Betina La Plante encore et toujours

Un poème sur une photographie de Betina La Plante

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C a r e s s e r    u n    v i o l o n c e l l e

O précieux et doux démon du ciel doué d'une avantageuse absence d'ailes, dauphin clair dans sa mue d'ombres, diamant noir sur le lait plissé du drap, sur la jonque en allée du lit, je me détourne du chemin des étoiles pour apercevoir, par la fenêtre, entre les rideaux ouverts, sur la scène de la chambre, le lumineux chemin de tes lignes tendues. Voilà, bel ange obscur et terrestre, ce qui vaut un détour, l'effort d'un détour, voilà ce qui console des laideurs du monde et de son goût pour la soue. Au bout du jour, je pourrai dire, alors que chacun entendra mon âme exaltée ourler mes mots d'un frisson : "J'ai lu trois poèmes de Baudelaire, j'ai marché à la lisière de la forêt d'où un chevreuil a jailli et j'ai vu, par un hublot sur l'infini des êtres vivants, un instant de féminité faire pâlir le crépuscule". Cette nuit, je songerai à un violoncelle aimé de l'étreinte d'un orchestre. 

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