15.02.2010
Dessin Nelly COLAUX
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L'île au singe (15/02/10)

17:41
Écrit par dlc
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11.02.2010
Emily Loizeau en concert au théâtre royal de Namur ce 9 février 2010
Vu ce 9 février 2010 - Théâtre royal de Namur - 20.30
Nom: Loizeau - Prénom : Emily - Signe particulier : douée, très douée - Née le 7 février 1975 - Prix L. Barrière Variétés 2007 - Prix Francis Lemarque 2008 - Prix Constantin 2009 - Albums : "L'Autre bout du Monde" (2006 et réédidtion 2007), "Live au grand Rex" (2007), "Pays sauvage" (2009). Pronostic : 2010 pourrait bien être l'année de Loizeau.
Sachons saluer la beauté de Loizeau : entre l'enchantement, la dinguerie, la nostalgie du temps des fées et des contes, une étonnante aventure sonore, l'insolence, la fièvre, l'humour, la déchirante densité émotionnelle.
Même quand Loizeau marche, on sent qu'elle a des ailes
Vu, ce mardi 9 février, avec mon fils Justin, Emily Loizeau en concert. Un spectacle poignant, drôle, décontracté, affûté, collégial. L'Oiselle était en grâce, très inspirée, un vrai bijou de scène, une très belle qualité de relation avec un public captivé. Conclusion logique et enthousiasmante : le public biche, il savoure, il sanctionne la prestation par une longue standing ovation !
L'équipe rassemble quatre remarquables musiciens polyvalents (un batteur-guitariste, un violoncelliste-siffleur-percusionniste, un bassiste-percusionniste-flûtiste, un lead guitare, (électrique et dobro) - tous chanteurs, voix parfaitement assorties au chant délicieux de l'Oiselle (claviers, flûte, percussions). La première chose qui frappe, et qui est relativement inédite, c'est que le vedettariat n'est pas de mise. Chacun est mis en lumière, chacun a l'occasion de bronzer à la lumière des spotlights et de donner la mesure de son talent. C'est tant mieux, il n'y a pas un manchot dans la bande. Il n'y a sur scène que des premiers rôles. C'est une conception originale et séduisante du récital. Classe et décontraction. Tout de même, il n'échappe à personne qu'il y a une princesse sur scène. Et qu'elle resplendit. La belle Emily entretient avec son quatuor des rapports chaleureux et complices, détendus, pleins d'estime et d'humour délicat. Le spectacle tout entier est traversé par un hilarant nonsense que la fée doit sans doute à ses souches britanniques. On se prend à aimer l'Angleterre, le rosbif et le fish & chips. Ceci étant dit, une part de sa réjouissante maboulerie n'appartient qu'à elle, à sa façon de considérer le monde et d'y tenir une place. C'est sa geste. Sa signature.
Essentiellement, Emily Loizeau propose ce soir des versions somptueuses de son nouvel album "Pays sauvage". Un album qui ressemble à une aventure pleine de découvertes, de grand large, d'air frais et de nuit habitée. Un frisson nouveau couronne cette formidable aventure sonore. S'il reste très audiblement de l'enfance dans l'oeuvre de la belle Oiselle, - on la perçoit par petits trésors, par brindelles, par flocons, par images, par grains de sable et de voix -, il y a aussi, une sensualité et une ardeur superbes, une âme palpitante, une féminité épanouie, une étonnante puissance et une vraie virtuosité dans le chant. Il en faut quand on s'attèle au défi de revisiter les territoires où elle s'avance : le gospel ardent, le blues profond, le folk lyrique et la chanson française. Elle habite profondément, pleinement, corps et âme, chacune de ses expériences musicales et, sur scène, non contente de produire ce chant à densités variables et successives, elle produit aussi de la lumière. C'est une interprète, une vraie, une présence, un talent, elle a une allure singulière, elle remue avec une grâce effrénée (il faut un oxymore pour qualifier cette façon de se mouvoir au microphone) qu'on admire et qui ne fait penser à personne. Sur scène, je veux parler de la prestation scénique, - j'ai dit à quel point l'album me ravit -, un plus se dégage, un supplément d'âme, une vibration. Il y a surtout, me semble-t-il, que cette artiste (une beauté peu commune) aime passionnément son métier, son art et que ce fluide et ce grand et généreux élan sont perceptibles et bienfaisants.
On est heureux d'être là, on rit, on bat des mains, on sifflote, on chantonne. On ne veut pas qu'elle s'en aille. Elle fait plaisir à entendre, à voir. Elle et son quatuor nous font un rappel acoustique, d'un genre presque familial. On écarte les microphones, on fait groupe au milieu de la scène et c'est parti pour une sorte de boeuf exaltant et constellé de pitreries réjouissantes. Le public est conquis, il adore, il en redemande, il remercie sans compter. On a droit à quelques titres du premier album ("Au bout du monde"), un Eurythmics, un Léonard Cohen, ça donne une sorte de feu de camp sublime et chaleureux. Il y a des étoiles au plafond. C'est beau comme tout, c'est touchant. Deux heures à peu près se sont écoulées et nous avons l'impression, Justin et moi, que la merveille vient de commencer.
Quand c'est fini, malgré la nuit froide et mordante, il y a encore quelque chose qui pétille en nous, on emporte une durable petite flamme, un battement d'ailes. On a vu passer Loizeau, on s'en souviendra longtemps. C'était délicat, puissant, joyeux (c'est beau, la joie !), bouleversant.
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18:01
Écrit par dlc
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