Jean Ferrat (partie 3)

 

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Avec Lemarque, Brassens et Brel

En 1970, Ferrat (Super-Ferrat devrait-on écrire) aligne douze représentations au Palais des Sports. L’exploit est salué par la presse, les médias. (Ci contre, Ferrat et son ami le poète Guy Thomas)

Entre 1970 et 1971, de nouveaux succès enrichissent son répertoire : « Camarade », « Les demoiselles de magasin », « Sacré Félicien », « La Commune », « Les derniers Tziganes », « Je vous aime », « Mis à part », « Les touristes partis », « J’imagine », « Aimer à perdre la raison », etc.

http://www.youtube.com/watch?v=7H2IF93QmS4

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Retour en 1972 au Palais des Sports, du 6 au 29 octobre. Pour Ferrat, la vie publique, les concerts, les tournées, c’est bientôt terminé. Ferrat se dit « saturé de scène ». A 43 ans, il se range définitivement des tréteaux, il part pour l’Ardèche où il s’installe avec son épouse Christine. Après les années horribles qui suivent le décès de Christine Sèvres, Ferrat fera à la fin des années 80, la connaissance de Colette qui deviendra sa compagne.

On consultera la belle série de photographies que mon ami le photographe Pascal Nivaille a réalisée au pays de Ferrat :

http://pascalnivaillecontraste.skynetblogs.be/au-pays-de-ferrat.html

En 1974, Ferrat enregistre un album Aragon. En 1975, « La femme est l’avenir de l’homme » devient le premier album du label Temey, label de musique indépendant crée par Meys et Ferrat. Temey est la contraction de Te(nenbaum( et (De)mey.

(http://www.meys.com/disquetem.html).

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Cet album comprend « Un air de liberté », la magistrale gifle à d’Ormesson, alors directeur du Figaro et devenu l’horrible pipelette du Paf qu’on sait. Ferrat est un fameux pamphlétaire, il a des coups de gueule féroces et formidablement salubres. Je crois en fait que le public aime en lui le chanteur d’amour, le barde pastoral, l’utopiste mais aussi le type qui va à la castagne, qui affirme crânement son opinion. On trouve aussi dans cet album des titres comme « Le Bruit des bottes », « Berceuse pour un loupiot », « Un jeune », « Je meurs », « Le Fantôme », « Mon chant est un ruisseau », etc. Notons encore que Ferrat consacrera du temps, pas mal de temps à réenregistrer ses albums (plus de 110 titres ont été réenregistrés). Ils sont aujourd’hui tous disponibles sur le label Temey mentionné plus haut.

http://www.youtube.com/watch?v=pY6vdmB7wf4

Entre 79 et 80, Ferrat livre, en deux albums, un formidable millésime. « Le chef de gare est amoureux », « Un cheval fou dans un grand magasin », « Le bilan », « Oural, Ouralou », « L’amour est cerise », « J’ai froid », « Mon pays était beau », « Tu verras, tu seras bien », « Quand on n’interdira plus mes chansons », « J’aurais seulement voulu », « La bourrée des trois célibataires »,

« L’embellie », etc.

http://www.youtube.com/watch?v=rfdkZRvjsIc

Il faut attendre 1985 pour découvrir un nouveau Ferrat, « Je ne suis qu’un cri ». La sortie de l’album est jumelée avec une émission spéciale sur Antenne 2, émission présentée par Bernard Pivot. On trouve le titre qui donne son nom à l’album, « L’âne », « Viens mon frelot », « La porte à droite », « Le châtaignier », « Vipères lubriques » ou « Les Cerisiers ». C’est le poète et parolier Guy Thomas qui signe les textes de cet album. C’est un ami de longue date de Ferrat, une amitié de quarante années. Guy Thomas a écrit pour lui des textes tout au long de sa carrière.

http://www.guythomas.fr/

Le bon Ferrat musarde jusqu’en 1991, date à laquelle il resurgit avec un album « Dans la jungle ou dans le zoo » et une télévision Stars 90 spéciale Ferrat. Lors de l’émission, Ferrat est accompagné par quarante musiciens placés sous la direction d’Alain Goraguer, l’arrangeur attitré de Ferrat. Dans cet album, on trouve « Dingue », « Les Tournesols », « A la une », « Le grillon », « Bicentenaire », « Tu aurais pu vivre », « Mon amour sauvage »,  « Les petites filles modèles », « Nul ne guérit de son enfance », etc. Ferrat ne perd ni la main, ni la voix.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Ardéchois d’adoption ne monopolise pas le petit écran. Il va sa vie de chanteur libre et prospère, il mène son existence pastorale, il est aimé d’un grand nombre, apprécié même par certains que ses idées politiques ne séduisent pas. Il garde des détracteurs, un genre de poire pour la soif, en quelque sorte. De temps en temps, cet humaniste vient aussi administrer un petit taquet en chanson.

(A gauche, avec sa compagne Colette) 

En 1994, il enregistre seize nouveaux poèmes de Louis Aragon, ce qui donne lieu a une émission spéciale avec Michel Drucker. Il y a là de superbes chansons : « La Complainte de Pablo Neruda », « J’arrive où je suis étranger », « Devine », « Chagall », « Les feux de Paris », « Chambres d’un moment »,  « Odeur des myrtilles », « Carco », « Pablo mon ami », etc.

http://www.youtube.com/watch?v=qY-xtjJBP-8

De grands hommages sont rendus à Ferrat, au festival d’Arles en 1998 où, dans les arènes, 700 choristes le chantent sous la direction de Michel Schwingrouber, au festival de Barjac, où des artistes, dont la fidèle, la loyale Isabelle Aubret chantent son œuvre.

Ferrat meurt le 13 mars 2010 à Aubenas. Son œuvre devrait longtemps, très longtemps lui survivre.

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Sources et iconographie :

http://www.jean-ferrat.com/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ferrat

http://famous-relationships.topsynergy.com/Zizi_Jeanmaire

http://pb60.e-monsite.com/pages/elles-chantent-ferrat/christines-sevres.html    

http://renee-nere.over-blog.com/article-jean-ferrat-deux-ans-apres-101540407.html

Paris Match n°445

http://www.guythomas.fr/

 

Voir nos articles sur Jean Ferrat :

http://rouges-vifs.skynetblogs.be/archive/2010/03/15/jean-ferrat-parvient-au-bout-de-son-age.html

http://sites.google.com/site/clubachillechavee/jean-ferrat-parvient-au-bout-de-son-age-1/quelques-jours-sont-passes

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