Edwige Blanchatte

E D W I G E   B L A N C H A T T E

un sidérant champ d'edwiges

http://www.edwigeblanchatte.odexpo.com/
http://www.odexpo.com/profil-artiste.asp?id=4645
https://www.facebook.com/edwige.blanchatte

Ce qu'elle nous apprend sur elle :

a ed c.jpgJe sais peu de choses sur cette artiste. Blanchatte est diplômée de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Elle y a été l'élève de Frank Wolhfahrt. J'ai sous les yeux, prélevées dans son espace, quelques-unes des déclarations de l'artiste. "Mon travail questionne l'autoportrait, le miroir et ses doubles. Je cherche ... non pas la ressemblance mais la vérité des instants que j'occupe. Je cherche à me saisir, à m'embrasser, pour comprendre mon existence. Et les autoportraits se multiplient, le portrait de ma vie se précise de jour en jour. J'extrais tous ces doubles du miroir, un par un, ils viennent peupler notre espace et témoigner de ma présence. Chacun est différent, chacun dans son monde, chacun issu de la fraîcheur d'un instant, le temps de composer entre eau, couleur et humeur. Ils sont là, silencieux, nous invitant, les yeux dans les yeux, à les traverser du regard pour les rejoindre dans l'infinité de leur monde. Mes peintures sont alors le fruit d'une rencontre entre notre monde et celui du miroir, confrontation en surface de deux espaces infinis où l'autoportrait fait passage."

Ce que nous pensons d'elle :

a ed aaa.jpgBlanchatte tutoie dans son art pictural le vertige d'être et, plus exactement, les vertiges successifs d'être. A travers l'autoportrait, elle fait, - dans la multiplicité du moi, dans ses fragments unis et incohérents, liés et autonomes -, le portrait de sa vie. Peindre, c'est se comprendre, se prendre avec soi, se saisir, faire corps avec soi, s'embrasser dans son unité et dans sa diaspora intime. Se peindre, c'est l'aventure de la perception de sa propre présence au monde. Se peindre n'est pas composer une image ressemblante, c'est dire la vérité d'un instant que l'artiste occupe. Il y a course, -mais une course exaltée, passionnée, une quête au galop -, vers le peuple que compose l'individu, il y a, sous une forme haletante, fiévreuse, une aventure d'approche et de représentation de la forme fuyante, multiple, variable de l'être. L'être est une galaxie, un ensemble de planètes, il est à la fois la galaxie et chacune des planètes qui la constitue. Chez Blanchatte, il est parfois tellement cette planète, cet élément distingué du tout, que la tête de l'artiste se dégage du corps et trône comme un soleil sur matin de printemps, une lune sur une nuit d'hiver. 

a ed bbb.jpgLes autoportraits de Blanchatte sont jumeaux et dissemblables. Une chose fixe leur parenté : la puissante, l'hallucinante, l'insoutenable intensité du regard. Je ne sais à peu près rien d'aussi affolant : ces yeux immenses, solides et liquides, traversiers, célestes et démoniaques, puissants, dangereux et irrésistibles. Ce sont des yeux qui concentrent une puissance de chant, de feu, d'ensorcellement, de volonté exorbitante. Ils ont un pouvoir d'affirmation. Par eux, l'artiste s'ancre dans le monde, y faire luire sa présence. Ce sont des astres majeurs de la galaxie de l'être. Dans la diversité de la représentation, ces yeux établissent une constance. Cette prédominance des yeux, cette célébration du regard, c'est aussi la consécration de la discipline artistique. Dans l'affirmation existentielle, ceci s'impose : je suis peintre. Et ce regard extraordinaire, c'est celui qui cherche à déceler le portrait de la vie. Ce regard-phare, pluie, ciel, joyau, diamant, fièvre, diable, c'est un chercheur de la vérité fugace, changeante, un chercheur de ces vérités successives qui fondent un être. C'est un regard qui va détecter l'être dans son théâtre, sur son damier, dans son arbre perché. L'autoportrait de Blanchatte est aussi une sorte de laboratoire de poésie visuelle expérimentale : essayons, semble-t-elle se dire, à l'être l'habit de ses phantasmes, de ses hantises, de ses rêves, de ses angoisses, de ses songes. L'autoportrait devient portrait du monde, portrait d'humanité comme si la quête existentielle intime que mène l'artiste recoupait le chemin initiatique de tout être, rejoignait le péril et le délice que c'est pour chacun d'exister. 

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Nous n'en sommes qu'à une approche de l'oeuvre. C'est un début. Il faudra que j'y revienne et que je regarde de plus près la sculpture étonnante de Blanchatte. Je tenterai aussi d'interviewer l'artiste.

a ed a.JPGMais dans cet art figuratif où l'expressionnisme emboutit le surréalisme, ce qui me submerge, m'épate, me transporte, c'est la puissance, c'est, dans cet art féminin, cette façon de toréer avec la vie, de charger son pinceau de tonnerre, d'énergie et de volonté. Cette débordante, cette inhabituelle, cette exorbitante déclaration de vie et de présence me renversent et me sidèrent. C'est un immense bouleversement, une affirmation considérable. Et, à mes yeux éblouis, ce sidérant champ d'edwiges, c'est nous. Nous à qui Blanchatte l'artiste rappelle que ne sommes pas encore circonscrits, définis, résolus, mis en cage dans une représentation arrêtée. Blanchatte nous remet aussi ceci en mémoire : le lien qui relie sans les entraver le mouvement et l'émotion. Il y a là un grand, un vigoureux poème à la liberté. Il y a l'être remis au centre de la scène et chanté, montré, affirmé comme insaisissable. Et l'exploit faramineux de pincer, de saisir, oeuvre après oeuvre, une facette de l'insaisissable. La galerie qui, au soir de la vie de l'artiste, exposera toutes ses œuvres pourra afficher : Autoportrait d'Edwige Blanchatte. Dans cette attente sans impatience, j'admire, épaté, abasourdi, exalté, chacun des prodigieux états de ce portrait d'une vie. Dans le ressassement (toujours nouveau !), dans la répétition (investie de trouvailles !) dans la quête inépuisable de soi et du monde, l'incomparable Blanchatte me fait penser à l'incomparable Kahlo.

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