Karine Krynicki

K A R I N E    K R Y N I C K I

Quand la ferrailleuse se fait sorcière et poétesse

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Découvrons ensemble une artiste française ingénieuse et douée d'un grand sens poétique de la création et de la récréation. Humble mais cultivée, habile et habitée, simple et inspirée, l'artiste Karine Krynicki est une inventeuse d'âmes, une sorte de chamannesse. 

a kk 2.jpgVoyons un peu ce que l'artiste nous apprend sur elle : 

"Je trouve qu'il y a de la magie à travailler les matériaux issus de la récupération. La transformation est un jeu. Détourné de sa fonction première, l'objet devient matière et se fait oublier. Dans une rencontre improbable, les objets s'assemblent pour devenir un nouveau tout qui devient indissociable comme s'il avait toujours existé. Trouver cette harmonie motive ma démarche et mon amusement. Je pose sur ces objets un regard quasi naïf et je me laisse porter par mon imagination. Je recherche l'expression, le détail qui animera l'ensemble, qui suscitera une émotion. 
De là, naît tout un univers d'animaux et de personnages qui semblent tout droit sortis de l'imaginaire d'un enfant, avec son regard sur le monde, son lot d'histoires, de questions, de rires, de peurs, d'innocence et … de boulimie de vie."

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J'ai immédiatement été séduit par le charme magique de cet étrange petit sphinx

Ma  Démarche

 “La Terre est bleue comme une orange” de Paul Eluard ou “Au tour du pain de rompre l'homme” de René Char ont depuis longtemps été parmi mes vers préférés. L'étrangeté première des rapprochements insolites et soudain la lumière d'une évidence. Petite fille, je regardais les nuages y voyais des personnages et m'inventais des histoires, je fabriquais des poupées en chiffons, avec des bouteilles en plastique ou encore des épis de maïs. Le plaisir du détournement ne m'a jamais quitté. Plus tard, c'est dans les mots, des poètes surtout, mais aussi des artistes, Dada, les surréalistes, puis Alechinsky, Basquiat... que je me suis rendue compte du pouvoir de transformation de la réalité que la création permettait. Un pouvoir ludique, presque jouissif de bousculer d'un côté, l'objet lui-même en le détournant de sa fonction première et de l'autre le regard du spectateur interpellé, invité à changer de point de vue.

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Ce que je recherche aujourd'hui, c'est ce même plaisir. Faire que des objets dans une rencontre a priori improbable, s'assemblent pour devenir un nouvel objet utile ou inutile et que ce tout devienne alors naturellement indissociable comme s'il avait toujours existé. C'est trouver cette harmonie qui motive ma démarche et mon amusement. Car je m'amuse avant tout. Dans la recherche même des objets et matériaux de départ que je chine sur les vide-greniers ou brocantes, que je récupère en bord de route ou sur un trottoir ou encore dans les déchets voués à la benne... Il est rare que je sache au départ ce que je recherche (il est aussi plus facile de trouver ce qu'on ne cherche pas...). Ce sont les objets eux-mêmes qui me séduisent par leurs formes évocatrices qui m'inspirent tout de suite d'autres formes, une courbure, un profil... ou déjà des rencontres. Je pose sur eux un regard quasi naïf et je me laisse porter par mon imagination. 

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J'ai une prédilection pour les objets en métal rouillé, patinés par le temps, chargés d'histoire que j'aime à imaginer puis à continuer à travers le détournement et la création. Il y a une vraie jubilation à redonner vie dans le présent de l'oeuvre à des objets du passé, oubliés, voués à être jetés. Parfois, j'intègre dans mes créations d'autres matériaux, le bois surtout, bel allié, mais aussi le plastique ou des emballages d'aujourd'hui (papier, verre, carton, canettes...).

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Dans les luminaires, j'essaie de trouver la cohérence qui réussira à faire oublier la fonction initiale des objets utilisés. J'aime jouer sur l'alliance du moderne et de l'ancien, et mêler élégance et côté récup' brute.
Dans les sculptures, à travers l'assemblage d'objets et matériaux de récupération souvent simples, voire même simplistes parfois, c'est le rendu d'une expression que je recherche. Le détail qui animera l'ensemble, qui suscitera une émotion. Dans le détournement, j'utilise toujours l'humour, mais j'ai besoin de la sensibilité.

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Ce que nous en disons :

Né en 1970, Française, Karine Krynicki est une artiste plasticienne qui sculpte, modèle, peint et trouve sa matière dans les objets délaissés, blessés, détériorés, déclassés, désaffectés, elle les requinque, leur imagine de nouvelles destinées, leur  invente de nouvelles affectations, les soumet aux grâces et aux magies de son imagination. Elle regarde son entreprise artistique comme un jeu, ce qui, à mon humble avis, n'a rien de péjoratif ou de restrictif et ajoute à l'aventure une lointaine épice, une charmante épice revenue de loin. Des vergers, des rues, des squares, des jardins de l'enfance. Il n'est pas requis, pensons-nous, de s'emmerder pour créer. Par ailleurs, chez Krynicki, le bonheur de la trouvaille, la saveur de l'idée originelle, le plaisir de l'aboutissement sont lisibles dans les œuvres, ils y étincellent. On les perçoit et c'est une heureuse perception. Mais ce ravissement ne me paraît pas l'apanage de l'enfance. C'est celui de l'artiste, de l'artisan parvenu heureux, satisfait au terme du processus créatif. Cette joie, je pense, persiste dans l'état adulte. Je crois qu'il reste à l'intérieur de l'adulte, - à l'écart de ses empêtrements, désillusions, dégonflements -, des carillons, des feux d'artifice, des choses qui tournent à l'image des manèges, des musiques chaleureuses, des bouffées de tendresse, des sachets de dinguerie, des faunes et des flores rescapées des grosses moissons de la raison.

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L'art de Krynicki est un art joyeux aussi, mais pas seulement. S'il rit, s'il porte une joie intérieure et rayonnante, il ne craint pas de marcher sur l'absurde, le surréel, l'étrange et même le tragique. Dévoyer les choses, les détourner, les soigner, les transfigurer, transformer leur inertie objectale, leur conférer une présence n'est pas anodin. Il y a toujours un peu du docteur Frankenstein (singulier enfant de Madame Shelley) dans l'opération, de la fée aussi, de la sorcière, de la ferrailleuse, Oui, la sorcière aux pouvoirs magiques entre en jeu (c'est l'artiste qui parlait de jeu) pour instiller un âme à l'objet, le faire passer du fonctionnel au spirituel, de la chose au fétiche. Ces objets sont chargés de sens, d'émotion, ils portent sur eux cette métamorphose qui est leur salut, ce passage du néant fonctionnel au talisman. Les dieux ont seuls ce pouvoir de ressusciter. Passage du vide à l'émotion, au silence habité et à l'expression de quelque chose. Dans ces dévoiements habiles, poétiques, magiques, il y a l'entretien d'une flamme spirituelle. Un dépassement de la matérialité. Une confiance en la poésie, en l'image, le symbole, l'analogie, les figures. Une sorte d'élévation.

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Ainsi, les objets spirituels de Krynicki sont pour moi des poèmes en trois dimensions que je regarde, que j'écoute, que j'entends respirer, sourire, parler une langue légère et profonde, fragile. Rescapés des dépotoirs et des fourrières, des cimetières de l'inutilité, ils sont, par l'entremise d'une artiste, entrés dans le monde inespéré de l'oeuvre, cet objet qui parle, rit, se moque, implore, rayonne, prie, hurle, crée des relations. Ils sont venus à nous et, surpris et charmés, nous entrons en relation avec eux.

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