Aurore LEPHILIPPONNAT - Trésors découverts (11)

AURORE  LEPHILIPPONNAT

La formidable rencontre de l’art et du sauvage 

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a AL 1.jpgAurore Lephilipponnat est une jeune et très talentueuse artiste peintre et dessinatrice française née le 4 novembre 1983. Elle est animiste et milite pour les droits des animaux. Elle vit à Trans-en-Provence. Elle pratique aussi la performance (peinture en direct devant un public).

L’univers de l’artiste, ai-je d’abord envie d’écrire avec une consciente superficialité, n’a pas grand-chose à voir avec sa jeunesse et sa joliesse. Elle présente sans doute une lointaine parenté avec l’univers du peintre et dessinateur autrichien Egon Schiele mort à 28 ans de la grippe espagnole en 1918. Ceci pour rappeler qu’on peut être jeune et porter sur ses épaules toutes les hantises du monde. Il y a une influence de Klimt, avec quelques citations et, dirait-on, une espèce de dialogue engagé avec lui. Mais ceci, l’évocation des parentés, des influences vaut surtout quand on ne sait trop que dire d’une œuvre. Disons que l'artiste témoigne dans son oeuvre de son amour de l'art et de sa passion pour certains artistes.

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Le travail de Lephilipponnat semble résulter d’une sorte de précipitation de la maturité en même temps que d’une exacerbation de la lucidité. On semble parfois même être confronté à l’oxymore d’une lucidité hallucinée qui permet à l’artiste de voir au travers des corps qu’elle peint avec vigueur et force, de faire en sorte que l’agencement même des lignes qui composent ces corps en expriment les violents états émotionnels. Ces corps, elle les saisit dans leurs fièvres, leurs passions, leurs convulsions ou leurs décrépitudes. Il s’agit souvent, plus spécifiquement peut-être dans ses dessins, d’une saisie violente et torturée. L’artiste semble chercher à capturer la structure de l’être, son ossature, son squelette, son décharnement. Elle donne aussi, me semble-t-il, sa faille. Elle semble vouloir aller jusqu’à l’os mais en même temps jusqu’à l’âme. Il y a quelque chose qui crie dans ce dessin, quelque chose qui hurle et qui vous étreint violemment. Quelque chose qui vous secoue aussi.

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Il y a un immense fond de désespérance dans cette œuvre fascinante, une sorte de chorégraphie du désespoir. La nudité semble aller de pair avec un dépouillement extrême, un déchaussement de la chair. Les visages, lorsqu’ils sont visibles, disent la désolation, la détresse. Il y a peut-être aussi, comme un constat sur l’espèce, une sorte de morbidité ou de proximité de la mort que souligne le gris bleuté des corps parfois orné de soulignements rouges qui font penser au sang et à la plaie.

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Il y a, dans la peinture de Lephilipponnat, des éléments qui paraissent moins agités, plus apaisés et plus composés. Mais il y a surtout dans l’œuvre une formidable alliance entre le nerf et la réflexion, entre le tempérament et la composition, entre la vitalité et la technique. Mais ici, où que je porte les yeux, vers l’un ou l’autre des aspects qui composent cette oeuvre abondante en cours de construction, je suis conquis par l’adresse, par le tonus, par l’extraordinaire expressivité, par la violence du propos. Il y a ici une rencontre en altitude, très haut, une rencontre passionnelle entre le sauvage et l’art.

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 Aurore Lephilipponnat, - je parie là-dessus-, est une artiste qui a une place dans l'avenir.

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