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28.01.2012

Marie-Claude Baillif

marie-claude.jpgJ'ai découvert, lors d'une pérégrination internautique, le site de Marie-Claude Baillif. En réalité, je l'ai redécouvert. Je l'avais visité déjà il y a deux ou trois ans. Le coup de foudre s'est répété. Cet endroit me plaît et cette femme dispense une qualité de lumière, de bienveillance, de sensibilité, de perforante simplicité et une aménité qui me charment. Je vous recommande vivement de lui rendre visite. Un petit rendez-vous avec la grâce. Un des plus jolis, un des plus poignants sommets de la Suisse. En voici l'adresse : http://www.myopathe.ch/portail/

25.01.2012

Un superbe portrait de Léo Ferré

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 JEAN-CLAUDE FOURNIE

Mon ami, le peintre français (Montauban) Jean-Claude Fournié vient de réaliser un portrait de Léo Ferré. Ce portrait m'a réellement enthousiasmé. Rien, dans ce qu'il m'a été donné de voir jusqu'à présent, ne m'agrée autant. Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter cette oeuvre qui, évidemment, ne peut être reproduite ou exploitée sans l'autorisation explicite de son auteur. Une fois de plus, je vous recommande vivement la visite du site de cet artiste peintre :  http://www.fournie.fr.nf/

05.01.2012

Nouvel agenda du Scaphandrier Bicéphale sur Run 107.1

 

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Reprise des programmes du Scaphandrier Bicéphale sur Run 107.1

Justin & Denys-Louis Colaux

Emission dominicale et mensuelle

 

22 janvier 2012 : Alain Bashung
19 février 2012 : Georges Brassens

Mars 2012 : Tom Waits

 

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run.jpgAttention, vous avez le loisir, où que vous soyez, d'écouter ou de voir notre émission (ou celles de nos collègues) en live sur le net : streaming : www.run.be (il y a un module de lecture sur le site).

21.11.2011

Des nouvelles des ami(e)s : Laurence Burvenich, Pascal Nivaille

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Mon excellente amie Laurence Burvenich ouvre un nouveau blog consacré aux fresques murales dont elle a orné sa maison dinantaise. J'en recommande la visite : http://sgraffites.skynetblogs.be/

Mon indéfectible ami Pascal Nivaille est de retour d'un voyage au Bénin. On ira de toute urgence consulter son reportage photographique : http://pascalnivaillecontraste.skynetblogs.be/benin-2011....

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01.10.2011

Au Programme du Scaphandrier sur RUN 107.1

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Au programme du Scaphandrier sur RUN 107.1

 

Sur le Scaphandrier Bicéphale, Run 107.1, le 30 octobre, entre 16.00 et 18.00, spéciale Jean Ferrat.

 

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Le 20 novembre 2011, entre 16.00 et 18.00, spéciale Vincent Rouard (musicien, pianiste, compositeur, chanteur). Invités en studio, Vincent Rouard et Laurence Burvenich (artiste peintre, portraitiste, paysagiste et infographiste qui conçoit et illustre le design des albums et les livrets de Vincent Rouard). A son actif, Vincent Rouard compte aujourd'hui trois albums ( deux albums musicaux Obsession Airs, Itinérances et un album de chanson française, A Mains nues, albums distribués par AMG Records).

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Attention, vous avez le loisir, où que vous soyez, d'écouter notre émission en live sur le net : streaming : www.run.be (il y a un module de lecture sur le site).

26.09.2011

Première édition du Scaphandrier Bicéphale sur RUN 107.1

25 Septembre 16.00 - 18.00 - Première du Scaphandrier Bicéphale sur Run 107.1

Spéciale Lhasa de Sela

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Ce dimanche 25 septembre, Justin et moi avons inauguré notre émission sur Run 107.1. avec une édition consacrée à Lhasa de Sela. Bonheur, deux heures durant, de l'entendre chanter et de parler d'elle avec affection et enthousiasme. Pour marquer l'événement, quelques photographies :

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Attention, vous avez le loisir, où que vous soyez, d'écouter notre émission en live sur le net : streaming : www.run.be (il y a un module de lecture sur le site. Prochaine édition, le dimanche 30 octobre 2011 entre 16.00 et 18.00, spéciale Jean Ferrat. 

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22.09.2011

Le Scaphandrier bicéphale sur RUN 107.1

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Justin et Denys-Louis Colaux, père et fils, sur RUN 107.1

 

 

A partir du dimanche 25 septembre 2011, Justin et moi animerons sur Run 107.1 une émission mensuelle et dominicale (16.00-18.00) sobrement intitulée Le Scaphandrier Bicéphale

Chaque édition sera consacrée à la visite de l'oeuvre d'un artiste. Notre mode d'action sur antenne : éléments biographiques, chroniques, commentaires et diffusion nourrie de l'oeuvre. Notre spectre d'action : chanson française, musiques du monde, bandes originales, rock, blues, jazz, musique classique. Notre première édition sera consacrée à Lhasa de Sela.

 

 

 

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Notre projet radiophonique, c’est, tout au long d’une édition, d’approcher, par des éléments biographiques, des commentaires, des chroniques et la diffusion nourrie de titres ou de pièces musciales, l’œuvre d’un artiste. Il s’agit, si l’on veut, de faire une plongée au sein d’un œuvre. Notre scaphandrier est bicépale puisque deux plongeurs entrent en action. Nous battons pavillon international et nous naviguons dans toutes les eaux. Au large spectre de notre horizon, nous souhaitons accueillir la chanson française, le jazz, les musiques du monde, les bandes originales de film, le rock, la musique classique et d’autres formes musicales encore.

 

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Notre objectif essentiel consiste à visiter une œuvre en profondeur, à prendre le temps d’accueillir et de découvrir un artiste et de mener une balade de deux heures à l’intérieur de sa production. Contre l’habitude du survol et de la macédoine, nous cherchons à promouvoir un espace dans lequel il est possible de déployer l’éventail des créations d’un artiste, un espace dans lequel il est possible, sans prétendre à l’exhaustivité, d’approcher une personnalité et les particularités d’une création.

 

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 lhasa-de-sela.jpgNous inaugurerons notre émission avec une édition consacrée à l’auteure, compositrice et interprète Lhasa de Sela, notre chanteuse favorite comme le savent désormais les visiteurs de nos blogs. Pour nos futures éditions nous proposons dans le désordre: Alain Bashung, Emily Loizeau, Georges Brassens, Gérard Manset, Tom Waits, Claude Nougaro, Jean Ferrat, Nino Rota, Jacques Brel, Arno, Antony and the Johnsons (feat. Julia Kent), etc.

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Au programme de la première édition, visite des trois albums de Lhasa de Sela, (chanteuse, compositrice et interprète américano-mexicaine, établie après longtemps de nomadisme, au Québec, à Montréal, 1972- 2010). Sa voix fluide et envoûtante, son art à la fois subtil et entier de l'interprétation, son univers musical habité par la multiplicité de ses racines et de ses curiosités intellectuelles (musique klezmer, mexicaine, tzigane, soul, blues, rock, chanson française), la qualité de ses collaborations, la singularité avec laquelle elle s'approprie ses racines pour en faire un chant du monde et l'univers onirique, mélancolique et poétique de son écriture ont fait d'elle une des voix féminines majeures de notre époque.

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(La LLorona, 1997 - The Living Road, 2003 - Lhasa, 2009)

13.09.2011

Jacques BREL

Jacques Brel

L’art de se mettre soi-même au monde

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Chez nous, à la maison, tout le monde aimait Brel. Mon père l'aimait beaucoup, Brel incarnait à ses yeux une vision étonnante et passionnante de la liberté, il aimait sa vigueur, son sens poétique, un grand nombre d'images bréliennes l'épataient. Ma mère le jugeait une personnalité à part, un beau caractère, un homme souvent lucide, parfois excessif. Mes frères et moi, en le découvrant à l'écran, nous avons d'abord été bluffés par le tempérament du type, par son audace, ses imprécations vitriolées, la carure de son langage. A nos yeux adolescents, Brel faisait l'effet d'un électrochoc, c'était écrit, porté, soulevé, hurlé. Brel était comme un pont entre le père, la mère et les fils. Plus tard, eut-elle le choix ?, ma soeur se mit aussi à l'aimer. Brel était dans nos gènes. Et certainement pas en raison d'une quelconque vanité nationale. Ou pas seulement. Brel, en Belge qui se respecte, savait botter le cul à ses compatriotes, les railler, les moquer, faire la nique à la monarchie et foutre un pied qu'il avait pointu dans la fourmilière linguistique. Mais à nos yeux, et bien que l'on sût sans rien trouver à y redire qu'il y avait du flamand dans l'énergumène (comme il y en a en nous, au demeurant), Brel était un type situé au-dessus de la nationalité, un habitant du voyage.

Le 9 octobre 1978, j'étais dans ma chambre, j'étudiais vaguement. Mon père a grimpé les escaliers, il a frappé à la porte et il a dit, d'un air consterné : "Je viens d'entendre que Brel est mort !". Nous avons tous été secoués. Un sentiment d'oppression a pris possession de la maison. Brel mort, ça avait quelque chose d'irréel, d'inconcevable. C'était douloureux pour chacun d'entre nous.

Mon adolescence a été foudroyée, éclaboussée par cet affolant échassier belge et infatigablement migrateur. Que comprend-on à la foudre, à l’éblouissement ? Il s’est imposé à moi, - c’était une délectation, un affolement réjoui -, de voir ce long et maigre échalas, beau et bouleversant d’une façon inédite, entrer en sudation, se déployer en gestes et en exploits physiques dans le temps intense de son tour de chant. Les arts de la scène se multipliaient en lui : théâtre, mime, tragédie, tour de chant, chorégraphie, cinéma … Tout témoignait de la totalité d’un engagement physique et artistique : la saillance des veines au front, les crispations musculaires, le ruissellement des suées et des larmes, l’expressivité formidable du visage, l’ardeur désespérée des yeux, la malice des moues, le défilé nerveux, puissant et toujours nécessaire des attitudes, (le sourire, l’imploration, la colère), le costard détrempé et collé au corps, les cheveux mouillés, l’incessante activité physique, l’acuité de tout, la vitesse d’exécution, l’aptitude à sauter, dans l’interprétation, de la caricature à la tragédie. Brel, en un tour de chant, donnait, dans la frénésie, dans l’exaltation, toutes les postures d’une vie d’homme quand l’homme ne se laisse pas enfermer en lui et gesticule, se cabre, danse, boxe à l’intérieur de son destin. Brel habite la maison, le centre ardent, l’âtre de sa chanson. On peut supposer qu’en l’écrivant, il commence à la vivre, à l’exprimer physiquement. Et cette prodigieuse gestuelle d’acteur, parfaitement inédite, inouïe, est au service d’une œuvre qui domine, avec celles de Brassens, de Ferré, de Ferrat, le ciel de la chanson française. Brel, c’est la fusion intense, volcanique d’un chant, d’une musique, d’une écriture et d’un corps. C’est un type de l’extrême, c’est, dans le domaine de la chanson française, le maître de l’acuité. Sur scène, Brel se délivre, se déchaîne. Il s’accouche aux forceps. Il se débat avec sa vieille chrysalide usée (de scout, de bourgeois, de belgien, de flamand francophone, d’interdit de Far-West, de catholique inhibé, d’enfant contraint à la raison) pour éclore, pour se frayer un chemin vers la vitalité à laquelle il se sent destiné. Combat pour la respiration, pour l’indépendance et l’affirmation de soi. A chaque fois, Brel doit toréer avec lui-même. A chaque fois, brûler, entrer en incandescence. Brel sur scène, c’est, à mes yeux, une des formes de la beauté de l’homme. Pour naître, Brel ne dispose pas que de ce corps formidablement expressif. Brel a une voix qui, comme son corps, va au crescendo, livre tout, tient tous les degrés de l’intensité. Une voix de bataille. Une voix de gémissement. Une voix qui raille. Une voix qui fait corps avec ce corps qu’il met en mouvement et en convulsion. Pour naître, Brel possède surtout (après, sans doute, longtemps de travail et de travail encore) une écriture époustouflante, intense, tendue, dramatique, expressive, constellée de néologismes, traversée d’éclairs poétiques. Je disais avec quel génie physique Brel défend son œuvre sur scène. (Je ne pense jamais à Brel en Homme de la Mancha sans un vif serrement de cœur !) Mais j’affirme aussi que son écriture brille par elle-même. Oui, oh oui ! la superbe de l’écriture brélienne ! Et, par exemple, les chansons qui font suite à son abandon de la scène, font leur chemin d’œuvres sans l’intervention spectaculaire du corps de l’artiste. Pour n’en citer que quelques-unes, des chansons comme J’arrive, Je suis un soir d’été, L’Eclusier, Regarde bien, Petit, Vesoul, ou la suite de monuments de la chanson qu’on trouve dans le dernier album : Jaurès, le somptueux poème (qu’il faudrait reproduire en entier pour en admirer les élégances, les trouvailles, les beautés stylistiques) que constitue La Ville s’endormait, la puissante attrapade avec soi-même de Vieillir, ce bref chant en forme de nuage terrestre, Le Bon Dieu, la perle, Orly, le prodigieux Voir un ami pleurer, ou le poignant et magnifique chant à Jojo et ce poème lancinant et majestueux qu’est Les Marquises. Et les autres chansons du dernier album ? Je suis navré, mais je les aime aussi, toutes, pour leur excès, leur colère, leur ironie, leur manière de grincer, de cogner au menton. En octobre 1977, quand j'ai découvert l'album Brel (Les Marquises), je réécoutais plusieurs fois la même plage pour ménager les effets, pour faire durer le plaisir de la découverte des titres. Je bichais, j'étais époustouflé. Précieux instants, frissons inoubliables. C'était un événement dans ma vie. Rien de comparable si ce n'est la sortie de Trompe la mort de Brassens, un an plus tôt. Pour moi, qui aimais déjà la poésie, Brel, Brassens, avec un aimable supplément de musique et de chant, c'étaient des héritiers de la poésie, c'étaient des types formidables capables de faire entrer, presque par la force, la poésie dans le transistor, de la faire descendre et marcher dans la rue. De la faire hurler, danser, gémir ou rire. Et j'emmerdais considérablement les vétilleux gardiens de l'anthologie sacrée qui souhaitaient tenir à l'écart de leur papier bible mes troubadours contemporains.   

Des joyaux jonchent le parcours brélien dont, selon moi, le talent n’a jamais connu l’éclipse. Parcours qui s’achève sur une apothéose. La chanson, comme l’affirmait hargneusement Gainsbourg, est sûrement un art mineur. Une épuisante heure d’écoute de la radio suffit à nous en convaincre. Entre certaines mains, elle se hisse toutefois résolument au-dessus de ce statut. Brel et quelques-uns de ses confrères déjà cités, et parfois Gainsbourg lui-même, en ont fait quelque chose de précieux et de profond, un art à part entière (un neuvième art écrivait Angèle Guller) qui participe d’une référence originale à la tradition poétique, l’alliance d’une écriture exigeante, d’une voix et d’une musique. Ce neuvième art doit beaucoup à Brel qui lui offre quelques-uns de ses titres de noblesse. Au hasard de la mémoire immédiate, dans le désordre, je donne pour des fleurons de la chanson française, outre celles déjà mentionnées,  des pièces comme Amsterdam, Ne me quitte pas, Zangra, Fernand, L’âge idiot, les fenêtres, Les bigotes, Ces gens-là, Les vieux, Bruxelles, Mathilde, Madeleine, Marieke, la Fanette, Jacky, Jef, La la la, Une île, Rosa, Le plat pays, Les bourgeois, L’Enfance  ( in Far-West ), Le dernier repas, les flamandes, Je ne sais pas, Sur la place, A jeun, Mon père disait,  Les bonbons, Les bonbons 67, la Quête, Les filles et les chiens, Les désespérés, La Valse à mille temps, Les toros, Le Moribond, La chanson des vieux amants… Je sens que je pèche par omission.

Je sens surtout que Brel est une présence dans ma vie, un type à qui, bien des années après sa découverte enchantée, je reviens inlassablement, par goût, presque par nécessité. Comme pour me convaincre qu’un tel homme a bel et bien existé. Bien sûr, Brel n’est pas un homme de la mesure (quand il peut pourtant être un homme de la nuance), il aime à déconner, il a ses inconstances, ses manques, une certaine propension à l’excès et mille de ces défauts qu’on peut attribuer à n’importe qui. Même ses défauts ont de l’allure. Mais Brel le chanteur (et Brel le cinéaste aussi, au demeurant, comme Brel le marin ou l’aviateur) est un homme unique et déchiré, un monstre, un être exubérant, un voleur de feu, un agitateur, un incendiaire, un chercheur infatigable, un trappeur de sentiments, un aventurier de l’horizon. Un homme que ni les cartonneries, ni le showbiz, ni les familles n’ont pu mettre en boîte, un homme qui part.     

13:50 Écrit par dlc dans Brel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.09.2011

A Mains nues dans Le Monde est un village

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Le Monde est un village - Didier Mélon - Jeudi 8 septembre 2011 - 19.00 - 20.00

Ce jeudi, entre 19.00 et 20.00, sur la Première, dans le cadre de l'émission Le Monde est un village de Didier Mélon, diffusion d'un extrait de notre album "A Mains Nues". Tous à vos transistors.

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02.09.2011

Sortie de l'Album "A MAINS NUES"

Sortie officielle de l’album « A MAINS NUES »

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Service de Presse - Vers L'Avenir samedi 3 septembre 2011 - Pascal Nivaille

Rouard, Colaux et Burvenich à mains nues

  • Source:  L'Avenir  (03/09/2011)
  • Pascal NIVAILLE

L’album est sorti ce 1er septembre.

EdA

DINANT - Sorti ce jeudi, « À mains nues » de Vincent Rouard met en musique des poèmes de Denys-Louis Colaux dans un coffret illustré par Laurence Burvenich.

L’album « À mains nues » de Vincent Rouard, sorti ce 1er septembre, est ce que l’on peut appeler un grand cru. L’artiste dinantais est le compositeur et interprète de cet opus, fruit d’une collaboration avec l’écrivain et poète Denis-Louis Colaux. L’harmonie parfaite entre les accords du piano et la voix de Vincent Rouard permet de savourer pleinement la richesse des textes tantôt empreints de romantisme, tantôt divinement cyniques. Toutes les illustrations qui habillent le coffret et son livret sont l’œuvre de la peintre Laurence Burvenich.

Trois artistes, une œuvre

Vincent Rouard est entré, à l’âge de 6 ans, à l’Académie de musique de Dinant pour y suivre une formation en piano, orgue et harmonie écrite. Après l’académie, il poursuit ses études musicales au Conservatoire de Liège, en solfège, piano, histoire de la musique et harmonie écrite. Dans l’évolution de son initiation, il s’ouvre à toutes les musiques, sans aucune exclusive. Sa sensibilité franchit les cloisonnements : il aime la musique classique (Bach, Beethoven, Schubert, Debussy, Fauré, Grieg, Rachmaninov), la chanson française (Fugain, Brassens, Ferrat, Piaf, Aufray, Souchon, Polnareff, Berger…), la musique traditionnelle et la composition. Vincent Rouard a composé la musique de l’album À mains nueset, pour la première fois, interprète lui-même les textes mis en chansons.

Pour la réalisation de ce nouvel opus, l’artiste dinantais qui s’accompagne au piano a été rejoint en studio par le contrebassiste Vincent Noiret.

L’écrivain et poète Denys-Louis Colaux, auteur de l’album, a déjà de nombreuses publications à son actif. Récompensé, entre autres par le Prix Émile Polak en 1995 et le Grand Prix de la nouvelle de la Communauté française en 1999, l’auteur est régulièrement publié dans diverses revues, poétiques ou autres. Cet auteur affectionne particulièrement les collaborations dans des domaines artistiques variés. Photographie, peinture, théâtre et musique sont autant de domaines où sa plume magique galope.

L’artiste peintre Laurence Burvenich est tout à la fois peintre (portraitiste, paysagiste), sculptrice, céramiste et photographe. Elle utilisera d’ailleurs plusieurs facettes de son talent pour réaliser un travail magnifique qui servira d’illustration à l’album écrit et composé par ses deux complices.

Le studio bruxellois Igloo, de l’ingénieur du son Daniel Léon, est l’endroit qui a été retenu pour la réalisation d’À mains nues, un album intemporel, aérien et dont la clarté des accords de piano secondés par la contrebasse fait découvrir un univers poético-romantico-comico génialissime.¦

Vincent Rouard, À mains nues, www.vincentrouard.be – Studio Igloo Bruxelles.

(Vers l'Avenir, 3 septembre 2011, Pascal Nivaille)

14 titres enregistrés au studio Igloo (Daniel Léon Bruxelles)

Album-livret 32 pages – 18 €

Composition, voix, piano : Vincent ROUARD

Textes : Denys-Louis COLAUX

Livret (conception & illustrations) : Laurence BURVENICH

Contrebasse : Vincent NOIRET 

Commander l’album : http://www.vincentrouard.be/amainsnues.html  

Interview de Jean-Claude Fournié

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Interview Jean-Claude Fournié

 

DLC : Marcel Duchamp disait que « ce sont les regardeurs qui font les tableaux ». Qu’en pensez-vous ?

JCF : Je peux dire par le biais. Le mot artiste me gêne donc je parle d’individu. Notre trajet de vie nous offre l’occasion de nous préciser. Je conçois l’artiste comme un homme qui a plus que d’autres besoin de se préciser, et par son œuvre, il en donne le résultat. La somme peut se faire dans le regardeur (exemples : vous et moi).

DLC : Vous avez apprécié, me dites-vous, ma formule selon laquelle votre peinture a quelque chose d’un uppercut pictural. Il y aurait donc bien quelque chose de l’ordre d’une offensive dans votre pratique picturale ? Une volonté de toiser, de secouer, de désarçonner le regardeur ?

JCF : Uppercut mental (précision venue de votre part), il n'est pas nécessaire de regarder longtemps une peinture, si l'impact est présent, l'impact est l'outil pour retenir en mémoire
une sensation originelle qui nous reste, exemple: le Gilles de Watteau, emblématique pour moi de l'un parmi les autres, photomaton d'un être intemporel dans sa virginité qui s'offre en disant :  « Eh toi! Ne me laisse pas seul, tu es aussi comme moi ..."

DLC : La peinture est-elle, chez vous, le lieu d’une rébellion, d’une opposition ? La peinture est-elle un art qui hurle ? Contre qui ? Contre quoi ?

JCF : Je ne cherche aucunement la rébellion, etc. D'ailleurs le "je" m'échappe, soyons clairs, le moi n’est libéré que hors de soi. Anecdote: Daumier sortant de la gare de Marseille avec Corot. Voyant des mendiants, Corot lui dit : " Nous sommes comme eux". Daumier lui répond : " Oui mais nous, on a la peinture. La rébellion ? Non, mais je crois que certaines familles de peintre (El Greco, Freud, Goya, Géricault.....) ont une intonation vocale élevée. A l'inverse, Chardin nous touche car il nous murmure à l'oreille. Par mon tempérament je m'exprime parfois un peu fort.

DLC : Il y a chez vous, dans les personnages tels que vous les représentez, une récurrence de la difformité. D’où vient cette difformité, exprime-t-elle une révélation du chaos intérieur de l’être ? Est-ce l’homme caché, bouillonnant, enflé d’angoisse et de violence que vous cherchez à fixer ? Est-ce l’enfoui, le secret que vous exhibez ?

JCF : Chaos intérieur, non je ne suis pas un être tourmenté, pas plus qu'un autre, mais la lucidité (la blessure la plus proche du soleil, dixit René Char) nous est parfois imposée et l'estomac n'est pas assez grand, alors "ça" déborde!  Angoisse; je réponds par une pirouette : le malheur, c'est que le malheur ne sert à rien, c'est ça, le malheur. Une des phrases qui me reste en mémoire est la dernière du métier de vivre de Pavese, faut aller la chercher car pour la comprendre il faut traverser le territoire de son œuvre.

DLC : La relation, la communication dans votre art pictural sont rendus comme sinon pathologiques du moins comme terriblement problématiques. L’homme vous paraît-il doué pour la communication, l’échange ? L’homme vous paraît-il un être social, un être absurde ?

JSF : Homme social et absurde, on ne peut mieux faire que Paul Valéry avec son Monsieur Teste, quand on le lit à 17 ans, on gagne pas mal de temps.

DLC : Dans une lettre à son frère Théo, Vincent Van Gogh écrit : « Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant la bouillabaisse, ce qui ne t'étonnera pas lorsqu'il s'agit de peindre de grands tournesols». Que vous inspire cette citation ? Van Gogh semble être l’un de vos peintres favoris. Pouvez-vous nous parler des peintres que vous aimez ?

JCF : Sur Van Gogh, bien sûr que lorsqu'on regarde, on mange aussi le bleu du ciel par la bouche des yeux;, Vincent est comme tous les hommes (qui ne sont pas que des ventres et des bas ventres)lui il est en quête... de quoi ? Je les vois, ces hommes nobles, humbles et seuls, tous les jours dans la rue, charge sur les épaules, de retour à la maison pour rentrer au plus profond en eux, pour ne pas être né, pas vu.

Les peintres que je préfère sont souvent des poètes : Baudelaire (peintre urbain), Les Assis de Rimbaud , René-Guy Cadou, Jules Laforgue ( un Proust sans asthme ), Jarry qui a demandé un cure-dents avant de mourir, Lautréamont que j'ai peu lu car il est trop haut sur l'étagère mais aussi Manet (son asperge ! Prenez une leçon messieurs, les abstraits SVP!) Bruegel dans lequel l'air circule, on peut passer (dans la parabole des aveugles) derrière l'église pour aller pisser, Greco, Frans Hals surtout, les autoportraits de Rembrandt et monsieur Soutine (l'incravaté) et le visage de Jankélévitch fait par lui-même.

DLC : Quel regard l’artiste que vous êtes porte-t-il sur la société ?

JCF : Le regard sur le société ... commedia, commedia ! Echanges de bons procédés. Avec les années on la pratique ( la comédie) et on a l'avantage de faire deux groupes, les gens qui sont préoccupés par le prix des tomates ( par exemple), les autres qui sont occupés.

DLC : On dirait que dans votre art puissant et violent, le problème ontologique est faussé à la base, l’enfant apparaissant de façon récurrente comme un être malmené, écrasé, brutalisé.


JCF : Enfance que l'on porte en nous, en serrant les fesses, de peur de ne pas trop la faire voir, mais l'œil, seul organe qui ne vieillit pas, nous trahit, c'est pour cela qu'il est impossible de soutenir le regard de l'autre, sans qu'il se sente violé.

DLC : La femme, dans votre peinture, est aussi un être extrêmement inquiétant : elle joue avec l’homme transformé en pantin, elle se suture désespérément pour se fermer à l’autre, elle est tantôt un jouet pris en main, tantôt une effrayante créature rose et difforme, etc. La femme est-elle un être spécifique, un être perdu parmi des êtres perdus, un être déchu, un être déçu ? Le monde des êtres est-il un monde de l’échec, du fiasco ?

On dirait que dans votre art puissant et violent, le problème ontologique est faussé à la base, l’enfant apparaissant de façon récurrente comme un être malmené, écrasé, brutalisé.

Je reviens sur le processus créatif, qui a mon sens est une posture qui implique une imposture intrinsèque, car nous ne sommes ni totalement un corps, ni en totalité un esprit, alors il y a un compromis entre l'intention première et le résultat (l'œuvre) d'ou la grandeur de la tentative créative.

La femme l'autre continent la femme est le meilleur conducteur de la réalité, il y a l'amour enfin quoi! Nous sommes tous orphelins de l'amour total et c'est bien ainsi pour
en faire sa motricité.

Pas d'échec pas de fiasco car le but, on ne l'obtient que si on le dépasse (un peu de vanité ne fait pas de mal). L'important c'est d'être en mouvement pour abolir le temps qui reste fixe dans son eternel présent. Faire acte!

Regardez le visage de Giacometti, son regard ? Le regard des animaux, lorsque ma chatte Nadja me regarde, j'ai tendance à croire en dieu.

28.08.2011

Rhode Bath-Schéba Makoumbou expose en Allemagne

Rhode Bath-Schéba Makoumbou

 

Voilà une artiste africaine que nous supportons depuis que nous avons découvert sa  somptueuse œuvre. En fin septembre et début octobre, comme vous l’apprendra l’article qui suit, elle expose en Allemagne. Sa reconnaissance progresse sur les quatre points cardinaux.

 

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Rhode Bath-Schéba Makoumbou est née le 29 août 1976 à Brazzaville en République du Congo.

Depuis sa tendre enfance, elle a été initiée à la peinture par son père, le peintre David Makoumbou. Elle s’est réellement engagée dans l’art à partir de 1989.

À travers ses œuvres, ce sont surtout les activités sociales de la femme africaine qui sont mises en valeur.

Dans les peintures à l’huile, elle peint généralement au couteau. La variété de ses toiles s’illustre dans un style nettement africain (à partir de l’art statuaire traditionnel), mais également influencé par les courants de l’art réaliste, expressionniste et cubiste.

Depuis 2002, Rhode Makoumbou a créé de nombreuses sculptures en matière composée (sciure et colle à bois sur une structure métallique) représentant les métiers des villages qui tendent à disparaître. Certaines ont plus de trois mètres de haut !

Elle se considère un peu comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de l’Afrique en général, et du Congo en particulier. Elle s’exprime souvent dans ses interviews sur le respect des notions idéologiques de l’identité et de la diversité culturelle. Elle a toujours accordé une grande importance à la question du sens dans l’art et du rapport entre l’artiste et son public.

À partir de 2003, Rhode a entamé une importante carrière internationale, et expose maintenant dans le monde entier.

En sept ans, elle a participé à 154 expositions collectives ou individuelles dans le monde, sans compter ses 19 participations dans son pays natal.

Elle a déjà présenté ses œuvres au Congo Brazzaville, Gabon, France, Belgique, Niger, Cameroun, Etats-Unis, Côte d'Ivoire, Tanzanie, Allemagne, Sénégal, Maroc, Espagne, Suède, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse et Canada.

Elle a un atelier à Bruxelles en Belgique, mais elle continue parallèlement à travailler à Brazzaville un ou deux mois par an.

 

Le site web de l’artiste : http://www.rhodemakoumbou.eu

 

Exposition Rhode Bath-Schéba Makoumbou

Artiste plasticienne congolaise (Congo Brazzaville).

Peintures et sculptures.

 

Du vendredi 30 septembre au samedi 8 octobre 2011

Horaire : du lundi au vendredi de 8 à 18 h. Le samedi de 8 à 13 h.

Vernissage le vendredi 30 septembre de 19 à 24 h. lors de la "Ravensburger Kunstnacht (Nuit de l'art de Ravensburger)".

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Lieu : Autohaus Schuhbauer.

56 Parkstrasse - 88212 Ravensburg (Bade-Wurtemberg). Allemagne

Info : 01520 336 43 02

Email : info@akume.de

Site : http://www.akume.de

Site de l'artiste : http://www.rhodemakoumbou.eu

 

24.08.2011

A MAINS NUES

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Événement : Sortie de l'album 

À mains nues

Album 14 titres

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L’album est disponible

 

Vincent Rouard : composition, piano, voix

Laurence Burvenich : infographie, illustrations, photos

Denys-Louis Colaux : poèmes originaux

 

Vincent Noiret : Contrebasse

Enregistrement, mixage, mastering : Studio Igloo, Daniel Léon

 

18 €

 

Pour commander l'album, vous êtes invité à envoyer un mail à l'adresse suivante : vincentrouard@hotmail.be avec en intitulé " commande album A mains nues".  Mentionnez vos coordonnées complètes ( adresse d'envoi ), et le cas échéant, le nombre d'albums souhaités...  Vous recevrez alors en retour les informations pour effectuer le virement, et l'album vous sera envoyé par voie postale dès reception du paiement. ( max 2 jours ouvrables)

 

Voir de toute urgence le blog consacré à l'aventure de l'album :

http://mains-nues.skynetblogs.be/

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HISTOIRE D’UN PROJET À TROIS MAINS

 

Avec Vincent et Laurence, j’avais déjà en 2007, sous la forme de onze petits poèmes en prose, participé à l’album Obsession Airs. Un an plus tard, je reçois un mail de Vincent qui me propose, pour la bande originale du court-métrage L’Exposition d’Alizée Honoré, d’écrire un texte sur la belle musique qu’il a composée.

 

Ce soir mes mains sont pleines de ton absence

Sous un voile sépia  qui lui tient lieu de paupière

Ton souvenir unit l’étoile à la poussière

Ensemble le chagrin et l’amour dansent.

 

C'est la mezzo-soprano marchoise Julie Bailly qui interprétait remarquablement cet air. D’entendre mes vers associés à la musique de Vincent et portés par cette puissante et sensible voix féminine constitua pour moi une expérience troublante et exaltante. Et c’est dans cette collaboration, je crois, que s’origine le projet d’À mains nues. C’est à cette période que j’ai perçu avec une acuité nouvelle et définitive l’affinité qui existait entre Vincent et moi. Après quelques tâtonnements, (il m’envoyait, dans l’intervalle, une seconde composition qui devait aboutir à une chanson intitulée L’huile et le bateau), je lui proposai d’inverser le mouvement : je lui ferais parvenir des textes conçus pour notre collaboration et il les mettrait en musique. Vincent acceptait la suggestion. Je renouais, après une très longue absence, avec la métrique et la rime et Vincent prenait en charge toutes les contraintes techniques de la mise en musique. Il composait sur ce mode particulier qu’exige la versification régulière.

 

Le projet est en train de naître et de prendre corps. Très vite, nous nous prenons mutuellement au jeu. Effervescence. Nous opérons dans une sorte de fièvre. J’adresse un texte, dans les jours qui suivent, Vincent propose une mélodie. On affine, on affûte, on amende un vers, on rectifie un tempo, tout se passe dans un climat de bienveillance et de respect mutuels, dans une sorte d’émulation exaltante. Dans la joie d’un travail en commun. Afin de bien percevoir l’adéquation entre musique et texte, je demande à Vincent de chanter le texte. Par pure charité, pour obliger son parolier, parce que c’est un être conciliant, il tente l’expérience. Au début, mon cher pianiste n’ayant pratiquement jamais mis sa voix à contribution, le chant est discret, presque lointain mais il apparaît néanmoins que la rencontre a lieu et qu’une chanson est en train de prendre forme. Faisant un sort à sa timidité, Vincent affirme la présence de sa voix. A cette époque, le projet est encore de confier l’interprétation à un chanteur ou à une chanteuse. Mais très tôt, j’ai pour ma part la certitude que nous avons trouvé notre interprète en la personne du compositeur. Le travail d’échanges se poursuit. Trois, quatre, cinq chansons prennent tout doucement forme. Formidable aventure. Vous envoyez une bouteille à la mer, elle vous revient emplie de musique et de voix. De retour sur l’île originelle, vos mots chantent, frémissent, ils dansent. Troublante impression. On sent le formidable bagage du musicien, son indécrottable et charmant romantisme, l’étendue de son répertoire, sa gravité, sa profondeur, mais aussi, son étonnante aptitude à la légèreté, sa délicieuse malice. On biche à ses trouvailles. On s’émeut avec lui, on rit de bon cœur.

 

Oui, on a bien ri. Pour l’exemple : une rime foutrement hérétique, que Vincent a fait espièglement swinguer, nous a bien divertis : Au couillon, au son of a bitch / On oppose Epicure ou Nietzsche. Il y a eu, aussi, des frissons. On a fait chanter des détresses. On s’est entendu sur le sarcastique et le narquois.

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L’entente s’affirme dans un enthousiasme qui ne connaîtra pas d’essoufflement. Je fais part à Vincent de ma conviction : je crois, lui dis-je, que nous ne devons plus chercher d’interprète. Il se laisse très lentement convaincre. Mais cela est clair, la particularité de sa voix qui évite les effets, de cette voix légère, flexible, sensible (la singularité dépouillée d’une voix que son propriétaire découvre au bord de la quarantaine) pose une griffe sur les chansons, elle leur donne un ton, une couleur, une sorte de délicatesse. Il apparaît encore que nous nous entendons sur l’émotion, sur un certain climat poétique, sur la sensibilité, et sur l’usage des arômes (tendresse, mémoire, amour) et des épices (ironie, absurde, comique). Le projet se développe, prend du volume, de l’ampleur. Nous y associons notre vieille complice et amie, la toujours jeune peintre Laurence Burvenich. Vincent lui fait entendre quelques titres, elle entre immédiatement dans l’aventure. Très vite, (on connaît sa vitesse d’assimilation), elle connaît quelques refrains, elle est à nos côtés, elle nous encourage. Délicieuse amie. Elle réfléchit déjà au livret. Avec de grands gestes (toujours étonnants chez cette petite femme extrêmement douée pour le mime), elle esquisse de grandes ébauches. Car d’emblée, c’est le projet d’une aventure à trois mains qui se scelle : musique, textes, illustrations. Chez Laurence, l’enthousiasme se traduit d’abord par une gestuelle affolée, des trilles de rossignol et des rires cristallins. Sans la présence de ces signes spécifiques, on sait que Laurence n’est pas du voyage. Mais ils sont là, indéniablement. Ils se confirment, ils se compliquent. Laurence voit déjà ceci, elle entend déjà cela, elle pressent des choses, en subodore d’autres, elle chantonne, elle tape du pied, elle opine du chef en plissant les yeux, elle se frotte convulsivement les mains, elle entre en ferveur. Le volet pictural va associer le travail infographique, le dessin, la peinture, la photographie et la mise en scène. Sur les murs de son nouvel atelier, elle entreprend des fresques énormes, elle dispose des objets, elle constitue une sorte de décor de fond, elle aménage une âme. Le livre-album prend vie. On se rencontre, on écoute les maquettes, on se parle, on rêve, on échafaude, on est tantôt les trois Grâces, les trois Parques, les trois Mousquetaires, les trois couleurs primaires, les trois Mages, les trois petits cochons, les trois neveux de Donald, les jamais deux sans trois, les trois océans, le trèfle à trois feuilles, etc. On s’amuse dans les symboles. Le triangle fonctionne à merveille.

 

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Au studio Igloo, à Bruxelles, séance de travail avec Daniel Léon, le maître des lieux

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Chacun son clavier

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On ne peut raconter cette aventure sans évoquer le méticuleux travail de studio dans l’antre bruxellois de Daniel Léon, le célèbre ingénieur du son. En studio, Vincent est rejoint par le contrebassiste Vincent Noiret qui intervient sur quelques titres. Daniel Léon, les lunettes avancées sur le nez, est penché sur ses tables sophistiquées comme, d’une façon anachronique, un alchimiste sur ses théories de cornues. Dans cette abondance de cadrans, de vibrantes aiguilles, dans ces javelles de câbles, dans cet afflux de curseurs et d’écrans traversés de systoles, le grand maître du son a des gestes assurés. Il a le mouvement hiératique, l’oreille aguerrie et performante, l’œil vigilant. De loin en loin, sans presque détourner son auguste chef, il consent à un commentaire, un mot d’esprit, une suggestion, une humeur. S’il parle de son métier, on sent la passion indemne, la fermeté du jugement, la faramineuse science de l’ingénieur. Un impressionnant professionnel.

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« A mains nues », nervures digitales après nervures digitales, pose doucement son empreinte. Et maintenant, l’objet est là. C’est un petit coffret. Il n’est pas dans l’air du temps. Le drapé de sa nudité le distingue. Il se pose au carrefour de trois routes. C’est un petit ovni manuel. Nous sommes heureux d’avoir tenté le pari de sa naissance. Nous aimons tendrement l’étrange petit écho de mer que rend sa conque. Nous aimons le lieu dans lequel Laurence l’a établi. Autosatisfaction ? Non. Bonheur d’un voyage en tricycle ? Oui. On ne demande pas à son enfant d’être beau, on l’aime tel qu’il est. Il y a, écrit Apollinaire, un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile.

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20.08.2011

Jean-Claude Fournié, artiste peintre

La découverte d’un artiste peintre

 

La catastrophe d’exister chez

Jean-Claude Fournié

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Je viens de découvrir, au hasard de mes pérégrinations internautiques, ce peintre originaire de Montauban, Jean-Claude Fournié. Sur son espace, la présentation est assez sommaire : « Jean-Claude Fournié est né à Montauban en 1952. Après les Beaux Arts de Toulouse, il commence à exposer, seul ou en groupe; parfois dans des manifestations à caractère international (Institut Français de Barcelone); dans des rencontres d'art contemporain importantes : Les Méridionaux, les Rencontres d'Art du musée Ingres l'invitent périodiquement autour d'un thème annuel. La ville de Montauban, lui a consacré une rétrospective, dans deux lieux différents. L'espace Bonnefoy à Toulouse l'a accueilli en 2003. Quelques récompenses jalonnent son œuvre, prix spécial du conseil Général, salon d'art international de Colomiers. Multiples autres expositions : Limoges, Toulouse, Albi, Sozerre,  Arles… Jean-Claude Fournié effectue les décors de "Marco Polo" pour la troupe "La Belle Étoile". Il illustre des receuils de poésie (F. Ligou) et des ouvrages sur la Révolution Française. Une vidéo réalisée par J.L. Axelrad et C. Poulanges, produit par Vidéo3, relate son travail. Jean Claude Fournié a la particularité de peindre très régulièrement, ce qui constitue un volume de production artistique considérable. »

En découvrant la galerie de Fournié, j’ai immédiatement pensé, dans une exclamation estomaquée : « Bon sang, c’est du sérieux ! » Fournié vous attrape, vous saisit à la façon de Michaux, poète de qui il se revendique, c’est un offensif, il pratique une peinture de combat. De Grand Combat. Il y avait le reporter de guerre, il y a  désormais le peintre de guerre : le peintre de la guerre intérieure qui déchire le personnage, le peintre de la guerre qui oppose le regardé au regardeur. L’affolante œuvre de Fournié développe une parenté avec les néologismes belliqueux du poète du Grand Combat : c’est une peinture qui emparouille et endosque contre terre, qui rague et roupète jusqu’au drâle. Une peinture qui vous regarde, qui cherche, elle aussi, le Grand Secret. La quête est menée sur un mode violent, puissamment évocatoire. Ça cogne, ça déchire, ça hurle, ça se dilate, ça s’étire. Il y a là-dedans un formidable degré de tension et d’énergie, des mouvements telluriques, des effrois mentaux, des affrontements, des chocs frontaux, une effroyable vitalité, une insoutenable humanité. C’est un art offensif que celui de Fournié. Un art qui ne connaît pas la complaisance. Un art qui vous saute à la gorge, vous en fout plein les yeux. Voilà sous le pinceau de Fournié l’homme révélé dans sa difformité, dans ses tiraillements, ses implosions, ses misères, l’homme transposé dans l’affolement de ses systoles, l’homme lu au travers de son masque de chair. Les marmites en ébullition de son ventre et de sa tête le métamorphosent et l’altèrent, les chaos de son monde intérieur recomposent son corps, son visage, ses mains. L’homme rendu dans son bouillonnement. Il faut impérativement se rendre sur le site de ce peintre et le considérer comme un artiste important. Il constitue un étonnant et unique point de rencontre entre le savoir, la technique, l'art brut, la sauvagerie, l'introspection et pose les violentes bases d'une peinture destinée à ébranler, électrocuter le regardeur. Fournié propose un art pictural comme lieu d'affrontement. Rendez-vous de toute urgence dans son espace : http://www.fournie.webatelier.biz/

Dossier iconographique 1 reproduit avec l'aimable autorisation du peintre :

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J’ai rédigé une suite d’impressions à partir des remarquables portraits visibles sur son site. (Voyez aussi impérativement ses situations et nus). Certains de ces portraits sont reproduits dans le dossier iconographique que je consacre ici à Fournié.

 

Pris dans l’étau des portraits de Fournié

 

Portrait n°1

 

Je commençais à regarder. A lire. Regarder, chez moi, c’est toujours lire. J’ai pensé à Beckett, à Samuel Beckett, sa haute tête de rapace comme résumée dans une suite composée de lacérations noires. J’ai pensé à la herse des serres de Samuel Beckett, ses traces noires sur une feuille blanche où se perd un peu de bleu. Le presque rien de bleu du ciel vide. Beckett. Les lignes sauvages, brutales qui forment son visage. Dans Fin de partie, Hamm dit : « Vous êtes sur terre, c’est sans remède ». J’ai songé à cela parce qu’il m’est apparu d’emblée que Fournié inquiète, qu’il ne peint ni ne dessine pour séduire le regardeur. Fournié fait besogne dans le tourment. Ici, il jette les arêtes de l’être. Les arêtes de Beckett, cet homme pointu. Posons Beckett-le-rapace sur la première branche, une encoignure de la galerie de Jean-Claude Fournié, peintre qui tourmente.

 

Portrait n°2

 

Que fait ici le sculpteur et peintre Alexander Calder ? Est-ce cette volonté d’insuffler du mouvement à l’inerte ? (Comme Fournié rendrait compte par sa peinture d’un mouvement intérieur capable de transformer les formes d’un corps ou d’un visage, d’une structure ?) Peut-être, dans cet extrait de poème de Prévert dédié à Calder (Derrière le Miroir, Maeght Editeur), verra-t-on surgir quelques-uns des éléments qui décident de la fascination de Fournié pour l’artiste américain ?  

 

Oiseleur du fer
Horloger du vent
Dresseur de fauves noirs
Ingénieur hilare
Architecte inquiétant
Sculpteur du temps

 

Portrait n°3

 

Il importe qu’une tête, qui n’est jamais là pour n’être qu’une tête, transpire ses convulsions internes, le magma dans lequel roule ses boyaux, ses hantises, ses pensées, les grondements de son âme. Qu’une tête se serve de son silence pour hurler. Qu’une tête se déforme autour de son visage. Fournié livre la tête habitée, l’œil, d’un bleu de ciel presque vide et désespérant. Habitée, la tête, c’est-à-dire lancée à l’écart de la stabilité et des utopies de l’ataraxie. Les gens paisibles n’inspirent pas Fournié. Il n’est pas du côté des morts. Fournié visite, comme un explorateur, l’inconfort d’une tête au sein d’elle-même. Fournié va à la menace de l’être, celle qu’il éprouve et subit, celle, ensuite, qu’il répand et dissémine.

 

Portait n°4

 

Autre chose est récurrent chez le peintre. Le tableau te dévisage. Le sujet peint refuse la passivité d’un objet regardé. Il te dit, établi dans ses couleurs : « Regarde comme je te regarde » Tout en imposant sa présence, en réfutant un rôle purement spéculaire, il te retourne quelque chose, il te reconduit à toi, il observe l’impression qu’il produit sur toi. Rouge et fauve, il n’est pas exclu que le regardeur de Fournié jette sur toi un regard cynique, il n’est pas exclu qu’il doute de ton discernement. Il se pourrait qu’il te jugeât simplement digne de passer, qu’il te tînt pour anonyme et furtif parmi les passants. Que, pour divertir le voluptueux ennui qu’il éprouve à être regardé par toi, il te proposât l’énigme d’un sourire indécidable.

 

Portrait n°5

 

Autre chose. Fournié ne se laisse pas saisir dans la formule, dans le genre, dans la parenté. Il porte, comme tout peintre qui se respecte, témoignage d’une mémoire de la peinture. Si je circule rapidement, je trouve de possibles indices : Schiele, Modigliani, Picasso, Gauguin, Somville, … Il faut être tenu par la main pour apprendre à marcher. Mais la démarche de Fournié ressemble tout de même foutrement à un pas solitaire. Il y a quand même quelque chose de la génération spontanée chez Fournié et il y a une assimilation singulière de la mémoire. Il y a une attitude artistique de défi. Créer, c’est provoquer. Il aime l’uppercut pictural, le direct à l’œil. Mais cette tête scindée, anguleuse, fracturée, bossuée a quelque chose de terriblement pertinent : on la dirait la métonymie des contradictions de l’être, de tous les accidents de sa pensée. Un équilibre dans le chaos.

 

Portrait n°6

 

Dans mon premier tour d’horizon du peintre Fournié, j’ai pensé, entre autres choses : « Ce peintre a un étonnant sens de l’angle ». Et ce portrait d’un peintre à l’œuvre (autoportrait, je présume) me le confirme. Très clairement ici, le tableau est une partie du corps du peintre. Il n’est pas question d’esthétiser le peintre à l’œuvre. Pour partie, le peintre disparaît derrière son œuvre, l’œuvre prend position devant le peintre. N’a-t-on pas l’impression que deux moitiés se rencontrent ? Ce corps complexe, c’est le temps de la peinture.

 

Portrait n°7

 

Je me dis que chez Fournié, sans songer à circonscrire un art pictural,  si l’être est habité par des tensions qui altèrent ou modifient son corps, si l’être est le produit douloureux de son activité magmatique, il est également jeté dans une étroite organisation de l’espace qui l’oppresse. Son lieu n’est pas à sa mesure, sa maison est étroite. Saisi dans un effet de pression et de dilatation par l’intérieur, il est pris en étau par l’extérieur.

 

Portrait n°8

 

Ceci nous sera longuement assené par Fournié : un portrait est toujours la captation d’une catastrophe. J’ai lu que Fournié fait sien ce mot de Michaux : « Peindre, c’est repousser ». C’est le même Michaux qui écrit dans Tranches de savoir : « Qui laisse une trace, laisse une plaie ». Pas ici de peinture de plaisance. Tout est dans le péril d’être, et la figure humaine s’affiche comme le sismographe affolé, la traduction désarticulée d’une douloureuse et très instable activité intérieure. Chez ce technicien doué, il faut parfois, pour rendre le bossèlement des formes, redescendre devant la grotte de l’art brut. Et, bien que l’art de Fournié s’appuie sur une vraie science picturale, une remarquable technique, il entretient en lui une des grandes conditions de l’art brut : constituer une œuvre à l’écart des normes esthétiques convenues.  Mais ici, la difformité est un acte de foi. Un désir de coller à la réalité.

 

Portrait n°9

 

Qu’est-ce qui, chez Fernando Pessoa, a pu attirer Fournié ? Le génie, sans doute. Mais aussi l’étoilement de l’être, la multiplication des identités (Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares, etc.), le relatif anonymat de l’auteur durant son existence et sa posthumité glorieuse ? Dans les Poèmes désassemblés, Pessoa, sous le nom de Caeiro, écrit : "Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer la machine à faire du bonheur". Dans la rue, Pessoa va comme un seul homme. Un homme seul à l’allure de fonctionnaire anonyme, un homme rempli de vin et d’identités.

 

Portrait n°10

 

Violents soulignements et accentuations rouges. Masse serrée au plus près par l’encadrement. Nudité tragi-comique rendue plus sensible encore par l’enserrement d’un trop court tricot rayé. Effrayant zèbre sanguin. C’est, sur l’homme (qui a quelque chose d’infantile), un violent témoignage qu’il faudrait affronter aux splendeurs de la statuaire grecque ou aux corps rigoureux du classicisme ou élégants du romantisme, etc. L’homme a perdu son modèle divin ou son sculpteur divin, il s’est perdu lui-même, il a égaré ses mythes, sa boussole est désorientée et malade. Chez Fournié, il a rétréci, enlaidi, il s’est fait une place entre le ridicule, le difforme et le tragique. Il est le déploiement terriblement accidenté, monstrueusement blessé d’un éprouvant cheminement vers le vide. Ce produit d’une longue civilisation est un avorton obscène. Fournié, peintre nihiliste ? Peintre d’une lente et irrémédiable glissade de l’être vers le rien ? Fournié, peintre iconoclaste ? Peintre qui peindrait des œuvres qui dénoncerait la peinture ?

 

Portrait n°11

 

On croit avoir saisi un fil, chez Fournié, il faut faire machine arrière. Il revient à l’histoire de la peinture, c’est un puits auquel il se désaltère. Il ne nie pas, il cherche partout, tous azimuts. Il secoue l’arbre de la peinture. Il cherche la voix intérieure du modèle. Je crois volontiers qu’il entend lorsqu’il peint. Ce qu’il repousse sans négociation possible, c’est la paix. Fournié n’est pas un peintre domestique. Ce qui le mobilise, c’est le caché, le secret, le foisonnement intime, une sorte de radiographie mentale de l’être, c’est ce qu’il s’épuise à rendre.

 

Portrait n°12  

 

Quand même, des éléments se fixent. Peindre, c’est inquiéter. C’est clamer que le sujet peint n’est ni un objet de consommation ni un être consentant, ni, au demeurant, un être bienveillant. Etre, semble-t-il ici, c’est être offensé et offensif. Les personnages de l’œuvre sont peut-être aussi, au-delà de ce qu’ils montrent individuellement, une suite de calicots humains qui déclinent les slogans ulcérés et agressifs du peintre. Ils sont peut-être aussi les porte-parole du peintre.

 

Dossier iconographique 2 (avec l'aimable autorisation du peintre) :

 

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Les ulcérations de Jean-Claude Fournié

Approche de ses « situations »

 

Chez Fournié, jusque dans la difformité, dans la déformation des corps (sans doute orchestrées ordinairement par l’activité mentale des personnages), et fût-ce sur le mode du conflit et de l’affrontement, on trouve les signes d’une humanité. Une humanité problématique, une humanité saignante, désaxée. Et c’est un signe d’humanité qui hurle dans la crucifixion de Fournié : douleur, effroi, stupeur. Dilatation extraordinaire des mains qui appellent, qui hurlent. L’œil et la bouche, dans une espèce de symétrie d’horreur, crachent souffrances et cris. Cette image de foudroyante rébellion (qui s’oppose de plein fouet aux Christs en croix consentants, somnolents, esthétiques ou extatiques) rend justice à l’homme, à sa chair, à son intégrité. Mettre un homme en croix n’est pas un acte qui autorise l’accomplissement des écritures, c’est une torture effroyable. Fournié revient une deuxième fois au crucifiement. C’est un enchérissement de la première mise en croix. Le crucifié est ici une sorte de citoyen lambda, en costard et polo, affolé, éberlué. Pour adorer la scène, deux monstres informes, à mi-chemin de la machine-robot et de l’extraterrestre. Il ne semble pas à Fournié que l’homme puisse fonder une pensée, une religion, une communauté à partir de la sanglante et brutale mise à mort d’un être. Cette barbarie lui répugne. Sous les pieds du sacrifié, on lit Ecce Homo. Dans l’esprit de Fournié, cet homme, ce doit être vous et moi, le passant, n’importe qui. Fournié ne veut ni du sens ni du culte du sacrifice.

Un tableau étonnant, deux pongistes âgés, semble dire la difficulté essentielle, voire l’impossibilité de l’échange. (Ne parle-t-on pas « d’échanger des balles »). Il n’y a plus de table, la distance est rompue, les pongistes sont face à face, l’un pratiquement contre l’autre, dressant belliqueusement leurs bras, en instance de prendre la balle en étau et de l’écraser entre les deux raquettes. Le jeu (pratiqué par des hommes âgés) tourne à la guerre. Absurdité d’une situation de jeu devenue rixe ouverte et violente. Ni sagesse, ni plaisir, rien qu’une hargne affreuse et risible. Une théorie de la communication malade et furieuse.

Plus impressionnant encore, et toujours dans cette furieuse veine d’une sorte de violente caricature poussée jusqu’à l’horreur, il y a ce tableau à deux personnages (un homme d’âge mûr et chauve et un enfant), le premier écrasant littéralement l’autre, le foulant délibérément à l’intérieur de ce qui pourrait être un nid. Faut-il rapprocher ce tableau de maltraitance ou d’infanticide avec le portrait monstrueux du père ? Le monde que nous révèle souvent Fournié est celui d’une jungle humaine sauvage, le monde du struggle for life, parfois même du struggle for struggle. Un monde où le géniteur écrase sa progéniture.

Fournié développe des angles surprenants. Ce tableau d’un peintre (Van Gogh, je présume), portant un tableau aux épaules et s’adossant à un champ de blé qui lui fait comme un écrin, est superbe. Cette attitude (cette « situation ») est inédite. Ce dressement du champ de blé est une trouvaille fameuse comme si le sujet portait son auteur. La tête du peintre, le sommet du tableau, les blés, tout entre dans le ciel. Sur le visage du peintre, une volonté décisive. Vu ainsi d’en bas, Van Gogh a l’air d’un géant qui emmène avec lui les éléments vers le ciel.

Rops avait peint quelquefois sur le thème de la femme au pantin. Fournié y vient avec une furieuse matrone rouge et nue agitant une marionnette entre ses jambes. On dirait d’une gigantesque prédatrice s’amusant de sa proie. Il n’y a pas de paix dans l’univers ulcéré de Fournié, pas d’accalmie. Si peu. Le monde de la jungle s’impose. Monde de la dévoration, de l’étouffement.

Le thème de l’enfance victime se répète. Dans un monde monstrueux paraît un effroyable couple aux chairs rougeaudes. L’homme, - sa tête, comme celle de la femme, semble d’un batracien -, se rase, la femme agite dans sa main une sorte de progéniture malingre et difforme. L’horreur dans une phase quotidienne. Un certain point de vue sur la laideur de l’espèce.

La peinture de Fournié dit aussi le désarroi de l’homme face à la société des décideurs et des maîtres, elle affiche l’injustice des hiérarchies sociales. Mais le tableau représentant un homme hagard et éberlué pris dans une scène de liesse hystérique dit aussi, sur un mode presque kafkaïen, l’égarement de l’individu dans un monde qu’il ne comprend pas, la solitude affligée d’un individu parmi des pairs avec lesquels il ne peut établir une communication.

La scène des peintres en face à face, chacun tendant le bras pour peindre au-dessus de l’épaule de l’autre, fait référence au duel des pongistes évoqué plus haut. L’un semble peindre l’ombre de l’autre. Les regards ne se croisent pas, il n’y a, au-delà de cette proximité presque risible, ni entente, ni rencontre, ni échange. Et de cette image de la proximité physique s’exhale une affolante idée de solitude.

Il y a aussi ce formidable paysage formidablement désaxé et cerné par d’énormes pylônes électriques comme un univers rétréci jeté sur le ring de l’électricité et du progrès. Tout penche, glisse, le cœur du tableau paraît insignifiant, fragile, isolé entre les quatre poteaux gigantesques.

Revient, sous une nouvelle forme, l’image du père et du fils, tous les deux en linge de corps, comme pour témoigner de l’illusion d’une intimité. Mais le geste d’écrasement presque désinvolte (le père appuyant son bras tendu sur la tête de l’enfant) persiste. L’enfant est écrasé. Le scandale se répète.

Tout semble témoigner d’un monde agressif, qui refoule, écrase, asphyxie. Celui de se poivrot vautré dans une ruelle aux murs sans aplomb, (l’homme comme pris en étau entre le resserrement des murs), hué par une hurleuse lointaine à la fenêtre, abandonné à la protestation d’un hérissement d’arbres-bras. L’homme est hostile à l’homme, la nature est hostile à l’homme.

Voici un autre paysage, formidablement dynamique, oppressant, piqué de deux arbres morts, couvert d’un ciel bleu opaque, à la droite duquel s’élève la statue d’un nu féminin violemment rose, à l’arrière-plan une maison qui crache la fumée, une église. Dans une allée descend un marcheur que l’ensemble semble écraser et rendre insignifiant, à peine perceptible.

L’homme nu et douloureux (mourant, peut-être) dans un lit trop étroit (entre lit d’hôpital et lit d’enfance) accentue cette impression récurrente de l’homme écrasé, pris en étau, mais aussi de l’homme nié dans sa qualité d’homme. Toujours cette difformité, ce rose de mort et d’agonie, ce rose terrible, cette nudité terrible, elle aussi.

Les angles, toujours les angles insolites, les angles qui jettent un malaise. Ce couple à l’homme penché et assis face à une femme assise et adoptant une pose d’abandon crée, par quelque chose de vaguement caricatural dans son aspect et ses proportions, par le bleu menaçant dans lequel il baigne, par le jaune violent des fauteuils, une impression de gêne et de dérangement. Il n’y a pas de sérénité dans le monde que nous propose Fournié, pas d’ingénuité, pas de quiétude.

 J’aime beaucoup le dernier tableau des situations. Un fantôme désespéré de Van Gogh erre sous les ponts, dans un monde de béton, de remparts sur lequel roule un train à vapeur.

Voilà, en quelques mots, le monde tel que décrit par Fournié, un monde à peine habitable, conflictuel, inadapté, un monde qui a perdu son équerre, un monde pétri de mauvais sentiments, un monde insidieusement cannibale (l’homme est une sorte de denrée pour l’homme), un monde tronqué, vicié dès l’enfance parce que les images parentales sont monstrueuses et destructrices.

16.08.2011

Fresques murales

Mon amie, l'artiste peintre Laurence Burvenich m'adresse quelques photos des superbes fresques murales dont elle décore actuellement sa demeure dinantaise. Je ne résiste pas au plaisir de partager ces merveilles en évolution avec le visiteur.

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10.07.2011

Amitiés

Avec mon ami, le dessinateur, peintre et collagiste louviérois Sandro Baguet - Anthée Juillet 2011 - Photos Angélule Juillet 2011

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02.07.2011

Le nouveau site du photographe Pascal Nivaille

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Mon ami, le photographe Pascal Nivaille inaugure, après une de ces périodes de latence dont il a le secret, un nouveau blog. Je vous en recommande vivement la visite. Il vous suffit de cliquer sur ce lien : http://pascalnivaillecontraste.skynetblogs.be

Un avant-goût de ce que vous pourrez y découvrir :

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Les photographies sont la propriété de leur auteur.

18.06.2011

Julia KENT - Green and Grey

Les Nouveaux Poèmes Sonores de Julia Kent

GREEN AND GREY

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GREEN AND GREY – JULIA KENT

Important records - 2011

 

Le troisième album de la violoncelliste canadienne Julia Kent vient de paraître et s’intitule « Green And Grey ». Notre lecteur sait que nous apprécions beaucoup cette artiste canadienne établie à New-York. « Green And Grey » nous confirme dans notre enthousiasme.

Le talent, le violoncelle et le sampler au service d’un envoûtant équilibre poétique, d’une sobre et hypnotique danse sur le fil de l’horizon. L’intimité universelle d’une violoncelliste qui semble, funambule et ballerine, marcher et danser sur ses cordes. Vu du haut de ces cordes aériennes, le monde semble présenter des tensions, des grondements, laisse échapper des plaintes. Tamisé par le violoncelle de Julia Kent, conçu comme une œuvre esthétique, une œuvre qui tend vers le beau, le désir d’harmonie délayé de mélancolie, cette rencontre d’un chant aérien et des résonnements douloureux, blessés ou sublimes du monde et de l’espace créent une respiration unique, un pouls singulier et lancinant. Entre le vert, peut-être, du monde et le gris du monde modifié, altéré par l’homme.    

 

D’emblée Pléiades (entre amas d’étoiles et mythologie grecque, nature et culture) fixent un ton et fait entendre des étirements nouveaux et lents, des sonorités harmonieuses prises dans une gravité nouvelle. Nous aimons d’emblée que la musicienne et compositrice nous livre sous la forme d’un poème sonore ce voyage qu’elle a entrepris entre le vert et le gris, qu’elle en réalise une transcription harmonieuse, apaisée, esthétique, qu’elle fonde, au travers de lui, une suite de pièces dégagée des convulsions intérieures qu’il a dû produire, qu’elle rassemble son voyage initiatique dans un album harmonieux, profond et grave, une atmosphère céleste dans laquelle percole parfois l’écho du tragique. Cela donne, au final, une sorte d’expérience épurée et harmonisée en guise de traduction, sans doute provisoire, d’une quête de l’essentiel. Comme s’il s’agissait, au terme de l’expérience dégrisante qui consiste à regarder le monde menacé, de proposer des indices de beauté, de grâce, d’harmonie. Comme s’il s’agissait de recueillir, au-delà des crispations et des déchirements, une suite de beaux gestes musicaux, parfois dramatiques. Car il n’est pas ici question de gommer le tragique mais plutôt d’orchestrer un ballet aérien marqué par une gravité tragique. Il y aurait là, dans une acception originale, quelque chose de la légèreté de l’esprit de la danse chez Nietzsche. Laisser, sans le perdre de vue, ce qui pèse, pour façonner, pièce après pièce, l’instant présent.

Un instant parfaitement distinct de la défaite mais conscient des menaces qui grondent.

Kent est plus que jamais artiste dans un monde où l’art est menacé.

Dans Ailanthus, (l’ailante, étymologiquement arbre qui monte au ciel, est une plante que les anglophones appellent aussi Tree of Heaven, jonction faite entre le sol et le ciel, plante à la fois toxique et médicinale) de petits cliquetis rythmiques sonnent dans la gravité des basses comme une discrète présence, comme la ténuité même dans une respiration énorme. Rencontre de la goutte avec le cycle de l’eau, correspondance entre le grouillant monde souterrain des rhizomes et la feuille qui vole, mouvement ascendant, transcendance, peut-être.

C’est une expérience de la limite, une sorte de captation de la simplicité dont témoigne The Toll. Une rencontre de la danse et de l’immobilité, une retransmission du chant de la conque intime de l’être. Acquario a quelque chose d’une berceuse intra-utérine où se joue à la fois l’éclosion de l’embryon et l’aventure magistrale, hasardeuse, angoissante et sublime que c’est de naître. Tout l’album Green and Grey, dans sa lancinance dépouillée, dans sa nudité étincelante a quelque chose d’une expérience existentielle volontaire qui consisterait à percevoir dans la conque bousculée du monde autre chose qu’un crissement de fondations malmenées. Un poème étrange, endolori mais beau par-dessus les vestiges.

Une sorte de chant d’insectes ouvre Tithonos créant une touchante rencontre entre l’artifice (la musique) et le chant de la nature, l’une et l’autre se trouvant un instant un pouls commun à quoi s’accorder. Toutefois, Tithonos, c’est aussi le fils de Laomédon, roi légendaire de Troie et le frère de Priam. Sa beauté le distingua aux yeux de la déesse de l’Aurore, Eos. Séduite, elle l’enleva et eut avec lui deux fils. Mais Tithonos, contrairement à Eos, était sujet au vieillissement. Eos sollicita Zeus et obtint de lui l’immortalité pour Tithonos. Hélas, Eos, par inadvertance, n’avait pas demandé pour Tithonos l’éternelle jeunesse et, bien qu’immortel, il se mit à vieillir, à se décatir et à se dessécher. Chagrinée, Eos métamorphosa son époux en cigale. Tithonos symbolise la décrépitude. Si bien que l’insecte qui chante est moins « naturel » qu’il y paraît et que son craquettement doit comporter une pointe de dépit.

Guarding the Invitations (ceci signifie-t-il qu’on ne s’est pas rendu sur le lieu où l’on était convié ?), avec son beau chant mélancolique et délié propose une sorte de délicate éclosion, une fleur élégante en train de s’épanouir au creux de notre oreille. S’est-on tenu à l’écart de l’événement, du rassemblement ? A-t-on songé à sauvegarder sa solitude ? Overlook (qui signifie avoir vue sur ou fermer les yeux ! A la fois on regarderait les choses et, fermant les yeux pour ne voir qu’en soi-même, on aurait aussi une vue intérieure, intime) poursuit ce flux paisible, intime et qui ressemble à un langage universel, à mi-chemin de la légèreté et de la densité. A Spire (la flèche, en architecture, le clocher, l’aiguille) apporte une accélération tempérée par une gravité lente et parsemée de friselis sonores. La forge grave du monde laisse percevoir de petits sons harmonieux, en arrière, de petits sons délicats et entêtés. Missed (manqué, raté, laissé passer) déploie cette impression. Dear Mr Twombly fait écho à l’œuvre de l’inclassable artiste américain (peintre, dessinateur, photographe, sculpteur, 1928, Virginie) Cy Twombly. J’ai trouvé quelques propos de lui qui, à leur façon, apportent sans doute une sorte d’éclairage sur l’album de Kent.

 

"C'est une chose enfantine que de peindre. Je veux dire avec la main. Je commence par utiliser une brosse, mais très vite, je ne peux pas continuer parce que l'idée se fige, c'est trop long. Je suis obligé de revenir en arrière, et ce faisant, je perds l'idée en cours. Alors, j'utilise ma main. Ou ces bâtons de peinture qui se révèlent formidables à l'usage. C'est instinctif, dans un certain genre de peinture... pas du tout comme si vous étiez en train de peindre un objet ou des choses précises. C'est plutôt comme de traverser le système nerveux. C'est comme un système nerveux. Ce n'est pas décrit, c'est en train de se dérouler. Le sentiment vient en même temps que l'œuvre. Je pars d'un sentiment, de quelque chose de doux, de rêveur, de dur, d'aride, quelque chose de solitaire, quelque chose qui se termine, quelque chose qui commence. J'en fais l'expérience, et j'ai besoin d'être dans cette action de continuer, d'avancer. Je ne sais comment décrire cet état... Pollock, quand vous le voyiez travailler, pour moi, c'est l'un des plus grands peintres américains, c'est très lyrique. Ou Gorki, qui était très passionné et pouvait prendre un dessin et le copier exactement sur la peinture. Miro aussi, pouvait traduire ses dessins en peintures. Il y a un certain maniérisme chez eux, que je n'ai pas. Je ne pense pas à la composition, ni à la couleur, je cherche juste à progresser. Cela ressemble plus à faire une expérience qu'à un tableau." (Cy Twombly – Sources: http://www.moreeuw.com/histoire-art/cy-twombly.htm)

 

Wake Low (sillage bas), qui clôture l’album, propose des hachures à l’archet avant de reprendre une ligne limpide. Retour, atterrissage après le survol ? Peut-être, au travers de cet album qui aspire à la simplicité, le violoncelle de Julia Kent traduit-il les mouvements d’un regard sensible et un peu désabusé sur le monde tout autant que la volonté d’affirmer sa vocation d’artiste, son désir, tout en refusant la cécité, de néanmoins reénchanter l’espace ? De lui offrir, par amour, l’oxymore d’une majesté simple, d’une danse belle et nue comme un geste de tendresse ?

 

Découvrez quelques titres :

 

http://www.youtube.com/watch?v=HJrxUDXMz64

http://www.youtube.com/watch?v=XfUpZXc2zBI&feature=re...

 

Découvrez-la également au sein de l'excellente formation Antony (remarquable interprète) & the Johnsons, groupe dans lequel elle dirige les cordes  :

 

http://www.youtube.com/watch?v=CImsEJHYyv4

 

Ou en duo avec Antony :

 

http://www.youtube.com/watch?v=eXjk05UVpOw

 

Denys-Louis Colaux, Juin 2011    

06.05.2011

Florennes 2011 - Associations improbables

 

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ASSOCIATIONS IMPROBABLES

Florennes 5 Mai 2011

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Les Instituts Saint-Joseph & Saints-Pierre-et-Paul présentaient leur spectacle "Associations improbables". Comme chaque année, en complicité avec mon frère Dominique Colaux, maître d'oeuvre de la manifestation, j'avais écrit une suite de saynètes pour le spectacle. Que les acteurs et leurs pédagogues apprennent ici que l'auteur a été enthousiasmé par leur travail tout autant que par la qualité du suivi des enseignants. Il est épaté par ses interprètes, par l'ingéniosité de la mise en scène, par le volume de travail accompli, par le superbe apport des costumières, des habilleuses et des maquilleuses. C'est un bonheur pour lui d'avoir été emporté dans ce tourbillon exalté et réjouissant. Mille mercis à chacun d'entre vous et à la formidable troupe que vous constituez.

Pour cette représentation, j'avais la chance d'être accompagné par mon ami, le photographe Pascal Nivaille. Il a réalisé une superbe suite de photographies du spectacle. Je l'en remercie chaleureusement. Toutes les photos de ce reportage sont sa propriété.

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Pour voir tous les acteurs (y compris ceux qui ont repris les rôles le 7 mai), découvrir leurs noms, pour trouver les textes du spectacle, je vous invite à visiter l'espace spécifique que j'ai créé à l'adresse suivante : http://denys-louiscolaux-florennes.skynetblogs.be/ - Cet espace, déjà visible, est en cours d'aménagement.

Notre premier reportage est consacré à nos deux petites favorites. L'une incarnant un Poirot plus vrai que nature, l'autre un Holmes formidablement britiche. (Je ne veux pas oublier la morte vivante qui nous a valu une grande joie tant en jouant la fausse rigidité cadavérique que lors de sa furieuse colère finale). Mais vraiment, ces deux actrices de poche m'ont époustouflé. Quelle prestation équilibrée, quels magnifiques effets ! Quelle puissance comique ! Je veux saluer et distinguer leurs performances. C'était pour moi un vrai plaisir de les voir à l'oeuvre. Un grand moment de malice et de formdable complicité !  Par ailleurs, là aussi, le superbe travail de mise en scène m'a ravi ainsi que le soin apporté aux costumes. Une perle de saynète ! Bravo les filles, c'était exquis. 

Je voudrais aussi saluer la remarquable prestation des deux guitaristes qui ont joué durant le spectacle. Il m'a semblé que ces délicates respirations musicales exhaussaient le niveau du spectacle et lui conféraient un petit supplément d'âme.

 

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HOLMES & POIROT MÈNENT L'ENQUÊTE

La morte vivante

 

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Florennes 2011 - Associations improbables

 

FOOT & HAUTE COUTURE

Ariel Don Ofrio contre Coco Chanel de Poulet

Un entraîneur plus vrai que nature, basique, formidablement beauf, surexcité (très belle composition) et une couturière parfaitement classieuse, vénusienne, racée, divine et, cela va de soi(e), délicieusement photogénique (une remarquable prestation). Un beau duo, très en forme, remarquablement bien contrasté, un engagement total. J'ai biché en les contemplant à l'oeuvre. Bravo aux costumières, à nouveau. Vraiment, un travail formidable.

 

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Florennes 2011 - Associations improbables

 

CLASSIQUE & STAND UP

Marie-Jeanne Moreau-Vache contre Armel Leblues

D'une part, la sublime tragédienne en grande envolée lyrique (très inspirée, passionnante), d'autre part le petit fûté issu de l'Armel Comedy Club. Une grande rencontre. Et toujours, tout au long du spectacle, de très beaux costumes, d'élégants maquillages. Une équipe très au point. Un travail soigné.

 

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Florennes 2011 - Associations improbables

 

LE VIEUX POETE ET LE JEUNE ZONARD

Coucher de soleil

Beaucoup de retenue, d'élégance et de délicatesse dans cette saynète. Un vrai ton. Touchant.

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Florennes 2011 - Associations improbables

 

PETITE LECON DE SEDUCTION FEMININE

Nadine de Rotweiller & Lola Moor

Un morceau de bravoure avec deux actrices remarquables, l'une guindée, l'autre frivole et nonchalante. Beaucoup de virtuosité et d'humour. De très belles actrices, très photogéniques qui ont beaucoup inspiré mon ami, le photographe Pascal Nivaille.

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Florennes 2011 - Associations improbables

 

LA POULARDE AUX ECREVISSES

Paul Bocru contre Steve Mac Quick

Une saynète délicieusement mitonnée entre la désinvolture de l'une et la passion de l'autre, très bel effet de contraste. En guise de coda, une surprenante et délicieuse hérésie, le grand Paul aime le fast-food !

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Florennes 2011 - Associations improbables

LEONARDO & KASIMIR

Classique contre abstrait

Beaucoup de trouvailles au niveau de la mise en scène, de très belles compositions visuelles, beaucoup d'allégresse et d'élégance. Excellent !

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05.04.2011

Découvrez mes collaborations avec le photographe français Philippe Bousseau

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http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

 

 

 

Collaborations Philippe Bousseau (photographies) / Denys-Louis Colaux (textes & poèmes)

Une suite de 6 pièces : Photographies & Chansons sous le titre : ALBUM BAROQUE

Une suite de 18 pièces : Photographies & Récits sous le titre : FIÈVRES

Une suite de neuf pièces : Photographies & Poèmes sous le titre : NEUF CORPS CÉLESTES

 

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© Philippe Bousseau

Pour découvrir ces collaborations artistiques, consultez les espaces suivants :

http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/philippe-bousseau/

http://dlcolaux-photos2.skynetblogs.be/

 

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© Philippe Bousseau

11.03.2011

Jam session : Jacky LEPAGE & Denys-Louis COLAUX

Lhasa 4.jpg   Consultez notre projet Coups d'aile à Lhasa de Sela :

http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

 

 

JAM SESSION :

LEPAGE-COLAUX

LINE-UP:

A l'objectif : Jacky Lepage - Au clavier : Denys-Louis Colaux (Photographies et textes sont la propriété des auteurs - Voir le merveilleux site de Jacky Lepage : http://www.jackylepage.com/ )

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L'aile la paupière

apprennent à battre ensemble

le ciel et la neige

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 Le génie humain

 n'appartient pas tout entier

 aux lois de l'esprit

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 Toute âme est derrière

 comme est derrière un âtre

 la main qui l'attise

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Songer à sa vie

 à son essieu à sa roue

 s'asseoir à sa rive

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Par instants tu sens

 la seconde de ta vie

former un long cercle  

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Je ne prends appui

pour évoquer le trajet

que sur ma béquille

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Grâce à toi je sais

 l'art de modeler l'argile

 de souffler le verre

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 Le ciel est pressé

une femme hèle un oiseau

 une aile est froissée

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 D'entre les gens vus

 quelques-uns n'ont pas le goût

 d'être regardés

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Pour lever les yeux

 il faut que la nuque trouve

 sa ligne de chance

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 Le lointain n'était

 désormais plus qu'un décor

 à ses enjambées

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Marque de tendresse

 je scelle un octosyllabe

dans mon haïku

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S'il cligne avec grâce

il n'est pas exclu que l'oeil

entre dans l'écho

PASCAL NIVAILLE A LA PLAGE

Lhasa 4.jpg   Consultez notre projet Coups d'aile à Lhasa de Sela :

http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

 

 

 

Pascal Nivaille le Balnéaire

On connaissait la veine pastorale du photographe Pascal Nivaille. Mais le nomade en lui s'éveille et voilà que la fièvre du voyage le prend. Il n'a pas, Nivaille, pour habitude de tenir tête à ses impulsions. Un vent le hèle, il le chevauche. Et le voilà sur la route du littoral belge. Il laisse derrière lui ses sentes campagnardes, ses forêts, ses champs et, conquérant, s'avance sur la Mer du Nord, sorte de bénitier où il aime à tremper son pied. On verra, en consultant les photos, que la pêche de l'aventurier d'Ohey est bonne. Excellente. (Les photographies sont la propriété de leur auteur).

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LES AMIS DE GEORGES - la revue a 20 ans

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http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

 

LA REVUE A 20 ANS

Quand on aime, on a toujours vingt ans

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http://www.lesamisdegeorges.com/ 

La revue française Les Amis de Georges à vingt ans. Elle publie son n°120 (mars-avril 2011). Au sommaire : l'édito de Jean-Paul Sermonte consacré à la chanson "Bonhomme", un important espace consacré aux actualités (livres, cd, concerts, spectacles), "New York, New York" par Joël Favreau parti interpréter Brassens à Brooklyn, un long article de Joseph Moalic consacré à Gillbert Bécaud, un examen à la loupe de Loic Richard des différentes transcriptions de "La ronde des jurons", une évocation par Bernard Lonjon de Charly Schenk, ami sétois de Brassens, un article consacré à Hugo et Verlaine et, enfin, la première partie d'une exploration de la chanson "Le Moyenâgeux" par Denys-Louis Colaux.

06.03.2011

Notre projet coups d'aile à Lhasa de Sela

Projet Coups d'aile à Lhasa de Sela

Les hommages, les marques d'affection, les témoignages commencent à nous parvenir. Dernières réceptions, la chanteuse portugaise Rita Damazio (chanteuse au sein de la formation Madredeus), le photographe belge Jacky Lepage. Consultez ce lieu, prenez-y place. Consultez nos articles consacrés à la chanteuse :

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/de-sela-lhasa/

Consultez notre projet Coups d'aile à Lhasa de Sela :

http://dlcolaux-photos.skynetblogs.be/lhasa-de-sela/

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Rita Damazio : "Je l´admire au point de n´avoir jamais osé me prononcer sur elle ou de n’y faire aucune référence depuis 2002, époque où j´ai connu sa musique, parce que je ne trouvais jamais des mots à la hauteur de ce que j´éprouvais  à chaque fois que j´écoutais n´importe quelle chanson." (Extrait de son émouvant témoignage). 

Jacky Lepage nous adresse, sous la forme d'une magnifique photographie métaphorique, une "Eclipse" en forme d'hommage. (Les droits de la photographie appartiennent à l'auteur).

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