11.07.2007
ANDRE TILLIEU
Mon ami André Tillieu, journaliste, nouvelliste, biographe de Georges Brassens.
Notice bio-bibliographique
André Tillieu : Né en 1924 à Tournai. Journaliste, chroniqueur, écrivain. Ami intime de Georges Brassens, on lui doit quelques ouvrages essentiels consacrés au poète sétois et notamment le remarquable Brassens - Auprès de son arbre édité successivement chez Julliard, Presses-Pocket, Claude Lefrancq Editeur et Ananké, mais aussi, aux éditions PAC, Brassens vivant, le succès dans la rupture et l'excellent Brassens, d'affectueuses révérences chez Arthemus ( ce livre recueille dix années de chroniques publiées par Tillieu dans la revue française Les Amis de Georges ). Vient de paraître chez Textuel un superbe coffret en trois cahiers, Les Manuscrits de Brassens, chansons, brouillons et inédits dont l'édition est établie et commentée par André Tillieu et Alain Poulanges. On doit aussi à Tillieu Cherche-Bonheur et autres nouvelles (Lefrancq Editeur), Le Noir d'Anvers (Editions IPH) et, dans la toute petite et très coquette collection du " Veilleur de nuit ", une superbe série de petits essais, hommages ou fantaisies : Un paroissien bien en selle, Alphonse Boudard - En guise d'adieu, En cassant la graine avec Georges Brassens, Louis Nucéra quitte la course !, Brassens et la Belgique, Un petit coin du panthéon poétique de Georges Brassens, Jean Giono - Pas une ride, De Liberchies à Carnegie - Django !

Le jour où Brassens a admis Tillieu au nombre de ses amis, il n'a pas perdu son temps. J'ai eu la chance d'approcher André, de présenter avec lui quelques soirées Brassens (chez les anars à Bruxelles, à l'auditorium Paul-Emile Janson), la chance d'être reçu chez lui, de lui consacrer quelques émissions radiophoniques, la chance enfin d'être tutoyé, de recevoir de lui des centaines de billets d'humeur et autres envois épistolaires, la chance de rencontrer Yvette, son épouse. André était un homme chaleureux, pétulant, toujours le verbe haut et fleuri. C'était un homme au langage et à la pensée élégants, à la mémoire toujours alerte, d'une intelligence pointue, d'un humour vif et doué d'un rire merveilleux. Il vous clouait le portrait d'un corniaud en un seul coup de marteau verbal. Mais c'était avant tout un être loyal, un ami fidèle, capable de rendre grâce et justice, toujours épaté d'avoir croisé le chemin de notre Sétois de prédilection. Personne n'a évoqué le Sétois avec cette distinction, avec cet à-propos, avec des moyens aussi adaptés à l'ampleur de la tâche. Sa biographie est poignante, tonique, stylée. Je la place au sommet de la pyramide des ouvrages consacrés au Bon Maître. Ses chroniques brasséniennes, compilation des articles rédigés pour le compte de la revue parisienne Les Amis de Georges ( 13, avenue Pierre Brossolette, 94400 Vitry Sur Seine), sont d'une saveur et d'une perspicacité rares.
André Tillieu et Denys-Louis Colaux dans le salon Brassens à Uccle. André tient en main une guitare de Brassens. Tout autour, des albums et des ouvrages hérités du poète sétois.

PETIT LIEU DE MEMOIRE

André cherche une photographie

Toujours en quête d'un ouvrage, d'un extrait de texte qu'il lit à merveille

Je me souviens, on regardait sa collection de Giono

Une maison habitée par les livres

Dans le salon du premier. Une pensée pour Yvette

"Eh, oui, mon vieux !" (Les courriers d'André commençaient souvent par cette amusante aspostrophe : "Mon Vieux ...")
Brassens, d'affectueuses révérences (chroniques des Amis de Georges) Arthemus

Dos de couverture de Brassens, d'affectueuses révérences
Est-ce trop demander...! Sur mon petit lopin, / Plantez, je vous prie, une espèce de pin / Pin parasol, de préférence, / Qui saura prémunir contre l'insolation / Les bons amis venus fair' sur ma concession / D'affectueuses révérences. (G. Brassens,Supplique pour être enterré à la plage de Sète)

Ci-joint, un exemplaire de la revue française Les Amis de Georges dans laquelle André sévissait avec l'autorité d'un esprit éclairé, revue à laquelle j'ai souvent contribué. Dans le numéro 81 de septembre-octobre 2004, nous avons été contraints, la larme à l'oeil, d'insérer le cher nom d'André dans la rubrique nécrologique.
Visitez le site des Amis de Georges:

Je reprends ici le message d'adieu que j'ai publié dans ce numéro de la revue:
J'ai eu l'honneur, il y a de cela quelques années (en 91), d'être "naturalisé ami" oar André Tillieu, devenu pour moi, dans notre intimité épistolaire, mon André des étoiles. C'est d'abord son remarquable Auprès de son arbre qui, pour interview, m'a permis de le rencontrer. (Par la suite, j'ai tout lu de lui, je crois).
Ensuite, on s'est revu à Uccle, on s'est téléphoné (je me souviens avec tendresse de ce bel instant où André m'a invité à le tutoyer), on s'est écrit, on a mené ensemble quelques belles aventures brasséniennes (conférences, hommages, présentations de spectacles, émissions radiophoniques) et c'est lui qui m'a incité à collaborer aux Amis de Georges.
Et puis, ce lundi 24 mai à 18 heures, Yvette m'a téléphoné, elle m'a dit : "Je vais te faire mal!". J'ai retenu mon souffle et elle m'a annoncé la mort d'André. Son André. Le mien aussi, d'une certaine façon. Et j'ai eu terriblement mal. Pour elle, pour la chère Yvette. Pour moi-même, comme douloureusement amputé. Voilà un type qui m'a plu. Et je ne puis m'empêcher d'écrire que voilà un type qui me plaît. On s'est confié l'un à l'autre. On échangeait des impressions de lecture. Un lecteur impénitent, André, et d'une rare perspicacité. Il m'a préfacé. Je l'ai préfacé. Je l'estime, André, profondément. Sa loyauté, sa fidélité, sa clairvoyance, sa générosité et jusqu'au ton chantant de sa voix, tout m'a plu dans l'homme.
Avec ça, pour dire Brassens ou pour ourdir ses chroniques ou ses nouvelles, André avait affuté une sacrée plume. Il avait une patine, Tillieu, une façon. Je devais, pour une maison d'édition belge, préfacer un important recueil de ses chroniques. André et Yvette avaient agrée cette préface. Pour la raison que certains éditeurs se révèlent parfois des cancres de concours, l'ouvrage, d'abord imminent, a été différé et finalement annulé. La préface reste et j'ai pensé que peut-être, en guise de salut, vous accepteriez de la publier. (Cette préface a été publiée in extenso dans le même numéro 81). C'est mon acte de foi dans le talent d'André. Je peux dire les choses sans pathos, je ne puis les dire sans émotion : je suis heureux d'avoir croisé la route de cet homme, il portait une sorte de noblesse sans particule, patiemment acquise, il avait le goût de la littérature, j'aimais sa santé intellectuelle, son humour parfois frotté d'ironie et, par-dessus tout, sa chaleureuse et clairvoyante humanité.
Respectueusement et dans la peine, Denys-Louis Colaux
Aujourd'hui encore, je n'écoute pas une chanson de Brassens sans que le bon visage de Tillieu m'apparaisse pour insister, avec une mimique catégorique, sur le cisèlement du vers ou l'élégance du pastiche. L'autre jour que je réécoutais pour la centième fois Mourir pour des idées, la voix d'André me soufflait à l'oreille, pendant que Brassens chantait Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez, / Et c'est la mort, la mort toujours recommencée, ces quelques mots : "Là, il a réuni Anatole France et Valéry, écoute comment il pastiche l'autre Sétois". Vrai, le vers de Valéry disait : La mer, la mer toujours recommencée !
Petite bibliothèque Tillieu


Un ouvrage d'Agnès Tytgat préfacé par André

Deux belges considérables dans le giron de Brassens, José Stroobants (photographe attitrée) et Tillieu. Le présent ouvrage est signé José Stroobants, André Tillieu et Pierre Louki.

Claude Lefrancq éditeur, Bruxelles, 1991

Iph éditions, Jumet, 2001
20:38
Écrit par dlc
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