24.07.2007
Ailleurs et Annick

AILLEURS & ANNICK

Deux angelots chers à mon coeur : Annick et Sonja
Album sur des marines et un paysage de Laurence Burvenich

Il faut ici marcher sur les frêles coquilles d'oeufs du vertige, chercher dans l'immense, dans le soupçon, se pencher à d'étranges fenêtres. Il faut aller doux, dans le meilleur de sa propre soie, dans le bleu délayé d'ecchymose et d'azur. Il faut héler des échos qui paraissaient échoués.

Il faut ici trouver l'écurie bleue où dorment les hippocampes. Il faut rejoindre l'oiseau à l'instant précis et unique de son essor. Il faut s'asseoir aux côtés de l'ange envolé de la réalité. Il faut, ainsi qu'un trésor, inventer le filet pêché. Il faut deviner l'hôtesse de l'aube, renouer le fil de l'eau sur lequel l'équilibriste s'avance et se retire.

Il faut que coïncident la neige et l'onde, l'écume et la seconde, l'oreiller et l'horizon. Il faut entre là-bas et là-haut jeter un grand éventail d'ailes et de pioches. Il faut un grand feu de chandelles. Il faut ces grandes diligences d'eau qui reviennent.

Il faut recueillir dans sa paume la paupière du rayon vert. Il faut regarder passer la lourde locomotive de la nuit. Comme on peut, si mal, s'entendre avec l'évanescence. Il faut répéter, lever, opposer un non catégorique.

Il faut. Je ne sais pas. Comme une main dans un gant, pousser son âme dans la cendre, le pollen, la braise ardente des fleurs. Ouvrir ce pli dans lequel le poème semble avoir disparu. Il faut la foudre d'aimer, il faut la lancinance d'aimer. La fête, la misère, la poussière, le seul chevet que c'est, d'aimer.

23:14
Écrit par dlc
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