• Sur les Imagies d'Alain Laboile

    Alain Laboile sculpteur, photographe et père de famille français né en 1968 à Bordeaux. Son imagier, essentiellement fondé sur la vie quotidienne de sa famille et la singularité splendide de son mode de vie, est d'une beauté inhabituelle, d'une poésie profonde et exaltante. Notre site lui consacre plusieurs articles. Il possède son espace personnel et incontournable à cette adresse : http://alain.laboile.free.fr/   

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    AUX IMAGIES D'ALAIN LABOILE
     
    I.
     
    Je reviens à vos imagies
    comme à l'air subtil et inquiet
    de la forêt
    comme à ce vent qui la démêle
    et la parfume
    et l’ensorcelle
    et fait danser au même cercle
    le chat la fée
    l'ange et le sanglier
    et fait passer au même chas de ciel
    l'eau savoureuse
    la boue et leurs éclaboussures

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    II.
     
    Sans cesse je reviens vers elles
    comme après longtemps de pierre et de marbre
    on revient vers le tendre
    vers le velours des fleurs
    la rosée le mufle des faons
     l'âme meuble et patiente
    de l'argile des choses

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    III.
     
    Oui je reviens à elles
    comme
    pour ceux qui ont eu des bonheurs d'enfance
    aux frissons sucrés du verger
    sous le friselis léger des fauvettes
    dans le chatouillis craintif des insectes
    et la tiédeur
    d'une haleine d'agnelle
    Oui je reviens à elles
    comme un vieux Noé amphibie
    aux nénuphars inoubliés
    de ses premiers déluges

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    IV.
     
    J'y reviens comme
    l'appel à l'écho
    et l'écho à sa cloche
    comme au goût revenu
    à la saveur des fraises
    et des radis au sel
    comme au frôlement digital
    de la page d'un livre
    comme à sa voix lointaine
    d'arbre qui pense
    et se penche sur moi
     
    V.
     
    J'y reviens comme
    le rire doucement
    petit gibier frileux
    à l'orée de la lèvre
    et jusque dans
    la clairière de l'être
    J'y reviens j'y reviens
    comme Ulysse à son île
    comme Ulysse à son aile
    comme on repart
    vers les ornières
    et les trésors sacrés
    du vieil Eldorado repeint
    comme après les longs désabusements
    on revient s'établir
    dans le feuillettement des pages 

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    VI.
     
    J'y reviens oui
    à vos photographies
    comme à l'enchantement
    le chant
    à la transcription de l'archet
    la main
     à l'ivresse du chèvrefeuille
    le nez
    comme à l'odeur enflée du lait
    le veau
    comme au séisme
    secret du sol
    la fleur
    et comme au fond du ciel
    repasse et se délivre lentement de soi
    mon souvenir décacheté
    d'oiseau

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    VII.
     
    Comme l’œil
    la nuit
    revient à la fenêtre lisse
    où glissent
    en lents colliers de rien
    les perles des étoiles
    Comme l'affirmation rouge et bleue de la vie
    écarte les bras des potences
    pour marcher vers 
    le rendez-vous vert des fougères
    et comme l'eau menée
    tout le long des tuyaux
    par le rêve d'un verre
    je reviens à vos imagies
    comme aux chemins mouillés
    qui sortent du désert

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    Thynes, mai 2014

  • Alain Adam

    Alain ADAM : artiste belge, peintre expressionniste abstrait. Organisateur du chaos, équilibriste du déséquilibre, aventurier de la couleur, il est aussi un contemplateur et un interprète exalté de la mer. Il est encore un aquarelliste délicat, un merveilleux transcripteur de l'intensité émotionnelle. Né à Charleroi en 1952, il y décède le 11 avril 2O14.

    De mon côté, je persiste à recueillir, à engranger, à faire voir l'oeuvre. Je compose des galeries. Pour l'exposition de Bordeaux en septembre, notre amie commune, Geneviève Halftermeyer-Pawlak et sa fille, indispensable dans la gestion technique de la mission, auront mis au point le site d'Alain, ce sera une merveilleuse porte sur son parcours et son oeuvre. Le lieu où l'on pourra le découvrir.

    http://alainadampeintre.com/ 

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  • Annette Marx

    ANNETTE MARX

    Le rouge dans tous nos états

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    Dès mon premier contact avec un tableau d’Annette Marx, une sorte de dialogue entre sa peinture et moi s’est établi. Je me suis trouvé happé dans ce magnétisme rouge où des signes, des traces, des indices se mêlent à des accents de couleurs. Je me suis trouvé engagé dans ces bouillonnements, ces nuances, dans cet orage de vitalité rouge. Je me suis trouvé engagé dans ces strates de rouges, dans ces émergences de bleus, dans les ourlets où ils s’affrontent et s’épousent. Je m’y suis trouvé comme en moi-même, comme dans les traductions picturales de ces déchirements qui résultent en moi des attrapades entre le physique et le métaphysique, entre la lourdeur du sang et l’immatérialité de l’éther. Dans les rouges d’Annette Marx, j’ai reconnu, comme parentes d’images ou de métaphores qui sont et vivent en moi, le rouge chaud du sang, le rouge du péril et de la plaie, le rouge de la vigueur, de la sensibilité, le rouge de la colère, le rouge du carburant essentiel. Le rouge d’Annette Marx est celui du mouvement physique de sa peinture, le rouge où l’on devine le corps en action, les séismes du poignet, l’impulsion, l’élan. Et là-dedans viennent se greffer des bleus médités, des verts réfléchis, des noirs, des jaunes, des incisons, des éléments collés, des griffes, des traits. Des grands mouvements accompagnés de petits gestes. L’élan et la minutie. La force et la précision.

    Ce rouge, lorsque progressivement on l’apprivoise, lorsqu’on distingue ses mues, ses degrés, ses températures, n’est plus seulement métonymie de la matière, du liquide, il acquiert, lui aussi, une sorte de volatilité. Il n’y a plus le rouge de l’hémoglobine contre le bleu céleste, on découvre un rouge céleste, on découvre une parole du rouge, on découvre l’enveloppement de petits signes graphiques – cicatrices, marques, sutures, frontières et intersections – dans un ciel rouge par-dessus une terre bleue.

    On dirait que l’annonce nous est faite d’une libération du rouge. Le rouge est arraché à ses significations ou à ses associations habituelles, il s’émancipe dans une sorte d’épurement, il entre en métaphysique, il y a désormais une âme rouge. Il y a un cycle du rouge. Rouge liquide du sang qui s’évapore, monte et forme des nébulosités rouges, composent des ciels rouges qui génèrent des pluies rouges. Parti du corps, le rouge d’Annette Marx est devenu un rouge spirituel que les précipitations rendront à son état de liquide essentiel.

    Parfois, le rouge n’est présent que par indices, dans une brume bleutée, comme un ciel rouge lisible à travers des fumées. Parfois le rouge est celui de la terre que borde un océan bleuté. Le rouge d’Annette Marx convoque les interprétations. Il est ardent, il cherche en nous des échos de lui-même. Ou bien nous rappelle-t-il qu’il est, dans sa terrible et formidable complexité, nôtre ?

    Dans ce rouge, dans les états de ce rouge, dans ce rouge présent seulement parfois par touches, dans cette immense abstraction dominée par le rouge, il y a nos portraits, non pas la reproduction de nos traits, mais la singulière mise en couleur(s) et en espace – comme on parle de mise en scène –, de nos mondes intérieurs complexes, changeants, incertains, de nos pensées  oxymoriques, de nos chimies et de nos alchimies secrètes, de nos plombs changés en ors, de nos ors redevenus plombs et de l’incessant cycle de notre instabilité rouge.    

    L’ardent univers pictural d’Annette Marx développe une réelle puissance d’interpellation et de captation. On dirait qu’il nous hèle impérieusement, un peu comme la muleta magnétise le taureau. Toutefois sa patiente observation nous révèle que la relation qu’il établit avec nous se vit aussi dans la nuance, dans un relief d’intensités, dans la sensibilité et dans l’introspection, dans le jeu peut-être aussi. Ce rouge est aussi une infusion de rouge.

    Dissolvant peu à peu les masques qui l’incarnent habituellement, le rouge d’Annette Marx est le tumultueux, le vivant, le mobile point de convergence de tous les états de nos lumières intérieures. Il les rend avec leur torse solaire, leurs basses épaules de crépuscule, leur fragile disque lunaire, leurs brumes incertaines, leurs accès de toux, leurs tourments giratoires, leurs anémies et leurs vigoureux élans. Car oui, il me semble qu’il s’agit aussi et surtout d’un rouge spéculaire, un miroir rouge qui nous regarde et dans lequel nous nous regardons avec la curiosité fascinée d’aveugles un instant délivrés de leur cécité. Etonnant, passionnant, exaltant sursis rouge. 

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    Abstractions rouges 

     

    Denys-Louis Colaux parmi les carrés rouges d’Annette Marx  

     

    LETTRES ROUGES

     

    R, o gué

    0, grue

    U, orge

    G, roue

    E, gour

     

    LE BONHEUR ROUGE

     

    Tout le bonheur

    est rouge

    son socle

    et sa dislocation

    rouges

    le merveilleux pré

    de son champ de bataille

    rouge

     

    NATURE ROUGE

     

    Une poignée de noix rouges

    L’éclair roux d’un renard

    La braise pourpre de son cœur

    L’ourlet rose entre ses jambes

    L’aube comme un grand chien rouge

    vient dormir à ses genoux

     

    CATALOGUE ROUGE

     

    Le rouge des anges

    des auges et des songes

    le goût orange

    du rouge

    Le jour assis tout entier

    dans la grange

    sur quoi nage

    la lourde roue de l’orage

     

    DU ROUGE AVEC LE BLEU EN ALLÉ

     

    Le rouge infuse

    son âme

    comme un sein de femme

    le bleu intime de son lait

     

    IL ME FAUT À PRÉSENT

     

    Il me faut à présent

    le rouge savant du livre

    le rouge ondulé du poisson

    le rouge vivant du sang de femme

    le rouge ivre de Bourgogne

    le rouge caché de la neige

    le rouge tiède de Maman

    qui soufflait sur mes doigts gelés

    toute la forge de son âme rouge

     

    ACCÈS ROUGES

     

    Clous rouges dans l’azur

    Roulures

     

    Une Peau-Rouge à Cannes

    assise sur les marches du Palais

     

    Cerise assoupie

    dans le nid

    de ses commissures

     

    Braquage rouge : butin quinze briques

    Putain le cinoche onirique

    Clodo cosmique

     

    Ce qu’il fallait que

    Carmen incarnât

     

    Sur mon ombrelle

    averse rouge

    à n’en pluie finir

     

    Rossignol dans ma tête

    entre deux idées noires

     

    Dans la doublure de mon silence

    crête et cocorico

    coquelicot dans l’écho

     

    Sous un ciel de briques

    le phénix renaît de ses abattis

    Spoutnik  et pétanque dans les étoiles

     

    Les fleuves rouges

    descendus comme des chacals

    feu en plein flot

    vaisseaux traversés

    des fleuves qui se meurent

     

    Ma moitié d’ogre

    ma moitié d’ange

    quartier d’orange

     

    Poisson sur la piste de la poêle

    Flaque de sang sur l’Antarctique

     

    Divan rouge du boudoir

    où j’endormais mes humeurs noires

     

    Absence dans l’absinthe

    Giration dans l’œil rouge

    de la fée albinos

     

    Autour de l’étal où dorment les idées

    valsent des cercles

    de mouches rouges

    et

    l’aspirine d’un halo d’ange

     

    Dans l’évier les concepts

    découvrent

    l’apparence du marbre

    et le goût du savon

     

    Stendhal et le noir

     

    Le rouge amoureux

    de son passage sur la toile

     

    les troupeaux d’hippocampes

    descendent dans la mer

    que de longs voiliers rouges

    font trembler sur ses pilotis

     

    Esquimau dans Malmö

    l’appeau rouge attire la Squaw

    buffle bleu épinglé dans Lascaux

     

    au ciel je tousse

    entre deux afflux d’encens

     

    Site :

    http://www.annette-marx.de

     

    Annette Marx s’exprime   

    Conception

     

    Il est ce rouge…

     

    L’axe principal de ma peinture, c'est la confrontation avec la couleur, surtout avec la couleur rouge. Le rouge est pour moi la couleur principale. Le rouge, la première couleur à laquelle le peuple a donné un nom représente pour moi principalement l'énergie. Le rouge est un symbole de danger et est synonyme de chaleur, de passion et d'amour. Rouge signifie sécurité et crée de l'agressivité. Le rouge est le symbole des émotions contradictoires et des pensées. Il s’agit de capter la couleur dans des espaces de pensée, de suivre les différentes ambiances, les impressions subjectives de la réalité, puis de transformer les espaces de la pensée en espaces de couleurs.
    Je vois mon travail comme des projets qui traitent des thèmes sous différents aspects sur une longue période. Il en résulte des séries de tableaux qui reprennent certaines variantes des thèmes. Je préfère travailler avec des formats carrés. En partant du fait que mon travail montre des fragments, le format carré est le plus apte à représenter les parties d'un ensemble. Les peintures constituées de plusieurs tableaux en interaction sont composées par des tableaux carrés ou forment une peinture carrée. Les bords sont peints et incorporés dans les tableaux. Les surfaces des tableaux ne sont pas limitées. Cela permet une extension maximale. L'idée d'une image est créée avec une esquisse vague et est l'expression de l'instant, mais elle est séparée dans le temps de la réalisation artistique.

    Il s’en suit des couches irrégulières de couleurs et de matériaux. Au cours de cette phase, il est important de suivre les traces de structures émergentes ou de les brouiller, d'enquêter sur des soupçons, de compléter des formes et de faire naître l'image par le biais du jeu subtil de légères allusions. Chaque couche est précieuse dans sa matérialité, elle peut être visible et le rester et elle est immanente à l'œuvre. Les couches sont repeintes, cassées, brisées, coupées, gravées à plusieurs reprises.
    Mes éléments de conception sont, entre autres, des surfaces de couleurs. Je place les couleurs dans mes peintures de façon intuitive. Des constellations de couleurs expressives dominent. Je fais confiance à la force pour créer des espaces de couleurs en liaison étroite avec les matériaux. D'autre part, je travaille aussi avec un ensemble de lignes ludiques. Lignes marquées ou même suggérées, et avec des formes irrégulières. Des lignes et des accents tracés à la craie, fragiles, ou encore délicats avec un crayon de graphite ou bien encore « grattés». Parfois ces lignes peuvent devenir des objets interprétables, sans prendre un caractère anecdotique.

    La couleur est essentielle et non pas liée à des objets. Je travaille avec des détails qui séparent les surfaces ou les assemblent et rendent visibles les champs de force qui agissent les uns contre les autres. Manifestées par le jeu de couleurs et de lignes des surfaces, on y aperçoit la force et l’énergie, mais en même temps la fragilité et la douceur. Il s’y crée des motifs élémentaires, des compositions ouvertes qui sont profondément authentiques. Cela crée et des espaces de silence et des espaces pleins de dynamisme, remplis par la dynamique des couleurs et des lignes. Ils sont interdépendants et présents dès le début du processus de travail dans un dialogue réciproque. La fin du processus est imprévisible. Un tableau n’est terminé que lorsque ses relations de force sont justes. Autrement dit, si les champs de force sont équilibrés, le dialogue se poursuit. Le spectateur participe à ce dialogue, au jeu de la réalité et de l'irréalité, dans lequel il s’embarque, auquel il associe sa propre réalité. Il complète le dialogue avec sa propre imagination.

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    Biographie

      

    née à Völklingen / Sarre (D)

     

    1994 - 1998 l'éducation artistique à l'Académie d'été Sarre Wadgassen.

    Peinture libre avec Alain Simon, Nancy et Leslie Huppert, Sarrebruck.

    Dessin de Jean-Louis Guermann, Nancy et Francis Berrar, Sarrebruck.

    Peinture libre à l'Académie européenne de Trèves.

     

    Depuis 1998, une collaboration intensive avec la peinture abstraite.

    Collaboration avec le Service Little Van Gogh Art à Bad Honnef.

    La coopération avec les différentes galeries (Sarre et Rhénanie-Palatinat)

    Expositions individuelles et collectives

    Divers projets d'art (école de peinture des enfants, des ateliers pour les adultes et les activités artistiques)


    Expositions en Allemagne, en France et en Belgique.

    Vit et travaille à SarrebruckNée à Völklingen / Sarre.

    1987 - 1990 études en administration des affaires, Département de la gestion de l'information à l'Université de Sarrebruck sciences appliquées, diplôme en gestion d'entreprise. Profession à temps partiel dans le domaine de l'informatique.

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  • Anita Rée

    ANITA RÉE

    http://www.artinconnu.com/2008/01/anita-re-1885-1933.html

     

    Anira Rée.jpgSéduit par quelques fulgurants autoportraits de l’artiste, j’ai tenté de réunir des éléments autobiographiques sur elle. Voici ce que j’ai actuellement pu trouver.

    Anita Rée est issue d’une vieille famille de commerçants juifs. Elle est née à Hambourg en 1885. Elle est la plus jeune de deux filles. Elle a été baptisée et élevée dans la religion chrétienne. Sa mère était issue d’Amérique du sud et avait des ancêtres juifs et indiens. Les amis d’Anita Rée la regardaient comme un être affectueux, aimable, accueillant et cultivé. Selon le témoignage d’Alfred Lichtwark, elle a étudié la peinture et les techniques classiques avec Arthur Siebelist (peintre impressionniste allemand, 1870-1945). En 1910, elle partage un appartement avec Franz Nölken (peintre expressionniste allemand, 1884-1918) qui, de conserve avec Friedrich Ahlers-Hestermann (peintre allemand et critique d’art, 1883-1973) l’initie à la nouvelle peinture française. Elle passe ensuite six mois à Paris à étudier avec Fernand Léger (peintre français, pionnier du cubisme, 1881-1955). A partir de 1913, elle travaille progressivement en tant qu’artiste à Hambourg et après le décès de son père en 1916, elle rencontre des difficultés financières. Anita Rée fut l’une des fondatrices de la « Sécession de Hambourg ». En 1919, des artistes, - peintres, architectes, écrivains – se fédèrent pour donner une importance à l’art dans la ville de Hambourg trop inféodée au commerce et au monde des affaires. Ils dénoncent l’absence de lieux de rencontre ou de formation pour les artistes. Les sécessionnistes veulent impulser un grand élan artistique et multiplient les activités artistiques : expositions, conférences, lectures, festivals. Anita Rée demeurera membre de la Sécession de Hambourg jusqu’à son décès et exposera régulièrement avec le groupe. Les critiques ont reconnu sont talent assez tôt. Un séjour de trois ans, entre 1922 et 1925, à Positano, ville italienne de la province de Salerne, en Campanie, eut une influence considérable sur sa future évolution. Ses peintures italiennes furent accueillies dans l’enthousiasme à Hambourg et elle acquit la réputation d’un artiste national hors du commun. Sa personnalité et son style artistique sont essentiellement représentés dans ses portraits de femmes et d’enfants. Vers 1930, elle reçoit la commande de trois grandes œuvres :elle crée des peintures murales dans deux écoles de Hambourg dans lesquelles elle incorpore ses propres expériences de vie (« Les vierges sages et folles » et « Orphée ») et un retable pour l’église Saint-Ansgar à Hambourg- Langenhorn. La réalisation de ces travaux n’a pas été exempte de difficultés.

     

    Anita Rée 2.jpgDes problèmes avec l’état, le clergé, des attaques dans la presse du NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands), et finalement quelques désappointements personnels  ont finalement poussé cet artiste physiquement et psychiquement fragile à fuir l’île de Sylt, la plus grande et la plus septentrionale des îles allemandes de la Mer du nord, où elle s’était établie. Solitaire et vivant dans la douloureuse crainte de la persécution, elle était profondément concernée et inquiète par la liquidation du groupe de la Sécession de Hambourg et par l’évolution politique en Allemagne. Agée de 48 ans, elle ne s’est plus sentie capable d’émigrer. Elle qui, depuis 1916, était familiarisée avec l’idée du suicide, a mis fins à ses jours en décembre 1933 en prenant des barbituriques. Elle a écrit à une de ses amies : « Je ne peux plus vivre dans un tel monde et n’ai d’autre souhait que de quitter ce à quoi je n’appartiens plus ». Elle s’en va en laissant une fortune considérable. Ses biens ont été partagés entre ses amis. Elle est aujourd’hui, après quelques publications et une exposition en 1987, la plus célèbre des Sécessionnistes de Hambourg. 

    Sources :

    http://www1.uni-hamburg.de/rz3a035//secession.html 

    http://de.wikipedia.org/wiki/Hamburgische_Sezession

     

    Je suis particulièrement sensible à ses portraits mais plus encore à ses autoportraits dans lesquels j’observe, d’une œuvre l’autre, une saisissante métamorphose des traits comme si les différents états psychologiques qu’elle représente pouvaient avoir pour effet de modifier ses traits, les couleurs, les caractéristiques et les formes de son visage. C’est l’exceptionnelle intensité évocatoire de son art qui me sidère et me ravit. Je suis tombé en admiration devant ses tableaux. Je n’ai pas grand-chose à en dire sinon qu’ils me remuent de fond en comble et que, depuis que j’ai connaissance d’eux, ils habitent mon esprit et s’y manifestent comme des images décisives. J’ai pour elles une profonde et inquiète amitié (les autres sont purement ornementales) et il me semble qu’à la longue, elles me regardent avec une intense et soupçonneuse sympathie (les autres ne me sont pas agréables). Il y a surtout que cet étrange  visage mobile et formidablement expressif sur lequel je sais à présent deux ou trois choses me touche et m'étreint douloureusement le cœur. Ce sentiment au demeurant, avant la découverte même des quelques bribes biographiques, a d'abord décidé de mon rapport à l’œuvre.

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  • Lhasa avec Franck Monnet

    Lhasita 3.jpgJe tombe sur cette vidéo d'un titre qui réunit Lhasa de Sela et Frank Monnet, le morceau, charmant et délicat, très plaisant, s'intitule Fiancés. Je vous recommande de l'écouter.

    http://www.youtube.com/watch?v=3bE7v6mXL9A

    Et un article sur l'inauguration du Parc Lhasa-de-Sela à Montréal.

    http://voir.ca/nouvelles/actualite-musicale/2014/05/16/le-parc-clark-est-maintenant-le-parc-lhasa-de-sela/