Alain Adam

  • Alain Adam (suite)

    ALAIN ADAM

    Le 11 avril 2014, le peintre belge Alain Adam nous quittait sans l'ombre d'un préavis. Je lui consacre un vaste espace afin de perpétuer son formidable univers pictural qui va de l'expressionnisme abstrait au dessin et à l'aquarelle. Il y a ici une longue suite d'articles et une impressionnante série d’œuvres afin de permettre une approche nourrie et vaste de son travail. Je vous invite donc à déambuler dans les nombreuses galeries que je consacre respectueusement à cette oeuvre considérable. J'ai aussi à cœur de perpétuer notre amitié. Pour ce faire, j'inaugure aujourd'hui un nouvel espace.

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  • Alain Adam (Arenas)

    A l a i n    A d a m

    ARENAS

    5 pastels sur papier

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  • Pour Alain Adam

    M o n   V i e i l   A p a c h e

    Pour Viih, sa fille bien-aimée, auteure des photographies reproduites ici
    Pour Geneviève, sa plus fidèle et loyale amie
    Pour tous ceux de la bande, Jo, Robert, Annette, Jean-Marie

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    Mon vieil Apache
    le bateau de notre aventure
    sombrait dans l'eau du port
    loin devant s'éteignaient
    les lampes du café des dunes
    le Pérou s'enfonçait
    accroché à la coque
    et j'entendais déjà
    ou je croyais entendre
    le geignement sourd de l'épave
     
    Et le silence qui venait
    roulait comme les funérailles
    d'un scaphandrier à la nuit
     
    Je parle d'un Pérou
    qui tient tout entier dans la paume
    quatre tableaux vendus
    et la gloire
    qui s'assoit
    deux secondes sur tes genoux
    mon vieil Apache
    la gloire
    baronne demeurée putain
    aristo au trottoir
     
    L'humilité rapplique
    une giclée plus tard
    l'humilité
    c'est un destin
    frangin l'humilité
    la salope est fidèle
    on se fait à sa geste
     
    On ne cherchait pas les couronnes
    jamais
    nous autres
    avec les sceptres
    on fait la chasse aux mouches
     
    Nous sommes la bohème
    à l'écart des cocktails
    et des civilités
    nous sommes
    des brebis réfractaires
    au peigne de la filature
    nous n'en avons jamais fini
    avec le goût de peindre
    avec le goût d'écrire
     et tout en nous s'oppose
    à notre épuisement
    et nous mourons
    inépuisés
     
    Mon vieil Apache
    mon matelot
    la mer oh la mer ce soir-là
    au fond du mois d'avril
    la mer à l'instant du désastre
    c'est un évier un urinal
    c'est l'avaloir
    par où tout espoir et tout sang
    s'écoulent 
     la mer
    mon marin mon corsaire
    oh la mer ce soir-là
    c'est la détresse
    masquée de rage
    c'est du chagrin au large
    c'est le monde persécuté
    par une absence
     
    Cette nuit j'aurais peint
    la jetée tout entière
    avec ma propre bile
     
    Je dis qu'il ne faut pas
    séparer le chant de la plaie
    je veux pour te commémorer
    ériger au large d'Ostende
    où môme j'apprenais la mer
    à grandes pompées de vent vert
    je veux ériger au large d'Ostende
    un voilier catafalque
    claquant comme un grand combat de cymbales 
    je veux pousser au loin
    un mausolée insubmersible
    ourlé d'algues de méduses et de sirènes
    je veux lever au ciel 
    un très grand oiseau peint
    avec du sang d'Apache
     
    Il me faut à présent
    pour me bercer de toi
    des voix de femmes des chansons
    des marches solitaires
    et au loin devant moi
    des convois de pianos lents
    vraiment imaginaires
     
    Mon vieux pirate Apache
    mon capitaine au cours interrompu
    le temps désormais entre tes paluches
    est vrai comme une autruche
    guérie du désir de voler
     
    Mon vieil artiste évanoui
    je me parle de toi
    inconsolé
    aigre comme un pinard vieilli
    ému privé de voix
    je m'assois et j'écoute
    j'entends dans tes tableaux
    dériver le charroi
    des continents déboulonnés
    j'entends ta main sculpter
    les flancs immergés de l'iceberg
    que fait sur l'eau
    avec des cortèges de fleurs
    le passage d'une vie d'homme
    j'entends ton pinceau tisonner
    l'âtre froid des étoiles
    le foyer chaud de la maison
    j'entends encore
    ta vie qui tire
    ta vie qui pousse
    ta vie qui tangue
    ta vie qui sue à peindre
    et à chercher
     
    Je m'assois et j'écoute
    nager les yeux des femmes
    danser leurs épaules leurs seins
    dans l'eau savante de tes aquarelles
    je vois ta passion d'elles
    et je m'en vais heureux
    oui heureux malgré tout
    comme grisé d'iode
    et de Rochefort 10
    le long des chemins buissonniers
    où tes icônes flottent
    petites fleurs pirates
    écloses dans ma nuit
    que leurs lueurs ravissent

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    Légendes de chevalet

    à Alain

    Ton Œuvre

    Longs mariages sur la mer
    des grands épouvantails
    du soir
     
    Chemin perdu
    des aqueducs au vent
     
    Naissance au crépuscule
    de la porcelaine des gestes
    que rompt
    le marteau de la liberté

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    Tes grands travaux abstraits

    Masse des songes
    des cris
    assis
    sur la débâcle
    des glaciers et des terres
     
    Losanges des soleils
    grands trapèzes de l’ombre
    lourds troupeaux de désordre
     
    Parcelles de couleurs
    contre tout contre
    la clôture acérée
    du réel
     
    Et pendaison
    aux longs cous des pinceaux
    de la morale des notaires
     
    Je saluais alors
    les grandes effigies
    de ton âme changeante
    intègre
    intègre comme
    la lumière d’un an
    tout un an de lumière
    sur le cycle des villes toujours retournées
    qui fonde
    l’axe flexible
    de ton grand atelier

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    Le Passage

    Après la pluie
    la mer entre plus aisément dans l’huile de la nuit
    Un semis d’oiseaux noirs doucement escorte et annonce
    la légère litre de deuil
    qui va planer sur le tableau
    et l’invention de la lumière
    qui le fécondera
    La valse savante du bras orchestre l’admission
    de l’éphémère et du furtif
    dans l’âme sensible du temps

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  • Avec Alain Adam

    J A M B A G E S   D U    R E G A R D

    DANS L'OEIL DU GÉOMAÎTRE

    Liminaire

    A Geneviève, Hellen et Viih 

    Mon vieil Alain, quand on aime, on ne compte pas, on ne mesure pas, on ne tarit pas de chants. Le temps ne fait pas entrave, il n'oppose rien d'infranchissable. Le chagrin persiste, quand on aime, il tient tête à tout, à la ruine, il est d'une émail qu'on ne raye pas. Quand on aime, on sent le profond de l'abîme. Quand on aime, les offenses ont le poids des gazouillis à la fenêtre. Les soutiens ont des parfums de forêt céleste. Quand on aime, on suit et on précède. Quand on aime un vieux peintre, un fameux et lourd talent, quand on aime un vieux barbu mort ainsi, en dépit des sentiments du monde entier et des miens, on fait de la musique sous son balcon, sous le château de son absence, on compose à son chevalet, dans les couloirs de sa galerie. On n'en finit pas. Me revoici avec toi, vieux frangin, dans le projet, soutenu par d'autres, de l'extension de ton oeuvre.

    Une nouvelle voile vient de prendre place dans la mâture du voilier d'Alain :

     http://www.leboudoirdubassin.fr/alain-adam-peintre/

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    Souvent je pense que
    tombé à bas de ton fauteuil
    au fond de ton salon
    dans tes voilures de fumée
    tu es entré dans la mer
    tu es entré dans ta vocation tardive d'hippocampe
     de cheval d'eau se délayant
    dans le galop de ses éclaboussures 
    tu es entré
    comme la lune en alchimie
    dans l'huile vivante
    du golfe de tes œuvres

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    Je dis
    marin de l’abstrait
    vieille figure de l'enfance
    tout récent passé
    mât pinceau de lent jazz
    Je dis
    buveur de bleu infusé de bleu
    fildefériste
    en course sur le fil de l'eau
    de l'aube
    de l'onde en feu
    en fonte
    Je dis
    grand échassier peintre
    debout sur les tessons du déséquilibre
    Salut

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    Debout dans la nuit
    juste devant
    les longs cils de la nuit
    je m'assois dans la galerie
     
    Longs mariages sur la mer
    des grands épouvantails
    du soir
     
    Chemin perdu
    des aqueducs au vent
     
    Naissance au crépuscule
    de la porcelaine des gestes
    que rompt
    le marteau de la liberté

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    Masse des songes
    des cris
    assis
    sous la débâcle
    des glaciers et des terres
    mêlés à des assauts de ciel
     
    Losanges des soleils
    grands trapèzes de l'ombre
    lourds troupeaux de désordre
     
    Parcelles de couleurs
    longs champs métis
    drapeaux de nuit
    tous entre eux suturés
     
    Et pendaison
    aux longs cous des pinceaux
    de la morale des notaires

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    Je saluais alors
    et je n'ai plus cessé
    les grandes effigies
    de ton âme changeante
    intègre comme
    un an de lumière
    sur le cycle des villes
    toujours retournées
    qui fonde
    l'axe flexible
    de ton grand atelier

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    Lent galop dans
    la cendre de la neige
    dans le volettement 
    des flocons de charbon
    Dansante procession
    sur des copeaux de fleurs
    et des clous de cercueil
     
    Toujours
    tu tends
    et tu étires
    et tu chiffonnes
    et tu compresses
    à l'aune de ton caoutchouc
    les états de ton âme
    mêlés
    aux formes bousculées
    du monde
    Sans cesse tu inventes
    le marc de la géométrie 
  • Alain Adam

    Alain ADAM : artiste belge, peintre expressionniste abstrait. Organisateur du chaos, équilibriste du déséquilibre, aventurier de la couleur, il est aussi un contemplateur et un interprète exalté de la mer. Il est encore un aquarelliste délicat, un merveilleux transcripteur de l'intensité émotionnelle. Né à Charleroi en 1952, il y décède le 11 avril 2O14.

    De mon côté, je persiste à recueillir, à engranger, à faire voir l'oeuvre. Je compose des galeries. Pour l'exposition de Bordeaux en septembre, notre amie commune, Geneviève Halftermeyer-Pawlak et sa fille, indispensable dans la gestion technique de la mission, auront mis au point le site d'Alain, ce sera une merveilleuse porte sur son parcours et son oeuvre. Le lieu où l'on pourra le découvrir.

    http://alainadampeintre.com/ 

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