27.11.2009
Du nouveau chez Nelly KAPLAN
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Nelly Kaplan fait un don à la Bibliothèque nationale de France
Le scénario du film J'accuse d'Abel Gance, version sonore de 1938, abondamment annoté et corrigé par l'auteur, offert à la Bibliothèque nationale de France par Nelly Kaplan.

Nelly Kaplan et Abel Gance
Tourné par Abel Gance dans sa version muette de 1919 suite au choc de la première guerre mondiale, J'accuse met en scène la résurrection des soldats tombés au champ d'honneur venus réclamer des comptes aux survivants. En 1937, Abel Gance pressentant les désastres et les hécatombes toutes proches fait une nouvelle adaptation, véritable manifeste pacifiste et magnifique démonstration de ses talents de cinéaste. La réalisatrice et romancière Nelly Kaplan, qui fut la collaboratrice de Gance, fera don le 3 décembre 2009 du scénario du film à la Bibliothèque nationale de France. Ce document de 165 pages et 351 séquences, abondamment annoté et corrigé par Gance lui-même, complète merveilleusement le fonds Abel Gance du département des arts du spectacle riche déjà de nombreux scénarios, de carnets, de lettres, de notes, de photographies sur toute la carrière du cinéaste.

21:38
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21.11.2009
Rhode Bath-Schéba Makoumbou à la Galerie Lumières d'Afrique - Ixelles
Voir aussi : http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/
mais également: http://dlcolaux-cv.skynetblogs.be/post/7331038/presentati...
Evénement : 12 décembre 2009 - 19h00 - Atelier du Vent d'ESt (26, rue Fétis, 5500 Dinant : vers Bouvignes, en face du CFPME) - présentation ouvrages Denys-Louis Colaux - séance de dédicaces - Lecture : Laurence Noël - Piano : Vincent Rouard - Illustrations : Laurence Burvenich - En invitée : Micheline Steffens, céramiste.

De gauche à droite : l'actrice Laurence Noël au maquillage, l'artiste peintre Laurence Burvenich, au piano, le compositeur et interprète Vincent Rouard
SPLENDEURS DE L'ART AFRICAIN
Rhode Bath-Schéba Makoumbou
Rhode Bath-Schéba Makoumbou se définit comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de l'Afrique. Un part de sa merveilleuse originalité se joue dans cette espèce de double vocation : elle est à la fois celle qui conserve, celle qui garde et celle qui crée. Car ce qu'elle crée, ce qu'elle conserve, c'est sa propre invention de l'Afrique, une invention éclairée par des lumières qu'elle a patiemment collectées et qu'elle a fait intimement siennes. Sa puissante identité africaine mêlée à un grand appétit de connaissances, ses qualités d'invention et d'absorption, sa curiosité intellectuelle et ses qualités techniques, son appartenance revendiquée et assumée à une culture doublée d'un goût pour le monde et pour ses diversités font d'elle une artiste décisive. Le reste de son art appartient à l'audace, à la force, à la vitalité d'un défi nouveau : jeter dans l'avenir la jeunesse étourdissante de sa vision de la tradition. Inspirée par son propre patrimoine, inspirée par les rencontres que lui proposait son voyage initiatique dans l'univers de l'art, Rhode Bath-Schéba Makoumbou est désormais celle qui inspire.

Le catalogue d'exposition
Je parcourais tout à l'heure le très beau catalogue d'exposition de l'artiste peintre et sculpteur Rhode Bath-Schéba Makoumbou édité à l'occasion de son exposition à la Galerie Lumières d'Afrique à Ixelles. Je suis particulièrement heureux que les vents et les étoiles soient de plus en plus favorables à cette artiste dont la puissance créatrice semble s'imposer un peu partout.
SCULPTURES
Ce catalogue recueille des sculptures monumentales d'une grande beauté et qui, par leur constitution même, créent un point de rencontre étonnamment dynamique, une sorte de coopération envoûtante entre nature et culture, entre réalité, témoignage social et création. Le charme puissant des oeuvres se joue très subtilement entre l'expression d'activités humaines spécifiques et leur propulsion dans le monde universel de l'art. Menacées de péremption et de disparition, ces activités traditionnelles africaines trouvent un salut, une reconnaissance et une pérennité parce qu'elles sont transmuées en objets, en sujets d'art, en précieux totems capables à la fois de défier le temps et d'exprimer une dimension sacrée de l'aventure humaine. Car elles disent aussi la dimension secrète, l'élan du corps, la volonté d'exister et d'entrer en mouvement inscrits dans le filigrane des actes quotidiens. Colorées, élancées, alertes, stylisées, ces belles silhouettes, - qui me paraissent de lointains et inédits parents africains des personnages de Giacometti -, existent par leur singularité formelle, leur vitalité, leur élasticité, leur gestuelle ouverte de sémaphores humains. En dépassant l'art traditionnel, en le réinventant, en le frottant à toutes les électricités des grands mouvements de l'art, la statuaire de Makoumbou pose à l'horizon de l'art contemporain une réalité artistique africaine contemporaine. Sans jamais les commettre, Rhode Bath-Schéba Makoumbou étire, remodèle, transmue les trésors de sa tradition artistique pour en faire des sujets et des oeuvres universels.

Musiciens, porteuses de fagots, porteuses d'eau, pileuses, - interprétés, singularisés, réinventés par l'artiste -, deviennent non seulement des citoyens du monde mais aussi des personnages du monde l'art. C'est sans doute parce que sa statuaire est faite d'une réappropriation personnelle du corps, du mouvement, de l'action, une réappropriation amoureuse, ouverte et partisane, enchantée que les personnages filiformes de Makoumbou ont acquis ce pouvoir de fascination. Ces statues, formes inédites de la présence humaine et traductions singulières d'un regard sur la présence humaine, ont acquis cette vérité esthétique des mots consituant un vers bouleversant. Et le poème est une des réalités du monde. Le peuple que constituent les statues de Makoumbou est une vision du monde, une façon de faire retentir le monde, une de ces visions qui le rendent habitables, il est une réalité du monde comme la liqueur est une réalité du fruit. Je veux dire, somme toute, qu'il est un peuple faisant irruption dans la légende du monde.

Rhode Bath-Schéba Makoumbou et le musicien Lokua Kanza (Photo M. Somville - Octobre 208)
Je veux écrire encore quelques lignes à propos d'un tableau de l'artiste. Sa peinture, je l'ai dit, me plaît beaucoup. Mais il me faut ici insister sur un éblouissement. Oui, je dois rendre compte de ce violent saisissement qu'a provoqué en moi ce tableau intitulé "Lumière". Je le reproduis ci-après avec les dates de l'exposition.
L'oeuvre est frappante par ses bordures végétales sombres comme incrustées de veines bleues, ses mélanges de géométries et de courbes, son festival intérieur de couleurs, ses dégradés. L'oeuvre brûle littéralement par le centre et ce feu est exacerbé par de grandes palmes de bleu intense comme si le ciel descendait au coeur même de la forêt, comme s'il fallait qu'il figurât dans le ventre même des choses cachées et secrètes. Le feu solaire, rendu par un échiquier irrégulier de figures rouges, orange et ocres, dynamise violemment l'arrière-plan et ouvre une perspective. De formidables fermentations de couleurs foisonnent dans des rutilements presque liquides. L'impression d'ensemble, à la fois matièrée et polie, est saisissante. Par le détail, le tableau confirme ses promesses. La présence d'une femme, vue de dos, crée un mystère. Elle est petite dans cette gigantesque composition mais sa mise blanche et bleutée affirme sa présence. A l'ombre de l'arbre, sur une palme (une sorte de phylactère végétal fastueusement coloré), de petits personnages semblent en suspension. La forêt rend-elle possible des apparitions, restitue-t-elle à la femme solitaire la mémoire d'êtres disparus, abrite-t-elle des âmes, des esprits, avive-t-elle la mémoire ? La forêt est-elle un refuge, son apparente opacité est-elle le lieu d'une révélation ou d'une initiation ? Quelque chose se produit dans la superbe intensité des couleurs. Je suis resté longtemps pris d'admiration.

12:39
Écrit par dlc
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