaissance, je bénis le créateur, l'accident, le hasard, enfin ce par quoi je suis nanti d'oreilles. Une de mes assez rares voies d'accès au bonheur, c'est le chant de Lhasa.
  • Koen Pattyn

     K O E N    P A T T Y N

    Je possède très peu d'éléments biographiques sur ce peintre belge contemporain, qui vit à Gand. Je laisse au visiteur quelques adresses pour qu'il aille de son propre chef à la rencontre de l'oeuvre.

    https://www.facebook.com/koen.pattyn.9
    http://www.pinsart.be/KoenPattyn.htm
    http://www.nucleo.be/artist/index/nl/140
    https://fr.pinterest.com/theuninck/koen-pattyn-belgium/

    a k 1.jpgAh, c'est une oeuvre intrigante que celle de ce Flamand doué et qui semble errer dans les siècles de la peinture tout en étant réellement contemporain. Oui, il y a un voyage dans le temps de la peinture. Dans le temps du dessin. Son art, d'une étonnante ambiguïté, a quelque chose du frisson, du frémissement, de la traduction d'une émotion. Souvent, dans sa peinture, les corps et les visages ne sont ni corps ni visages : ce sont des états d'âme, des états d'esprit, des sentiments, des émotions. Ce sont des lieux de rencontre. Il ne s'agit pas de ressembler mais d'être, d'exister au maximum de sa singularité. Ce que nous voyons, c'est un effet produit par un être sur le peintre, un effet, une suite d'effets. Son travail, - indifférent à toute forme de réalisme - est de rendre la vérité de l'impression, aussi singulière soit-elle : étrange, belle, troublante, angoissante, charmante, inquiétante. Ce sont des fluides plutôt que des traits, des ectoplasmes, des fantômes délivrés, des flammes spirituelles. On dirait que cette peinture est capable de rendre un état intermédiaire entre l'essence et la substance. Cette peinture prospecte et rend autre chose que la forme, que l'apparence. Ce que nous voyons s'apparente peut-être au  principe des vases communicants : le peintre transpose en couleurs, en formes mobiles, en geste artistes la relation entre lui et son modèle. L'autre est un cierge qui brûle, qui fond, l'autre est une lumière qui vacille, une sorte de prière peut-être profane que le peintre, hospitalier, inspiré, ouvert au magnétisme de l'autre, capable de se laisser halluciner par l'autre, recueille et fixe dans l'univers de l'art. Un art profond, d'une profonde dimension spirituelle, un art où l'autre devient une lanterne tamisée ou éblouissante, secrète ou violente, toujours à l'écart de l'indifférence et de la superficialité. L'autre, à l'abri des canons esthétiques, est toujours un être impressionnant. 

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  • Chez Campiglia, à nouveau

    F R A N C I S   C A M P I G L I A

    Je suis à nouveau de retour chez Francis Campiglia, mon photographe parisien favori. J'y reviens comme un lecteur revient aux grands auteurs, aux types qui savent y faire, j'y reviens par amitié pour la belle ouvrage. J'y reviens par plaisir, pour regarder, pour contempler, du beau, du bien troussé, du bien vu. Pour mon agrément que j'y reviens, ici, dans le Paris et parmi les faunes et flores de Campiglia. J'y reviens parce que je n'y ai jamais trouvé la lassitude. Et pour cette sorte d'histoire qui semble toujours embusquée dans les icônes du Gaulois superbe. Ici, les images ont bon goût, il circule dedans une qualité d'oxygène qui requinque le regardeur, j'y reviens mais oui, en raison d'une franche humanité en vigueur dans les albums. Ce sont des photographies de gourmet, de farouche esthète. Moi, oui, je n'en fais pas secret, en pur amateur, je pianote dans les paysages, les brumes, mais je donnerais tous mes clichés pour une minute du talent de Campiglia. Inutile de s'abuser, de perdre de vue la bonne mesure.  Il n'y a pas nivellement des valeurs. Il n'y a pas de lauriers dans toutes les soupes. Et il y a soupe en sachet, soupe, puis potage et velouté. L'excellence n'est pas à portée de tous les désirs ni de toutes les marmites. Honte à qui perd le goût de saluer, honte à qui perd le goût de lever les yeux. La chose se dit beaucoup : tout se vaut, tous des artistes, poètes, critiques, auteurs, photographes ! Une affirmation qui, selon moi, relève du bagage intellectuel de la perruche. Merde aux charlots, aux tocards, aux épouvantails prétentiards ! Assez. 

    C'est bon d'être dans l'imagier du maestro Campiglia, on y a rendez-vous, c'est sérieux et stupéfiant, avec le moelleux d'un bon vin, la saveur d'un beau poème. Je suis là, chez le maître, pour me consoler de ce monde si sensible au moche et au méprisable, pour emmagasiner, pour faire des provisions d'art. Il sait, le maître, faire icône dans le hasard, sublimer la seconde d'une rencontre ou d'une découverte et lui donner l'occasion de se déployer du circonstanciel à l'éternel. Un éternel à la mesure des hommes. Il n'y en a sans doute pas d'autre.   

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    A    S U I V R E

  • Sylvie Lobato

    Sylvie   L o b a t o

    a lob a.jpgSon espace : http://www.sylvie-lobato.com/fr/

    Sa notice biographique :

    Sylvie Lobato, née à Paris en 1970.
    Française d'origine espagnole, vit et travaille à Paris.
    Diplomée de l'EMSAT (Ecole Municipale Supérieure des Arts et Techniques de la Ville de Paris). Section Arts Graphiques.
    Calligraphie avec Laurent Pfuglaupt
    Gravure à l'Ecole Duperré
    Sculpture aux Arts Décoratifs de Paris.

    Ce que l’œuvre nous inspire :

    D’abord, c’est un grand saisissement. Ces travaux picturaux vous empoignent, vous secouent, vous malmènent. Ils sont à la fois macabres et luxuriants, morbides et foudroyés par la vie, grouillants de vie, terribles et foisonnants.  Ils évoquent le déchirement, la rupture, l’éclaboussement  et quelque chose les recentre, assure leur unité et leur maintien.  Ils sont d’une masse ardente, magmatique, saignante et pourtant, il y a de la danse en eux. Ce sont des cris de souffrance et des protestations de vie. Et ce sont de lourds silences rouges, dégoulinants.

    Le feu de la vitalité et la présence de la mort s’affrontent dans les œuvres. Crucifixions et cabrements, ruades, enlisements, voilà l’être dans tous ses états, dans ses apories et ses élans, dans ses résignations et dans ses révoltes, voilà l’âtre de l’être. Les couleurs saignent, brûlent, bouillonnent, débordent, des surlignements blancs viennent semer des contrepoints, une sorte de virtuosité sauvage de la couleur en éruption intensifie la composition et la décomposition. Il y a de la flamme et du flamenco dans la morgue tendue des attitudes et des passes. Il y a un esprit de lutte, de résistance, une furieuse empoignade avec le destin. C’est une impressionnante homomachie que Lobato met en scène sur la toile.

    Ses très exceptionnels minotaures, - créations fondées dans des couleurs en force, des orages de violentes couleurs -, trouvent un lieu inédit entre humanité et animalité, surpuissance et compassion, bestialité et sensibilité.

    Dans les couleurs, il y a de la masse, des bouillons, du poids et de la rotation. C’est dynamique et chaotique, métaphorique du désastre et du désir de vivre, les yeux sont terribles, troués parfois. Corbeaulx nous ont les yeulx cavez, écrit Villon dans La Ballade des pendus.  Et je trouve Villon, Shakespeare chez Lobato. Je trouve l’homme de Vitruve traversé, enflé, déchiré, ployé par les tourments, je trouve des larrons en croix, des relents de Testaments, de Moyen Âge et de mythologie, des allures d’enfers, des impressions de soubresaut et de damnation, d’échafaud et de supplice, d’insurrection tragique.

    Œuvre violente, funèbre, morbide et traversée par la vie et le sang, la peinture de Lobato  se lève comme un hurlement terrible et fascinant, un cri monté du fond des âges et dont l’intensité ne décroît pas. Un cri que le présent reprend et perpétue comme un héritage indestructible.

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