21.11.2011
Des nouvelles des ami(e)s : Laurence Burvenich, Pascal Nivaille

Mon excellente amie Laurence Burvenich ouvre un nouveau blog consacré aux fresques murales dont elle a orné sa maison dinantaise. J'en recommande la visite : http://sgraffites.skynetblogs.be/
Mon indéfectible ami Pascal Nivaille est de retour d'un voyage au Bénin. On ira de toute urgence consulter son reportage photographique : http://pascalnivaillecontraste.skynetblogs.be/benin-2011....

17:14
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
11.03.2011
Jam session : Jacky LEPAGE & Denys-Louis COLAUX
Consultez notre projet Coups d'aile à Lhasa de Sela :
http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/
JAM SESSION :
LEPAGE-COLAUX
LINE-UP:
A l'objectif : Jacky Lepage - Au clavier : Denys-Louis Colaux (Photographies et textes sont la propriété des auteurs - Voir le merveilleux site de Jacky Lepage : http://www.jackylepage.com/ )

L'aile la paupière
apprennent à battre ensemble
le ciel et la neige

Le génie humain
n'appartient pas tout entier
aux lois de l'esprit

Toute âme est derrière
comme est derrière un âtre
la main qui l'attise
Songer à sa vie à son essieu à sa roue s'asseoir à sa rive
Par instants tu sens la seconde de ta vie
former un long cercle

Je ne prends appui
pour évoquer le trajet
que sur ma béquille
Grâce à toi je sais l'art de modeler l'argile de souffler le verre
Le ciel est pressé une femme hèle un oiseau une aile est froissée
D'entre les gens vus quelques-uns n'ont pas le goût d'être regardés
Pour lever les yeux il faut que la nuque trouve sa ligne de chance
Le lointain n'était désormais plus qu'un décor à ses enjambées
Marque de tendresse je scelle un octosyllabe dans mon haïku

S'il cligne avec grâce
il n'est pas exclu que l'oeil
entre dans l'écho
14:16
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
28.07.2007
AMATHÉU & OTTO GANZ
Amathéü & Otto Ganz
Plasticienne et écrivain belges nés en 1970. Ils ont grandi dans les campagnes, rapetissé en milieu urbain avant de trouver refuge dans les vallées brabançonnes. Lauréate de plusieurs concours artistiques, Amathéü, par des oeuvres interrogeant les arcanes de la féminité et du désir, poursuit depuis une dizaine d'années une carrière qui la fait remarquer tant en Belgique qu'à l'étranger. Otto Ganz est, quant à lui, l'auteur de plusieurs romans et recueils de poésie publiés en Blegique, en France et au Québec. Collaborant à ensemble à de nombreux projets, ils arc-boutent leurs productions l'une à l'autre et ont entrepris un long voyage.

Des êtres déplacés, voilà où, à notre époque, nous ont acheminés les images qu'on nous donne, non à regarder, mais à consommer. Nulle limitation, une liberté absolue de mouvements, de paroles, de pensées, de déplacements... ce n'est pas une proposition ou une revendication, mais un ordre !!! Toute liberté : nul lieu où poser le souffle, s'asseoir, puis, après avoir beurré une épaisse tartine, jeter un regard accoutumé sur l'environnement et dire "je suis ici chez moi". Personne n'a dit que c'était impossible : l'impossible reste imaginable. Le voyage fut pourtant déjà long, épuisant. Peu d'étapes nous retinrent longtemps. Toujours, nous repartions. Au bout de six semaines maximum, nous sentions que ce n'était pas ici que nous avions à résider. Nous n'y étions pas forcés, aucune contrainte extérieure ne nous y poussait... ni à rester, ni à repartir. Simplement - aussi simplement qu'une mouche meurt en vol - nous n'étions jamais vraiment arrivés. Oui, nous défaisions nos bagages, dételions les bêtes de trait et décrassions nos pelures, parfois même, nous allions jusqu'à dépaqueter la vaisselle, mais toujours, le nécessaire, lui, reste proprement rangé dans sa malle en cuir brun. Prêt à être emporté. Toujours persiste cette conscience d'un ordre immuable auquel est soumis chaque être dès qu'il s'assoit à la margelle du monde connu. Chacune des bouteilles que nous avions lancées à la mer et qui nous est immanquablement revenue entre les mains, parfois des années plus tard et dans des lieux que nous n'aurions pas imaginés, contenait le même message :
je pense
être
humain
(Texte, Otto Ganz)

Planche réalisée par Amathéü et Otto Ganz. Ces ouvrages sont le contenu d'un "bloc éditorial" de 13 textes, plus deux publiés aux éditions de l'heure sous le titre "Treize Vertèbres".

Amathéü
Les trois panneaux successifs qui suivent sont également une oeuvre commune conçue pour l'exposition "Belgicarium".

09:04
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
18.07.2007
YVONNE CATTIER

Parmi de nombreuses activités, la belle Yvonne réalisait les couvertures (toujours superbes) pour le compte des éditions des Eperonniers (voir pour détail dans la catégorie ouvrages les couvertures du Fils du soir, de Schlass, du Prix Sorel et du Galop de l'Hippocampe ). C'est ainsi que j'ai eu l'occasion de faire sa connaissance. Je regarde comme un chance d'avoir croisé le chemin de cette femme qui entretient d'excellentes relations avec la lumière, avec la couleur, avec l'imaginaire. Son signe distinctif, ce pourrait bien être la grâce (dans la vie et dans l'art). Elle travaille dans un atelier qui a quelque chose de céleste. Elle volette dans cet espace comme un colibri parmi les calices des fleurs.
Chez Yvonne, et tout ce que je connais de son oeuvre en porte la marque, il y a une vision, une façon singulière et inimitable de prendre, de le faire percoler en elle et de rendre le monde. C'est, selon moi, une viole de gambe. Un être raffiné, sensible, noble. Un très haut degré de sensibilité et de vibration. A mes yeux, ce qui caractérise au mieux la possession de son art chez elle, c'est, dans ce remarquable imagier onirique et original, ce rendu qui paraît spontané, évident et qui, par son étrange méticulosité, me fait songer, dans ce qu'on nomme le "ma", à la conception japonaise de l'espace. En observant les oeuvres d'Yvonne (l'oeuvre, cet artifice, ce produit créé avec le secours de l'art) on est subjugué par une impression à la fois d'ordre, de discipline, d'harmonie et de dépaysement. Si bien que quelque chose d'inattendu prend soudain la forme de quelque chose d'espéré, de rassérénant ou de séduisant.

Yvonne Cattier, in Mémoires de théâtre, Fondation pour l'Art Contemporain
Il ne faut pourtant pas passer sous silence la subtile aptitude de l'oeuvre à inquiéter, à désarçonner, à faire descendre parmi nous des fantômes de couleurs et de nuances, ou à nous refléter les spectres et les aurores boréales de notre inconscient, à donner vie à cette espèce de règne végétal et de faune intime qui sont parfois nos floraisons intérieures et nos hôtes méconnus. Il y a là une fascinante aventure de l'intériorité.
Mais Yvonne, si elle est par certains aspects divinement évanescente, est surtout une femme de la réalité et de l'action, un être déterminé qui mène à bien ses projets et qui entreprend sans cesse. Je me souviens d'un beau projet d'atelier créatif qu'elle mena dans une prison de femmes. (Voir documents plus bas).
Elle a le sens, l'intelligence du trait, de l'esquisse, de l'ellipse. Elle aime et maîtrise la couleur, elle la rend belle, harmonieuse, lumineuse, indispensable. Sa création montre, dans des espaces savamment composés, un univers mystérieux en lisière de rêve, éminemment poétique, troublant, obsédant, envoûtant.

Protéiforme, la belle fée est à l'aise dans le croquis et le tableau monumental. Je me souviens de ses somptueux et gigantesques ânes, de ces bestiaires éblouissants, de ces carnets remplis d'ébauches plus belles et plus étonnantes les unes que les autres. Je me souviens qu'elle oeuvrait sur des supports variés, des tissus, des rouleaux peints, des papiers extraordinaires.
Je vous suggère très vivement de visiter le blog qu'elle est en train de mettre en forme.
http://yvonne-cattier.skynetblogs.be

Un Cattier de ma collection personnelle, peinture sur papier, 1998

Extrait de Yvonne Cattier, mémoire de théâtre (peintures et dessins, 1993-1996) un superbe Roi Lear

Yvonne Cattier, Mémoire de théâtre

Miroir des Ombres (Chronique d'un atelier créatif dans une prison de femmes), Les Eperonniers, 1994
Deux esquisses pour la couverture du Fils du soir

Yvonne Cattier, 1998

Yvonne Cattier, 1998
Quelques oeuvres récentes d'Yvonne Cattier

Encre sur papier, copyright Galerie deï Barri Fine Art, Gassin, France (exposition permanente)

Âne, 2003, Marine Gallery (Belgique - exposition permanente)

Marine Gallery, Zeebrugge, Belgique

Théâtre, Croquis de scène, 2007
19:33
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
17.07.2007
OTTO GANZ

Otto
Otto Ganz aime à dire qu’il est né quelque part aux frontières de l’Allemagne et du Hainaut, aux alentours de 1970, de parents identifiés. Et il ajoute, pour qui en douterait : « Pas encore décédé à ce jour. » De cette existence aux contours fluctuants surgit une exigence : écrire et rendre audible les murmures de nos vies, tapis dans les recoins des visages que nous rencontrons sans les voir.
Récits et romans multiplient les narrateurs, tant féminins que masculins, du vieillard à la jeune adolescente, tous confrontés au vertige d’une logique affolée, que le langage alimente autant qu’il dénude. Les mots et leur machine pensante y grouillent, s’y triturent et s’enroulent autour des êtres pour en disséquer la conscience et ses petites commodités. Les textes d’Otto Ganz disent les séismes provoqués par les croisements de solitudes, et la tension pourtant toujours renouvelée vers cet Absolu cher aux Romantiques allemands.
Chaque récit tire des fils du brouhaha ambiant, mais c’est par l’intrication de chacun d’eux que le sens se construit. Pas une œuvre dont un détail ne renvoie à un acte déterminant d’une autre, de sorte que tous les personnages habitent, sans le savoir, le même monde, labyrinthique. Ils y explorent leur propre solitude, mais savent-ils l’attraction qui les pousse à se heurter les uns aux autres ?
Si Otto Ganz donne à entendre la part inévitable d’écho que charrie chaque destin isolé, il est lui-même avide de liens qui le nouent à d’autres voix, dans les romans à quatre mains avec Anne Guilbault ou Denys-Louis Colaux, dans l’image avec la plasticienne Catherine Amathéü, et dans la matière du poème avec Werner Lambersy.
Car Otto Ganz est aussi poète ; dans les recueils, qu’il livre avec parcimonie, le grouillement des récits fait place au souffle mesuré des mots, au plus juste de la brèche qui pourra entamer la masse compacte du réel. C’est ainsi qu’on entend, extraite du tumulte, la voix des âmes.
L’écriture d’Otto Ganz a quelque chose de grave, qui perturbe la pensée et force à s’asseoir pour l’entendre. J’aime l’écriture d’Otto Ganz, j’aime qu’elle me perde dans ses sinuosités. J’aime que l’écriture d’Otto Ganz me déboussole la pensée.
Égée
novembre 2006
Une idée de sa bibliographie :
Il a participé à de nombreuses publications dans les revues suivantes :
Romans - Aline, Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 1998. Poésies - Ecce Home, jeu-part, avec Werner Lambersy, Éditions Images d'Yvoire, Court-St-Etienne, 2002. Ouvrages collectifs
Autres - “Noyaux” de prose et de poésie aux Éditions de l'Heure ; Amorcées-artifices ; Lire Avide ; La bête à Bondieu, 1999 ; Cendres-Semences et Quelques empreintes inaudibles, 2000 ; Pensées de Nicolas Grootheiligge, Tanneries de coton, Contre l'astrophysique et le modèle héliocentrique, 2001. |
22:53
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
12.07.2007
SANDRO BAGUET
Galerie : quelques oeuvres de mon ami Sandro Baguet
Notice de présentation:
Sandro Baguet est né en 1966. Il a participé à quelques expositions collectives : Club Achille Chavée, Maison des Jeunes de Bellecourt - La Hestre, salle du MOC de La Louvière, Collège Jean Jaurès de Lomme (France). Et aussi à quelques expositions d'Art Postal organisées par La Maison du Grand Nord (France). Il a collaboré aux revues Avancées, Plateau, Carte Blanche, Alternative Libertaire, Le Drapeau Rouge, Depli (F), Le Grand Hors – Jeu ! (F)… A réalisé les frontispices pour les recueils de Denys – Louis Colaux, La Baleine Morte chez Polder (F), et Tropiques de l’Unicorne aux éditions de l’Arbre à paroles ainsi que la couverture et quatre encres du recueil de nouvelles A Quatre Epingles aux Editions de l ' Imprimerie Provinciale du Hainaut. Pour en savoir davantage sur Sandro Baguet : http://sandrobaguet.skynetblogs.be

S.Baguet, portrait de DL Colaux, encre, 1994

Huile, 4 énigmes
Suite de trois nus, dessins




Homme au code barre

Terreur nocturne, encre et crayon, 2005

Deux en un, encre et crayon, 2005

Rouge et noir, gouache et encre, 2003

La Foire au pognon, encre et crayon, 1998

Doloroso, acrylique, 2006

Un Hurlement, acrylique, 2006

Le Dandy, acrylique, 2006

Tango tango, acrylique, 2005

Une Vénus, acrylique, 2006
16:36
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
11.07.2007
ANDRE TILLIEU
Mon ami André Tillieu, journaliste, nouvelliste, biographe de Georges Brassens.
Notice bio-bibliographique
André Tillieu : Né en 1924 à Tournai. Journaliste, chroniqueur, écrivain. Ami intime de Georges Brassens, on lui doit quelques ouvrages essentiels consacrés au poète sétois et notamment le remarquable Brassens - Auprès de son arbre édité successivement chez Julliard, Presses-Pocket, Claude Lefrancq Editeur et Ananké, mais aussi, aux éditions PAC, Brassens vivant, le succès dans la rupture et l'excellent Brassens, d'affectueuses révérences chez Arthemus ( ce livre recueille dix années de chroniques publiées par Tillieu dans la revue française Les Amis de Georges ). Vient de paraître chez Textuel un superbe coffret en trois cahiers, Les Manuscrits de Brassens, chansons, brouillons et inédits dont l'édition est établie et commentée par André Tillieu et Alain Poulanges. On doit aussi à Tillieu Cherche-Bonheur et autres nouvelles (Lefrancq Editeur), Le Noir d'Anvers (Editions IPH) et, dans la toute petite et très coquette collection du " Veilleur de nuit ", une superbe série de petits essais, hommages ou fantaisies : Un paroissien bien en selle, Alphonse Boudard - En guise d'adieu, En cassant la graine avec Georges Brassens, Louis Nucéra quitte la course !, Brassens et la Belgique, Un petit coin du panthéon poétique de Georges Brassens, Jean Giono - Pas une ride, De Liberchies à Carnegie - Django !

Le jour où Brassens a admis Tillieu au nombre de ses amis, il n'a pas perdu son temps. J'ai eu la chance d'approcher André, de présenter avec lui quelques soirées Brassens (chez les anars à Bruxelles, à l'auditorium Paul-Emile Janson), la chance d'être reçu chez lui, de lui consacrer quelques émissions radiophoniques, la chance enfin d'être tutoyé, de recevoir de lui des centaines de billets d'humeur et autres envois épistolaires, la chance de rencontrer Yvette, son épouse. André était un homme chaleureux, pétulant, toujours le verbe haut et fleuri. C'était un homme au langage et à la pensée élégants, à la mémoire toujours alerte, d'une intelligence pointue, d'un humour vif et doué d'un rire merveilleux. Il vous clouait le portrait d'un corniaud en un seul coup de marteau verbal. Mais c'était avant tout un être loyal, un ami fidèle, capable de rendre grâce et justice, toujours épaté d'avoir croisé le chemin de notre Sétois de prédilection. Personne n'a évoqué le Sétois avec cette distinction, avec cet à-propos, avec des moyens aussi adaptés à l'ampleur de la tâche. Sa biographie est poignante, tonique, stylée. Je la place au sommet de la pyramide des ouvrages consacrés au Bon Maître. Ses chroniques brasséniennes, compilation des articles rédigés pour le compte de la revue parisienne Les Amis de Georges ( 13, avenue Pierre Brossolette, 94400 Vitry Sur Seine), sont d'une saveur et d'une perspicacité rares.
André Tillieu et Denys-Louis Colaux dans le salon Brassens à Uccle. André tient en main une guitare de Brassens. Tout autour, des albums et des ouvrages hérités du poète sétois.

PETIT LIEU DE MEMOIRE

André cherche une photographie

Toujours en quête d'un ouvrage, d'un extrait de texte qu'il lit à merveille

Je me souviens, on regardait sa collection de Giono

Une maison habitée par les livres

Dans le salon du premier. Une pensée pour Yvette

"Eh, oui, mon vieux !" (Les courriers d'André commençaient souvent par cette amusante aspostrophe : "Mon Vieux ...")
Brassens, d'affectueuses révérences (chroniques des Amis de Georges) Arthemus

Dos de couverture de Brassens, d'affectueuses révérences
Est-ce trop demander...! Sur mon petit lopin, / Plantez, je vous prie, une espèce de pin / Pin parasol, de préférence, / Qui saura prémunir contre l'insolation / Les bons amis venus fair' sur ma concession / D'affectueuses révérences. (G. Brassens,Supplique pour être enterré à la plage de Sète)

Ci-joint, un exemplaire de la revue française Les Amis de Georges dans laquelle André sévissait avec l'autorité d'un esprit éclairé, revue à laquelle j'ai souvent contribué. Dans le numéro 81 de septembre-octobre 2004, nous avons été contraints, la larme à l'oeil, d'insérer le cher nom d'André dans la rubrique nécrologique.
Visitez le site des Amis de Georges:

Je reprends ici le message d'adieu que j'ai publié dans ce numéro de la revue:
J'ai eu l'honneur, il y a de cela quelques années (en 91), d'être "naturalisé ami" oar André Tillieu, devenu pour moi, dans notre intimité épistolaire, mon André des étoiles. C'est d'abord son remarquable Auprès de son arbre qui, pour interview, m'a permis de le rencontrer. (Par la suite, j'ai tout lu de lui, je crois).
Ensuite, on s'est revu à Uccle, on s'est téléphoné (je me souviens avec tendresse de ce bel instant où André m'a invité à le tutoyer), on s'est écrit, on a mené ensemble quelques belles aventures brasséniennes (conférences, hommages, présentations de spectacles, émissions radiophoniques) et c'est lui qui m'a incité à collaborer aux Amis de Georges.
Et puis, ce lundi 24 mai à 18 heures, Yvette m'a téléphoné, elle m'a dit : "Je vais te faire mal!". J'ai retenu mon souffle et elle m'a annoncé la mort d'André. Son André. Le mien aussi, d'une certaine façon. Et j'ai eu terriblement mal. Pour elle, pour la chère Yvette. Pour moi-même, comme douloureusement amputé. Voilà un type qui m'a plu. Et je ne puis m'empêcher d'écrire que voilà un type qui me plaît. On s'est confié l'un à l'autre. On échangeait des impressions de lecture. Un lecteur impénitent, André, et d'une rare perspicacité. Il m'a préfacé. Je l'ai préfacé. Je l'estime, André, profondément. Sa loyauté, sa fidélité, sa clairvoyance, sa générosité et jusqu'au ton chantant de sa voix, tout m'a plu dans l'homme.
Avec ça, pour dire Brassens ou pour ourdir ses chroniques ou ses nouvelles, André avait affuté une sacrée plume. Il avait une patine, Tillieu, une façon. Je devais, pour une maison d'édition belge, préfacer un important recueil de ses chroniques. André et Yvette avaient agrée cette préface. Pour la raison que certains éditeurs se révèlent parfois des cancres de concours, l'ouvrage, d'abord imminent, a été différé et finalement annulé. La préface reste et j'ai pensé que peut-être, en guise de salut, vous accepteriez de la publier. (Cette préface a été publiée in extenso dans le même numéro 81). C'est mon acte de foi dans le talent d'André. Je peux dire les choses sans pathos, je ne puis les dire sans émotion : je suis heureux d'avoir croisé la route de cet homme, il portait une sorte de noblesse sans particule, patiemment acquise, il avait le goût de la littérature, j'aimais sa santé intellectuelle, son humour parfois frotté d'ironie et, par-dessus tout, sa chaleureuse et clairvoyante humanité.
Respectueusement et dans la peine, Denys-Louis Colaux
Aujourd'hui encore, je n'écoute pas une chanson de Brassens sans que le bon visage de Tillieu m'apparaisse pour insister, avec une mimique catégorique, sur le cisèlement du vers ou l'élégance du pastiche. L'autre jour que je réécoutais pour la centième fois Mourir pour des idées, la voix d'André me soufflait à l'oreille, pendant que Brassens chantait Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez, / Et c'est la mort, la mort toujours recommencée, ces quelques mots : "Là, il a réuni Anatole France et Valéry, écoute comment il pastiche l'autre Sétois". Vrai, le vers de Valéry disait : La mer, la mer toujours recommencée !
Petite bibliothèque Tillieu


Un ouvrage d'Agnès Tytgat préfacé par André

Deux belges considérables dans le giron de Brassens, José Stroobants (photographe attitrée) et Tillieu. Le présent ouvrage est signé José Stroobants, André Tillieu et Pierre Louki.

Claude Lefrancq éditeur, Bruxelles, 1991

Iph éditions, Jumet, 2001
20:38
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
10.07.2007
LAURENCE BURVENICH
Bienvenue dans la galerie Burvenich. De nouvelles oeuvres ne vont pas tarder à donner une âme à cet espace.

Kiki de Montparnasse
Laurence Burvenich est une petite créature parfaitement visible à l'oeil nu. C'est un être charmant, une hôtesse douée pour la préparation des thés et la cuisson des gâteaux exotiques. Jusque dans la confection de ses omelettes (totalement baroques et exquises) qu'elle agrémente de légumes inconnus, elle est dévorée par la passion des couleurs et de la composition.
Derrière une voix presque fluette est embusqué un être harcelé par l'ange et le démon de la peinture. Laurence est un être qui, sous des apparences presque humaines et tout à fait gracieuses, est en perpétuelle ébullition, qui vit et halète dans l'irrémédiable démangeaison de la création. Elle cherche infatigablement une représentation du corps, de ses formes, de ses plis et replis, de ses ombres, de ses clartés, elle y cherche l'âme et le masque même du geste, elle y cherche une vérité formelle tout autant qu'une pensée, une allure tout autant que l'affleurement d'un destin.

Autoportrait
A l'écart de tout exhibitionnisme, son nu devoile quelque chose d'existentiel, une sorte d'émouvante poésie de l'être dénué de son apparence. De la même façon que, dans ses paysages, les arbres semblent traités en sujets, les corps qu'elle peint sont aussi des panoramas, des lieux mystérieux, des terres inconnues. Les corps, qu'elles posent sur des panneaux, semblent prendre pour grain de peau les empreintes du bois. Sans nier la sensualité de ses oeuvres, on ne peut se défaire de cette idée que le corps qu'elle peint lui est un aliment spirituel, que chaque nouveau corps peint est un nouveau pas franchi vers la connaissance et l'impossibilité de connaître. L'oeuvre semble une approche, une perpétuelle approche du corps en tant que dernier paravent d'un mystère. La nudité selon sainte Burvenich dit ici, de mille superbes façons, ce voilement ultime et fascinant. Je ne m'étonne plus de la passion de Laurence Burvenich pour la danse car son oeuvre danse sans fatigue, avec grâce, autour du sujet du corps.
Autportrait de mon amie, l'artiste peintre Laurence Burvenich.

Dialogue III
Paysages du Magne (Grèce). Le génie même de la couleur. Un état de grâce.

Vieilles bâtisses d'un village du Magne.

Suite de nus, L. Burvenich





23:38
Écrit par dlc
dans amitiés |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|






























