Brassens (partie 7)

http://www.youtube.com/watch?v=tS2kpqPlGEo
http://www.youtube.com/watch?v=gWRzopyZBSA 
http://www.youtube.com/watch?v=3Mibw9BRKGU 
http://www.youtube.com/watch?v=qxTv-PrgVOo
http://www.youtube.com/watch?v=6lVhNSnXUeg
http://www.youtube.com/watch?v=FHtjow9a9sU
http://www.youtube.com/watch?v=JUQdczfrJ94 

 

Il y a chez Brassens, pour affronter et évoquer les pires choses, un sens de l’humour qui n’appartient à lui, un petit air de provoc, une franche allure de défi à l’égard de certaines valeurs, si elles en sont, comme le patriotisme, l’héroïsme ou cette effarante nostalgie de l’aventure militaire .

Alphonse Bonnafé, qui fut son enseignant à Sète et qui préface l’entrée du chanteur dans la collection Poètes d’aujourd’hui chez Seghers, est convaincu que les défis, les sarcasmes et les gauloiseries de Brassens « recouvrent un fond d’angoisse et de désarroi, une détresse ». Il y a aussi dans tout cela un refus catégorique, celui d’honorer les faits d’armes, les guerres glorieuses.

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Ici, le bon maître atteint à une ironie d’une férocité exemplaire. Plutôt que de semer la bonne et très ingénue parole, le hérissant bêlement du pacifiste, il établit, dans un bel effet de surenchère, un palmarès des plus fameuses et sanglantes catastrophes guerrières à travers l’histoire.

Après cela, pour lui, nul besoin de prendre position contre la guerre d’Algérie ou celle du Vietnam. Toute guerre est une sordide défaite de l’humanité, un terrifiant affront à l’intelligence humaine.  On écoute « La guerre de 14-18 ».  (A gauche, Brassens avec Tillieu er sa fille France, à l'arrière-plan, Paul Louka).

Là, vos scaphandriers préférés ont préparé pour vous un petit florilège de ces joyaux brasséniens qui n’ont jamais l’honneur des ondes. C’est une injustice. Il y a là du pur chef-d’œuvre, un degré auquel la chanson n’a pas l’habitude d’atteindre. On renfile d’abord l’aimable végétal insinué entre deux pages de missel. Bon, on commence avec une pièce intitulée  « La marguerite ».

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Dans l’œuvre de Brassens que j’apprécie dans sa totalité, voici une des chansons que je préfère et qui m’a toujours inspiré une grande tendresse. Elle s’intitule « L’Assassinat ».

Ce qui épate dans l’œuvre du Sétois, c’est cette formidable habileté qui lui permet de conjoindre et de faire coopérer l’humour et la gravité. La chanson qui vient constitue dans cette perspective une sorte de pic, un véritable sommet. La chanson fait écho à un bal annuel parisien, une grande fête costumée et carnavalesque menée par des étudiants entre 1892 et 1966.

Brassens joue ici merveilleusement avec les manières et le folklore des carabins et des potaches en joie. Toutefois, quelque chose de tragique couve sous le cotillon. On écoute « Les quat’z’arts ».

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Nous ne dirons pas qu’ici Brassens signe un autoportrait. Nous dirons plutôt que le personnage de son musicien nous fait penser à lui. Il y a dans cette belle chanson un profond sentiment d’humilité, le refus de trahir sa modeste extrace pour parler comme Villon, la possibilité, somme toute, d’exercer son métier de musicien sans péter plus haut que son cul, sans enflure du cou. Ici aussi, on insistera sur la grande qualité de la mélodie. Hymne à la fidélité, à la loyauté aux siens, nous écoutons « Le petit joueur de fluteau ».

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La seule révolution possible, c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors, déclarait Brassens. Vos scaphandriers ont été ravis de passer autour de l’œuvre de Brassens, deux heures en votre aimable et néanmoins mosane compagnie. Nous n’avons fait qu’effleurer ce fabuleux patrimoine. Mais si nous avons, au cours de cette édition, été capables de vous faire découvrir et apprécier quelques titres du poète sétois qui n’ont pas la faveur du transistor, nous n’aurons pas échoué dans notre projet. Voilà que notre édition consacrée à Georges Brassens touche déjà à sa fin. La prochaine édition sera consacrée, là aussi, à une personnalité exceptionnelle. Il s’agit de Tom Waits, auteur-compositeur-interprète, musicien et acteur californien.

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