29/04/2012

Robert Henri

Robert HENRI

 

Je ne sais plus exactement quelle œuvre (Salomé ou un nu) a décidé de mon engouement pour Robert Henri. Il se pourrait que ce fût un nu, oui, le portrait de Doris Trautman, oui, c’est lui. (Doris Trautman à gauche, Salomé à droite). La difficulté à préciser l’œuvre de rencontre tient en ceci que chaque rencontre avec l’œuvre d’Henri a renouvelé mon engouement pour le peintre américain et a suscité en moi une sorte de choc émotionnel. Aux Etats-Unis, Henri a été l’un des plus influents professeurs d’art du début du vingtième siècle.

« Durant une vie extrêmement active en tant qu’artiste, Henri a exercé une considérable influence comme portraitiste. Une œuvre comme « Himself » (1913) révèle l’aisance de son coup de brosse, sa vivante palette et son aptitude à saisir les gestes fugitifs et les expressions ».

Ce qui m’exalte dans l’œuvre de l’Américain, c’est moins la virtuosité (qui n’est pas sa préoccupation essentielle), que l’art de saisir l’essentiel, le sentiment projeté, l’art habile de saisir une ambiance et d’en fixer l’essence et le nerf. Il y a dans son réalisme l’évidente marque d’une humanité sensible et généreuse. Il y a dans cette peinture originale et indépendante un intérêt pour l’humanité qui me touche et me plaît.

Henri est né à Cincinnati le 25 juin 1865. Il se forme à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie, où il est l’élève de Thomas Pollock Anshutz, un peintre naturaliste américain. En 1888, il suit à Paris, à l’Académie Julian les cours de William Bouguereau,  à qui l’on doit des œuvres académiques comme La Naissance de Vénus (1879), La Danse (1856) ou Le Retour du printemps (1886). Notons au passage que l’Académie Julian a accueilli des artistes comme ceux que l’on appelait les Nabis, - en hébreu, nabi signifie « intellectuel » -, parmi lesquels on citera Sérusier, Bonnard, Cazalis ou Vuillard. Elle a également contribué à la formation d’un grand nombre de peintres décisifs comme Albert André, Léon Bakst, Dubuffet, Duchamp ou Henri Matisse.

Henri manifesta un réel intérêt pour l’impressionnisme et fut admis à l’Ecole des Beaux-arts, section peinture, la prestigieuse école fondée en 1682 et célèbre à travers le monde. A la même époque, Henri voyage, se rend en Italie, en Grande-Bretagne.

En 1891, Henri quitte l’Europe et regagne la ville de Philadelphie où il suit les cours de Robert Vonnoh. Robert William Vonnoh (1858-1933) est un peintre impressionniste américain connu pour ses portraits et ses paysages. Lui aussi a étudié à Paris, à l’Académie Julian.

En 1892, Henri inaugure sa carrière de professeur dans un collège fondé en 1848 à Philadelphie, le Philadelphia School of Design for Women. Il partage ensuite son temps entre Philadephie et Paris. C’est à Paris qu’il rencontre James Wilson Morrice, l’un des grands peintres canadiens, selon le peintre et auteur John Lyman, « le premier peintre canadien à se rattacher à une tradition vivante ». Morrice fera la connaissance d’artistes comme Matisse ou Abbott qui auront une influence sur son parcours artistique.

      

En 1898, Henri épouse Linda Craige qui était une de ses étudiantes américaines. En 1899, quatre travaux d’Henri sont acceptés au prestigieux salon du Champ-de-Mars. Le gouvernement français acquiert sa toile intitulée « La Neige » pour la Galerie Luxembourg à Paris. Ceci contribue à l’essor de sa renommée en Europe et aux Etats-Unis. En 1905, son épouse décède après une longue suite de maladies. Trois ans plus tard, il épouse une autre de ses élèves originaire d’Irlande, Marjorie Organ.

En 1902, Robert Henri est engagé comme enseignant à la New York School of Art, fondée en 1896 par le peintre impressionniste William Merritt Chase. Là, Henri aura quelques élèves prestigieux : Edward Hopper, Rockwell Kent, Georges Wesley Bellows, Norman Raeben et Stuart Davis.  

Henri fait partie de l’Ash Can School, (littéralement « école de la poubelle »), mouvement américain de peinture réaliste. Henri fédère le groupe des Eight avec des artistes aussi divers que Arthur B. Davies (un artiste avant-gardiste, peintre, mécène, organisateur d’événements, 1863-1928), l’aquarelliste postimpressionniste Maurice Prendergast (1850-1924), Ernest Lawson, peintre américano-canadien situé à mi-chemin de l’impressionnisme et du réalisme (1873-1939), William Glackens, peintre américain lui aussi partagé entre le réalisme et l’impressionnisme (1870-1938), Everett Shinn, peintre réaliste américain (1876-1953), John French Sloan, artiste-peintre et illustrateur américain (1871-1951) et George Luks, lui aussi artiste-peintre et illustrateur.

       

En 1911, Robert Henri est fortement marqué par sa rencontre avec l’anarchiste Emma Goldman. Goldamn est une anarchiste russe d’origine juive, elle est connue pour ses écrits et discours radicaux libertaires et féministes (1869-1940). Emma Goldman propose à Henri de créer la Modern School dans le cadre du Centre Ferrer de New York. Henri y enseignera, en alternance avec Bellows, jusqu’en 1918. Dans le cadre de ces cours, Robert Henri eut pour élève des gens comme Man Ray ou Léon Trotski qui, durant son exil, étudia la peinture.

En 1923, Robert Henri publie un ouvrage dans lequel il consigne ses théories et qui contribue aujourd’hui encore à sa notoriété : The Art Spirit.

                  

Sources :

http://www.all-art.org/art_20th_century/henri1.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Henri

http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Vonnoh

http://www.achill247.com/artists/roberthenri.html    

http://en.wikipedia.org/wiki/Arthur_Bowen_Davies

http://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman

 

Quelques éléments à consulter :

http://www.artactif.com/lexique/183/ashcan_school_histoir...

14:44 Écrit par dlc dans Robert Henri | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.