Denys-Louis Colaux

  • Hélène Bénardeau - suite

    H é l è n e   B é n a r d e a u

    P r é s e n t a t i o n

    En partage avec mon amie Christiane Mégel

    http://lacrabahuteuse.fr/

    https://www.facebook.com/helene.lacrabahuteuse

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157674562648936/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157662720206603/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157644489865246/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157644323165896/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157638324870883/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157644386361863/

    https://www.flickr.com/photos/100093610@N02/sets/72157635866672796/

    a hélène d.jpgD'abord, j'invite instamment le visiteur du blog à consulter les références à l'oeuvre photographique d'Hélène Bénardeau. Il en comprendra la qualité, l'originalité et l'âme.

    Née en 1970, Hélène Bénardeau, mère de Tom et Matisse, enseignait l’espagnol et habitait à Ingrandes, dans le Pays de la Loire. Lors de son troisième épisode cancéreux, Hélène décide de passer à l’abordage et conçoit l’idée de son blog La Crabahuteuse (http://lacrabahuteuse.fr/). Ce même blog deviendra en 2011 un ouvrage chez Jacques Flament, dans la collection L’air du temps,  Il est moins tard que tu ne crois, Carnet de bord d’une crabahuteuse. Ce livre formidable a été extrêmement profitable à toute une tribu de sœurs de déveine.

    Hélène est un être pas ordinaire du tout. Elle est douée d’un tempérament fort, d’une ligne d’esprit agréable à l’œil et musclée, tenace. Elle sait tenir tête à l’adversité. Elle a eu besoin de puiser dans ses réserves, la maladie l’a longtemps tourmentée. Elle aime depuis toujours les livres et petit à petit, dans un réjouissant éclectisme, le jazz, la chanson française, le rock, le reggae, etc. Elle s’impose à vous par une nature volontaire, robuste et élégante. C’est une très belle femme, ses yeux, malgré une évidente force de malice, émettent de la musique et portent à rêver  Ses talents de photographe prouvent qu’elle en avait le meilleur usage. Son visage lumineux et séduisant exprime une féminité épanouie, la présence d’un goût pour la poésie, une grâce exhaussée de quelques indices de cynisme. Débarrassée de ses beaux cheveux par les traitements agressifs, elle demeurait supérieurement belle.

    La distinguent encore un puissant instinct maternel et, révélé par son blog et son livre, un réel ressort littéraire, la pratique d’un humour alerte et inspiré, une aptitude à la colère et au cabrement. Et merveille des merveilles, que les vacheries du destin font apparaître, Hélène est douée d’un sentiment élevé de la solidarité. Elle fonde une tribu. Toujours d’une humilité tranquille, elle plaide, elle aide, elle explique, elle assiste, elle désigne, elle salue, elle proteste, la main avec laquelle elle écrit devient littéralement une main secourable. Autour de son îlot virtuel, de grands golfes de sentiments circulent, les gens la hèlent, l’appellent, elle est accueillante, sororale. Elle s’invente une autre vraie famille, une cohorte de femmes blessées, reconnaissantes,  rallient son panache couleur Loire. Elle réussit quelque chose de somptueux, de chaleureux, de chevaleresque. Toujours à sa façon, dans sa geste singulière, sans faire fi de ses humeurs, de ses tournures d’esprit, de son goût pour le style et les formulations soufrées. Son outil est affûté, paré pour les grands défis littéraires. Il y a en elle, avec ce que cela comporte de grâce, de poésie et de dignité, de la Doña Quichotte.

    a hél a.jpgHélène aime et pratique les chevaux, elle chérit les chats, son cœur palpite au passage des félins de poche, elle aime les chiens aussi, elle crée avec les fleurs de délicieux rapports d’affection et de complicité. Elle a le sens inné de la composition florale. Elle assiste, patiente et séduite, au mûrissement superbe de ses roses. Elle aime la Loire, l’âme lente et liquide de la Loire, ses faunes et ses flores, ses longs draps spéculaires, ses incendies, ses vapeurs d’aube, ses cieux et leurs nuanciers subtils. C’est beau, c’est touchant comme elle la regarde, sa Loire, durant de longs et amoureux affûts, en collectionneuse de tableaux, en orpailleuse d’or immatériel. Et ému, je songe que si le Rhin a sa nixe, Lorelei, la Loire a sa nymphe, Hélène..Hélène, sirène de la Loire. Elle cueille ce sublime qui est à sa portée, à deux pas d’elle, à deux coups d’ailes, elle le reconnaît, elle le célèbre. Enchantée, elle enchante à son tour. Elle comprend le rythme de ces eaux et de ces lieux, leurs variations visuelles et sonores, leurs coulées paisibles, leurs mouvements de conquête et de crue, elle les fait siens, un mimétisme opère entre Loire et Hélène.

    Hélène (et je me ressouviens du recueil de René-Guy Cadou, Hélène ou le règne végétal) est sensible et réceptive à toute forme de vie : un arbre, un brin d'herbe, un épi, une libellule, un fil de lumière, une perle d'insolite, un oiseau, tout en haut le bulbe de la lune. Elle y recueille de la grâce, de la danse, de l'oeuvre, une raison d'être, une participation intime et charmante au manège du monde. Aussi, elle a un sens extrêmement développé, affûté et esthétique du signe, de la silhouette, du hiéroglyphe, du langage aléatoire et poétique des formes.  

    Et, bien que, hélas, mille fois hélas, la belle Hélène ait pris son envol vers ailleurs ce 5 février 2017, il nous est donné de participer aux magies de son regard et de son cœur, il nous est donné encore de feuilleter ou de parcourir (puisque, désespérément, le livre tarde) le respectueux recueil de quelques-unes de ses somptueuses captures. Le livre tarde, ai-je écrit. Il tarde à mes yeux et à mon âme parce qu’il est pour moi l’outil supérieur de la célébration, de la reconnaissance et du respect. Qu’on sache pourtant que pendant que j’écris ces lignes, je me sens douloureusement sensible au chagrin des proches, à la douleur lancinante et terrible de ceux et celles qui se trouvent dépossédés d’un être indispensable et chéri. Devant ce désastre terrible, mon rêve de livre, qui persiste et se cherche des issues, se sait aussi mineur qu’inflexible. 

    a hel b.jpg

    a hel c.jpg

    a hel d.jpg

    a hel e.jpg

    a hel g.jpg

    a hel f.jpg

    a hel h.jpg

    a hel i.jpg

    a hel j.jpg

    a hel k.jpg 

    Un poème d'Hélène

    L e   s a b l i e r

    (2011)

    Les heures et les secondes

    Qui filent et se fourvoient

    Les creuses, les vagabondes

    Celles que préfère mon chat,

    Tournicotant, tranquilles

    Me glissant dans les doigts

    Comme le sable, agiles

    Traquant les falbalas

    Poussières des temps fragiles

    Innocentes, intrépides,

    Flèches légères, futiles

    que l’enfance dilapide

    Grains solidaires, infimes

    Que le grave éternise

    Que le doute, les énigmes

    Tamisent à leur guise

    Trame de perles faucheuses

    Qui sur nos peaux sillonnent,

    Creusant les ruelles sinueuses

    Qu’empruntent tous les hommes

    D’éclats de rire limpides

    En sanglots pathétiques

    De surprises candides

    En colères volcaniques

    Petites gouttes hémophiles

    Qui passent en vous priant

    De rendre indélébiles

    Leurs trépas incessants

    De croire que leur décompte

    Qui vous sera fatal

    Est comme du temps la fonte

    Comme du présent le râle

    Billes de sel cloîtrées

    Dans leur écrin de verre

    Que l’on croit amadouées

    Parce que faites prisonnières

    Qui coulent, même immobiles

    Sur l’endroit comme l’envers

    Qui tirent sur le fil

    Qui tricote votre hier

    Rendez les donc précieuses

    Uniques et singulières

    Ces heures impétueuses

    Qui deviendront Naguère,

    Antan et Autrefois,

    Bagatelles et chimères,

    Comme vous comme moi. 

    Hélène Bénardeau

    a hel l.jpg

    a hel m.jpg

    a hel n.jpg

    a hel o.jpg

    a hel p.jpg

    a hel q.jpg

    a hel r.jpg

    a hélè 1.jpg

    Q u e s t i o n n a i r e

    Pour le site de notre éditeur commun, Jacques Flament, Hélène avait préféré répondre au questionnaire plutôt que de rédiger un autoportrait. Son art de la réponse constitue un merveilleux autoportrait.

    Quel est votre trait de caractère majeur ?
    Sévèrement atteinte d’Électronite libre.
    Quelles sont vos qualités préférées chez un homme ?
    La bienveillance. L’autodérision. L’intégrité.
    Quelles sont vos qualités préférées chez une femme ?
    La bienveillance. L’autodérision. L’intégrité.
    Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?
    Leur présence.
    Quels sont vos principaux défauts ?
    Trop péremptoire en phase passionnelle. J’espère que ce n’est pas incurable et que les coups pris sur la tête ou que les années qui passent me donneront l’antidote. Trop Saint-Bernard. Mais je me soigne. Je fume. Fumais. Refume.
    Quelle est votre occupation préférée ?
    Ramasser des bois flottés sur les plages et leur boutiquer une seconde existence avec les moyens du bord.
    Quelle est votre idée du bonheur ?
    Buller délestée de toute nostalgie, bien campée dans le présent, avec un amoureux qui râle en fond sonore après sa mayo qui ne prend pas, un chat sur le ventre qui roumione de bonheur sur mon transat en terrasse, un grillon qui se demande si il pointe à 19 ou 20h, des roses en pagaille sur la claie en osier, une carte postale de mes loulous qui barbottent en bord de mer posée sur le guéridon et Chet Baker qui funnyvalentine loin de sa fenêtre de malheur.
    Quelle est votre idée de la misère, du malheur ?
    Perdre un enfant. (au propre comme au figuré). Perdre son autonomie. S’oublier par amour. Se mélanger les pinceaux dans la hiérarchie des auxiliaires être et avoir.
    Si vous n’étiez pas vous-même, qui aimeriez-vous être ?
    Mon chat.
    Où aimeriez-vous vivre ?
    Je suis merveilleusement bien là où je vis. Mais je pourrais vivre dans bien des endroits, du moment qu’il y ait de l’eau à proximité.
    Quelle est votre couleur favorite ?
    Celle de la Loire.
    Quelle est votre fleur favorite ?
    La rose, mais la gogane, l’agapanthe, le lilas, le tiaré, les fleurs des champs la talonnent de bien près sur le podium.
    Quel est votre animal préféré ?
    Le chat, incontestablement.
    Quels sont vos auteur(e)s préféré(e)s ?
    Stefan Zweig, Gabriel Garcia Marquez, Vargas LLosa, Milena Agus, Luis Sepulveda, Alessandro Barrico, Herman Hesse, Saint Ex… Il y en a trop. Depuis gosse, je suis aussi hypnotisée par les livres qui tournent autour de la Shoah.
    Quels sont vos héros de fiction préférés ?
    Le petit Prince.
    Quelles sont vos héroïnes de fiction préférées ?
    Mafalda.
    Quels sont les derniers livres que vous ayez lus ?
    La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre
    Ainsi mentent les hommes, de Kressman Taylor.
    Les théorèmes du Port de la lune, de Bernard Manteau.
    Personne, de Gwenaëlle Aubry.
    Quels sont vos acteurs préférés ?
    Philippe Noiret, Claude Rich, Albert Dupontel, Jacques Gamblin, Jacques Spiesser, Mickael Lonsdale, Massimo Troisi, Jeremy Irons…
    Quelles sont vos actrices préférées ?
    Romy Schneider, Annie Girardot, Jean Seberg, Ludmila Mickaël, Mélanie Laurent, Anne Consigny, Catherine Frot, Sandrine Kiberlain…
    Quel(le)s sont vos metteurs en scène préféré(e)s ?
    Agnès Jaoui , Zabou Breitman, Tim Burton, Clint Eastwood (même si le gars commence à me fatiguer), Albert Dupontel, Almodovar, Hitchcock,…
    Quels sont vos films préférés ?
    Le facteur, de Michael Radford.
    La vie des autres, de Florian Henckel Von Donnersmarck.
    Les vestiges du jour, de James Ivory.
    Et au milieu coule une rivière, de Robert Redford.
    Dans ses yeux, de José Luis Campanella… trop long.
    Quels sont vos chanteurs préférés ?
    Euh non. Là, je n’y arrive pas. Mes goûts sont beaucoup trop éclectiques pour que j’en nomme en oubliant les autres (chanson française, classique et moderne, pop rock, latino, un peu de classique mais pas beaucoup, reggae, vieux coucous espagnols, jazz, jazz manouche, etc. Même en ne citant que les grands courants, je n’arriverais pas à mettre de hiérarchie !)
    Quelles sont vos chanteuses préférées ?
    Idem.
    Quel(le)s sont vos musicien(ne)s préféré(e)s ?
    Alberto Iglesias. Django Rheinart. Goran Bregovic, Erik Satie, etc.
    Quels sont vos héros dans la vie réelle actuelle ?
    Ceux qui ont encore l’insolence de rêver. Ceux qui osent être insolents tout court.
    Quelles sont vos héroïnes dans la vie réelle actuelle ?
    Idem.
    Quels personnages de l’histoire aimez-vous le moins ?
    Ceux qui ont tout fait dans le seul but d’y rester graver.
    Quels sont vos héros dans l’histoire du monde ?
    Robert Badinter, Nelson Mandela, les Justes… trop long.
    Quelles sont vos héroïnes dans l’histoire du monde ?
    Virginia Hall, Nelly Bly, Fridha Khalo, Helen Keller… trop long.
    Quelles sont vos boissons et nourritures favorites ?
    Le Madiran, le Tariquet premières grives, un p’tit Sauvignon avec une douzaine d’huîtres, les fruits de mer en général, le Coca-Cola (mais le vrai) l’eau qui pique, le chocolat, les fraises Tagada, les nounours guimauve, les pistaches, les tartines de pain frais beurrrrrrrrrées, les gambas, le foie gras, l’oeuf à la coque…
    Que détestez-vous le plus ?
    L’hypocrisie. La méchanceté. La bêtise
    Quels sont les personnages historiques que vous détestez le plus ?
    Les bourreaux. Les résistants de dernière minute qui sentent qu’ils vont être en retard pour la photo.
    Quel est le fait d’actualité qui vous a le plus marqué ?
    Les résultats du premier tour des présidentielles en 2002. La bête immonde me fait peur. Elle rampe toujours.
    Quel est le don naturel dont vous voudriez être doté(e) ?
    Avoir l’oreille absolue pour pouvoir jouer d’un instrument sans passer par la case solfège !
    Comment aimeriez-vous mourir ?
    Sans regrets.
    Quel est votre état d’esprit présent ?
    Je suis comme un suricate converti au boudhisme. Je m’inquiète tranquillement.
    Pour quelles fautes avez-vous le plus de tolérance ?
    Pour celles dont je connais les racines.
    Quelle est votre citation favorite ?
    Une parmi d’autres : « Vous pouvez vous désoler que les roses aient des épines, mais vous pouvez aussi vous réjouir que les épines aient des roses. » (Tom Wilsom) Mais j’avoue que le : « Il y a des métastases qui se perdent » desprogien m’échappe assez souvent.
    Quels sont vos pays préférés ?
    Aucun. J’adore le mien, mais j’ai trouvé du charme à tous ceux que j’ai pu visiter.
    Où écrivez-vous ?
    Dans mon lit ou près du feu ou dans mon jardin.
    Quand écrivez-vous ?
    N’importe quand.
    Avez-vous des manies quand vous écrivez ?
    Non. À part celle d’oublier  régulièrement de boire mon café tant qu’il est chaud et celle de fumer beaucoup trop.
    Que représente pour vous l’écriture ?
    La Mary Poppins la plus efficace du monde pour faire le ménage.
    La façon la plus spontanée pour moi de communiquer.
    Un bouclier contre les tsunamis émotifs.
    Un stratagème pour obliger ma cervelle à tourner moins vite.
    Une cordée qui permet aux autres d’escalader ma face nord sans être trop chagrins.

    Hélène Bénardeau

    a hélè 2.jpg

    a hélè 3.jpg

    a hélè 5.jpg

    a hélè 6.jpg

    a hélè 7.jpg

    a hélè 8.jpg

    a hélè 9.jpg

    a hélè 10.jpg

    a hélè 11.jpg

    a hélè 12.jpg

    a hélè 13.jpg

    a hélè 14.jpg

    a hélè 15.jpg

    a hélè 16.jpg

    a hélè 17.jpg

    a hélè 18.jpg

    a hélè 19.jpg

  • Frédérique Longrée - quelques collages

    Frédérique Longrée et des hypothèses

    a fred 13.jpghttps://www.facebook.com/Frederique.longree?fref=ts

    https://www.artmajeur.com/fr/art-gallery/portfolio/frederique-longree

    Frédérique Longrée est belge, de Namur, comme Rops, elle a vécu en Suisse, en nostalgie, elle vit en musique. Elle détient un master de musicologie, elle entretient des relations avec la poésie.  Moi, je pense qu'elle voit secrètement Frédéric Chopin et qu'ils entretiennent une amour étrange dans un ciel sonore et spatio-temporel qui n'appartient qu'à elle et lui. Si j'écoute la valse en la mineur, opus 34, numéro 2, le visage de Frédérique Longrée passe comme une lente voile à la fenêtre qui donne sur la mer ostendaise.

    https://www.youtube.com/watch?v=kqej24ywf9I

    Je n'écris sur elle qu'une vérité que je viens d'inventer, en soufflant sur la braise de mes doigts. Frédérique est une étrangère, issue d'une terre mélancolique, poussée et apaisée par le vent léger de ces pensées dont on ne laisse échapper que la vapeur ultime. Elle hante les cimetières, adore les pierres funéraires magistrales, les beautés nues inclinées sur le vertige de la mort, les éphèbes devant le précipice. C'est un Nocturne, Frédérique, un regard bleu où la musique se condense dans un instant maritime. Elle ne se sépare jamais de la mort, non plus. Sans doute est-elle sévère et douce, assise quelque part devant un lac immense, adossée, laissant à sa bouche fluer de frêles élans romantiques et noirs comme l'envol des pies, le feu des ardoises brûlées au soleil. Elle est aussi dans le tonnerre, dans le séisme du présent. Dans le silence feuilleté du livre. La feuille pincée, renversée soupire. Tonnerre et chuchotement du livre. Elle s'y tient comme sur l'épaule d'un épouvantail un geai arrêté. Je ne sais pourquoi, je la tiens à l'écart des machines. C'est affaire de tintement, il me semble qu'elle appartient au cristal. Un cristal de nuit. Je place toujours le cristal à l'écart des machines. Derrière elle, une herse brouille les indices, efface les pas, en pulvérise les traces. Il n'en reste que poussière. La poussière, c'est le début de la musique, la fin de la mémoire. Frédérique Longrée. Je ne la connais pas. Il y a au fond d'elle, - je présume, notre vie ne sert à rien d'autre -, des balançoires, des aunes de soie, la présence irréfutable et palpable du sang, du bleu par torrents et qui afflue vers le regard pour voir aux hublots l'allure de la mer sauvage. C'est une héroïne d'Edgar Allan Poe, c'est chez lui qu'elle a façonné ce visage musical, sévère, doux, féminin, nocturne, chez Poe et Chopin, à l'intersection d'eux deux. C'est là qu'elle a affûté son mystère, les lames de son mystère. Si elle me fait l'amitié de mourir avant moi (hélas, ce n'est pas vraisemblable du tout ! et ce voeu se distingue un peu de ma courtoisie ordinaire), je deviendrai son biographe le plus égaré. L'égarement, c'est la courtoisie des biographes. J'ai, pour aujourd'hui, retenu quelques travaux de collage pour la présenter. Parfois, aimable loisir, elle collabore avec Otto Ganz. Un cloison de ténèbres a présidé à leur rencontre. Plus tard, nous verrons,  nous recueillerons d'autres choses. 

    a fred 2.jpg

    a fred 3.jpg

    a fred 4 avec Ganz.jpg

    avec Otto Ganz

    a fred 5 avec ganz.jpg

    Avec Otto Ganz

    a fred 6.jpg

    a fred 7.jpg

    a fred 8 avec ganz.jpg

    a fred 9.jpg

    a fred 10.jpg

    a fred 11.jpg

    a fred 12.jpg

    a fred.jpg

  • Les Chroniques de l'Entonnoir- Une

    Chroniques de l’entonnoir - Une

    Suf & Nau – frage français

    a  chroniques de l'entonnoir.jpg

    P R E M I E R    J E T

    Si tout le monde avait méticuleusement  suivi mes instructions de vote, je vous fiche mon billet que mon candidat aurait gagné.

     

    Si au deuxième tour des élections présidentielles on trouve deux connards somptueux, orduriers, méprisants, il n’y a pas de doute,  c’est qu’on est en France.

     

    Le Français de base (ce cave qu’on voit donner des leçons sur Fb ou celui qui déambule dans une rue de Rouen, n’importe quel Français, en fait) est raciste, possédé par l’oseille, futé, soumis,malodorant, sournois, toujours rattrapé par son boomerang, peu scrupuleux sur l’hygiène (mentale ou corporelle), relativement ignare, insoucieux de l’Histoire. Il est conçu pour être entubé à répétitions.  

     

    Quelque chose apparente l’enfoiré, l’intellectuel, le cul bénit, le facho, l’abruti de concours, le terrassier, le maître de conférence, l’ecclésiastique, le ferblantier, l’indigent, l’écailler, l’aristo, le pignouf, le pédophile, le bidasse, l’épicier, le crétin, l’employé, le truand, le financier. Chacun d’entre eux fait partie de la grande famille électorale française.  

     

    Au lendemain des présidentielles, il faudra tondre une majorité de Français.

     

    Dédiabolisez le front, et, dans le même mouvement,, considérez que les djihadistes forment une armée régulière.

     

    D’entre tous les suppositoires, le Français choisit toujours le suppositoire à hélice.

     

    Une des plus touchantes manies françaises est celle qui consiste à manquer invariablement tous les grands rendez-vous.  

     

    J’apprends qu’un gigantesque projet de délocalisation est en cours. Le Panthéon, la croix de Lorraine, le Château de Chenonceau,  la dépouille du général et même le port du Havre vont être transférés à Hénin-Beaumont, juste à gauche de la cité Foch de la fosse n° 2 .  

     

    Villon, Rabelais, Montaigne, Montesquieu, Molière, Racine, La Fontaine, Voltaire, Diderot et d’Alembert, Beaumarchais, Balzac, Chateaubriand, Stendhal, Hugo, Flaubert, Rousseau, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Zola, Proust, Jaurès, Colette, Apollinaire, Camus, Char, Sartre, Breton, Eluard, Desnos, Beauvoir, Giono, Sarraute, Saint-Exupéry, Malraux et quelques autres viennent à l’instant d’introduire une demande de naturalisation pour obtenir la nationalité belge.

  • Les membres de The Family of Man (Clervaux, Steichen, 4)

    david seymour

    photographe polonais (1911-1956), cofondateur et président de Magnum, auteur de Children of Europe (1949), dècède en 56 alors qu'il couvre la crise de Suez.

    http://pro.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=CMS3&VF=MAGO31_10_VForm&ERID=24KL53Z58C

    a fm 1.jpg

    a fm 2.jpg

    a fm 3.jpg

    alfred eisenstaedt

    Photographe et photojournaliste américain d'origine juive allemande (1898-1995), il doit émigrer vers les States en 1935, il a, avant d'être obligé de quitter l'Allemagne, réalisé une photographie d'une rencontre entre Hitler et Mussolini, il devient une des stars de Life, c'est un portraitiste érudit, il signe des portraits fameux de Sophia Loren, Ernest Hemingway, Marylin Monroe, Churchill, Einstein, etc.

    http://www.photogriffon.com/les-maitres-de-la-photographie/Alfred-EISENSTAEDT/Maitre-de-la-photo-Alfred-Eisenstaedt.html

    http://www.cursumperficio.net/FicheE4.html

    a fm 4.jpg

    a fm 5.jpg

    a fm 6.jpg

    a fm 7.jpg

    a fm 8.jpg

    Mère et enfant dans Hiroshima

    arthur leipzig

    (1918-2014), photographe américain reconnu pour son travail documentairede photographe de rue, enseignant à l'Université de Long Island, il publie notamment dans le Niew York Times.

    http://www.arthurleipzig.com/

    a fm 9.jpeg

    a fm 10.jpg

    a fm 11.jpg

    clemens kalischer

    Né à Lindau (Allemagne) en 1921, Kalisher est un photographe américain (il a acquis la nationalité). Il a oeuvré comme free-lance pour le New-York Times, Life, The Sun. Sa série de photographies de personnes déplacées arrivant à New York depuis des camps de DP, prises en 1947 et 1948, a été son travail le plus reconnu. Beaucoup de ces photographies sont incluses dans "Clemens Kalischer", édité en 2002 par Denis Brudna et Norbert Bunge (Hatje Cantz).  

    http://www.musicinn.org/clemens-kalischer-gallery-1950s.html

    http://www.horsformat.com/fr/catalog-detail/12302/clemens_kalischer.html

    http://fr.actuphoto.com/clemenskalischer

    a fm 12.jpg

    a fm 13.jpg

    a fm 15.jpg

    a fm 14.png

    a fm 16.jpg

     

    burt glinn

    Photographe américain (1925-2008). Travaille avec Magnum (en a été président entre 72 et 75, puis à nouveau en 1987), photographie l'entrée à Cuba de Castro et de ses troupes, couvre la guerre du Sinaï, s'intéresse à la science médicale. Est publié dans Geo, Esquire, Life, Paris-Match.

    http://www.burtglinn.com/

    a fm 17.jpg

    a fm 18.jpg

    a fm 20.jpg

    a fm 21.jpg

    a fm 22.jpg

    a fm 23.jpg

    bill brandt

    photographe, photographe de guerre et photojournaliste anglais (1904-1983), auteur de nus somptueux et complexes, trouveur d'angles inédits, poète de l'image, créateur d'une inventivité superbe, d'une formidable ingéniosité, d'une sidérante liberté d'esprit et d'entreprise, maître de l'insolite, grand esthète du n&b, Brandt est un des plus influents photographes anglais du vingtième siècle. Il a ouvert, avec ses noirs et blancs fortement contrastés, de nombreuses perspectives esthétiques.(Wikipédia). Les merveilles abondent dans l'oeuvre de Brandt.

    http://www.billbrandt.com/

    a bb 1.jpg

    a bb 2.jpg

    a bb 3.jpg

    a bb 4.jpg

    a bb 5.jpg

    a bb 6.jpg

    a bb 8.jpg

    a bb 10.jpg

    a bb 11.jpg

    a bb 12.jpg

    a bb 13.jpg

    a bb ç.jpg

  • Les membres de The Family of Man (Clervaux, Steichen, 3)

    elliot erwit

    photographe américain né en 1928 à Paris. Il est invité par Capa à intégrer l'Agence Magnum. Grand amateur d'humour satyrique. 

    https://pro.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=CMS3&VF=MAGO31_10_VForm&ERID=24KL53Z1OG

    a el 1.jpg

    a el 2.jpg

    a el 3.jpg

    lennart nilsson

    Photographe suédois, spécialiste de la photographie médicale (1922-2017)

    a el 4.jpg

    a el 5.jpg

    a el 6.jpg

    lisa larsen

    Pionnière du photojournalisme féminin, Lisa Larsen est une photographe allemande (1925-1959).

    https://www.icp.org/browse/archive/constituents/lisa-larsen?all/all/all/all/0

    a el 7.jpg

    a el 8.jpg

    a el 9.jpg

    irving penn

    (1917-2009) Une des stars américaines de la photographie, portraitiste, spécialiste de la nature morte, esthète de la photographie de mode.

    https://www.irvingpenn.org/

    a el 10.jpg

    a el 11.jpg

    a el 12.jpg

    consuelo kanaga

    1894-1978, photographe et écrivaine américaine. Sa photographie a été défendue par Edward Steichen, qui l'a inclue dans l'exposition The Family of Man en 1955. Le travail de Kanaga a été présenté dans l'exposition ICP de 1979 " Dix femmes de la photographie" et elle a fait l'objet d'une rétrospective au Brooklyn Museum D'art en 1992. Elle a d'abord connu la célébrité grâce à ses photographies d'Afro-américains. 

    https://www.icp.org/browse/archive/constituents/consuelo-kanaga?all/all/all/all/0

    a el 13.jpg

    a el 14.jpg

    a el 15.jpg