Au pays des merveilles de Laboile

P è r e    d e    f a m i l l e

à mon amie Estelle

L'une de mes amies est dans le deuil. Elle vient de perdre son père. Je cherchais des images qui fussent de nature à exalter l'image paternelle, à la célébrer, à lui rendre grâce. C'est alors que les merveilles d'Alain Laboile me sont revenues à l'esprit. Voici comment un père regarde ses enfants. Un père artiste, formidablement doué. Un artiste pour lequel j'ai une admiration immense et un profond respect. La grâce de ses images, leur charme farouche, leur beauté à la fois pastorale et raffinée me ravissent. Chaque nouvelle oeuvre de lui réenchante le monde que je traverse. Il faut inlassablement dire sa reconnaissance à ceux qui sèment cet or impalpable sur notre route. Tout ce que j'aime est ici, en filigrane, parmi ces portraits d'anges et d'agnelles, au miroir de ce faune en grâce, de cette adolescente lumineuse et échevelée, de cette fillette en bottes de caoutchouc, de ce trognon regard de séraphin dans la buée de la vitre, de ces magnifiques visages lus avec l'aimante, la confiante palpitation du père que le génie créatif a touché. Magnifique semis de Laboile, moisson superbe aussi, dans la foulée. Laboile est, avec quelques-un(e)s que j'aime en photographie, le photographe du sentiment. L'aura de l'émotion, du sentiment hante chacune de ses œuvres. Celui qui exalte ainsi l'amour paternel parle un langage que je reconnais. Avec les photographies de Laboile, j'adresse à mon amie, ces vers d'Eluard. Le dernier vers est un des grands secrets de la disparition. Derrière la mort d'un être aimé et proche (et devant lui désormais), il y a ce qu'il vous a consacré. Il faut du talent aussi pour recevoir un trésor. Allez, avançons-nous dans l'album de Laboile où il fait si beau, si bon. Il n'est pas exclu, n'est-ce pas, que parfois l'on donne raison à celui qui aime. 

Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’œil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

Je te l’ai dit – Paul Eluard

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