17.07.2007

OTTO GANZ

Ganz

Otto

Otto Ganz aime à dire qu’il est né quelque part aux frontières de l’Allemagne et du Hainaut, aux alentours de 1970, de parents identifiés. Et il ajoute, pour qui en douterait : « Pas encore décédé à ce jour. » De cette existence aux contours fluctuants surgit une exigence : écrire et rendre audible les murmures de nos vies, tapis dans les recoins des visages que nous rencontrons sans les voir. 

Récits et romans multiplient les narrateurs, tant féminins que masculins, du vieillard à la jeune adolescente, tous confrontés au vertige d’une logique affolée, que le langage alimente autant qu’il dénude. Les mots et leur machine pensante y grouillent, s’y triturent et s’enroulent autour des êtres pour en disséquer la conscience et ses petites commodités. Les textes d’Otto Ganz disent les séismes provoqués par les croisements de solitudes, et la tension pourtant toujours renouvelée vers cet Absolu cher aux Romantiques allemands.
Chaque récit tire des fils du brouhaha ambiant, mais c’est par l’intrication de chacun d’eux que le sens se construit. Pas une œuvre dont un détail ne renvoie à un acte déterminant d’une autre, de sorte que tous les personnages habitent, sans le savoir, le même monde, labyrinthique. Ils y explorent leur propre solitude, mais savent-ils l’attraction qui les pousse à se heurter les uns aux autres ?
Si Otto Ganz donne à entendre la part inévitable d’écho que charrie chaque destin isolé, il est lui-même avide de liens qui le nouent à d’autres voix, dans les romans à quatre mains avec Anne Guilbault ou Denys-Louis Colaux, dans l’image avec la plasticienne Catherine Amathéü, et dans la matière du poème avec Werner Lambersy.
Car Otto Ganz est aussi poète ; dans les recueils, qu’il livre avec parcimonie, le grouillement des récits fait place au souffle mesuré des mots, au plus juste de la brèche qui pourra entamer la masse compacte du réel. C’est ainsi qu’on entend, extraite du tumulte, la voix des âmes.
L’écriture d’Otto Ganz a quelque chose de grave, qui perturbe la pensée et force à s’asseoir pour l’entendre. J’aime l’écriture d’Otto Ganz, j’aime qu’elle me perde dans ses sinuosités. J’aime que l’écriture d’Otto Ganz me déboussole la pensée.

Égée
novembre 2006

Une idée de sa bibliographie : 

Il a participé à de nombreuses publications dans les revues suivantes :


Le Fram, Nioques, Les Améthystes de Thyl, Sapriphage, Tija, ttc, Java, C4, Prospectus, le dernier Nouaison, Hermaphrodite, Formule, Poésie Seghers, Marginales…

Romans

- Aline, Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 1998.
- Sarcophage, Éditions Édifie-LLN, coll. " Maelström ", Louvain-la-Neuve, 1999.
- aTCHoum, Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 2000.
- La Vie pratique, Éditions Blanche, Paris, 2001.
- L'Arbre d'Apollon, avec Denys-Louis Colaux, Éditions Images d'Yvoires, coll. " Maelström ", Court St Etienne, 2002.
- L'Enroulement, Éditions Hors Commerce, Paris, 2004.
- On vit drôle, avec Anne Guilbault, Éditions. Maelström, Bruxelles, 2005.
- Les Vigilantes, Éditions Joëlle Losfeld, Paris, à paraître.

Poésies

- Ecce Home, jeu-part, avec Werner Lambersy, Éditions Images d'Yvoire, Court-St-Etienne, 2002.
- Leçons de souffle, Éditions Le taillis-pré, Châtelet, 2003.
- Architecture des geôles, avec Daniel De Bruycker, Éditions l'Amourier, Coaraze (France), 2003.

Ouvrages collectifs


- “Silenciaire”, dans Silence, Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 1997.
- “Je reviendrai vous mordre” dans Tôt ou Tard, coédition Les Éperonniers/L'instant même, Bruxelles/Québec, 1999.
- “Césures et autre mirage” dans Brêches, Éditions Les Nuits urbaines, Montréal, 2001.
- “Ainsi passeront les pluies et les neiges…”, dans Descentes dans le Maelström, Éditions Images d'Yvoires, coll. “Maelström”, Court-St-Étienne, 2002.
- Poème dans Lambersy (W.), La poésie Francophone de Belgique, anthologie, Éditions Le Cherche-Midi, Paris, 2002.

Autres

- “Noyaux” de prose et de poésie aux Éditions de l'Heure ; Amorcées-artifices ; Lire Avide ; La bête à Bondieu, 1999 ; Cendres-Semences et Quelques empreintes inaudibles, 2000 ; Pensées de Nicolas Grootheiligge, Tanneries de coton, Contre l'astrophysique et le modèle héliocentrique, 2001.
- Poésie avec Werner Lambersy sur base des photographies de Bernard Hermant dans l'ouvrage Lit(h)anie, Ministère de la Région Wallonne, 1999 ;
- Textes sélectionnés pour la réalisation d'une sculpture luminaire exposée à la Maison de la Culture de Tournai : Fêtes de la Francophonie (2001).

 

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