Anita Rée

  • Anita Rée

    ANITA RÉE

    http://www.artinconnu.com/2008/01/anita-re-1885-1933.html

     

    Anira Rée.jpgSéduit par quelques fulgurants autoportraits de l’artiste, j’ai tenté de réunir des éléments autobiographiques sur elle. Voici ce que j’ai actuellement pu trouver.

    Anita Rée est issue d’une vieille famille de commerçants juifs. Elle est née à Hambourg en 1885. Elle est la plus jeune de deux filles. Elle a été baptisée et élevée dans la religion chrétienne. Sa mère était issue d’Amérique du sud et avait des ancêtres juifs et indiens. Les amis d’Anita Rée la regardaient comme un être affectueux, aimable, accueillant et cultivé. Selon le témoignage d’Alfred Lichtwark, elle a étudié la peinture et les techniques classiques avec Arthur Siebelist (peintre impressionniste allemand, 1870-1945). En 1910, elle partage un appartement avec Franz Nölken (peintre expressionniste allemand, 1884-1918) qui, de conserve avec Friedrich Ahlers-Hestermann (peintre allemand et critique d’art, 1883-1973) l’initie à la nouvelle peinture française. Elle passe ensuite six mois à Paris à étudier avec Fernand Léger (peintre français, pionnier du cubisme, 1881-1955). A partir de 1913, elle travaille progressivement en tant qu’artiste à Hambourg et après le décès de son père en 1916, elle rencontre des difficultés financières. Anita Rée fut l’une des fondatrices de la « Sécession de Hambourg ». En 1919, des artistes, - peintres, architectes, écrivains – se fédèrent pour donner une importance à l’art dans la ville de Hambourg trop inféodée au commerce et au monde des affaires. Ils dénoncent l’absence de lieux de rencontre ou de formation pour les artistes. Les sécessionnistes veulent impulser un grand élan artistique et multiplient les activités artistiques : expositions, conférences, lectures, festivals. Anita Rée demeurera membre de la Sécession de Hambourg jusqu’à son décès et exposera régulièrement avec le groupe. Les critiques ont reconnu sont talent assez tôt. Un séjour de trois ans, entre 1922 et 1925, à Positano, ville italienne de la province de Salerne, en Campanie, eut une influence considérable sur sa future évolution. Ses peintures italiennes furent accueillies dans l’enthousiasme à Hambourg et elle acquit la réputation d’un artiste national hors du commun. Sa personnalité et son style artistique sont essentiellement représentés dans ses portraits de femmes et d’enfants. Vers 1930, elle reçoit la commande de trois grandes œuvres :elle crée des peintures murales dans deux écoles de Hambourg dans lesquelles elle incorpore ses propres expériences de vie (« Les vierges sages et folles » et « Orphée ») et un retable pour l’église Saint-Ansgar à Hambourg- Langenhorn. La réalisation de ces travaux n’a pas été exempte de difficultés.

     

    Anita Rée 2.jpgDes problèmes avec l’état, le clergé, des attaques dans la presse du NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands), et finalement quelques désappointements personnels  ont finalement poussé cet artiste physiquement et psychiquement fragile à fuir l’île de Sylt, la plus grande et la plus septentrionale des îles allemandes de la Mer du nord, où elle s’était établie. Solitaire et vivant dans la douloureuse crainte de la persécution, elle était profondément concernée et inquiète par la liquidation du groupe de la Sécession de Hambourg et par l’évolution politique en Allemagne. Agée de 48 ans, elle ne s’est plus sentie capable d’émigrer. Elle qui, depuis 1916, était familiarisée avec l’idée du suicide, a mis fins à ses jours en décembre 1933 en prenant des barbituriques. Elle a écrit à une de ses amies : « Je ne peux plus vivre dans un tel monde et n’ai d’autre souhait que de quitter ce à quoi je n’appartiens plus ». Elle s’en va en laissant une fortune considérable. Ses biens ont été partagés entre ses amis. Elle est aujourd’hui, après quelques publications et une exposition en 1987, la plus célèbre des Sécessionnistes de Hambourg. 

    Sources :

    http://www1.uni-hamburg.de/rz3a035//secession.html 

    http://de.wikipedia.org/wiki/Hamburgische_Sezession

     

    Je suis particulièrement sensible à ses portraits mais plus encore à ses autoportraits dans lesquels j’observe, d’une œuvre l’autre, une saisissante métamorphose des traits comme si les différents états psychologiques qu’elle représente pouvaient avoir pour effet de modifier ses traits, les couleurs, les caractéristiques et les formes de son visage. C’est l’exceptionnelle intensité évocatoire de son art qui me sidère et me ravit. Je suis tombé en admiration devant ses tableaux. Je n’ai pas grand-chose à en dire sinon qu’ils me remuent de fond en comble et que, depuis que j’ai connaissance d’eux, ils habitent mon esprit et s’y manifestent comme des images décisives. J’ai pour elles une profonde et inquiète amitié (les autres sont purement ornementales) et il me semble qu’à la longue, elles me regardent avec une intense et soupçonneuse sympathie (les autres ne me sont pas agréables). Il y a surtout que cet étrange  visage mobile et formidablement expressif sur lequel je sais à présent deux ou trois choses me touche et m'étreint douloureusement le cœur. Ce sentiment au demeurant, avant la découverte même des quelques bribes biographiques, a d'abord décidé de mon rapport à l’œuvre.

    anita 1.jpg     anita 2.jpg

    anita 3.jpg     anita 4.jpg

    anita 5.jpg     anita 6.jpg

    anita rée 1.jpg     anita rée.jpeg

    a anita 1.JPG     a anita 2.jpg    a anita 3.jpg

    a anita 4.jpg