• Ayin de Sela

     A Y I N    L A    S I R E N E

    Je recueille ces précieuses images d'un numéro aquatique que la belle Ayin de Sela, artiste circassienne souvent accueillie dans notre espace, a réalisé pendant des années au sein d'un spectacle qui s'appelait Exos. Ces photographies sont de Lluvia de Sela (elles sont extraites d'une vidéo dont elle est la réalisatrice). Aujourd'hui, Ayin de Sela est codirectrice du Château de Monthelon (voir une brève présentation du projet ci-dessous).

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    Le Château de Monthelon

    Le Château de Monthelon (Bourgogne) est un centre de recherches, de rencontres et de production dédié aux artistes. Ce projet culturel et philosophique a donné naissance à un lieu de création hors normes. La transformation et la rénovation de cet édifice datant du huitième siècle a commence en 1989, date de l'acquisition du terrain et des murs du château. Le Château est aujourd'hui aussi une résidence d'artistes. Pour découvrir ce projet exaltant, consultez ce lien : http://www.monthelon.org/ 

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    Le château de Monthelon, lieu pluridisciplinaire dédié à la recherche, au développement et à la réalisation d'idées artistiques.

    http://www.monthelon.org/association/projets/projets2013.html

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    Le château soutient la création d’œuvres d'art, notamment de spectacles vivants, destinés à être présentés au public. Il soutient aussi la recherche de toute personne en matière de cirque contemporain : artistes, techniciens, universitaires, historiens, écrivains, etc.

  • Nadia Wicker

    NADIA WICKER

    http://www.nadiawicker.com/
    http://www.nadia-makeup.com/
    http://lejournaldenadiawicker.tumblr.com/
     https://www.facebook.com/pages/Nadia-Wicker/217669701588015

    Quelqu’un, avant Nadia Wicker, avait-il poussé aussi loin le travail autour de l’autoportrait, la quête de la représentation de soi-même, l’édification de sa propre image ? Faut-il s’inquiéter de cette incessante suiréférentialité  ? Narcissisme, troubles dissociatifs de l’identité, docteur ? S’agit-il d’une obsession, des prémices d’une chute dans l’autarcie voire l’autisme artistique ? On se doute, au spectacle de l’exquise désinvolture avec laquelle j’agis ici, que je pose ces questions pour m’en débarrasser comme on le fait de petits déchets encombrants. J’agis ainsi, repoussant ces épluchures intellectuelles d’un revers d’esprit,  pour dispenser le lecteur de céder à l’attraction de ces questions dignes seulement de la péroraison de l’ignare ou de l’attardé mental. Laissons ces navrants truismes aux fanfarons que leur manipulation puérile divertit encore.

    Wicker, c’est autre chose, une artiste, une envoûteuse qui régénère sans cesse ses sortilèges, un talent formidable, un génie créatif, une éclabousseuse à l'eau d'arc-en-ciel, un dédoublement formidable qui lui permet d’être à la fois Galatée et Pygmalion(ne), le modèle et l’artiste, la maquilleuse et la diva, le pinceau et la toile, la cinéaste et l’actrice, le ciel et l’oiseau, la nymphe et l’eau, la sirène et le chant, le combustible et la flamme. Elle conçoit et  enchaîne les rôles avec une inventivité déconcertante. Il y a toujours une matière précieuse au fond du filon qu'elle explore. Cette photographe est une plasticienne au goût très sûr, une magicienne, une sorcière, elle se peint elle-même, se maquille,  se coiffe, se vêt, se pare, s’enrobe, s’absente, s’impose, se dissout et se surpicturalise. C’est une immense technicienne. Une acrobate de l’image. Une coloriste effarante. Une fée en fleur. Une aventurière de la fonction spéculaire. Une poétesse et sa propre muse. C’est une artiste qui a relevé le défi d’incarner tous ses possibles et d’en inventer sans cesse de nouveaux, de plus audacieux, de plus étranges, de plus charmants. C’est une musicienne de l’image entrée dans l’art de la variation. Pour ne pas faire les choses à moitié, c’est une beauté aussi. Ce travail avec soi-même présente aussi cet avantage concret que le photographe a toujours son modèle d’élection sous la main. A la moindre idée, les troupes peuvent être mobilisées sans négociation. Sommet de la disponibilité. Artère vers la liberté. Limitation drastique des risques de querelle.

    Wicker est française, strasbourgeoise, elle est née en 1981.

    J’aime, dans ses créations, la splendeur des robes imaginaires et incandescentes, ces drapés de feu, ces plumages de paradisiers en grâce, ces floralies féminines. Mademoiselle Wicker défile dans sa ligne. Féerie. Hallucination. J’aime aussi ces masques somptueux taillés dans la lumière. J’aime cette somptueuse suite à fois underground et très esthétique sur la présence-absence où l’artiste se cache dans sa presque nudité, à la façon sublime d’une Francesca Woodman. Echo, hommage, filiation, suite. J’aime les nymphes presque nues seulement voilées de fils de lumière, oiselles érotiques parées de lucioles et de copeaux de clarté. Glamour savant. Mystère. Soies lumineuses. Féérotisme. Son art du maquillage atteint à la peinture avec des bleus superbes et profonds, du vert marin, portant, toujours avec cette dimension de merveilleux, le visage à l’état de marine. La suite que l’artiste dénomme Fauves touche à l’art primitif, aux masques africains, au pictorialisme. Ce noir et blanc est incandescent. La série des Cariatides, visages sculptés dans le lait sur fond de marbre, me fait penser à des études, des poèmes visuels sur l’évanescence, la presque dissipation, la hantise, le fragile. Les visages maquillés paraissant derrière une vitre peinte comme une œuvre abstraite achèvent, - par leur judicieuse élégance, leur charme irrésistible, leur intérêt chromatique -, le formidable travail d’ensorcellement. 

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  • La chorégraphe Diana Léon

    a diana.jpgDIANA LÉON DANSE LHASA

    Diana Léon, jeune danseuse et chorégraphe, présente sa dernière oeuvre inspirée par Lhasa de Sela. Il s'agit d'un belle vidéodanse intitulée Adela et basée sur une vieille légende mexicaine racontant l'histoire d'une fiancée abandonnée le jour de ses noces. A chaque anniversaire de son mariage manqué, elle revient hanter l'hacienda en geignant. La performance et la chorégraphie sont de Diana Léon. Jaiziel Hernández Máynez réalise le film et Daniel Touron de Alba en assure le son. Deux chansons de Lhasa (El Árbol del Olvido & Desdenosa) rythment cette oeuvre.  Ce travail sensible et émouvant, remarquablement mis en images, m'a charmé. Il m'a paru très bien s'accorder à l'esprit de la LLorona. Adela a été réalisé en 2014 à Mexico. (A gauche, Diana Léon)  Voici la vidéodanse :

    http://vimeo.com/88843467

    Voyez aussi les projets précédents de Diana Léon consacrés à Lhasa :

    https://www.facebook.com/dianageiske/media_set?set=a.10151628354277251.1073741826.550147250&type=3

    https://www.facebook.com/dianageiske/media_set?set=a.10151111099352251.432751.550147250&type=3

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  • Brett Walker (2)

     B R E T T    W A L K E R

    Je reviens sur ce photographe anglais né en 1962, Brett Walker. Au début de sa carrière, il est photographe de mode au Japon, dans les années 80, il atteint à la notoriété dans l'image de mode et ensuite se détache de ce monde dont les valeurs lui semblent contestables. Il inaugure une nouvelle période, une époque audacieuse de sa vie en voyageant en Angola, au Brésil ou à Bangkok, en travaillant avec les enfants des rues, des êtres très démunis. Il renonce à l'image de mode et s'engage profondément dans un art intense centré sur représentation de l'être. Et c'est là, dans l'intensité de la perception de l'autre que Brett impose sa veine remarquable. A l'écart des canons, à des lieues de l'esthétique fashion, Walker compose une galerie où l'être humain, - dans une veine souvent noire et formidablement éclairée, intensifiée -, révèle et affirme somptueusement sa singularité et sa présence ardente. Il y a du feu dans le regard de Walker, une ivresse, une puissance, une passion, une ouverture d'esprit, une humanité vibrante et une empathie profonde. Il faut visiter les espaces de cet artiste unique.

    http://partistmanagement.com/artists/brett-walker/biography/
    https://www.facebook.com/brettwalker13

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  • Corinne Héraud

    C O R I N N E    H É R A U D

    l' a r t    d e    l a    p o l y s é m i e
     
    http://www.corinneheraud.com/
    https://www.facebook.com/corinne.heraud
     

    NOTICE DE PRÉSENTATION :

    Héraud est une photographe française né en 1971. Elle est autodidacte. Ses thématiques de prédilection déclarées sont la nature et les sujets existentiels comme l'identité, l'image, la solitude. J'y vois aussi un profond et sensible attrait pour le mystère et la hantise. Sa geste est indéniablement pictorialiste. Elle cherche, par une intervention appliquée sur son matériau photographique, à créer une image douée d'un "caractère unique". "Je me tourne, écrit-elle, vers des techniques qui nécessitent une intervention manuelle pendant laquelle l'image s'incarne en une matière que la main façonne. Le caractère aléatoire des manipulations rend chaque photographie unique". C'est un des grands principes du pictorialisme : s'écarter de la reproduction mécanique ou technique du sujet, l'inventer en y mettant sa griffe en effets, en atmosphère et en retouches. On va voir comment l'artiste tient parole.

    L'OEUVRE 

    D'abord, j'ai envie de dire qu'il y a en Héraud un être qui compose une très étrange et passionnante iconostase, qui l'invente, qui la constitue à partir de fragments où l'on trouve du sacré, de l'hérétique, de l'étrange, du mythe, du profane, de l'image pieuse, de la culture, de la magie, de l'icône, du fantastique, de l'érotique, du morbide. Elle crée un ensemble de veines qui donnent vie à une oeuvre inspirée, insolite, troublante, ambiguë. Ses âmes silencieuses, ses traces font songer à des suaires et à des fantômes en même temps qu'elles ont un caractère de fascination et d'attraction qui remet en mémoire l'étymologie commune au fantôme et au fantasme. Le jeu des possibles de l'oeuvre noue ensemble l'illusion, l'hallucination, la construction imaginaire. La hantise du fantasme et du fantôme. Ces suaires sont aussi les grandes voiles qui équipent ces vaisseaux fantômes qui naviguent dans nos mers intérieurs. Sont-ce les manifestations de mortes amoureuses, comme celle de Gauthier ? Les brumes constitutives de goules et de striges ? Sont-elles des muses porteuses d'inspiration, des mortes porteuses d'expiration ? Ces âmes silencieuses ont rapport avec les saintes, mais aussi avec "cette sainte de l'abîme", "plus sainte" encore, aux yeux du poète Nerval. Mais ces femmes ont aussi rapport aux fées, à quelque magie que d'étranges clartés et de curieuses auras dorées semblent attester. Un pollen d'aile de papillon saupoudre certaines de ces créations. Oui, il y a une dimension surnaturelle dans l'oeuvre de Corinne Héraud. Quelque chose relie ces femmes, - leur immatérialité, leur évanescence, leur fluorescence, leur diaphanéité -, au monde des messagères, des anges, des lucioles, des esprits et des séraphines. Ces visages blancs et presque aveugles évoquent aussi les masques funéraires. Ces âmes visibles ont, par leur facture même, un aspect d'antiquité, la patine de gravures ou de daguerréotypes ennoblis par le temps, elles semblent en relation avec le mystère du temps, du passé. Elles ont un cachet nostalgique. Elles sont à cheval sur la frontière qui sépare la présence et l'absence. Dans le même temps, malgré ou grâce à leur étrangeté, ces figures féminines sont jeunes et belles. Elles ont quoi qu'il en soit, ces âmes silencieuses, pouvoir sur le rêve et sur le frisson et l'ambiguïté attise leur magnétisme. Nous sont-elles favorables ou nuisibles ? Et si cela était indécidable ? Il se pourrait qu'encore, que très loin à l'écart de nous et indifférentes à nos délires interprétatifs, elles fussent des êtres entrés dans l'estompement de la solitude. Ceci n'atténue pas le pouvoir de captation qu'elles exercent sur nous. Elles vivent là ou survivent, sur des supports que le temps (un temps factice mais n'est pas ainsi que l'on joue avec le temps) a craquelés, griffés, gondolés, gommés, elles subsistent comme privées d'yeux, définitivement plus obsédantes que les images lisses et intactes. Elles vivent ou survivent dans la gloire inquiétante de leurs stigmates et de leurs blessures. 

    a corinne profil.jpgLes Paysages et les Errances de Corinne Héraud me ramènent à une dimension fantastique, (un fantastique subtil et intellectuel, littéraire) tout en ouvrant une fenêtre sur l'inquiétude existentielle. Qui est cet inconnu ? Qui est cette présence dans le paysage ? Que serait le paysage privé de cet élément insolite ? Quelle est cette idée incrustée au fond de moi ? D'une certaine façon, d'une façon presque anecdotique, ils me donnent à penser au spiritisme, aux présences appelées, captées mais plus encore à des paysages intérieurs, des compositions qui rendraient des tumultes privés, des angoisses intimes. Ces images seraient les fruits résultant d'aventures spéléologiques, paléontologiques menées par un être dans les secrets et les strates de son âme et de son histoire, les fleurs singulières issues d'une cueillette dans ces vergers où le conscient et l'inconscient se jouxtent, les indices d'une descente en rappel dans les gouffres sinueux de la mémoire. Ces images ont peut-être à voir avec l'enfoui qui resurgit, le refoulé qui fait retour. Estompement, presque transparence, gommage, sépia, chiffonnement, le travail manuel intensifie l'efficace du document, en augmente l'attrait singulier, lui crée une histoire, un parcours, ce travail invente une sorte de rouille impalpable, une poussière artificielle. L'art est venu au secours du vieillissement. Merveilleux contre-courant quand tout le monde, aujourd'hui, se cramponne à une idée (chirurgicale, physiologique, organique) de la jeunesse. (Ici, à gauche, une oeuvre de la série intitulée Icônes Cathodiques).

    J'aime enfin la série des Éternelles où l'artiste révèle quelques-uns des possibles de la femme : source de toute génération, puissante guerrière, exécutrice ou amoureuse dérivant sur le fleuve de la mort. J'ai plaisir, dans des relectures tout à fait nouvelles, proches ici de l'heroic fantasy, à renouer avec des figures mythiques de la littérature ou de la dramaturgie. La Walkyrie nordique, divinité et guerrière vierge (ici, doublée d'une meneuse de loup et d'une sorte de Diane), Eve, la première femme selon la mythologie biblique, berceau de l'humanité, Judith, la Juive sublime qui décapitera Holopherne et rapportera sa tête à Béthulie ou l'Ophélie issue de l'Hamlet de Shakespeare. L'artiste se fait un chemin dans les mythes et, écartant l'image de la docilité et de la fragilité féminine, restitue à la femme la multiplicité de ses facettes. Les trouvailles abondent dans ce muséum de la féminité revue et corrigée : Eve vit harmonieusement, entre paix et extase, la présence du serpent, la tête de Judith n'apparaît pas de manière à mettre en fulgurant exergue la caboche du général vaincu par la beauté, l'audace et l'intelligence, Ophélie morte a plus que jamais l'aspect d'une nymphe d'aujourd'hui... Ce grand jeu avec le temps persiste, de déclinaisons originales en déclinaisons originales. Il offre une nouvelle variation et une nouvelle forme de résistance à l'image d'Epinal. Tout contribue à danser dans cette formidable et enivrante ronde des fantômes, des fantasmes, des représentations, des mythes et des désirs, des angoisses, des sortilèges, des rêves. Pour entrer dans le monde d'Héraud, il faut franchir une porte. Au-delà de cette porte, le trouble scintille dans toutes ses acceptions. 

    L'oeuvre de Corinne Héraud se fonde, séquences après séquences, sur ce que je regarde comme un hommage à l'intelligence et à la création : une aventure passionnante, esthétique, troublante dans la polysémie. 

    LES ÉTERNELLES 

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    Eve - Judtih - La Walkyrie

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    Ophélie

    LES ÂMES SILENCIEUSES 

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    LES TRACES 

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    LES ERRANCES

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