Jean Ferrat (partie 2)

 

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Jean Ferrat et Christine Sèvres

Jean et Christine vivront ensemble vingt-trois ans. Christine meurt le 1er novembre 1981, à l’âge de 50 ans. Ferrat est brisé. « J’ai connu les périodes les plus terribles de mon existence », affirmera-t-il.

En 1961, Ferrat fait la connaissance de Zizi Jeanmaire, une ballerine(elle est d’abord danseuse classique à l’Opéra de Paris), chanteuse et meneuse de revue et actrice française. Pour elle, Ferrat écrit « Eh, l’amour ! » et « Mon Bonhomme ». Elle l’engage comme vedette américaine. C’est le premier music-hall dans lequel sera engagé Ferrat, un engagement qui se prolongera six mois. 1962 est la première année réellement faste du chanteur qui va cumuler les récompenses et se lancer dans sa première tournée.

 

Les guitares jouent des sérénades

Que j’entends sonner comme un tocsin

Mais jamais je n’atteindrai Grenade

Bien que j’en sache le chemin.

 

a fe 8.jpgSa chanson « Federico Garcia Lorca » obtient le Prix Henri Crolla. On lui décerne aussi le prix Roger Seiller de la Société des Auteurs et le Grand Prix du Disque de l’Académie Nationale du Disque pour son 25 cm « Deux enfants au soleil ».

(http://www.youtube.com/watch?v=jXhh2RYDTGw).

En novembre 1963, l’album « Nuit et Brouillard » cumule les pièces mémorables. Outre le superbe titre éponyme, on trouve « A Brassens », « Les Enfants Terribles », « C’est beau la vie », « Quatre cent enfants noirs », « Nous dormirons ensemble », etc. « Nuit et Brouillard », - par sa vocation de secouer les consciences et par son refus de l’oubli, par la façon dont le titre embarque la chanson française dans l’engagement politique (à l’égal, pour l’impact, du « Déserteur » de Vian) -, marque définitivement l’histoire de la variété. Dans le temps du yéyé et de l’insouciance (où malgré tout Brassens, Brel et Ferré se font aussi une place à contre-courant), Ferrat, contre l’avis des experts du disque, fait monter la tragédie à bord du véhicule de la chanson.

(http://www.youtube.com/watch?v=Poci9xywHC8).

Avec le recul, tout le monde salue la bravoure. Pour Ferrat, qui a assisté à l’arrestation de son père, cette chanson est une sorte de devoir de la mémoire. Dans son « Nuit et brouillard », œcuménique, il rendra justice à toutes les victimes de la déportation.

En 1964 paraît « La Montagne ». Dans le même album, on trouve « Autant d’amours, autant de fleurs », « Les Beaux Jours », « Que serais-je sans toi ? » et « Au bout de mon âge » (mise en musique de deux poèmes d’Aragon), « La Jeunesse » (texte de Georges Coulonges), « Berceuse » et « Hourrah ».

(http://www.youtube.com/watch?v=-JvxLmwax7Y)

Ferrat est là, il est dans la place, on ne l’en chassera plus. S’il chante la montagne, c’est qu’il l’a découverte, c’est qu’il a découvert la beauté exigeante des lieux, l’exode vers la ville. Avec Christine Sèvres, il a découvert l’Ardèche, le petit village d’Antraigues-sur-Volane. (Ici, avec Isabelle Aubret et Gérard Meys)     

a fe 5.jpgEn janvier 1965, Ferrat fait l’Alhambra en vedette. IL signe aussi deux musiques de films. Le premier s’appelle « La Vieille Dame indigne », c’est un film de René Allio ayant pour scénario la nouvelle éponyme de Bertold Brecht. On trouve au générique Victor Lanoux, Louise Sylvie, Jean Bouise et Malka Ribowska. Ferrat signe trois titres pour cette bande originale : « Loin », « On ne voit pas passer le temps », « Tu ne m’as jamais quitté ». Le second est un film de Jean Cayrol et s’intitule « Le Coup de grâce » (ou « Les Temps héroïques »). Au casting, on trouve Danièle Darrieux et Michel Piccoli.

A partir d’ici, en 65 et 66, les pièces superbes tombent en avalanche : « Potemkine », « C’est si peu dire que je t’aime », « Les belles étrangères », « Je ne chante pas pour passer le temps », « C’est toujours la première fois », « Le sabre et le goupillon », « Raconte-moi la mer », « On ne voit pas passer le temps », « Maria », « Heureux celui qui meurt d’aimer », « Pauvre Boris », etc.

En 1968, Ferrat entreprend une tournée internationale : France, Afrique du Nord, Canada. Il publie en 1969 un album qui fait écho aux événements de 1968 : « Ma France », « Au printemps, de quoi rêvais-tu ? »

http://www.youtube.com/watch?v=qkO7_rhhCbA

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