• SABRINA GRUSS : UN MERVEILLEUX SCANDALE

     Le Rire selon

    S A B R I N A    G R U S S

    http://sabrinagruss.free.fr/
    https://www.facebook.com/sabrina.gruss.3/photos
     
    Prépare ton poème
    ainsi qu'un menuisier
    affûte le cercueil
    Rends-le étanche
    à toute corruption
    et à la vie
     
    DL COLAUX

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    On ne passe pas à côté d’une réalisation de Sabrina Gruss sans être vivement hélé. La création vous agrippe. Le rire tel qu’elle le pratique, elle le place sous la sauvegarde du dernier grand humoriste français, l’un des seuls qui aient atteint à la maîtrise, Pierre Desproges. Voici la longue citation de lui qu’elle place en incipit de son espace.

    « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. »  (Pierre Desproges)

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    Mais Sabrina Gruss, une fois cette sauvegarde admise, ne ressemble vraiment à personne. Sabrina Gruss est une sorte de Gepetto au féminin, oui, mais un Gepetto crânement fossoyeur, un Gepetto macabre et désopilant qui ferait vivre et danser des fossiles, qui envoie la vanité au carnaval, un Dr Frankenstein réfugié dans le théâtre de Guignol où il fait merveilleusement scandale. Mais cela reste beaucoup trop anecdotique et Sabrina Gruss est à des lieues au-dessus de l’anecdote. C’est une femme étrange qui joue avec les osselets, qui crée des jouets morbides et irrésistibles, qui pousse le rire dans ses derniers retranchements avec l’habileté d’un orfèvre. Qui parvient à créer du tendre avec de l’effroyable, du gracieux avec du vestige, de la vie avec de la mort.

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    L’humour noir est ici à l’extrémité de ses potentialités, au sommet de son art et dans la plus extrême tension de son arc. Et si l’on rit, si l’on tremble, si l’on s’émeut, on a tout de même immédiatement la certitude que l’on est dans le domaine de l’art, de l’esthétique, de la conception, de la composition et de l’invention fulgurante. Gruss, c’est l’iconoclaste élevé au rang d’artiste, le blasphème porté à l’état de poésie, c’est le sacrilège sacré. Et cet inconcevable et hilarant théâtre du cimetière, ce fantastique, poignant et macabre cirque Gruss constitue l’une de mes plus déconcertantes et faramineuses découvertes, il me rappelle la vocation la plus haute et la plus noble de l’humour : foutre le cul par terre, les quatre fers en l’air, le cavalier perché sur le cheval du sérieux. Et dans ce violent et imparable attentat contre la rigidité cadavérique du sérieux, la femme artiste s’est adjoint les services de la grâce, de la tendresse et de la poésie. Jamais la gifle et la caresse ne se sont aussi intimement, aussi amoureusement associées. Voici l’un des plus merveilleux scandales qu’il m’ait été donné de voir. La beauté mène à tout, à condition d’y avoir accès. Voici un accès  formidablement déroutant.

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    Sabrina Gruss est un oxymore vivant, un oxymore ludique et tragique, c'est un croque-mort ballerin et fildefériste. C'est une ensorienne. Elle fait du fil de fer sur un élastique, de la balançoire en haut de la falaise. Sabrina Gruss est une embaumeuse de fantômes, une défaiseuse d'anges, c'est une revenante qui s'en va sur ses pas, c'est un être qui taille des linceuls et des costards dans la soie, la soierie, la soie quand elle rit de tous ses ourlets. Je pressens qu'une vielle souffrance, une lancinante hantise infusent au fond d'elle sur un air de violon qui rit et qui pleure, un violon-toupie, un crincrin de Crémone. Sabrina Gruss est un clown de funerarium, elle dérange, elle colle son joli pied au cul du rang. C'est une élégante pleureuse au nez rouge. Le chagrin et le désir d'amuser font les nez rouges. C'est une beauté, dirait-on, et il ne m'étonne pas qu'il faille être belle, supérieurement belle pour engendrer ceci. Elle a la gravité du hareng saur de Charles Cros, elle erre un peu sous les gibets de la ballade des pendus de Villon, devant les clôtures électrifiées d'Auschwitz, devant les monstrueuses impasses du monde et ses pelures de bananes. C'est une fée à l'envers, à rebours, retroussée comme la lèvre d'un sourire étrange. C'est une Joconde qui affiche son énigme. C'est un mystère passionnant.

    Et c'en sont d'autres, dans ces familles de cadavres bien vivants, ce sens de l'étreinte, ces maternités et ces paternités chaleureuses, d'autres encore, ces troublants élans d'affection jaillis de ces tas d'os; ce convaincant dandysme des affreux, cette majestueuse décrépitude, cette révélation effarante de la beauté cachée des laids,  cette connivence avec l'animal, cette sorte d'évocation paradoxale d'un Eden perdu, ces somptueux enfantillages entre cauchemar et féerie.

    Avec ces épatantes poupées mortes et ressuscitées, ne parvient-elle pas, cette plasticienne inédite, à cette harmonie de vie que les êtres vivants n'atteignent jamais ?

    Tout ceci, bien sûr, excède la farce, tord le cou à la mesure et finit par nous tendre une sorte de miroir correcteur.

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  • Marie PALAZZO - présentation (1)

    Marie Palazzo

    Sculptrice, dessinatrice et peintre
    La puissante hantise d’une œuvre hantée

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    Marie  Palazzo, peut-on lire en incipit de l’espace de l’artiste, est née en 1967 à Verdun. (Elle est Sicilienne et née à Verdun de parents immigrés). Le corps humain et surtout les visages sont ses principales sources d’inspiration. L’expression de ses portraits évoque un archaïsme impressionnant qu’on peut interpréter à la fois comme une naissance aveugle et une déchéance qui se donne à voir : notre condition humaine ?

    Voilà les quelques mots qui annoncent l’œuvre. De quel « archaïsme impressionnant » nous parle-t-on ? Imitation des anciens ? Référence à une époque antérieure ? A une nuit des temps ? 

    L’œuvre de Marie Palazzo, - que l’on évoque ses sculptures (bronze ou béton), ses peintures, ses dessins – présente d’immédiats échos avec le fantastique littéraire, avec le gothique, avec l’univers délétère des fantômes, des morts-vivants, des golems et des spectres. C’est un monde hanté, faisandé, tavelé par la hantise, un monde décomposé et dont la formidable et impressionnante faune est en décomposition. Cette faune a l’air d’avoir inhalé les vapeurs, les fumerolles de l’apocalypse. C’est peut-être aussi un monde marqué, entaché par la faute d’être ou par l’accumulation de ses fautes.

    Palazzo est native de Verdun. Là, la bête de l’apocalypse, la grande charogne a laissé la trace de ses sabots, le lieu, à l’aube du vingtième siècle, a bu par millions de litres le sang de l’énorme boucherie. Sont-ce aussi ces morts-là, parents réels des horribles spectres que Gance fait défiler dans son « J’accuse », qui peuplent et obsèdent l’imaginaire de Palazzo ? Ce carnage énorme et affolant a-t-il sa part dans l’œuvre tragique de l’artiste ? C’est probable.

    Ces taches indélébiles, ces désespérantes souillures (et bien d’autres, hélas) flétrissent toute tentative de  représentation de notre condition. On n’en peut faire l’économie. L’être humain est aussi et à la fois cette bête vorace de sang et cette bête détruite, cette bête meurtrière et cette bête mutilée. Dans les bronzes de Palazzo, des corps sans yeux, aux cavités impressionnantes, aux membres affreusement décomposés semblent encore se lever des tranchées.

    Et d’une manière plus vaste encore, c’est l’homme qui est ainsi désigné : fantôme, chair avariée et amputée de ses yeux, être incomplet et incapable, incertain brouillard d’humanité. Les œuvres de Palazzo gravite inlassablement autour de la monstrueuse incomplétude de l’homme, cet être réellement troué, réellement lacunaire, inachevé, incapable de se délivrer de sa cécité. Pièce après pièce, l’œuvre, avec une vigueur entêtée et impitoyable, dit la cour des miracles qu’est l’humanité, la matière altérée qu’est l’humanité. La ruine qu’est la créature humaine. L’œuvre ressasse, en des déploiements toujours nouveaux et implacables, la morbidité de notre condition. Ici, - et l’on doit le craindre, le côté qu’a choisi Palazzo est celui de la lucidité -, il n’y a pas de gloire, pas de grandeur, ici, il y a des vestiges, des débris, des déchets. 

    Si bien que dans ce défilé de dépouilles, d’êtres et de rêves avortés, ce ne sont pas seulement les poilus sacrifiés que l’on voit, c’est l’homme tel qu’en lui-même, dans sa misère, dans sa perpétuelle et infatigable déchéance, dans la boue d’une condition dont il ne se dépêtre jamais. Eux, c’est clairement nous. C’est douloureusement nous. C’est nous, ces créatures crépusculaires, ces rebuts lunaires, c’est nous, ce choix de hanter faute de n’avoir jamais pu habiter. Ce miroir terrible, c’est bien la vocation d’un grand artiste de nous le tendre.

    Une puissance formidable, un savoir-faire pictural et sculptural impressionnant achèvent de conférer à l’œuvre une assise magistrale. 

    Récemment, j’ai entrevu quelques dessins et peintures de Palazzo représentant des nus. Bien sûr, ils s’inscrivent dans la geste de l’artiste, ils se lèvent dans le gris, des traits noirs en accentuent l’apparente dureté, ils paraissent massifs, lourds de l’argile dont ils semblent issus mais ils rayonnent d’une incontestable et inédite beauté, ils portent avec une étrange élégance une féminité ample et dense, conquérante. Quelque chose de neuf se lève-t-il à l’horizon de cette considérable artiste ?

    DL Colaux - Anthée, 10/10/2012

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  • Avec Marie Morel

    Ne touchez pas à Marie Morel

    On voit l'hébétude d'une société, son déclin, sa faillite à sa façon de mépriser ses artistes. La Mairie d'Aubagne, qui vient de verser à l'extrême-droite (FN),  a interdit ce 11 juin les œuvres de mon amie, l'artiste peintre Marie Morel. Dans le cadre du Festival International d' Art Singulier, la mairie a exigé le retrait des œuvres de Marie ainsi que celle d'un autre artiste, Demin (http://demin.pagesperso-orange.fr/m2.html). Censurer Marie Morel ! Je me sens giflé personnellement ! J'ai dix fois écrit à quel point j'aime cette oeuvre authentique, intense, sensuelle, généreuse, passionnante, à quel point j'aime fréquenter le formidable labyrinthe de cette oeuvre admirable. J'y suis chez moi, j'y suis en un endroit que j'aime et je n'entends pas qu'un comité de cancrelats populistes vienne jeter le discrédit sur mes affinités. 

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/marie-morel/

    J'ai écrit des poèmes à partir des passionnantes créations de Marie. Cette petite collaboration s'appelle Détails de soleil et de vitrail.

    http://denys-louiscolaux3.skynetblogs.be/details-de-soleil-et-de-vitrail/

     

    Aujourd'hui, devant l'offense faite à l'oeuvre et à l'art, (tout artiste qui ne se sent pas concerné par cette éviction, zéro !) je veux me manifester et dire mon écœurement devant cette odieuse attitude de censure. Marie Morel, son fils (geste admirable, je suis touché, Pierre et je vous salue avec estime et fierté), l'association s'expliquent face à cet acte de censure. 

    https://www.facebook.com/pierremorel/posts/10152470835234518

    De mon côté, dépité, refusant de traiter avec une adversité de cette répugnante nature, je publie des œuvres et j'adresse une lettre ouverte à Marie.

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    Marie,

    Des gens ont cherché, par un décret que je trouve humiliant, à disqualifier votre travail. Ce sont des gens obscènes. Je ne veux pas traiter avec la censure. Mon mépris pourrait se commettre en injures disgracieuses. Votre oeuvre vole tellement plus haut que cela. C'est le moment que je choisis pour vous dire et redire pourquoi je suis un morellsite inconditionnel. Parce que Marie Morel, vous êtes mon abeille picturale préférée. Parce que j'aime votre geste hiéroglyphique, votre aventure dans l'interminable, vos magnifiques sirènes et vos amants, vos amoureux se désaltérant l'un de l'autre, j'aime votre geste et vos labyrinthes où je me retrouve enfin, j'aime votre audace et votre poésie et les relations qu'elles entretiennent, j'aime votre urgence à transmettre, votre façon de rendre incandescent le minuscule, de le porter à ébullition, de le rendre grandiose. J'aime cette méticuleuse transcription de la geste amoureuse, j'aime votre approche des choses, votre façon de les penser, de les rendre, de les recueillir, de les loger dans des niches comme les saints des églises, j'aime votre santé, votre douceur, votre vitalité formidable, j'aime le journal de votre art dans le roman de votre art, votre manière de mettre votre travail en abyme. Je respire dans votre oeuvre, à mi-chemin entre l'exaltation et la paix. Je m'y sens bien, je m'y sens dans un univers propre et sain, un univers intense, libre, violemment sujet à la santé, à la santé dans tous ses états, un univers seulement atteint par la poésie, le désir de tout transcrire sous sa sauvegarde. J'aime votre peinture, votre passionnante aventure picturale et je suis venu vous le rappeler. Mon coeur, mon esprit, mes pensées, mes affinités me portent vers vous.  En respect, en estime, en durable et profonde amitié.

    Denys-Louis Colaux

  • Mimia Lichani

    M I M I A    L I C H A N I

    U n e   F é e    d a n s    C o n s t a n t i n e

    mimia 14.jpgIssue de l'Ecole nationale des Beaux-Arts d'Alger, Mimia Lichani est une artiste plasticienne algérienne née en 1952 et établie à Constantine. C'est une personnalité majeure, une artiste importante, une créatrice polyvalente, à la fois peintre, grande aventurière des arts numériques, photographe et sculptrice. Artiste raffinée, sensible, délicate, ingénieuse, elle est l'infatigable inventrice d'une poétique visuelle superbe. La grâce est avec elle dans les ballets d'images numériques qu'elle orchestre. Chez elle, - ponts entre toutes les discipline qu'elle pratique avec passion - la fantaisie, l'intensité, la tendresse, la féerie, la magie, l'élégance et l'hallucination poétique règnent en maître. D'ailleurs, écouter tinter ce merveilleux nom : Mimia Lichani. Je l'affirme, c'est clairement celui d'une fée. Les preuves abondent pour soutenir mon affirmation. L'oeuvre oscille et voyage, allègre parmi ses points cardinaux, elle danse entre l'évanescence et le réel, la légende et le conte, l'exubérance et la mesure, la merveille et le vrai, l'orchestre des couleurs et la profondeur d'une méditation poétique. Il fait beau chez elle, l'enfance y vit en bonne entente avec la femme accomplie, et la femme accomplie y vit en harmonie avec ses visions captivantes, avec son délicieux désir d'inventer et de semer des étincelles, du pollen de lumière. Les grandes fleurs imaginaires, les visages inventés, les nudités somptueuses et pensives, les compositions surréalistes de Mimia Lichani ont à voir avec le ciel, avec le monde chaud et intense des livres, avec la braise des poèmes, avec la sensualité de la nuit durant laquelle elles sont conçues. Tout cela fomente un formidable enivrement sensuel, un enchantement spirituel et des éclaboussures de bonheur à quoi je viens me rafraîchir. Voilà, il y a une fée dans Constantine, elle s'appelle Mima Lichani et j'ai le désir de faire connaître les prodigieux fruits de son verger artistique. Je livre au visiteur les clés qui lui permettront de découvrir l'oeuvre prolifique de mon amie algérienne.

    http://www.mimialichani.com/ 
    https://www.facebook.com/mimia.lichani
    http://www.artmajeur.com/fr/artist/lichanimimia/collection/metamorphose-peinture-a-l-huile/1137441
    http://www.artmajeur.com/fr/artist/lichanimimia

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