Spectacle Lecture Musicale à l'Espace Vent d'Est
N.B; Les photos de ce reportage sont de mon ami Pascal Nivaille - Copyright Pascal Nivaille 2009
Ce samedi, je présentais deux ouvrages à l'Espace Vent d'Est à Dinant : "Un tailleur d'allumettes" (Maison de la Poésie d'Amay, Collection L'Arbre à paroles) - "Epîtres à l'Oyonnaxien" (Orage-Lagune-Express, Collection Epistolaires ).
La salle était comble, les oeuvres exposées par Laurence Burvenich (une suite de petits formats, deux grands tableaux et les illustrations du recueil poétique) superbes.
Déroulement de l'événement :
19.00 - 20.00 :
Exposition Laurence Burvenich (illustratrice de l'ouvrage) et Micheline Steffens (céramiste)
20.00 -21.30:
Présentation des artistes et de la soirée : Denys-Louis Colaux
Lectrice : Laurence Noël
Pianiste : Vincent Rouart (guest : Margot Burvenich au piano pour les deux pièces d'ouverture)

Présentation de l'événement par l'auteur

Présentation des artistes par l'auteur : Laurence Burvenich (artiste peintre), Laurence Noël (comédienne et lectrice), Vincent Rouart (compositeur et pianiste)

Laurence Noël dit 6 poèmes du recueil "Un tailleur d'allumettes" et un long extrait de la deuxième correspondance des "Epîtres à l'Oyonnaxien". Beaucoup de subtilité dans ce remarquable travail de lecture tout en nuances : intensité dramatique, légèreté, vigueur, émotions, suspensions, relances. Dans les pièces accompagnées au piano par Vincent Rouart, un vrai dialogue, une complicité rythmique s'établit entre la comédienne et le musicien.

Je savais que Laurence Noël donnerait à mes poèmes une voix qui leur conviendrait, je savais que son talent les ferait éclore sous une forme intéressante et singulière. Ils ont, au travers de son interprétation, pris un essor qui à la fois m'étonne et m'enchante. Elle y a fait retentir ses inflexions si particulières et passionnées, sa ferveur, belle à entendre et à voir, - car, par moments, ils entrent littéralement en mouvement avec elle -, elle leur a donné des degrés d'intensité, une vitesse, des temps, des suspensions de souffle. Elles les a engagés dans une série d'instants nerveux ou subtils, palpitants, si bien qu'ils étaient comme ravis de sortir de l'espace silencieux de la page pour entrer en orchestration. J'ai eu l'impression aussi d'une lumière qui passe sur des objets arrêtés et en développe des aspects inaperçus. Mais surtout, j'ai pensé à des étoffes qu'une main habile et délicate sort de leur inertie, agite et fait danser. Par ailleurs, je dois dire que j'ai été impressionné par la façon dont elle a entrepris l'extrait de la correspondance farfelue. Elle s'est crânement emparée de la chose, elle l'a secouée comme il fallait qu'elle le fût. Elle s'est engagée dans la dinguerie de la chose avec un irrésistible entrain. Sa puissance comique a cinglé. Je l'ai trouvée épatante dans ce morceau de bravoure et d'audace.

Au piano, Vincent Rouart a assuré la partie musicale. La comédienne et le musicien ont travaillé en alternance ou ensemble. Je l'ai dit, il y a eu échange entre eux, complicité. La lecture musicale a eu lieu : le musicien et la comédienne sont entrés en résonance, créant de très beaux effets : emballements complices, nuances délicates, jeux en écho.

Vincent avait retenu une suite de pièces de Jean-Sébastien Bach. L'espace musical était superbe. Le niveau d'écoute était saisissant. En fin de prestation, en réponse à l'enthousiasme du public, Vincent a interprété une composition personnelle extraite de son dernier album intitulé "Itinérances", superbe incursion dans cet univers musical qui m'inspire le plus grand respect. "J'en aime la densité, la singularité lyrique, j'aime l'imagier qu'elle transporte comme si elle sonorisait le film intime que le piansite ne cesse de tourner en secret, j'aime la subtilité de ses couleurs musicales, j'aime la façon si personnelle dont il donne vie, dans une espèce de traduction sonore et limpide, à son monde intérieur. J'aime la façon dont ce monde nous est révélé et offert en partage".



