• Lettre à Marie-Pierre Manecy

    M a r i e - P i e r r e    M a n e c y

    expose aux Comores

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    Une vidéo de Marie-Pierre Manecy au sein de son expo

    http://www.mariepmanecy.fr/#Actualites_et_Contact.C

    Lettre à Marie à propos de son exposition

    Marie, comme je ne pouvais me rendre tout de suite aux Comores (une roue voilée à ma trottinette), je vous ai priée de m'adresser les photographies que vous y exposez. Avec votre amabilité habituelle, vous m'avez, pièce après pièce, fait parvenir le trésor. Oui, mon amie, je vois, par passion, des centaines de photographies par semaine, et je vous garantis que c'est un trésor que vous me faites parvenir. J'ai eu foi en votre talent dès que j'ai aperçu, par hasard, vos Salines du Yemen. Mes premières photographies de vous. J'avais compris que j'avais affaire à un talent. Une nature. Une exigence. Vous êtes un être unique, Marie, vous volez très haut, vous naviguez avec élégance, vous œuvrez comme personne dans le reportage poétique. D'abord, vous possédez pleinement votre art, vous avez raison, - le génie sans technique, chantait Brassens, n'est rien qu'une sale manie -, vous le possédez amoureusement. Toutes vos photographies sont escortées d'un essaim de frissons. Je ne sais si les gens que vous photographiez sont aussi beaux qu'il y paraît mais j'ai la conviction que le regard que vous posez sur eux est d'une noblesse rare. Vous pratiquez votre art avec noblesse, Marie, cela est, dans tous les sens du terme, un signe de distinction. Marie, vous me donnez le goût de ces gens, vous me placez en face de leur soleil secret, vous me rendez contagieux à leur manière d'être au monde, vous me rappelez aux fondamentaux de l'existence, vous m'étourdissez avec votre façon de cueillir de la beauté. Parfois, votre humilité, vos doutes m'agacent. Mais ils ne sont après tout que de beaux soulignements à votre belle personnalité. Marie, vous êtes un grand poète de l'image. Il doit vous passer de belles musiques dans la tête, ma fille, pour vous inspirer ainsi, vous devez humer le subtil opium de sentiments très gracieux. Vous êtes un être généreux, Marie, vous avez souci de l'âme de ceux que vous approchez, vous avez soin de leur délicatesse, vous savez trouver le rhéostat de leur quinquet, vous tirez d'eux la meilleure lumière. Vous êtes un être gracieux et sensible. Précieuse Marie. J'ai un petit panthéon photographique, une sorte d'Agence Magnum secrète et privée. Votre siège est tout en haut, Marie. Je l'ai décoré avec des rubans et des fleurs, par gratitude, par reconnaissance. Les gens vous y regardent avec égards, avec respect, ils sont ravis et impressionnés. Quelques mots encore. J'entends du violoncelle dans vos images, et du piano et des guitares de fête. Et des airs profonds aussi. Vous avez un savoir combiné à un instinct, cela fait de vous une sorte d'esthète instantanée. Vos photos sont des clés qui ouvrent mes verrous, Marie. Dit-on cela souvent ? Moi, jamais jusqu'à présent. Je reviens par l'heureuse entremise de votre travail dans le cœur chaud de l'humanité, je m'écarte de ma tendance à la misanthropie. Je me demande, Marie, si vous ne me rendez pas un peu lyrique. Mais comme il fait beau, comme il fait bon dans vos albums. Décidé, je m'y attarde, j'y prends le thé en m'absorbant dans la contemplation. Et autour de ce noyau ardent de votre art, pour le parachever, il y a le prestige de l’œil, sa vivacité, l'art du cadrage, la joaillerie du noir et blanc, une méticulosité, une fierté d'artisane, une entente avec l'outil. Marie de Saint-Leu à la Réunion, en transit aux Comores où vous exposez vos photographies admirables, je vous adresse ce mouvement de reconnaissance émue, simple et rapide écho à votre merveilleux talent. Ici, votre vieil ami est très fier de vous et tellement heureux de proposer à ses lecteurs la superbe suite de vos photographies.   

    Si vous souhaitez acheter des œuvres, entrer en contact avec l'artiste, suivez ce lien:

    http://www.mariepmanecy.fr/#Actualites_et_Contact.C 

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    Mon amie, la photographe Marie-Pierre Manecy

  • Francis Campiglia

    E L L E S

    une série & une expo de Francis Campiglia

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    https://www.facebook.com/pages/Francis-Campiglia-Photographe/372001309482469
    https://www.flickr.com/photos/franciscampiglia/
    http://franciscampiglia.over-blog.com/

    J'ai écrit mille fois déjà le bonheur que j'éprouve devant les photographies de Campiglia. Un grand photographe parisien. Un maître. J'aime l'esprit du type, sa finesse, son genre, j'aime son aptitude à flairer l'instant, à susciter quelque chose, une seconde photogénique. Un œil formidable. Magistral dans la capture de l'étincelle. Et des moustaches captivantes. Pas à dire, ça doit aider, de pareilles moustaches. Campiglia est un artiste alerte, et massif, ce qui favorise la qualité de son assise. Ses photos sont ancrées. Elles ont une allure, un parfum de vraie fête, avec une vibration authentique et un cachet. Oui. Son bagage est immense. Il peut s'appuyer dessus et prendre ses aises. Il peut aller en confiance. Il a, en outre, précaution superbe, un infatigable qui-vive, une permanente vigilance. Il fait en sorte (il a des trucs, des sorcelleries, des recettes, du métier, du génie) que chacune de ses photographies s'adresse à moi personnellement. Il sait me rendre sensible à ce qui l'émeut. Il est futé, rusé, aussi. Il aime immodérément les femmes, il les célèbre comme personne. Et il leur plaît. S'il n'y a qu'une toute petite fleur dans une arrière-cour, il va la dégoter et d'un déclic la rendre indispensable. Les petites fleurs cachées, c'est la moitié de la beauté du monde. Il y a une charge émotionnelle dans chacune de ses photographies, une électricité, un instant d'intense échange. Ce type qui a un physique de docker et des moustaches de mercenaire vit en parfaite entente avec le frisson. Il le pince et le fixe quand il veut. En gloire, en splendeur. Il y a derrière l'hercule, le vrai dur, le colosse, un type d'une délicatesse inouïe. La créature sent ça, elle devine la luciole dans le phare, elle suppute cette entente secrète et ça la dispose au sourire, à la grâce. C'est ça, le truc, ce déménageur de pianos à queue est reçu dans les magasins de porcelaine avec tous les égards : il n'a jamais brisé ni un clavier, ni une enclume, ni un bibelot de faïence. Et lorsque, - toutes, les unes, les autres - Elles sont regardées par lui, elles savent qu'elles sont admirées. Elles comprennent qu'elles sont de la famille des chefs-d'oeuvre et des merveilles de Paris. Et du reste du monde. Et ça les rend comme ça, hospitalières, splendides à voir, étincelantes. On ne peut rien contre ça. Juste admirer et rendre grâce.

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  • Mes articles perdus et retrouvés (1)

    SAUVEGARDE INESPÉRÉE

    Je découvre par hasard un espace où est recueilli un ensemble de mes articles dont un grand nombre me semblait définitivement perdu. En suivant ces liens, vous retrouverez tous ces articles.  Ils sont consacrés à :

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    ALAIN ADAM

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    Maria Lucia, album d'EDEN SELA

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    SABINE MAKKONEN

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    RHODE-BATH SCHEBA MAKOUMBOU

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    FREDERIQUE FENOUIL

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    TENTATIONS HOTTENTOTES de PHILIPPE BOUSSEAU et DENYS-LOUIS COLAUX

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    LA SEMAINE DE MONSIEUR JUAN, DENYS-LOUIS COLAUX (Henri Matisse, illustration)

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    GESINE IMHOF

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    MARIE PALAZZO

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    SAVINA LOMBARDO

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    MARIE-ODILE VALLERY

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    STEPHANIE CHARDON

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    SOPHIE HERNIOU

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    ELISABETH GORE

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    CLAIRE MERIGEAU

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    IRA TIHONOVA

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    MANSOUREH HOSSEINI

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    PETITE POISSONE

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    AURORE LEPHILIPPONNAT

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    MARC DUBORD

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    JOSEPH LOUGHBOROUGH

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    RUTA JUSIONYTE

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    SABINE DELAHAUT

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    SUZAN SCHUTTELAAR

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    IRÈNE PROST

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    KRYS GILBERT

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    LUCIE COULOMBE

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    LA LAMPE ÉCRITE, collaboration LUCIE COULOMBE - DENYS-LOUIS COLAUX

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    L'AMPOULE ET L’ÉPREUVE, collaboration LUCIE COULOMBE - DENYS-LOUIS COLAUX

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    VEINES, LUCIE COULOMBE

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    GALERIE, LUCIE COULOMBE

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    LES COULOMBRES, LUCIE COULOMBE

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    VISITE DE L'OEUVRE  (4 suites photographiques) de LUCIE COULOMBE

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    SABINE DELAHAUT

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    DENYS-LOUIS COLAUX

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    PASCAL NIVAILLE

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    SAVINA LOMBARDO

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    NATHALIE SOULET

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    SOPHIE FAVRE

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    DY LAY

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    INGE BRANDENBURG

    Mais encore :

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    Diane Paquin, Work in progress, Lucie Coulombe, Sabrina Gruss, Maud Dardenne, Antoine Monmarché, Peintres favoris (1), Peintres favoris (2), (3), (4), (6), (7), (8), (9), (10), (11).

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p6.html

    Peintres favoris (12), (13), (14), (15), (16), (17), Figuration féminine, (18), Myrtille Henrion Picco, Musée de la Photographie de Charleroi (avec des photos de Pascal Nivaille), Musée microscopique de la photographie

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p7.html 

    Lhasa de Sela, Musée microscopique de la photographie, Trajectoire des agnelles (collaboration Bousseau-Colaux), Musée microscopique de la photographie, Jean-Jacques Piezanowski, Quelques secondes (avec Pascal Nivaille), Véronique Ricci, Enrico Robusti, Musée microscopique de la photographie, Christelle Debarnot, Musée microscopique de la photographie, Christelle Debarnot,

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p8.html

    Une heure de musique avec moi, Denys-Louis Colaux (ouvrages),  La Langoureuse et La Délicate (Bousseau-Colaux), Musée microscopique de la photographie, Sylvie Guillot, Marie Palazzo, Photos (arbres), Photos (La Meuse), Musée microscopique de la photographie, Le lait et le noyau des étoiles (poème inédit)

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p9.html

    Elena Shumacher, L'aube et le blé (avec Diane Paquin), Isabercée Di-Puglia, Moultozor Moutl, Autour du poemium à moustaches de Monsieur Loiseau Loiseau (aphorismes originaux, DL Colaux), Mes peintre favoris (19), 20, Une photo de Miriam de Sela, Lucie Coulombe, Mes peintre favoris (21), Ayin de Sela, Lucie Coulombe, Baudelaire et les chats (avec des photographies de Lucie Coulombe), Musée des Beaux-Arts de Charleroi, Camille La Bulle, Francis Campiglia, Francis Campliglia (Interview - deuxième partie)

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p10.html

    Annette Marx, Une heure de musique avec moi, Moultozor Moult, Emilie Teillaud, Germaine Chaumel, Lhasa de Sela, Photos, Aurore Lephilipponnat, Nelly Kaplan, Lucie Coulombe, Francis Campiglia (3), Magdalena Lamri

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p11.html

    Une heure de musique, Ira Tihonova, Yeroun Carlier, Une heure de musique, Muriel Bompart, Nacera Laamari, Marie-Pierre Hugard, Marie Morel, Marie-Pierre Hugard, Sabine Delahaut, Deux heures de musique, 

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p12.html 

    Lucie Coulombe, Photos, Varlez et Baguet à la Braise, Armand Rassenfosse, Diane Paquin, Photos, Peintres favoris (22), Federico Lombardo, Mes peintres favoris (23), (24), (25), Robert Varlez, Filmographie Fellini, Lizeth Arauz, L'Essor de Rose (Bousseau-Colaux), Florent Chaudemanche, René Groebli

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p13.html

    Germaine Chaumel, Musée microscopique de la photographie, Amrita Sher-Gil, Musée microscopique ..., Marie-Lou Chatel, Isabelle Cochereau, Le Pictorialisme (1), Isabelle de la nuit et des couleurs (Di-Puglia-Colaux), Lhasa, Vincent Descotils, Pierre Peuchmaurd

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p14.html

    Pierre Peuchmaurd, Michael Relave, Lhasa, Les Soeurs Lachman, Behnaz Houshmandi, Lhasa de Sela

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p15.html

    Le Picotrialisme (4), Valérie Dumont-Sudre, Roman Vishniac, La Jeune fille de Vincent Descotils,  Bernard G. Silberstein, Mes peintres favoris (26), l'article sur Patricia Robert Smith est annulé en raison des pratiques éhontées de l'artiste qui pillent l'oeuvre de vrais photographes, Nan Goldin, Nikolay Kolev,  C. Yarnall Abbott, Phtos, Kamoinge, Moustaki s'en va, François Rommens, Une vidéo pour Eden Sela

    http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p16.html

    Benjamin Brocks, Musée microscopique de la photographie, Lhasa et Fairouz, Pascal Nivaille, Insaisissable Monmarché, ...

  • Chris Falaise

    Chris  Falaise

    L’hypnose à l’œuvre

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    http://www.chris-falaise.fr/
    https://www.facebook.com/pages/Falaise-Chris/263633417040844

    Je viens de découvrir l’œuvre de Chris Falaise. Elle est peintre, illustratrice, décoratrice dans le cinéma d’animation et photographe. J’ai parcouru son univers et j’ai aimé ses encres, ses croquis, ses études, ses huiles, ses acryliques, ses aquarelles. Ses photographies mériteraient un article à elles seules tant elles sont originales, inventives, inattendues et toujours d’une formidable puissance évocatoire. Son travail, sa façon d’aborder la peinture, l’encre et le dessin ont quelque chose d’inédit par les mélanges de substances qu’elle opère, par la manière dont elle crée l’atmosphère autour de la fermeté agile de son trait. Je note en passant, en me référant à une œuvre qui représente trois vieilles, que Falaise a aussi la patte cinglante et fulgurante de la caricaturiste, l’imparable saisie du trait singulier.

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    Son art, s’il présente à mes yeux quelque lointaine parenté avec des maîtres comme Rops, Lautrec ou plus encore comme Schiele, évoque aussi la bande dessinée, Bilal et plus sûrement Pratt, et le cinéma d’animation. Ceci fonde la particularité et l’originalité de l’art de Chris Falaise, son art réussit une sorte de synthèse contemporaine dynamique en décloisonnant les genres, en créant une belle geste picturale où s’allient harmonieusement la vitesse et la précision du trait du bédéiste, l’élégance du coup de pinceau de l’aquarelliste, l’inventivité du coloriste, le coup d’œil, le moyen de faire se rencontrer et collaborer les matières et le sens de l’équilibre du décorateur, l’art médité et patient du peintre et les exigences de la technique. Oui, dans chacune de ses entreprises, -qu’elle peigne, qu’elle dessine, qu’elle œuvre au pastel ou qu’elle encre, qu’elle photographie-, elle exerce, elle met en œuvre, elle requiert toutes ses vocations.

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    Dans l’étude ou dans l’ébauche, ses nuages de couleur, ses infusions ai-je envie d’écrire, associés à un trait sûr et précis ont un charme fou, une grâce étonnante et donnent aux esquisses une autonomie et une séduisante légèreté. Ces travaux sont fluides, ils posent une suggestion, la vapeur d’une peinture, ce sont de beaux poèmes visuels.

    Mais un peintre puissant, tout aussi habile dans la suggestion que dans la composition fouillée, impose son art, son ardeur, son sens de la lumière, des éclairages et des accentuations, ses foisonnements. Il faut saluer le talent de vigoureuse et élégante portraitiste de Chris Falaise, sa manière de rendre une silhouette, la beauté de ses atmosphères volontiers cinématographiques. J’aime ses visages savamment expressifs, chargés, habités, denses, bordés d’ombres et qui semblent offrir un contrepoint aux esquisses lumineuses, qui affirment que l’artiste développe un spectre d’expression qui va du léger au profond, du clair à l’obscur, de la lumière au mystère, du limpide à l’indécidable.

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    Sa série des maîtres du jazz atteste son amour de ce genre musical. Ses Monk, Mingus ou Baker jouent dans une atmosphère nocturne, couleur bourbon sombre délayé dans la nuit. Elle place ses jazzmen dans le glissement, dans une espèce de mobilité musicale, dans une attitude jazz. Elle est là, je pense, dans sa propre couleur musicale, dans ses prédilections. Et, par ailleurs, ses tableaux de jazzmen ou ses photographies laissent transparaître sa passion pour le cinéma (cadrage, éclairage, centrage) qui devient lui aussi un élément constitutif de son art pictural. L’art pictural de Falaise est réellement au carrefour de toutes ses prédilections. Et il y a une dimension dans cette œuvre, même dans les traits les plus affirmés, une dimension d’évanescence, quelque chose parfois qui appartient de loin à un sfumato, qui sort, extrait la chose représentée des limites du réel pour l’établir dans un univers distinct, l’univers que l’artiste constitue progressivement. Falaise appelle les choses à soi, elle les intègre dans son monde. Lorsque ceci est écrit, rien n’est dit. Rien n’est dit sur la charge émotionnelle étourdissante qui habite et exhausse les œuvres de l’artiste, sur cette aptitude qu’elle a, pour concentrer la puissance de fascination ou de captation de l’œuvre, de resserrer le sujet autour de son noyau essentiel : regard, geste, attitude. Falaise est un artiste de l’ambiance, de l’atmosphère, quelque chose, dans son œuvre, avec des moyens délicats et feutrés, subtils jusque dans la fermeté, parle la langue musicale de la mélancolie, du spleen, de la nuit et du jazz. Il y a de la grandeur (quand on s’appelle Falaise), une élégance, une poésie touchante dans la façon dont elle campe un état d’âme, une humeur, un sentiment. Certaines œuvres ont une merveilleuse puissance d’hypnose, une capacité rare à nous héler vers elles, vers leur monde de brumes, de vapeurs, de pensées et d’humeurs volatiles. Lorsqu’on laisse l’œuvre et que l’on s’occupe à d’autres choses, des images, des regards, une silhouette longtemps encore percolent en nous. Un signe qui, selon moi, ne trompe pas.

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    Photographies

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    Olympe du jazz

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    http://www.youtube.com/watch?v=-xGPHseCQrI 

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    http://www.youtube.com/watch?v=__OSyznVDOY

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    http://www.youtube.com/watch?v=IKayR1oqC7w

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    http://www.youtube.com/watch?v=r594pxUjcz4

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    http://www.youtube.com/watch?v=5RBRiuxNpDA - http://www.youtube.com/watch?v=Web007rzSOI

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    http://www.youtube.com/watch?v=0NbtMCB5g7E

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    http://www.youtube.com/watch?v=z4PKzz81m5c

  • Betina La Plante

    B E T I N A    L A    P L A N T E

    L e s   J o y a u x   n o i r s 

    https://www.facebook.com/BetinaLaPlante2?notif_t=fbpage_fan_invite
    http://www.flickr.com/photos/betinalaplante/
    http://500px.com/BetinaLaPlante

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    autoportrait - Toutes les oeuvres qui illustrent cet article sont la propriété de Betina La Plante

    Sous ce nom assez inhabituel se cache une artiste qui vit aux States. C'est une photographe extrêmement douée. La biographie qu'elle soumet à notre attention est expéditive. Deux lignes : "Mère à temps plein. Photographe occasionnelle". On peut difficilement faire plus succinct. Face à ce silence délibéré, j'entreprends très humblement de vous expliquer les raisons pour lesquelles j'aime l'art de Betina La Plante. D'abord, je ne sens pas, jamais, en aucun cas la photographe occasionnelle dans les photographies qu'elle rend publiques. Je ne suis jamais indifférent dès que paraît une image d'elle. Quelque chose me hèle, m'accroche, m'envoûte. Je suis saisi. Happé. J'admire. Je respire longtemps dans le silence ardent de ses portraits. Pourquoi ? Ne vous inquiétez pas, je m'interroge, je réfléchis, je peux m'expliquer. D'abord, oui, il y a l'indéfinissable de la séduction, une beauté, de la grâce, un feu, le parfum, l'intensité, la puissance des images. Oui, chez Betina La Plante, certaines photos exhalent des parfums exquis. C'est ainsi. Un de ses prodiges. Et puis, je sens une maturité, une virtuosité, une liberté de conception, une chaleur, une singularité. Je sens percoler à travers l'image le contagieux et immense plaisir que l'artiste prend dans l'exercice de son art. Cette sensation de plaisir dans l'accomplissement de l'oeuvre participe à la beauté des photos. Ce plaisir leur confère un supplément, il ajoute à leur éclat noir ou à la vivacité de leurs couleurs. C'est une joaillière, une experte dans les joyaux noirs. A peine ai-je écrit cela que je songe à la beauté de ses pastels, à sa grâce de coloriste, de photographe picturale. Je suis bien dans cette oeuvre, j'apprends, je découvre, je suis là en des lieux où je souhaite longtemps m'attarder. Je sens la maîtrise et quelque chose de sauvage aussi, de ténébreux. Le haut de gamme et une pointe d'underground. Le sens de l'épice. Un vertige étrange habite ses noirs profonds. Elle est du côté des regards profonds, au coeur du puits des regards, elle est du côté de l'expressivité, mais sa gamme est riche, toutes les émotions, - ouvertes, pleines, denses - vivent dans ses albums. L'ange passe, le ténébreux, le cynique, la beauté, mille formes de la beauté, l'ingénuité, la nuit humaine, une suavité. Rien jamais qui soit neutre ou terne ou plat. L'esprit souffle sur chacune de ses œuvres. Betina La Plante est classieuse et elle mène son prestigieux voilier noir sur toutes les mers, agitées, paisibles, piégeuses. Elle accoste dans des oasis de couleurs. De l'accompagner dans sa quête, avec la joie d'admirer les formidables fruits qu'elle ramène de chacune de ses expéditions, m'est à chaque fois un bonheur, une délectation. Je lis longtemps chacune de ses photos. Je veux prendre le temps. Il y a tellement de matière dans chaque photographie. Il y a aussi du rock'n roll chez elle, et une sorte de folie noble vient la visiter de temps en temps. Il y a une électricité et des sonates. De la musique et du tonnerre. Elle aime les gueules et les anges, les sirènes de piscine qui semblent, par son intermédiaire, nager tout au fond du ciel. Souvent, Betina La Plante est un poète lyrique. Il me semble qu'elle sublime, qu'elle intensifie, qu'elle magnifie ce qu'elle capture. Ce dont elle s'empare s'écarte de l'anecdote et prend de la dimension, de la profondeur. Et ceci encore (je note les éléments de mon enthousiasme sans souci de les ordonner) : chez Betina La Plante, il me semble qu'il y a une combinaison inédite et heureuse de l'instinct et de l'intelligence, de l'impulsion et de la réflexion, des ententes qui sont profitables aux œuvres, qui leur confèrent un dynamisme et une énergie phénoménales. Je pense aussi que la qualité du regard qu'elle porte sur les êtres et peut-être la qualité de la relation qu'elle crée avec eux les invitent à donner quelque chose d'inédit, à livrer un peu de leur essence, à faire luire leur lampe intérieure. Après tout cela, comme ses photographies me l'indiquent, elle possède encore le talent de la spontanéité. Elle sait cueillir au vol. Il entre un peu de sorcellerie dans ces opérations, de la magie. J'aime ici très immodérément les joyaux noirs et les superbes épisodes en couleur.

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                                                                    Le remarquable acteur  britannique Terence Stamp

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    L'artiste peintre Gino Hollander - Christopher Stamp

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